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Full text of "Les Lombards en France et à Paris [microform]"

MASTER 

NEGA TIVE 

NO. 93-81262 




MICROFILMED 1993 

COLUMBIA UNIVERSITY LTBRARIES/NEW YORK 



„„ , . as part of the 

Foundations of Western Civilization Préservation Project" 



Funded by the 
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would invoive violation of the copyright law. 



AUTHOR: 



PITON, CAMILLE 



TITLE: 




LOMBARDS EN 
FRANCE ET A PARIS 



PLA CE: 



PARIS 



DA TE: 



1 892-93 



COLUMBIA UNiVEllSITY LIORARIES 
PRESERVATION DEPARTMENT 

DIDLIOGRAPHIC MICROFORM TARHPT 



Original Material as Filined - Existing Bibliographie Record 



Master Négative # 






if 




944,02 P-+ 

P68 ^^^°". C(-aaillej 1842-n(-l 



_ Los Lombards en France Se à Pari- 
Pans, Champion 1892-93 n o . , ^•^••• 

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Silver Spring, Maryland 20910 

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LES LOMBARDS 



En France & à Paris 



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En France & à Paris 



Par C. piton 



[Les Lombards] sont des gens très tortueux 
et très variables; quand ils parlent d'une fa- 
çon, ils agissent d'une autre. Ils ressemblent 
aux anguilles et aux murènes : plus vous serrez 
la main pour les retenir, plus vite ils vous 
échappent. 

(Salimbene. - Mss.du Vatican n° 7260, f" 3 52, 
cité par Huillard Bréholles, Histor. di- 
plom. Fedtrici II. Introd., p. 449.) 




PARIS 

HONORE CHAMPION. LIBRAIRE 

9 , QUAI V O L r A 1 H L , 9 



1892 



PRÉFACE 












Il a déjà été beaucoup fait pour l'histoire de Paris, et il y 
aurait autant de présomption que dlngratitude à méconnaître 
les services rendus par les Sauvai, les Jaillot, les Lebeuf, les 
Berty, sans compter les autres historiens que nous appellerons 
volontiers minores. 

Mais, en dépit de ces précieux travaux, on ne peut encore 
étudier d'un peu près un point quelconque de l'histoire pari- 
sienne sans rencontrer aussitôt une foule d'obscurités et de la- 
cunes, sans reconnaître quHl reste beaucoup à faire et sans 
éprouver le besoin d'une enquête plus complète et plus appro- 
fondie sur chacun des quartiers de Paris, sur chacune des 
époques de sa vie de capitale et de cité. 

Le présent travail est une étude sur un point très spécial, 
mais très important de cette histoire en formation. 

Dans un ouvrage précédemment publié sur la Bourse de Com- 
merce et sur les monuments si divers élevés auparavant sur son 
emplacement, nous avons été souvent surpris, en fouillant les 
documents inédits et autres, de nous trouver en présence d'une 
catégorie parfaitement caractérisée de personnages, itahens d'o- 
rigine et financiers de profession, auxquels l'histoire a donné le 
nom générique de Lombards. Mais il nous a paru qu'aucun 



II 



PRÉFACE. 



PREFACE. 



III 



i 



écrivain n'avait pris jusqu'ici la peine d'étudier spécialement le 
rôle capital joué par eux, en France, et particulièrement à 
Paris. Leurs noms se trouvent mentionnés dans toutes les his- 
toires, dans toutes les chroniques, dans tous les mémoires, 
mais ces importants personnages y sont mal appréciés, méconnus 
ou, qui pis est, calomniés. Le jugemem porté sur eux, presque 
toujours défavorable, est le plus souvem très injuste. Les uns 
les confondent sans distinction avec les Juifs dans les mêmes 
malédictions et les mêmes invectives; les autres prétendent que 
les Lombards se souciaiem peu, en France, des anathèmes 
de rÉglise, parce qu'ils étaient étrangers, comme s'ils n'a- 
vaiem pas été bons cathohques, aussi respectueux que les 
Français du pouvoir de l'Église et des Papes; d'autres, enfin, 
les accusent de tous les crimes, de toutes les rapines, de toutes 
les malversations dans les finances publiques et de maints 
autres méfaits encore : assurémem c'est aller trop loin, et nous 
croyons en donner des preuves irréfutables. 

Un des auteurs qui se sont le plus occupés d^eux est Bourque- 
lot : Fauteur de YÉtiide sur les foires de Champagne ne pouvait 
passer sous silence les principaux clients de ces foires célèbres 
dans le monde entier; mais ce qu'en dit Bourquelot malgré ses 
consciencieuses recherches est loin d'être complet. 

Nous n'avons pas la prétention d'avoir épuisé la matière sur 
ces marchands-financiers, ni sur le rôle qu'ils om joué dans 
notre histoire ; nous sommes persuadé qu'après nous il y aura 
plus et mieux à faire qu'à glaner : des documents qui nous 
sont restés inconnus jetteront de nouvelles lumières sur la ques- 



tion des Lombards et permettront de pousser plus loin ces 
investigations. Qu'il nous suffise de dire qu'attiré par la nou- 
veauté de ces études, nous nous sommes contenté de recher- 
cher et de fournir des matériaux avec lesquels on pourra, des 
maintenant, asseoir sur des bases solides les travaux que de plus 
habiles ne manqueront pas de terminer quelque jour. 

Cette explication nous fournit l'excuse nécessaire sur le peu 
de corrélation apparente qu'on pourra trouver entre tels et tels 
documents pubUés par nous. 

La tentation est grande assurément, pour le chercheur, de 
généraliser et de conclure, comme d'établir entre les divers 
fragments tirés par lui de la mine immense et confuse des docu- 
ments et des textes, un hen solide et continu. Cette tentation, 
nous Pavons éprouvée très vive, et pourtant nous y avons 
résisté. Il nous a paru qu'au point où en est actuellement la 
science, toute prétention à des conclusions définitives serait 
encore prématurée, téméraire et sujette à l'erreur. Le pénible, 
mais si attrayant labeur de la recherche et de la sélection, du 
classement et de la publication nous a semblé être notre tâche 
spéciale, en attendant mieux. 

Nous pensons qu'aucun historien ne trouvera excessif le scru- 
pule qui nous a empêché de mettre, par un facile effort d'ima- 
gination, entre les anneaux brisés de la chaîne que nous 
reconstituons à grand'peine, une cohésion qui n'y est pas en- 
core. Il manque trop de mailles au réseau pour que nous nous 
permettions, par un travail hâtif de rapprochement, d'en res- 
serrer arbitrairement le tissu. 



LES LOMBAHDS. - TOME I. 



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■jÊfik'^f 



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IV 



PRÉFACE. 



ffnrt Guidé par de premières indications, 
Autre . été notte rfott. G»'^' ^ J „„„ ^ 

„.,.nt .,é, vagues, m nom. p.r «emP ■ 
,„u,„a,e Wenne; attiré et encoutage par les prem 
lues nous avons recherché, . travers le, docunten.s I s p^s 
es,' .es p.ns «rents .ori.iu. et de caractère dans des do- 
cu.,e;ts (ran„.s o. étrangers - italiens e, anslars souv 

,a trace des Lombard, installés en France. Les retrouver, les de 
: L, »us le .,as,ne des noms déSgurés ou es^seu ^ 

„,.„es, étabh, leur origine, leurs relations mutuelles daffi. e 
„ ae parenté, leurs rapports avec les Françars et .v« s 

compatriotes; les suivre da.s leurs pérégrin.t.ons un», 
recoustimer pièce à p.éce, en un mot, ce <,.e nons a pel e o» 
„ . dossrer ,. d. ces personnages s, importants, ma,s s, peu 

nus • telle a été notre tâche. 

U„ exemple fera comprendre la méthode ,.e nous avons 
,u„i.. Nous prendrons le fameux Mouche ,ui joua un s, grand 
,„c de ,.S„ . .,08. Croit-on ,ne sa trace n'appararase ,»en 
France > Lo.n de là ■. nous 1. trouvons tantôt à P.r.s. tant., à 
Florence, tantôt » Allemagne, tantôt en Flandre e. encore a, 1- 
kurs et partout ,1 a (allu le suivre, perdam et re.ro.vam sa p.s.e. 
A rés avoir consul.é les ouv.ag.s français dans ,es,uels nous 
supposions rrouver des renseignem... sur les Lombards, nous 
uons aperçûmes ,.e loin de se h.er parmi nons, conrm o^ 
„„i. généralemem, ces marchands nomades cons.rva.en. tou 
s des relatrous avec les maiso^-méres, c.s..à-di.e avec les 
hefs des compagnies, res.és . Florence. . Pis., . S.enne, 
Gènes, «rc. Ces, par e.c.p.ion seulemem ,u on .rouve les 



PRÉFACE. . V 

Lombards installés en France sans esprit de retour; la meilleure 
preuve en est que généralement ils n'amenaient même pas 
chez nous leurs familles. Nous ferons remarquer, par exemple, 
combien peu nombreuses furent les familles qui s'établirent dé- 
finitivement en France. Pour quelques Cassinel, quelques 
Accorre, quelques Chauchat, combien en voyons-nous s'en re- 
tourner en Italie, emportant le gain de leurs spéculations, la 
plupart du temps heureuses. 

Il nous parut dès lors impossible de ne pas retrouver sur eux 
des détails complémentaires dans les publications itahennes. 

Notre espérance ne fut pas déçue; au contraire, les docu- 
ments italiens, à en juger par ceux qui ont été pubhés jusqu'ici, 
doivent être beaucoup plus nombreux que ceux que nous pos- 
sédons aujourd'hui. Nous ne parlons pas, bien entendu, des 
travaux des Muratori, ni des Patrie Monumenta, mais des 
publications récentes, des revues, des journaux historiques. 

Déjà, en 185 1, M, Paul-Émile Giudici avait tiré de l'oubli 
deux lettres des Cerchi, datées de 1290 et 1291, et qui sont 
d'une importance capitale pour le sujet qui nous occupe; plus 
tard, vers 1868, M. le Corn. Peruzzi pubHait une histoire spé- 
ciale des banquiers de Florence, dans laquelle il offrait à ses 
compatriotes des documents qui n'intéressent pas moins l'Italie 
que la France et que lui seul pouvait connaître, puisqu'il les 
trouvait dans les archives de sa famille; plus récemment, en 
1871, M. Cesare Paoh découvrait d'autres pièces infiniment 
précieuses ; nous voulons parler des lettres siennoises des Tolo- 
mei qui remontent à l'année 1253. 



^I*~ 



VI 



PREFACE. 



PREFACE. 



YII 



Lorsque notre premier travail sera complété par une seconde 
partie : Us Lombards chr^ eux, dans laquelle nous nous occupe- 
rons de leur vie privée, de leurs habitations, de leurs opéra- 
tions commerciales, de leur comptabilité, des moyens employés 
pour la tenir, de leur manière de calculer, de leurs marques et 
de leurs jetons, alors nous nous promettons de présenter, avec 
plus de développements et plus de preuves à l'appui, le rôle 
joué chez nous par ces étrangers. 

Cette étude plus approfondie permettra entre autres, d'appré- 
cier davantage, un règne capital dans notre histoire, celui de 
Philippe le Bel, ce personnage mal connu, ambigu et mysté- 
rieux encore aujourd'hui. 

uQu'il est difficile,» s'écrie Burckhardt, .en présence de 
l'insuffisance des sources historiques, de reconstituer, même à 
peu près, l'image d'un Frédéric II ou d'un Philippe le Bel! » 
Le savant historien de Baie a raison; on sent, en effet, tout ce 
qui nous manque encore pour apprécier à sa juste valeur le 
règne de ce prince, quand on Ut les études même les plus 
consciencieuses sur ce souverain et sur son époque. Au point 
de vue spécial qui nous préoccupe, nous tenons cependant à 
citer le nom de Boutaric. C'est lui qui, dans La France sous 
Philippe le Bel prend, le premier, la défense de deux de ces 
Lombards dont les noms se retrouvent inscrits à chaque page 
■ de l'histoire de ce roi : nous voulons dire Biche et Mouche. 

{Biccio et Musciatto.) 

Depuis, des érudits de grand mérite ont dépouillé des fonds 
inexplorés et mis en lumière certains coins de l'histoire générale 



du règne; mais nous croyons que pour résoudre une des 
questions les plus importantes de cette époque, c'est-cWire celle 
des finances, il faut premièrement étudier l'action de ces Lom- 
bards, trop négligés jusqu'ici (0. Ce sont eux, en effet, qui 
détiennent presque exclusivement, pendant de longues années, 
l'administration des finances : ne sont-ils pas monnaiers, maîtres 
généraux des monnaies, receveurs des dîmes et des impôts sur 
la trappe, à Paris et souvent en province ? Ne sont-ils pas , aux 
foires colossales de Nîmes et de Champagne, chargés de perce- 
voir les impôts — qui montent à des millions! — frappés sur 
leurs compatriotes? Un Betin Cassinel (Betino Cassinelli) n'ap- 
paraît-il pas — voir notre chapitre IX — à certains moments, 
par la multiplicité et l'étendue de ses pouvoirs, sous l'aspect 
d'une sorte de ministre des finances (-)? 

(i) M. Ad. Vuitry, dans ses belles Éludes sur Je régime financier de la France 
avant lyS^, Paris, 1878, in-80, n'a consacré que quatre pages aux Lombards 
(t. I, p. 103-107) et que cinq autres pages aux mesures fiscales dont ils 
furent l'objet (p. 484-489). 

Nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer ici le regret que le savant 
écrivain leur ait accordé une si petite place; les Lombards méritaient mieux; 
leur rôle est plus considérable que celui des Juifs. Il faut attendre l'époque 
des Fugger, — que rien ne nous autorise d faire remonter au Barthélémy 
Fuger, bourgeois de Lyon, en 1243, ni au Duran Fuer, de Lyon, marchand 
fréquentant les foires de Champagne, en juin 1229, comme le fait M. Fran- 
cisque Michel {Mes gascons), — pour trouver des particuliers s'élevant seuls et 
parvenant à d'aussi hautes situations par leur propre initiative. Il n'en est pas 
de même , à ce point de vue , de Jacques Cœur, qui est pendant longtemps 
un personnage officiel, et qui occupe dès l'origine un emploi officiel, celui de 
monnaier. 

(2) D'après les extraits des livres de comptes, bien incomplets, que nous * 
publions, page 175 et sq., l'addition de la somme passée entre les mains de 
Betin Cassinel, du 23 mars 1298 au mois de décembre 1300, se décompose 
ainsi : 1298 == 348,308 1. 3 s.; 1299 = 255,782 1. 3 s. 3 d. ; 1300=: 
53,652 1. 5 s. et donne le total de 657,722 1. 11 s. 3 d. 

Il nous semble presque impossible de donner une idée, même approxima- 



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PRèFACE. 



On pense bien que de si hautes situations, ou si l'on veut, 
de tels empiétements n'ont pas été sans soulever chez les 
hommes de ce temps et chez les historiens du nôtre, des pro- 
testations et des hostilités violentes. Les Lombards, d'ailleurs^ 
n'ont pas manqué d'abuser de leur influence : on en verra, de 
reste, la preuve dans les documents qui suivent. (Voir p. 36 : 
Ordonnance de 1^2^.) Mais il faut être juste^ même avec des 
étrangers indiscrets et envahissants; il ne faut nier ni les ser- 

tive, du capital énorme représenté par cet argent en espèces, actuellement. 
Malgré les théories, plus ou moins ingénieuses des auteurs qui ont essayé 
d'établir des tableaux comparatifs de la valeur des monnaies aux diflférentes 
époques, nous continuons à regarder la solution de la question comme très 
hypothétique. C'est un problème, pour ainsi dire insoluble, par la seule raison 
que les données n'en sont pas posées d'une façon suffisamment exacte. Si, en 
effet, on réfléchit à la rareté de plus en plus grande alors du numéraire, qui, 
s'immobilisant dans les ornements (trésors) des églises, s'enfouissant peut-être, 
comme on l'a dit, dans les cachettes des Juifs, ou s'écoulant vers cet Orient 
où l'on retrouverait encore aujourd'hui, au dire des explorateurs modernes, 
des pièces de monnaie de ces temps reculés ; si on réfléchit à cette rareté, qui 
arrêtait l'essor du crédit, entravait les échanges et paralysait l'industrie et le 
commerce, si on songe en outre à la quantité d'or et d'argent fournie par la 
découverte du Nouveau Monde qui fit plus que décupler, en un siècle, la 
quantité du numéraire en circulation; enfin, et ceci s'adresse aux partisans de 
la théorie du grain de blé, si on songe que depuis les nouveaux procédés de 
mouture de la fin du xviiie siècle, la même quantité de froment produit un 
rendement de pain trois fois supérieur, comment veut-on établir une propor- 
tionnalité quelconque avec des données aussi élastiques? 

Que si, malgré ces observations générales, nous étions obligé de formuler 
un avis, nous croyons qu'en soutenant que la somme maniée par Betin Cas- 
sinel s'élevait non pas à des centaines de mille francs , mais à des millions — 
cinquante millions pour le moins, valeur relative aujourd'hui, — nous serions 
fort près de la vérité. 
. Après cette affirmation, étonnante au premier abord, mais que nous pour- 
rions, jusqu'à un certain point, appuyer sur des preuves concluantes, — entre 
autres le nombre des talemeliers à Paris de 1296 à 1300, inclusivement, — 
saurait-on, sans injustice, méconnaître le rôle des Lombards dans notre his- 
toire? L'impôt de 16,000 1. t. payé par eux, en 1295, représente un chiff're 
d'affaires de 3,840,000 L t. 



PRÉFACE. 



IX 



vices qu'ont pu rendre, ni les talents qu'ont pu déployer les 
Lombards, à une époque où personne en France ne possédait 
la science et la tradition des choses financières. 

Il est inadmissible que la Royauté française devenue, comme 
on Ta dit, sous saint Louis, la plus grande puissance morale 
du Moyen âge; il est inadmissible qu'un pouvoir dont l'autorité 
s'était accrue, sous Philippe le Bel, au point de tenir tête à la 
papauté; il est invraisemblable, enfin, que cette Royauté, qui 
avait à son service des hommes d'autorité, des légistes consommés 
et sans scrupule, des Nogaret, des Plassian, des de Flotte, des 
Marigny, se soit servie si longtemps des Italiens, sans avoir 
trouvé, momentanément tout au moins, leur collaboration iné- 
vitable et leurs services nécessaires. Eût-on confié aux mains 
étrangères des Biche, des Mouche, des Cassinel l'administration 
plus ou moins étendue des finances et des monnaies si l'on se 
fût cru en état de faire autrement (^) ? 

Pour beaucoup d'historiens français les Lombards sont, avant 
tout, des aventuriers étrangers. Sont-ce vraiment des aventuriers 
que ces agents, habiles et expérimentés, de compagnies puis- 
santes et ces membres de familles très connues, quelquefois 
illustres? 

Pour étrangers, certes ils le sont, mais n'oublions pas qu'aux 
époques dont il s'agit, les gens de Marseille, de Bordeaux, de 
Montpellier, d'Avignon, etc., ne sont guère plus Français. 

C'est peut-être également ici qu'il faut rendre justice aux 



) '\ 



f 



(i) Nous négligeons, avec intention, la marine, sur laquelle nous revien- 
drons dans les études qui suivront. 



■«•.j 



X PREFACE. 

érudits italiens dont les travaux nous seront indispensables pour 
mener notre œuvre à bonne tin. Depuis quelques années, grâce 
à eux, nous sommes en possession de documents d'une valeur 
inestimable pour notre histoire nationale. Sans parler des tra- 
vaux des savants distingués qui ont collaboré à VOrient latin, 
on peut trouver dans les publications particulières des éditeurs 
de Florence, de Bologne, de Gênes et d'ailleurs, des textes 
inconnus et précieux, des correspondances comme celles que 
nous citions plus haut, des sources d'informations qui remon- 
tent au xiif siècle et qui concernent autant notre histoire que la 
leur. Beaucoup de ces lettres exhumées par les savants italiens 
sont écrites de Paris ou adressées à des correspondants séjour- 
nant dans cette ville; dans toutes on parle des foires de Cham- 
pagne, de Troyes, de Provins, de Bar, de Lagny; une lettre des 
Cerchi, par exemple, nous fournit, ainsi qu'une lettre des 
Tolomei, des renseignements tout à fait nouveaux sur les pour- 
suites dirigées à Paris et en France par la royauté, contre leurs 
compatriotes, leurs associés. Combien sont peu connues encore 
les impositions et les exigences dont furent victimes, à tort ou 
à raison, les Lombards, de la part de cette royauté toujours à 
court d'argent, pour laquelle tous les moyens de s'en procurer 
étaient bons! 

Une autre erreur est l'assimilation du Lombard au Juif. Nous 
ne saurions trop nous élever contre cette confusion, source et 
point de départ d'une foule d'accusations sans fondement contre 
les Lombards. 

Nous n'avons pas eu dans ce travail, à nous occuper des Juifs, 



PRÉFACE. 



XI 



qui ont été étudiés dans les savants ouvrages de MM. Moss- 
MANN : Les Juifs de Cohnar et d'Alsace, etc., 1886, in-8°; Bardin- 
NET : Les Juifs d' Avignon; Saige : Les Juifs du Languedoc; Mal- 
VEZiN : Les Juifs à Bordeaux, 1875, in-8°; Depping : Les Juifs au 
tnoyen-âge, 1825, iî^-8°; Th. Reinach : Histoire des Lraélites depuis 
leur dispersion, 1885, in- 12°, et dans h Revue des Études Juives. 
Dans cette dernière publication, disons-le en passant, un article 
de M. Is. Loëb sur les Livres de comptes des Juifs de Vesoul, 
nous fournit un détail d'une grande importance; il nous montre 
les Juifs de Vesoul. empruntant de l'argent aux Lombards et 
réduit ainsi à leur juste valeur plus d'une théorie hasardée sur 
les luttes sourdes et les rivaHtés entre Juifs et Ultramontains. 

Le Juif n'a pas eu à cette époque le rôle qu'on lui attribue : 
il a pu fournir jadis aux rois de France et d'Angleterre des 
agents capables de leur procurer certaines marchandises rares et 
précieuses, certains produits, certains bijoux; mais jamais nous 
ne le voyons se produire comme le Lombard et s'élever aux 
plus hautes situations du royaume. 

Le Juif est serf, mainmortable,, vendable, échangeable, sans 
patrie, sans droit de posséder des biens fonds, ni même de cul- 
tiver la terre pour lui; c'est un être méprisé et ridicule, quoique 
craint, qu'on reconnaît à son bonnet et à la roue obligée cousue 
sur sa poitrine. 

La loi commune n'est pas faite pour le Juif, soumis à des 
lois d'exception, souvent au bon plaisir du seigneur ou de 
l'abbaye dont il dépend. Il est exclu de toute charge publique 
et privée et ne peut prendre en gages ni terres, ni maisons. 



r 



/ 



XII 



PRÉFACE. 



S'il revient toujours après avoir été persécuté, martyrisé, 
chassé, c'est qu'il se trouve encore mieux en France, pays riche 
à cette époque et fertile en bonnes affaires, que dans les con- 
trées voisines où il meurt de faim. 

Quand les malheurs s'abattront sur nous, pendant la guerre 
de Cent Ans, il s'en ira: il se souviendra alors de ces nations 
voisines où l'on ne vit pas aussi bien qu'en France, mais où du 
moins TAnglais et le paysan désespéré ne sont pas là pour vous 
faire un mauvais parti. Il cherchera un refuge au-delà de nos 
frontières ou dans les pays encore détachés du royaume tels 
que la Provence, la Franche-Comté, l'Alsace^ la Lorraine, la 
Flandre, la Gascogne, qu'il sera forcé d'habiter à la suite de 
l'arrêt de proscription de Charles VI du 17 septembre 1394. Il 
n'en reviendra que sous Henri II (^552) pour n'avoir sa com- 
plète émancipation qu'en 1789. 

Si maintenant nous regardons le Lombard, quelle différence ! 
Le Lombard a, lui aussi, prêté aux Français de grosses sommes^ 
mais il faut savoir à quel moment, et dans quelles circonstances; 
il faut savoir à quelle catégorie de Français il a fait ces avances. 
C'est en Terre-Sainte, lors des croisades de Philippe-Auguste 
et de Louis IX, que les Français, les chevaliers français, se 
trouvent pour la première fois en contact avec lé prêteur italien 
venu à la suite de ses compatriotes. Qu'on ne croie pas que ces 
prêteurs, ces financiers fussent les premiers venus; ils portent 
au contraire les noms des plus célèbres familles de Gênes et de 
Pise; ils ont des parents dans l'armée des Croisés : n'est-ce pas, 
comme nous le rappelons dans notre premier chapitre, un Pazzi 



PRÉFACE. 



xm 



des Pazzi qui plante, le premier, son drapeau sur le sommet de 
la muraille, lors de la prise de Jérusalem? Cette même famille 
des Pazzi, sous la forme cette fois d'une compagnie de mar- 
chands, se retrouvera plus tard, faisant des spéculations en 
France et à Paris, où Corso Donati sera leur associé. 

Les relations d'amitié et d'affaires étabUes ainsi en Palestine 
ou en Egypte encouragèrent les Italiens; l'argent même, ainsi 
gagné avec l'assentiment du suzerain et des rois, servit à acheter 
en Orient des marchandises que ces industrieux Italiens vinrent 
plus tard vendre en Europe à ces mêmes Croisés dont ils 
avaient fait la connaissance sous les murs de Jaffa^ d'Acre on de 
Damiette. C'est dans ces relations qu'il faut, à notre avis, cher- 
cher l'origine du développement extraordinaire que prit le com- 
merce des Lombards en France, en Angleterre, en Flandre, pays 
riches, pays privilégiés de l'époque pour toutes les branches de 
la production agricole et industrielle. 

Le Lombard a encore sur le Juif, qu'on lui compare à tort, 
l'avantage de posséder un état civil; il est citoyen d'une répu- 
blique italienne, c'est-à-dire d'une de ces cités indépendantes ou 
communes, faisant « un commerce d'État qui était la condition 
même de leur vie, l'origine et le but de toutes leurs institu- 
tions. )^ Il est, de plus, patriote, puisqu'il est solidaire et de sa 
compagnie et de toutes celles de sa ville d'origine; bien plus, de 
toutes celles des Italiens ou Ultramontains en général. L'esprit 
d'association a développé chez lui le sentiment et l'idée de 
patriotisme : il a une patrie qu'il aime et qui le soutient. 

Placé sous la sauvegarde des deux consuls de sa nation et du 



1 i 



Wi. 






v.^ 



XIV 



PREFACE. 



PREFACE. 



XV 



capitaine des Ultramontains, il est, en outre, protégé par le Sou- 
verain Pontife, à qui il sert d'agent : n'est-ii pas banquier de 
rÉglise et changeur du Pape ? 

Avant de s'établir dans un pays, il pose ses conditions, il 
exige des privilèges, et bien loin d*être l'objet du mépris ou de 
la risée, il est au contraire un objet d'envie pour sa richesse et 
ses immunités : exemption de la taille, du guet, du service mili- 
taire et d'une foule d'autres charges plus ou moins désagréables 
et plus ou moins onéreuses. Il peut même acheter le droit de 
bourgeoisie et se trouve alors soumis, comme les autres habi- 
tants, au droit commun. Il peut se marier dans la ville ou dans 
le pays qu'il habite avec une femme de la localité, il peut s'y 
étabhr; il est chrétien, bon cathoUque, fréquente les églises et 
fait des fondations. Il a même le droit d'être enterré dans les 
églises, puisque c'est grâce à ce droit que nous avons pu repro- 
duire les pierres tombales de plusieurs Lombards. Il crée un 
collège à Paris; enfin c'est lui qui, par son activité, par ses 
associations, par ses fréquents voyages, est vraiment, en France, 
un des plus actifs promoteurs du développement commercial et 
par suite du crédit. 

Le nombre et le montant des faillites supportées par les Lom- 
bards, les Bardi, les Peruzzi, les Frescobaldi, les Scali, les 
Buonsignori et autres, bref par toutes les plus fortes compagnies 
lombardes, sont la preuve la plus convaincante, sinon la plus 
flatteuse, du crédit qu'on accordait à ces marchands. 

Les façons de procéder des Juifs étaient tout autres. 

Et d'abord il leur était presque impossible de subir des fail- 



lites comparables à celles que nous venons de citer; tout s'y 
opposait, et le peu de confiance qu'ils inspiraient et la nature 
même des opérations auxquelles ils se livraient. Un prêteur sur 
gages n'a pas besoin de crédit puisqu'il ne fait d'opérations 
qu'au comptant et qu'il est toujours couvert par la valeur de 
l'objet qu'il détient et qui représente dix fois la somme avancée. 
On a soutenu que le Juif pouvait prêter sur parole; nous n'en 
avons rencontré aucune preuve et le fait nous paraît extrême- 
ment douteux : c'eût été courir trop de risques de la part des 
deux partis engagés. 

Nous ne voudrions pas qu'on vît dans les considérations qui 
précèdent sur la différence existant entre le Juif et le Lombard 
un parti pris de défendre et d'exalter l'un aux dépens de l'autre. 
Ce serait absolument contraire au but que nous nous propo- 
sons. On verra, de reste, en parcourant notre travail, que nous 
ne dissimulons pas la mauvaise opinion des contemporains sur 
ces manieurs d'argent ; mais nous avons voulu prouver que sou- 
vent cette opinion ne repose que sur un préjugé; nous avons 
enfin et surtout désiré établir ce fait trop évident : que Ton 
connaît très incomplètement et très mal le rôle considérable 
joué par eux durant deux siècles au moins de notre histoire. 

Nous voudrions montrer en même temps, d'ailleurs, que la 
vérité historique se dégage peu à peu, et que le temps n'est 
plus où Pon pouvait encore, sans trop de ridicule, avancer des 
allégations comme celles-ci : 

« [Les Juifs] pénétrèrent impunément [en France] en se don- 
nant pour des Italiens, Génois, Vénitiens, Lombards : c'est sous 



XVI 



PRÉFACE. 



cette dénomination qu'ils furent proscrits, en 1349, par Philippe 
le Bel... (page 39). 

... Les Lombards étaient originaires de tous les États de l'Eu- 
rope... (page 40) (0. » 

Ce n'est pas encore assez pour le bibliophile Jacob : il ne 
craint pas de se servir du nom d'une famille parisienne respec- 
table, ayant fourni des échevins et des prévôts des marchands, 
et il affuble un juif du nom de Balthazar Culdoe, comme si ce 
nom de Culdoë avait quoi que ce soit de juif! 

Pareilles erreurs deviennent désormais impossibles. 

La dernière partie de notre étude sur les Lombards compren- 
dra la liste nominale des prêteurs italiens du xii^ siècle et celle 
des chevaliers et des écuyers français qui eurent recours à leurs 
bons offices; et ce ne sera pas une des moindres surprises de 
retrouver encore quelques noms de ces prêteurs actuellement 
portés par des familles italiennes. Ce qui ne sera guère moins 
instructif, ce sera de retrouver et de suivre le même nom fran- 
çais porté par plusieurs personnages appartenant à une même 
famille, pendant cinq ou six siècles. 

Si le public accordait un accueil favorable à cet ouvrage, 
nous n'hésiterions pas à continuer nos recherches jusqu'en Ita- 
He, convaincu que dans les villes telles que Gênes, Sienne, 
Pise, Pistoïa, Lucques et peut-être Florence, de nouvelles dé- 
couvertes nous seraient réservées. 

Le concours que nous prenons la hberté de demander aux 

(i)Paul Lacroix, La Danse macabre, histoire fantastique du xve siècle. Paris, 
1832. 



PREFACE. 



XVÎI 



érudits italiens, si notre livre tombe sous leurs yeux, nous per- 
mettra de compléter une page mal connue de notre histoire na- 
tionale et particuUèrement des annales, si incomplètes encore, 
de notre cher Paris. 

Nous nous faisons un devoir, en terminant cette préface, 
d'exprimer notre reconnaissance envers les personnes qui ont 
bien voulu nous aider dans notre travail et sans lesquelles nous 
aurions été souvent exposé à une perte de temps considérable 
dans des recherches difficiles. Nous voulons parler des employés 
de la Bibliothèque nationale, tant aux départements des Impri- 
més et des Manuscrits, qu'à ceux des Cartes, des Estampes et 
du Cabinet des Médailles, et aussi de Messieurs les Archivistes 
des Archives nationales et du modeste travailleur préposé à la 
reproduction des sceaux, ces monuments d'authenticité incompa- 
rables comme valeur historique. Que ces obligeants érudits 
reçoivent l'expression de notre sincère gratitude. 

Enfin, nous remercions plus spécialement M. Fernand Bour- 
non, qui depuis longtemps s'est voué à l'historiographie pari- 
sienne, de nous avoir souvent aidé de ses conseils et de nous 
avoir ainsi évité des erreurs. Nous avons conduit ce travail 
avec tout le respect qu'on doit aux documents, et c'est pour 
cela que nous osons dès maintenant le soumettre, tout imparfait 
qu'il soit, à l'appréciation du public. 

Paris, ler juin 1892. 



X — 



LIVRE PREMIER 



Les Lombards en France 




Sceau des Consuls de Gênes, xv<^ s., trouvé dans la Seine, 
à Melun, en 1865. (Musée de Cluny.) 



LES LOMBARDS. — TOME I. 



CHAPITRE PREMIER 



îi 



LES PRECURSEURS 

Arabes. — Syriens. — Juifs. — Lombards. 
Du vi'^ AU xiv^ Siècle. 



Les Premiers Commerçants en Occident. 

Les plus anciens commerçants dont nous ayons pu retrouver 
les traces, en Occident, et particulièrement en France, sont les 
Arabes, les Syriens, les Juifs et enfin les Lombards. Nous 
négligeons, avec intention, les relations forcées qui ont existé de 
tout temps avec les peuples voisins, tels que les Wisigoths et 
les Suèves d'Espagne, les Irlandais, les Gallois, les Frisons, etc. 
Nous passerons rapidement en revue les premiers cités, pour 
nous attacher spécialement à ceux qui font l'objet de cette étude, 
aux Lombards. 

Les Arabes. 

M. Heyd, dans son Histoire du Commerce du Levant, au Moyen- 
Age, écrit un très curieux chapitre sur les monnaies arabes, en 
argent (dirhem) qu'on trouve enfouies sous terre, en Russie, en 
Suède, en Allemagne (côtes de la Bahique), et jusque sur les 
côtes d'Angleterre : plus de trente mille ! la plupart du temps 
en morceaux, en réalité des coupures, et que les commerçants, 



; 

t 

■i 



. LES LOMBARDS EN FRANCE. 

arabes ou indigènes, échangeaient dans ces contrées, du viii^ au 

x^ siècle (795 '^ 955 ^t après). 

En France, à Arles, l'évêque d'Orléans, Theodulfe, rencon- 
trait dans la 'circulation, en 812, des monnaies arabes, mais 
celles-ci venaient, selon toutes les probabiHtés, des Arabes 
d'Espagne, avec les cuirs de Cordoue, les tapis, les tissus de 

couleur, draps, etc. 

Les Arabes se rendirent-ils personnellement dans ces contrées 
si distantes de leur pays? Ces monnaies furent-elles, au contraire, 
rapportées par des commerçants indigènes, qui s'en ^seraient 
servis pour leurs transactions ? toutes questions qui n'ont pas 
encore rencontré de solutions satisfaisantes. 



Les Syriens. 

Avec les Arabes, les premiers commerçants dont l'histoire 
fasse mention, en Occident, sont les Syriens, dont la capitale, 
Antioche, était florissante au vi^' siècle. 

A l'époque mérovingienne, on les rencontre non seulement à 
Naples, à Narbonne, à Marseille et à Bordeaux, mais à Orléans, 
à Tours et même à Paris, dont le siège épiscopal fut acheté par 
un personnage de cette nation, Eusebius, Synis ncgoîiaîor, que 
Gréc^oire de' Tours mentionne vers 551. Il raconte également 
des^'détails assez significatifs sur un autre marchand syrien, 
Eufronius, à Bordeaux. {Hist. des Fr., 1. X, ch. xxyi; 1. VII, 
ch XXX.) Grégoire rapporte encore que lors de l'entrée de 
Gontnm'à Orlé!ans (585), le peuple qui chantait les louanges 
du roi, en allant à sa rencontre, se servait de la langue des 
Syriens, des Latins et même de celle des Juifs, ce qui laisserait 
supposer qu'il y avait à cette époque une assez grande quantité 
de Syriens à Orléans et qu'on y parlait alors le latin, l'hébreu 
et le syriaque. « De tous les idiomes de l'Orient, le syriaque 
est sans contredit celui qui sous le rapport de la forme et de la 
signification des mots, offre avec l'hébreu les rapports les plus 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



$ 



intimes. » — Ceci expliquerait déjà suffisamment le grand nombre 
des Juifs alors. — « Cette langue a produit une foule de monu- 
ments théologiques, Httéraires et historiques, tels que les œuvres 
de S. Ephrcm, la chronique de Bar-Hebraeus, les Acta mariynim 
orioitalium, etc. » 

Parmi les populations de la Gaule au vi^ siècle, M. Longnon 
cite les Romains (Gallo-Romains), les Thuringicns, les Alemans, 
les Alains, les Bretons, les Saxons et les Gascons — toutes 
populations se servant d'idiomes autres que ceux mentionnés 
par l'évêque de Tours, à l'exception des Gallo-Romains. (Cf. 
A. Longnon, Géop-aphie de la Gaule au \f siècle. — E.-M. Qua- 
TREMÈRE, Dictionnaire syriaque- latin.) 

Les Syriens importaient de la soie, des cuirs, du vin de Gaza, 
de Sarepta, etc., et, au temps de Dagobert F, on les rencon- 
trait à la foire de Saint-Denis, avec les Provençaux, à côté des 
Longobards et des Espagnols. (H., t. I, p. 20, 21. — Pardessus, 
DipL, II, p. 5.) 

Les Juifs. 

(( Les Juifs ont également joué de très bonne heure un rôle 
considérable dans le commerce, en Occident. Méprisés de 
toutes les nations au milieu desquelles ils vivaient, ils ne faisaient 
cause commune avec aucune d'elles. » Narbonne, Marseille, 
Arles, Gênes, Naples, Palerme, etc., étaient leurs centres pré- 
férés; à Clermont, en 576, ils étaient plus de cinq cents. 

Un Juif, Priscus, était l'agent de Chilpéric, lils de Clotaire P"", 
pour ses achats; un autre, Salomon, l'agent de Dagobert P^ 

Le grand maître des postes, Aboul-Kassim-Ibn-Khordadbeh, 
nous apprend que les Juifs transportaient, sur les quatre grandes 
routes fréquentées par les marchands, au ix'^ siècle : d'Occident 
en Orient, des eunuques, des esclaves des deux sexes, de la 
soie, des fourrures et des sabres; d'Orient en Occident, du 
musc, de' l'aloès, du camphre, de la cannelle et autres épices. 

D'où venaient les Juifs ? 



» \ 



g LES LOMBARDS EN FRANCE. 

On l'ignore : le nom (( Radanites » sous lequel ils sont dési- 
gnés signifie littéralement : coureurs de pays, migrateurs. 

Dès le Vf siècle, ils frétaient des navires. 

Au ix= siècle, des vaisseaux se trouvant, un jour, en vue de 
l'un des ports de la Gaule Narbonnaise, on crut, du rivage, 
reconnaître des marchands juifs, mais Charlemagne, qui était 
présent, n y fut pas trompé : c'étaient des pirates normands. 

(H., t. I, p. 125-128. — GÉRAUD.) 

Au xiii^ siècle, ils possédaient l'industrie de la tcmture des 
étoffes en Syrie, celle du verre à Tyr et à Antioche. — A Caffa 
ils étaient divisés en deux sectes : les Talmudistes et les 
Karaïtes. (H., t. I, p. 179; t. II, p. i74. 7^0 ^t 65.) 



Les Lombards. 

Enfin, parmi tous ces étrangers, ceux qui occupent la première 
place dans les relations commerciales de TOccident sont les 

Lombards. 

Ce serait faire injure aux Lombards que de les assimiler aux 
Juifs. Si quelquefois la royauté les a poursuivis pour leur extor- 
quer de fortes sommes, jamais nous ne voyons les populations 
soulevées contre les Lombards. En étudiant sérieusement les 
poursuites dirigées contre eux, on est forcé de les trouver bien 
anodines, puisqu'on les voit, le lendemain, revenir plus nom- 
breux. 

De plus, il est tout à fait inadmissible que les rois de France 
puissent se montrer bien sévères pour des gens qui leur rendent 
d'aussi grands services en Orient, où ils ont été, pendant près 
d'un siècle, les banquiers des Croisés, un peu avant l'époque 
que nous étudions. Nous reviendrons sur cette question, abso- 
lument nouvelle, dans le travail que nous nous proposons de 
publier sous ce titre : Authenticité des Chartes des Croisades, qui 
fera suite à cette étude. 

Le Lombard n'est pas, à la vérité, sans déf:mt : il vole, il 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. ^ 

tue... comme les autres; il a même les vices particuliers aux 
Italiens, il viole, etc., mais jamais la réprobation publique ne va 
jusqu'à le chasser de la ville, où il semble, au contraire, vivre 
avec les habitants, en parfaite intelligence. Il contracte des 
alliances dans le pays, et peut acheter le droit de bourgeoisie. 
Bien plus, il s'y établit comme Renier Accorre, ce financier, 
arand propriétaire à Provins, ou comme Geraldus Calciati (Gé- 
raud Chauchat), bourgeois de Clermont, panetier du roi et son 
trésorier en Auvergne, et d'autres encore. (Cf. Ecole des Ch., 
t. XXVIII, 1867, p. 64-81. — Bul. de la Société de rHist. de 
France, 1875, p. 206. — J. 1046 n° 16. A.N. — Tanon, Les 

Justices de Paris.) 

On trouve dans le Lombard tout le génie italien. Au xf et 
au xii^ siècles, il joue, en France, dans le commerce, le même 
rôle d'initiateur que ses compatriotes joueront dans les arts, au 
x\' et au xvi"^ siècle, et plus tard en politique. 

Aussi M. Renan a-t-il pu considérer avec raison Biche et 
Mouche, ces financiers lombards de Philippe le Bel, comme 
« les avant-coureurs de ces légions d'Italiens, consommés dans 
l'art de gouverner, qui au xvi'^ et au xvii^ siècle, furent les 
agents de la politique et de l'administration françaises. » 

Opinion générale et populaire sur les Lombards. 

Nous ne voudrions pas cependant qu'on se fit d'illusions sur 
les Lombards: leur réputation fut toujours détestable. (^Histoire 
liîtér. de la France, XXII.) 

En général, ils sont mal renommés dans nos chansons de 
geste , telles quAimeri de Narbotine (p. 464.) — Chevalerie Vi- 
vien (p. 507.) — Hervis de Met^ (p. 591.) 

La réputation d'embonpoint, de couardise était faite aux Lom- 
bards, comme le prouvent les vers suivants : 

OÏQz, dist l'autres, du glouton parjuré! 
Lombart resemble , tant est gros et enflés. 

{Ogier le Danois, p. 648.) 



1^ ■ i 



8 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



1 ^ 



Dans le plus grand nombre de manuscrits du Roman de la 

Rose, on lit : 

Male-Bouche , que Diex maudie ! 
Ot sodoiers de Lombardie. 

(Ed. Méon, t. I, p. 158.) 

Raimbcrt de Paris les accuse de déloyauté : 

Vesci Lunbars , poi i a loialtage , 
Traïtor sont et plain de cuvertage. 
■{Le chevalier Ogier de Danemarche, V, 4980, t. I, p. 203.) 

Un autre trouvère déclare que ^ - 

Bien est honniz qui en Lombart se fie. 
{Les enfances Vivien, fr. 6985, fo 181, col. i, v. 25. B. N.) 

Dans une autre chanson de geste : 

Vos estes .1. Lombarz de Lombardie nez. 
Certes anvers ma dame vos estes perjurez. 

{Li romans de Parise la Duchesse, p. 156.) 

Ailleurs, on les accuse d'avidité (^>, d'avarice, de folie {Le 
Siège de Thèbes , ms. 6987, fol. 47 r°. c. 4, v. 3. B. N.) et d'un 
vice encore plus honteux. , 

Voici ce que dit Faux-Semblant dans le Roman de la Rose : 

.... S'il i a chastel ne cité 
Ou bogres soient récités 
Néis s'il ièrent de Melan , 
Car ausinc les en blasme-l'en : 
Ou se nus homme ouitre mesure 
Vent à terme ou preste à usure , 
Tant iert d'aquerre curieus , 
Ou s'il i est trop luxurieus, etc. 
{U Roman de la Rose, v. 11927, Ed.MÉox, Paris, 1813, t. II, p. 366.) 

(i) Vie de St Thomas de Canterbury, Berlin, 1858, in-80. page 41, vers 20.— 
HuoN DE Mery, Tournoiement d'ankchrist, p. 71, v. 12-28. — Froissart, 
Chroniques, 1. I, part. I, an. 1349; ^- 1' P- 276, col. 2. 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 9 

L'auteur de la Bataille des Fil ars nous montre des cheva- 
liers lombards, suivant les allégoriques personnifications de la 
Loi et du Décret et leur donne pour guide la Rhétorique. 
{Œuvres de Rutebeuf, t. II, p. 420, additions.) 

Anelier écrit (vers 1850-185 1) : 

Empero la patz fcro com tan en Lombardia , 
d'us assegura' 1 autre to a ve sa milloria. 

Pourtant ils firent la paix comme on fait en Lombardie , que 
l'un assure à l'autre jusqu'à ce qu'il voie son avantage. (Guil- 
laume Anelier, Hist. de la guerre de Navarre. — Ed. Fr. Michel, 
Paris, 1857, gr. in-4°.) 

Enfin, les troubadours Bertrand de Born et Richard Cœur de 
Lion les regardent comme des fainéants {Choix de poésies origi- 
nales des îroubadours, t. IV, p. 142. — Richard Cœur de Lion, 
Le Parnasse occiîaukn, t. I, p. 14.) 

Leur mauvaise réputation les suit d'âge en âge. Au xvi'' siè- 
cle, dans le Sermon Joyeux.... ancien théâtre français, pubHé par 
ViOLLET Le Duc, t. I, p. 214, on lit encore : 

Les Lombars, selon leurs usages, 
Sont foulx par force d'estre saiges (i). 



I. Voici quelques autres appréciations populaires, sur les Lombards, que 
nous devons à l'obligeance de M. Sébillot. 

Un auteur du xil^ siècle les juge ainsi : 

Le roi était riche homme, sage et de grand art; il sut bien que cardinaux 
sont avides et lumbars convoiteux sont d'avoir plus que vilain de essart. 
(Th. Le Mart., 56, xii*-^ siècle. — Littré, Dict.) 

Mettre en gages à Juif et à Lombart (se ht dans le Liv. des Met., loo. — 

xmc s.) 

Bon orfèvre, soutil lombart 

Prestant or a autrui prière. 
(EusT. Deschamps, Poes. mss. fo 356. — xive s.) 

Si sont Lombards de leur nature riches et couards. (Froissart, 1. IV, 
ch. XX ; t. m, p. 109. — P-) ■ . 

Murmurationes Romanorum, versatias Tuscorum, insolentias Lombardorum. 



lO LES LOMBARDS EN FRANCE. 



Influence des Lombards. 

Néanmoins, ce sont les marchands et les financiers italiens 
qui introduisent, parmi les monétaires français, les mots dont 
ils se servent et leur apprennent les secrets de leur art. (Acad. 
des Insc. et Belles-Lettres, t. IX, 183 1. Procédés employés par les 
monétaires, p. 201, par Mongez, dans ses Mémoires sur l'art du 
monnayage che:^ les anciens et les modernes.) 

C'est en les fréquentant, ou en les employant, que les 

(PÉTR^RauE, Variarum ep. 3, éd. Fracassetti, t. lïï, p. 313- - ^■) ^^''^' 
mures des Romains, fourberies des Toscans, insolences des Lombards. 

Une vieille chanson populaire française dont nous n avons que la traduc- 
tion, porte : , tt . * 

Schùtze uns der Herrgott gut 

Vor ner Frau, die sich schminken fhut, 
Und vor der Hitze der Picarden, 
• Und vor den Bissen der Lombarden. 

auand les Anglais parlent d'un paresseux , ils disent qu'il a la fièvre lom- 
barde. (Internationale Titidaturen. - O. Frh. v. Reinsberg-Duringsfeld. 2 vol. 

in-i8. (Leipzig, 1863.) 
Li plus sage homme sont en Lombardie. (Prov. xiii^ s., Crapelet.) 
Les grâces du Lombard : trois dez sur la table, (xviiie siècle. Oudin, Cu- 

Dans un modus ordinandi compotos, du temps de Charles le Bel, on voit que 
financier italien ou usurier était synonyme : « financie ItaUcorum seu usu- 
rarionm. » {Histor.des Gaules, t. XXI, p. Si9-) 

Patience de Lombard : c'est-à-dire celle du prêteur qui est en peme de savoir 

s'il sera payé. (Le Roux de Lmcv.) 
Boucon de Lombard : c'est-à-dire du poison. (Le Roux de Lincy, Dtct. 

comique lih. et saîir.) p^^i^ de Lombart, 

Labour de Picart, 
Humilité de Normand, 
Patienche d'Allemand, 
Larghèce de François, 
* Loyauté d'Anglois, 

Devocion de Bourguignon, 

Ces huit coses ne valent pas un bouchon. 

(xiiF S. Cr.\pelet.) 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



II 



Français se perfectionnent un peu dans l'art de la gravure des 
coins, dit Le Blanc. 

C'est par la même raison que nos négociants adoptèrent les 
expressions commerciales qu'apportèrent, en France, avec leur 
industrie, les Lombards, et particulièrement à Lyon, les Floren- 
tins, chassés de l'Italie par les guerres des Guelfes et des Gibe- 
lins, qui l'ensanglantèrent depuis le xii" jusqu'au xiv^ siècle : 
tels sont les mots agio, cambiste, bilan, iisance, banque ^'\ loy ou 
alloy (alliage — /^^rz), escharceté (faiblage sur le poids, eschars ou 
faible de poids — scarcità, scarso), essai, essayer (— saggio, sag- 
giare), et non exagium comme le prouve Mongez, p. 221. 

Les Lombards sont-ils les inventeurs de la lettre 

de change? 

0[\ prétend, et on répète encore tous les jours, en France, 
que les Italiens avaient trouvé des systèmes financiers nouveaux. 

Se aulcun Lombart me vient livrer bataille, 

Prendre nos biens par exécution, 

Je le payray, par bien, quoy qu'il en aille. 

{Ane. Thèdt. franc., coll. Jannet, t. III, 247.) 
De mercuriale, de persiguière [me torchai], mais j'en eus la caquesangue de 
Lombard. (Rabelais, I, 13.) 

Tesmoings les usuriers de Landcrousse, qui naguère se pendirent voyant 
les bleds et vins ravaler en prix et bon temps retourner. (Rabelais, ii, 3.) 

Ces citations permettent de se faire une idée de ce que le peuple entendait 
généralement par un lombard; lombard est, pour lui, synonyme, d'abord de 
riche usurier, puis de fainéant, trompeur, etc., toutes les qualités, en un 
mot, que Boccace réunit dans le portrait qu'il nous a laissé d'un de ses 
compatriotes et que nous publions plus loin in extenso. 

(i) Littré donne comme étymologie du mot banque, le mot banc, sur lequel 
était assis le changeur. Banca, en italien, signifie table-abacus. Qiiant au mot 
monte, qui signifie banque, endroit où l'on reçoit et où l'on prête de l'argent 
à petit intérêt, il a fourni le mot monte di pîeta, d'où banque ou mont de piété, 
dont on attribue l'invention aux Lombards, et qui porta même ce nom : le 
Lombard, jusqu'au siècle dernier. Un monte di pieta, autorisé par décret du 
Vatican, fonctionnait à Florence en 1495. Le mot bancherius se trouve dès 
1300, 24 octobre, et n'est pas moderne comme on l'a cru quelquefois. 



12 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



13 



inventé les lettres de change, etc. Ce serait sortir des bornes de 
ce travail que de rechercher la part prise par les Lombards dans 
les innovations financières de cette époque, qu'on leur attribue, 
à tort suivant nous. Du reste, les documents nous feraient 
défaut actuellement. Nous nous contenterons de dire que nous 
partageons Tavis de Pouqueville. (^Acad. des Insc. et B.-L. — 
Mémoire historique sur le commerce et les établissements français du 
Levant (500-1800), par Pouqueville, t. X, 1833, p. 513.) 

u Les banquiers, écrit-il, les aléateurs ^ et les courtiers en 
savaient autant il y a vingt siècles, que TÉcole moderne de nos 
financiers, auxquels les premiers n'ont laissé à combiner ni en 

bien, ni en mal. 

« En lisant attentivement les harangues de Démosthènes et 
les historiens qui ont parlé de la jurisprudence maritime, on 
demeurera convaincu que ce fut dans Athènes, au Lesché 
(bourse) du Pirée, qu'on connut primitivement les chartes- 
parties, les assurances, les contrats de prêt à la grosse, les lettres 
de change et jusqu'aux monnaies fictives <'>. » 

Nous croyons donc que les Lombards n'ont rien inventé : ils 
n'ont fait qu'appliquer sur une plus vaste échelle, en le perfec- 
tionnant, ce qui avait existé de tout temps. 

La plupart de nos écrivains croient, comme M. Pigeonneau 
{Histoire du commerce de la France, t. I, p. 259), que « c'est de 
l'ère lombarde que datent chez nos ancêtres la science du com- 
merce et la naissance du crédit. » Nous n'oserions pas être 
aussi affirmatif. Qut les Italiens aient développé k crédit, 
qu'ils aient élargi la science du commerce, oui ; qu'ils Talent 
inventée, non. Nous savons que, bien avant de nouer leurs 
relations avec nous, ils avaient des rapports commerciaux avec 
les Grecs, avec les Byzantins. Ces derniers, dont la réputation 
ne le cède en rien à celle des Lombards comme souplesse d'in- 

(i) On trouve dans les lois de Menou, 1000 ans avant l'ère chrétienne, les 
règles du prêt à la grosse. Alauzet. Commentaire du code de commerce. Pans, 
1868. Introduction. Les cylindres assyriens du Louvre et surtout ceux de 
Londres portent des contrats de ventes et d'achats, en somme d'affaires finan- 
cières, conclues au moyen d'intermédiaires. 



telligence, n'auraient-ils pas, eux aussi, une part à réclamer dans 
rinvention de ces moyens d'échange, que l'on veut toujours, 
chez nous, attribuer aux Italiens ? Encore, ces Grecs, si Ton s'en 
rapporte au passage de Pouqueville cité ci-dessus, n'auraient-ils 
été que des héritiers éloignés de leurs grands ancêtres. 

Les premières monnaies d'or turent frappées, en France, par 
saint Louis. A Florence, qui eut de Tor avant Venise, elles ne 
le furent qu'en janvier 1253. Or, la lettre de change a précédé 
de longtemps l'émission de la monnaie d'or, et à notre avis, 
l'explication en est assez facile. Nous avons des lettres de change 
de 1207, de 12 14 — du banquier génois Rubeus — et très 
vraisemblablement, ce n'étaient pas les premières, et, plus vrai- 
semblablement encore, d'autres peuples, grecs, arabes, juifs 
peut-être, en avaient-ils fait usage longtemps auparavant. 

Rôle des Lombards. 

Les Républiques ou mieux les (( Communes » itahennes 
produisent de bonne heure des hommes extraordinaires. Grâce 
à eux l'Europe occidentale fait d'immenses progrès dans la voie 
des transactions. Ils sont, en effet, admirablement placés pour 
cela. Leurs billets, leurs lettres de change, en un mot, leur 
crédit, rendent les relations plus faciles. Ils vont partout, ils 
sont partout; ils fournissent d'argent en Orient les armées de 
Philippe Auguste, de Richard et de saint Louis, et tirent sur la 
reine Blanche de Castille, des traites qui sont datées de Saint- 
Jean d'Acre. 

Non contents d'exporter les marchandises fabriquées chez 
eux, les draps d'or de Lucques ou de Florence, les tissus de 
Venise, les tils d or et d'argent de Milan, ils servent encore 
d'intermédiaires entre l'Occident et l'Orient où ils vont cher- 
cher la soie et les pierres précieuses que mettront en œuvre les 
joailliers et les orfèvres ou qui serviront à décorer les vêtements 
(robes, chapeaux, ceintures, etc.) des seigneurs de France, 
d'Angleterre ou des Flandres. 



-.»■» 



M 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



15 



Les marchands Vénitiens, Génois, Pisans, possèdent des 
flottes qui rapportent d^Orient toutes ces richesses qu^ils étalent 
sur leurs comptoirs, à Paris, à Londres, aux foires de Cham- 
pagne, de Narbonne et de Nîmes. Ils ne se gênent pas, du reste, 
pour « envoyer aux Égyptiens, au moment des croisades, des 
munitions de guerre, des armes, et en particulier des lances et 
des galères toutes prêtes, mais au retour de ces coupables 
voyages, les capitaines italiens en seront quittes pour une abso- 
lution facilement obtenue et ne songeront qu'à recommencer. » 

(Renan^ Ioc. cit.) 

Ces crimes de lèse-chrétienté étaient punis par l'excommu- 
nication, la confiscation des biens du capitaine ou du pilote cou- 
pable : bien plus, celui qui parvenait à le saisir était autorisé à 
le garder en esclavage. (H., t. I, p. 386.) 

C'est ce mouvement commercial prodigieux, concentré dans 
leurs mains, n'offrant de comparable, de nos jours, que le trafic 
de l'Angleterre, qui explique et leur fortune et leur grand 
nombre partout, et en particulier à Paris. 

Ce n'est malheureusement que longtemps après que nous 
songerons à les imiter, u En France, l'activité commerciale 
s'éteint à la fin du moyen âge. Jacques Cœur secoue un instant 
cette torpeur, mais ce ne fut qu'une lueur aussi fugitive que 
celle d'un météore. » (H., t. II, p. 717.) 

A cette époque les Italiens étaient, pour ainsi dire, les seuls 
chargés de ces opérations. Aussi, M. Bourquelot s'est-il trompé, 
à notre avis, en écrivant (p. 199, Ioc. cit.) : « Il est certain 
aussi qu'il venait des Écossais aux foires de Provins, par des 
passages du Nécrologe de l'Hôtel-Dieu de cette ville. Le pre- 
mier de ces documents porte : « F° Kalend. Julii. Petrus Scoii 
et Opicidyani sociiqiie eorum Scotorum dederunt nohis iinum eqiium, 
pro quitus tenemur facere perpetuam memoriam. » 

Le second : « La mefon & les chambres de le^y que H Efquoi tient. » 

Il est évident qu'il s'agit ici de la compagnie des Escoz ^^> 

(i) Je dois faire remarquer que le mot « Escot » avant le xiie siècle signifie 
généralement Irlandais. Jehan Scot Erigèm était, comme son nom l'indique, 
un fils de la verte Erin. L'Écossais était un Picte, etc. 



(Scotti, de Plaisance); le nom d'Opicidyani le prouverait, de 
reste; les Écossais ne songeaient pas à faire du commerce et se 
tenaient dans leurs clans, sur les bords de leurs lacs et sur leurs 
montagnes, à l'époque où les maisons des commerçants lom- 
bards surpassaient comme architecture les palais de nos rois; 
où leurs propriétaires menaient une vie plus luxueuse et étaient 
plus riches que nos princes du sang et où le commerce, les 
sciences, les beaux-arts, la poésie plaçaient l'Itahe du Nord in- 
contestablement au premier rang de la civilisation en Europe. 
(C1BRAR10, Écon. polit. — Francisque Michel, Les Écossais en 
France et les Français en Ecosse, 2 vol. in-8, 1862. Introduction, 
p. 6.) 



Civilisation avancée des Lombards. 

L'Italie, au xiii^ siècle, pouvait déjà se glorifier d'un grand 
nombre d'artistes distingués et mêmes célèbres. Cicognara {Sto- 
ria délia Scultura, t. III, p. 62) signale un tractatus lumbardicus 
de omni scientia artis pingendi, du ix^ siècle, mentionné sur un 
document des archives de S. Zenon de Vérone. Il cite encore 
Benedetti Antelami, sculpteur des bas-reliefs du Baptistère de 
Parme (11 96); Biduino, sculpteur des architraves des vieux 
temples de Lucques et de Pise (1180); Viligelmo, sculpteur 
(dôme de Modène) 1099 (?); Bonanno, fondeur de la porte du 
dôme de Pise et constructeur de la tour; Gruamonte (11 66), 
Enrico (1167), sculpteurs des architraves et des chapiteaux de 
l'église de Pistoïe. Sur l'architrave de la porte principale de 
Saint- André à Pistoïe, on lit ces mots : « ...les ouvriers furent 
Villanus et Bathus, fils de Tignosus (11 66). » 

Pour prouver davantage l'antériorité des artistes lombards 
nous nous contenterons de citer les monuments des villes lom- 
bardes secondaires avec les dates de leur construction. Ainsi, 
sans nous arrêter à Gênes, Florence ou Venise, nous rencon- 
trons à Plaisance, le Dôme, 1222- 123 3; le clocher, 1333; 



i6 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



17 



kl! 



le Palazzo del Commune, 1281; San Francesco, 1278; San An- 
tonino, 1350; — à Lucques, le Dôme, 1060-1070; réédifié, 
1233-130S; Saint-Michel, 1288-1377; - à Crémone, le Dôme, 
1107; le Baptistère, 11 67; le Torrazo, de 121 mètres de haut, 
1261-1284; le Palais public, 1245; — à 5z>««^, le Dôme, 1264, 
façade de 1379; San Domenico, 1220-1465; San- Francesco, 
1326; San Spirito, 1345; Palazzo publico, 1289-1309; Palazzo 
Buonsignori (xiv^ siècle) ; — à Pistoïe , le Dôme du xii^ siècle 
restauré en 1240 (Nicolas de Pise); le Baptistère, 1337; le 
Palazzo del Commune, 1294-1385; le Palazzo pretorio (xiv^ s.); 
l'Ospedale del Ceppo, 1218; Saint-André, 1196; Saint-Barthé- 
lémy, II 67, etc., etc. 

Où trouver, dans l'Europe, un développement artistique 

comparable à celui-là? 

Au xv« siècle, la vie matérielle en général était plus élégante 
et plus raffinée chez les Italiens que chez aucun autre peuple 
de la terre, dit J. Burckhardt dans son ouvrage sur lu Civilisa- 
tion en Italie au temps de la Renaissance, Il aurait, croyons-nous, 
pu en dire autant du XIV^ Tout concourait chez les Italiens à 
atteindre ce résultat, particulièrement les conditions climatériques. 
Dans les rues des villes italiennes, bien pavées au xv% Tusage 
des voitures était commun. A Milan, à la fin du xv^ siècle, il* 
y avait plus de soixante voitures à quatre chevaux et d'innom- 
brables voitures à deux chevaux, la plupart dorées, richement 
sculptées et toutes garnies de soie. 

A Paris môme, n'était-ce pas une Itahenne, une Florentine, 
fille de marchands, Catherine de Médicis, qui vers la fin du xvi^ 
y introduisait l'usage des « coches? » Et un peu plus tard, le 
karlement ne suppliait-il pas Henri IV d'abolir l'usage des car- 
rosses dans les rues de la capitale ? 

Si, au xvi^ siècle, les Italiens sont « les maîtres de l'Occi- 
dent pour tout ce qui peut former l'homme de société par 
excellence, » il faut convenir qu'un pareil résultat avait demandé 
plusieurs siècles de préparation. A notre époque, qui ne peut 
être comparée à aucune autre, au point de vue du progrès, les 
exemples ne nous manquent pas pour nous croire en droit d'aflar- 



mer qu'un semblable degré de civilisation, de raffinement dans 
les mœurs, de politesse dans les usages, de goût dans les arts, 
demande plus d'un siècle d'apprentissage. 

Qiiand on lit les détails sur l'éducation d'un Italien de qualité, 
vers 1500, et qu'on le voit, après avoir travaillé le latin, natu- 
rellement, Titalien et d'autres langues telles que le grec et le 
français, passer le restant de sa journée entre les mains du 
maître de gymnastique, qui lui apprend à luctari, excurrere, na- 
ture, equitare, venari, aucupari, ad palum et apud lanistam ictus 
inferre aut déclin are, casim punctimve hostem fer ire, hastam vihrare, 
sub armis hyenicm juxta et astatem traducere, lanceis occursare, veri 
ac communis Martis Simulacra imitari (ajoutons-y l'étude de la 
musique, le jeune élève est quelquefois un virtuose) ; on se de- 
mande si, vraiment, nous faisons mieux, en France, sous 
Louis XII, et môme aujourd'hui. Il faut ne pas oublier qu'en 
Italie cette éducation est donnée très souvent au fils du mar- 
chand et non pas seulement au noble comme chez nous. 

Au xiii^ siècle, Pise avait un Andréa, un Giunta, et bientôt 
après Andréa Ugolino, le contemporain de Giotto (f 1355); 
Lucques, un Berlinghieri ; Florence, Cimabue ; Venise, une 
liste trop longue à énumérer, ainsi que Sienne, Milan, Gênes, 
Rome, etc. 

Et cependant l'Italie était à ce moment même en proie aux 
horreurs des guerres civiles et étrangères. Florence cessait, en 
1205, d'être gouvernée par des marquis, et formait avec Pise, 
Sienne et Lucques, quatre républiques quelquefois liguées, plus 
souvent rivales, tout à fait distinctes en certain temps, presque 
confondues en d'autres. En 1280, Florence avait quatorze gou- 
verneurs, sept du parti guelfe, sept du parti gibelin. Les pre- 
miers prieurs ne sont nommés qu'au milieu de juin 1282. 

D'un côté, la lutte violente entre le Pontificat et l'Empire di- 
visait la nation en deux partis très acharnés; de l'autre, les 
villes se brouillaient pour des motifs que M. Amaury Duval 
qualifie dans son Discours sur Vétat des beaux-arts au xiir siècle 
{Hist. litt. de la France, t. XVI, 1824) de « puérils et ridi- 
cules » mais qui étaient, en réaHté, ces rivalités commerciales 



LES lOMBÀRDS. — TOME I, 



g LES LOMBARDS EN FRANCE. 

terribles que M. Heyd a si minutieusement détaillées dans son 
Histoire du commerce dans le Levant. 

Émeric David {Histoire de la sculpture française, annotée par 
T. DU Seigneur, Paris, 1853, éd. Lacroix) s'exprime ainsi : 
<< Sans doute on ne me soupçonnera pas de vouloir assimiler nos 
sculptures des xiv' et xv= siècles aux chefs-d'œuvre des maîtres 
italiens du même temps. Dans le xi= et le xu=, la France peut 
être mise en parallèle avec l'Italie. Elle n'avait pas déchu davan- 
tage, peut-être moins, au xiu^ siècle, qui est celui de la restau- 
ration Vérité, naïveté, tel était le but que s efforçait 

d'atteindre tout homme qui, chez l'une ou l'autre nation, com- 
mençait à s'éclairer. » (Introduction, p. 3)- Rappelons que cet 
ouvrage de E. David n'est qu'une réponse à celui du comte 
Cicognara. Bien plus, de l'aveu même de M. Amaury Duval, 1 
demeure const.mt qu'au xv- siècle, où les arts jetaient un si grand 
éclat en Italie, nos rois appelèrent des architectes, des peintres, 
des sculpteurs Italiens, etc. L'auteur s'arrête là et ne dit pas un 

mot du xvl^ ^ 

Mais écoutons Fopinion d'un juge plus compétent. Dans son 
Discours sur les beaux-arts {Hisî. litt. de la France, t. XXIV, 
i8éO M. Renan s'exprime ainsi : «Au xf et au xii^ siècle, la 
France surpasse de beaucoup l'Italie dans toutes les directions 
de l'art. L'Italie, à cette époque, n'avait rien à comparer a nos 
basiliques romanes, aux peintures de Saint-Savin, au portail de 
Siint-GiUes près d'Arles. Au xiii^ siècle, la France égale encore 
sa rivale. Sans doute, elle n'eut pas de Giotto, mais elle eut 
des architectes supérieurs à ceux de toute l'Furope. Au xn- la 
France est définitivement dépassée. Les . artistes d'Avignon » 
c'est-à-dire Simone Memmi ou Simon de Sienne, le Romagnol 
Ten-art, maitre Johannes Italiens, graveur de sceaux ; Gemi- 
niant de la Turre, Pierre de Terdona, François Baralli, Florent 
de Sabulo, maitre Etienne Grandi, Etienne Blandini, le musicien 
oraaniste François Brocard Campanino, tous Italiens, sont re- 
connus pour des maîtres qu'on ne pouvait égaler. [Le duc de 
Berri, cet amateur éclairé, achetait des tableaux aux Italiens.] La 
France ne recule point, mais l'ItaUe avance à grands pas et s en- 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



19 



gage seule avec un éclat sans pareil dans cette voie glorieuse où 
tout le monde devait essayer de la suivre » 

Voici la conclusion de l'illustre maître : « La fortune de Fart 
italien tient à des causes profondes et à la supériorité même du 
génie de l'Italie. Avant tout autre pays en Europe, l'Italie atta- 
cha un sens au mot de gloire et travailla pour la postérité 

Toutes les couches de l'histoire de l'art sont représentées sur 
son sol. Chacun de ses chefs-d'œuvre a un nom, une date, une 
légende. Si elle eût eu nos architectes du xii^ et du xiii'^ siècles 
elle eût égalé leur gloire à celle des Bramante et des Michel- 
Ange. Même les noms obscurs des Raymond du Temple, des 
Colart de Laon, des Girart d'Orléans, seraient inscrits chez elle 
au livre d'or. Chez nous, ils n'ont échappé à l'oubli que par le 
hasard qui les a fait figurer sur d'insipides registres de dépenses, 

mêlés aux détails les plus vulgaires : illacrymabiles carent 

quia vate sacro. » 

On ne saurait mieux dire. 



Corrélation entre la richesse et la civilisation 

des Lombards. 

On a soulevé de longues discussions pour savoir quelle in- 
fluence avait sur le développement de l'art, c'est-à-dire de la 
civilisation, tel ou tel état social. Quel est le miheu le plus fa- 
vorable à l'épanouissement des beaux-arts, une monarchie ou 
une république ? 

Du tyran, protecteur des arts, ou du citoyen hbre dans une 
république, lequel est préférable pour le progrès intellectuel du 
pays ? 

C'est précisément à propos des Lombards que ces questions 
se présentent à notre esprit. 

Peur nous, Fétat social n'a sur le développement de Fart 
qu'une influence très secondaire, sinon nulle. Sous le tyran le 
plus cruel — on en a des exemples frappants en ItaHe, — 



\ 



20 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ï 



■ i 



comme sous le régime de la liberté la plus absolue peuvent se 
produire de grands artistes, et on soutiendrait les deux thèses 
avec un nombre égal d'excellents arguments à 1 appui. Mais, ce 
que nous croyons pouvoir affirmer, c'est que l'art ne s est ja- 
mais développé avec plus de force que dans les sociétés riches 
libres ou nonW. Cette proposition ressemble, au premier abord, 
à un paradoxe. Q.u'on étudie l'histoire des relations commer- 
ciales de l'Italie, et on aura l'explication naturelle de sa prospé- 
rité et du développement artistique qui en est la conséquence 

On ne saurait se faire une idée des trésors qui entrèrent dans 
les villes lombardes du xi^ au xv« siècle, venus tantôt de 1 Occi- 
dent, tantôt de l'Orient. Les croisades, entre autres, turent des 
sources presque intarissables de richesse. Pour un Pazzo des 
Pazzi qui se bat et plante, le premier, son étendard victorieux 
sur iJs murailles de Jérusalem, il y a cent de ses compatriotes 
qui ne sont à ce moment occupés qu'à supputer les mtérèts que 
leur procureront les sommes par eux avancées aux Croises, et 
qui témoins éloignés de la bataille, n'om qu'un souci, celui de 
pouvoir mettre à l'abri et leurs richesses et leur personne sur les 
bateaux toujours prêts à appareiller. _^ 

Ce sont ceux-là qui, tandis que les premiers conquièrent la 
oloire, rapportent, eux, dans leur patrie, ces monceaux d or 
qui se transformeront en palais, en tours, en navires, en vête- 
ments, en armes; car dans leurs querelles intestmes, dans leurs 
rivalités de famille, ils déploieront bien plus d'acharnement, 
sinon de courage, que dans des croisades contre ces Sarrasins 
avec lesquels ils préféreraient cent fois échanger des marchan- 
dises que de belles passes d'armes. La religion, dans les Croi- 
sades n'est qu'une question secondaire pour ces marchands, 
et même, on peut l'affirmer aujourd'hui sans craindre un 
démenu, 'pour la grande majorité de ces nobles chevaliers. Leur 

(I) Maures, Portugais, Espagnols, Hollandais, Flamands, etc ont eu leurs 
plus grands artistes, architectes, poètes, peintres, au moment de leur plus 
grande prospérité commerciale. 



ARABES. SYRIENS. JUIFS. LOMBARDS. 



II 



conduite pendant les sièges, leur genre de vie, leurs dépenses 
que nous connaissons, sont autant de preuves à l'appui de notre 
thèse. Chacun compte tirer de l'aventure un profit immédiat, et 
si, pour le héros de la chrétienté, c'est un duché qu'il convoite; 
pour le Lombard, c'est de l'argent. Et cet argent, il ne le garde 
pas comme le Juif, au fond d'un sac ou caché dans un trou ; 
mais, avec ses idées larges, il devine la puissance de l'associa- 
tion, il se forme en compagnie et il arrive à mettre à exécution 
ces projets qui peuvent supporter la comparaison avec ceux de 
nos grandes compagnies actuelles. Est-ce que les associations 
des Lombards de Gênes, de Venise, se réunissant pour fournir 
aux croisés des moyens de transport, et en 119 1 et en 1270, 
ne sont pas, toutes proportions gardées, aussi importantes que 
les différentes compagnies de navigation de nos jours ? Les 
contrats de nolisation du xii" siècle ressemblent sensiblement 
à ceux que signa la France en 1830, avec des compagnies ita- 
liennes, pour le transport des troupes devant Alger. 

Les agissements de Biche et Mouche offrent à certains 
moments de frappantes analogies avec les procédés de nos plus 
grands financiers modernes. 

Nous avons calculé qu'au seul siège d'Acre (1191)» les Lom- 
bards génois et pisans avançaient aux Croisés l'énorme somme 
de 26,460 marcs d\argent, de 2,220 livres tournois et 930 onces 
d'or. A cette époque on n'avait en France aucune espèce d'or — 
pas plus qu'en Italie. Il est de toute évidence que ces sommes, 
payées en espèces sur les Heux, étaient apportées, pour la mon- 
naie d'argent spécialement, sur des bateaux qui devaient forcé- 
ment faire des services réguliers dans certaine saison : nous en 
avons, du reste, les preuves. Ne pourrait-on pas ainsi expliquer 
la reconnaissance des princes chrétiens envers de si précieux 
auxiliaires ? Elle serait autrement tout à fait incompréhensible, 
puisque le nombre de combattants fournis par les Italiens est 
de beaucoup inférieur aux autres. 

Si nous avançons plus haut, que les Lombards ne voyaient 
dans les croisades que des entreprises commerciales, c'est que 
nous savons que quand les Génois fournissaient à saint Louis 



H 



% 



22 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



un contingent de dix mille hommes et des transports pour sa 
seconde croisade, ils recevaient, au même moment, à Gênes 
une ambassade du sultan d'Egypte ! 

Mais voici qui est plus fort : quand saint Louis, prisonnier, 
rendait, pour se racheter, la ville de Damiette aux Musulmans, 
les Vénitiens, les Génois, les Pisans furieux de se voir lésés 
dans leurs intérêts commerciaux, ne traitaient-ils pas en ennemis 
les chevaliers français ? 

Ces quelques généralités suffisent pour donner une idée du 
caractère des Lombards. Nous allons maintenant les suivre, 
pas à pas, dans l'histoire, sans autre but que de fournir, pour 
l'avenir, des documents aux chercheurs qui voudront appro- 
fondir ces questions que nous croyons jusqu'ici ignorées ou 
dédaignées, mais dont de plus habiles que nous n'auront pas de 
peine à montrer l'importance (0. 

(i) Cf. LiTTRÉ, Études sur les Barhares, Paris, 1869, i^^-^^, et principale- 
ment les pages 372-373 et suivantes. 



CHAPITRE II 

Les Caorsins. — Nationalité des Caorsins et des Lombards. 
Les Lombards aux foires de Champagne. 



Les Caorsins. 

(Change — Prêt sur gage.) 

Les Usuriers. 

(( Les habitants de Cahors furent les premiers à rivaliser avec 
les Juifs dans l'art du prêt et du change. » (Cibrario, Écon, 

polit, au moyen âge.) 

Cette opinion paraît indiscutable quand on voit mentionner 
les usuriers de Cahors dès le mois de janvier 11 66, dans une 
bulle du pape Alexandre III, et en 121 6, dans une lettre d'In- 
nocent III, ordonnant de les chasser du cloître de Troyes. Ils 
sont également cités dans un document de 1220. (Coll. Doat. 
— BouRauELOT.) 

En 1230, 27 mars, il y avait à Cahors une compagnie de 
Lombards, ayant à sa tète un nommé Juvénal, qui avait prêté 
200 marcs d'argent à l'évèque Guillaume. (Doat. 11 8, fol. 30 r^) 
Évidemment ce financier était venu d'Italie, mais cela n'em- 
pêchera pas Benvenuto d'Imola d'écrire en 1380, dans ses 
commentaires sur Dante : <( Cahors est une ville de France où 
presque tous les habitants sont usuriers. » (Muratori, t. I, 
col. 891, B.) 



p 



24 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



En 1304, le procureur Jehan de Lalbugua les avait accusés de 
bien d'autres méfaits. Dans un sermon délivré à Cahors aux 
Frères Prêcheurs, le procureur du roi n avait-il pas traité les 
habitants de Cahors de meurtriers, larrons, incestueux, traîtres 
à Dieu et sodomites? Heureusement que Tévêque Raymond 
prit leur défense , et vint déclarer que les habitants ainsi calom- 
niés étaient bons et vrais catholiques et légitimes chrétiens. 

De 1230 à 1240, les noms de Caorsins et de Lombards de- 
viennent synonymes d'usuriers français et italiens, mais on 
trouve encore les Caoursins spécialement désignés dans une or- 
donnance de janvier 1264 (n. s.), interdisant les foires de Cham- 
pagne à Etienne et Pierre de Salvetat, et aux frères Durand, 
tous de Cahors. En 1274, nous trouvons un reçu de 300 livres 
de Viannois (monnaie) de Ardeton, le Corssan, et le Livre des 
Sept Péchés mortels de Laurent cite ^ les Caorsins qui prêtent et 
destruient le pais. » (Godefroy: Caorsin.) 

Enfin, en 1285, l'archevêque de Bourges, Simon, primat d'A- 
quitaine, visitant le diocèse de Cahors, recevait Fabjuration de 
quarante usuriers pratiquant dans le Q_uercy. (Baluze, Miscell.) 
Ce qui donnerait raison à Benvenuto d'Imola. 

La rue des Corps Saipts à Genève est évidemment la rue des 

Caorsins. 

Dans les actes publics du milieu du xiii' siècle, ils sont en- 
core distingués des Lombards , mais peu à peu on les voit dis- 
paraître devant ces derniers dont les noms se sont conservés 
jusqu'à nos jours, à Paris (rue des Lombards), à Londres (Lom- 
bard Street) et en cent endrohs divers jusqu'à Avise (rue de la 
Lombardie), au Mesnil, à Avenay (rue des Lombards), en 
Champagne, etc. Lombard Street à Londres portait ce nom dès 
13 18 {Str(mj's Surveyj p. 376). Il n'y a plus aucun de leurs 
descendants dans cette rue qui comptait encore, en 1805, dix- 
sept maisons de banque, (Mac Pherson, Annals of Commercé) 
et qui renferme aujourd'hui un si grand nombre d' « offices » 
de financiers. 



CAORSINS. LOMBARDS. 



25 




Nationalité des Caoursins, des Lombards. 

Nous n'ignorons pas que nous sommes en désaccord avec 
plusieurs historiens qui se sont occupés de cette question. 

Si Adrien de Valois et Muratori affirment, comme nous, que 
ces usuriers venaient de Cahors — ce dernier avec d'excellentes 
preuves à l'appui — en revanche, du Cange et les autres leur 
donnent une origine italienne (Notitia Gaîliar., p. III, col. i ; — 
t. I, diss. XVI.) Depping les fait venir d'une ville du Piémont, 
Caorsa; Bourquelot les amène d'Italie à Cahors et son ami M. La- 
cabane altère les textes pour soutenir la thèse de Bourquelot : 
il s'obstine à lire Caoursins de Sienne (senensibus) là où Mathieu 
Paris a positivement écrit Caoursins — synonyme d'usuriers 
français — de Sens (Scnonensihus), comme on a dit les Caour- 
sins de Douai, de Bourc, etc., et les Lombards de Paris, de 
Londres, etc. « Le texte portait, A coup sur, senensibus », écrit 
M. Lacabane (École des Ch., série V, t. I, p. 323). 

Depping avance qu'ils étaient Juifs : nouvelle erreur. Les 
noms seuls des Caoursins prouveraient le contraire. A part un 
certain Girard David (1230), on ne peut raisonnablement sou- 
tenir que les noms Guillaume Servat ou Servade, Reymond de 
Saint-Clément (Rolls of Parli a ment), Reymond de Salvagnac^'^^ 
Jaques Jehan, Guillaume de Lart, etc., soient juifs. 

Mathieu Paris dit positivement (an. 1235) que les Caoursins 

(i) Quand Simon de Montfort prit Lavaur, 3 mai 121 1, il abandonna les 
richesses de cette ville à Raymond de Salvagnac. Voici à ce sujet un passage 
traduit de la Croisade contre les Albigeois : 

« A Raymond de Salvagnac, un riche marchand, — natif de Cahors, puis- 
sant et opulent bourgeois ^ — le comte de Montfort doit l'immense butin. — 
C'était lui qui maintenait la croisade et lui avait prêté l'argent, — recevant en- 
suite en paiement du drap, du vin et du blé. — Tout le butin de Lavaur lui 
fut mis devant et donné... 

Traduction Fauriel de V Histoire de la Croisade contre les Albigeois, en vers 
provençaux. Dans la ville, on trouva des chevaux noirs et bais, des armures, 
de fer, du blé, du vin, du drap et des vêtements. 



"i 



26 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



étaient français et le Livre des Proverbes français du xiii^ siècle 
cite ce dicton populaire : « usuriers de Cahors. » 

Le pont de Cahors, commencé vers juillet 1251, qui existe à 
peu près tel que le représentent les sceaux et les poids-monnaie 
de la même époque , est encore connu sous le nom de « Pont 
des Usuriers ». (Doat. 118; Arch. nat. ; Cab. des méd. 

B. N.) 

Enfin dans un passage du Pèlerinage de la vie humaine, poème 

du xiv^ siècle, cité par Bourquelot, V Avarice dit au pèlerin qui 
s'informe de son pays d'origine : 

... Ma nacion est 
A Caours, où on me nourry 
Dont Caorsine dite suis. 

auant au taux de l'argent prêté par les Caoursins, on trouve 
au xiv« siècle des exemples d'un intérêt de 3 5 °/o et même plus 
élevé, mais généralement le taux était plus raisonnable, comme 
en témoignent ces extraits des comptes d'Yolande de Bar, dame 

de Cassel, à la date de 1354 • 

« Item pour la monnoie eurent les Cauwersins à III et demi 
pour C le moins. » Suivent deux notes des « Kauwersins ». 
(CiBRARio, Êcon. polit. — Dehaisnes, U Art en Flandre, p. 383.) 

Si les noms des Caoursins ne prêtent à aucune équivoque, et 
trahissent leur origine française, ceux des Lombards sont tou- 
jours itahens ou traduits de ritalien<'>. 

(1) Dans rorigine, en Italie comme en France, les noms étaient personnels. 
Plus tard, on y ajouta le nom paternel, puis des distinctions de lieu d'origine, 
de métier, de qualité ou de défaut, enfin des surnoms. 

Les noms dç famille ne deviennent d'un usage général qu'au xiii'^ siècle en 
Italie ; ils ont tous une signification : 



Les Pazzi signifient les Fous ; 

Les Ubbriachi — les Ivrognes ; 
Les Infangati — 

Les Bardi — 

pour Durante. 
Les Spini — 



les Embourbés; 

contraction pour Berardi ou Bernardi, comme Dante 

les Épines ; 



CAORSINS. LOMBARDS 



27 



Quant aux Juifs, c'est-à-dire à leurs noms, qu'il est impos- 
sible de méconnaître à cette époque, qu'il nous soit permis 
d'ajouter encore quelques mots sur eux, bien qu'ils ne rentrent 
qu'incidemment dans notre sujet. On sait qu'au lieu de se 
borner à taire du commerce, ils se livraient à la pratique du 
prêt sur gage et de l'usure, ce qui fut cause des véritables per- 
sécutions qu'ils eurent à subir. 

En tout cas, ils étaient placés en dehors de la loi commune, 
contrairement aux Lombards, qui jouissaient des privilèges atta- 
chés au droit de bourgeoisie ^^\ 

Entre ces derniers et les Juifs, on étabHssait des distinctions. 



Les Cerchi 
Les Mozzi 
Les Mazzi 
Les Pulci 
Les Peruzzi 
Les Scoti 



signifient les Cercles; 

— les mousses, garçons, serviteurs ; 

— les masses, marteaux ; 

— les Puces — et non poussin qui se dit pulcino. 

— petite poire, diminutif de pera. 

— sergette, espèce de drap ; 

— écot, repas pris en commun ; v 



ou Scotti — 

Écossais se dit Sconese. 

Les noms composés ont également un sens : 
Les Foraboschi, les Tiraboschi signifient les Perce, tire-bois ; 



Les Frescobaldi 
Les Caponsacchi 
Les Diotisalvi 
Les Bentivoglii 
Les Pelavicini 



les froids et hardis ; 
les têtes en sac ; 
les Dieutegard ; 
les Bien te veux ; 
les Pêlevoisins ; 
les Bon secours. 



Les Bonajuti — 

Il est assez facile, avec un peu d'habitude, de retrouver le nom italien sous 
le nom français du xiiie siècle : ainsi il est évident, si nous ouvrons Géraud, 
que le Palestrel de la page 2 est Palastrellus ; la compagnie des Sail-en^biens 
de la page 3 est celle des Salimbeni ; les Bonajtite, les Bonnc-Voute sont 
par corruption les Bonajuti (et non Bona volta), et que même le Bernard de 
Quessenet de la page 4 n'est autre que : Sornard Cassinet : Sornar... do Cas- 
sinelli. 

(i) En Saintonge, à l'Ascension de 1261, un Juif, Aaron, était accusé 
d'avoir eu commerce avec une chrétienne, et condamné à 30 sous d'amende. 
(E. BouTARic, SaiJit Louis et Alphonse, p. 261.) Un Lombard eût été jugé 
probablement suivant le droit commun. (Cf. Tanon, îoc. cit.) 



28 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



jusque dans les pénalités. En 1372, d'après le règlement d'Hugues 
Aubryot, un Lombard ou une Lombarde, en prison au Châtelet, 
ne devait payer que 12 deniers par jour, tandis qu'un Juif ou 
une Juive payait 2 sols tournois. (Dupuy, 247. B. N. — Dela- 

MARRE.) 

En 1204, il y avait environ quarante Juifs, de France ou de 
Normandie, retenus comme otages, prisonniers au Châtelet du 
Petit-Pont, à Paris. (L. Delisle, éd. — Premier livre de Phi- 
lippe Aîig.) Nous ne trouvons pas d'exemple de semblable 
mesure envers les Lombards. 

Cinq ans plus tard, en 1209, les sommes dues aux Juifs par 
vingt-quatre places des environs de Paris s'élevaient à 235,785 liv. 

10 sous. 

Quant à leurs noms, ceux qui avaient réparti l'impôt levé sur 
les Juifs se nommaient Helias, de Sezerrie, qui demeure aux 
Échelles ; Jacob Presbiter, qui demeure à Gonesse ; Morellus de 
Hienville; Vivant Gabois et Vivant de Melun. 

Voici, en outre, une liste des noms les plus communs à cette 
époque parmi eux : 

Mousse ou Mosse (Moyse), Salomon, Isaac, Léon ou Lyon, 
Judas, Samuel, David, Abraham, Cohen, Haquin, Jacob, HéUe, 
Astrugus (Astruc), Sabron, Joce, Vivant, Crescent, Dieu le 
croisse, Bele-Assez, Belhon, Vitalis, Marc d'argent (1292), Bon- 
filz, Bonnefoy, Bonne aventure, Bonne vie, Bienliviengne (Ben- 
civeni), Sarre (Sarah), Hanna, etc., etc. 

Leurs rabbins se nommaient Jechiel, de Paris (t 1268); son 
gendre, Isaac, de Corbeil (29 avril 1280) dit Baal hhotem ou le 
nei velu; Nathan, l'official, et Joseph, fils de Nathan, Moise, de 
Couci (fvers 1280), etc., etc. 

La Juive la plus imposée en 1293, Sarre la Bocacharde et son 
fils, ne payaient que 24 livres. (Gèraud, p. 178.) 

Cette rapide nomenclature nous paraît suffisante pour empê- 
cher toute confusion entre les Juifs et les autres financiers. 
(Hist. lin. de la France, t. XXI, F. Lajard. — Géraud et le 
Livre des tailles de 12^6 à i]oo. A. N.) 

Nous sera-t-il permis de faire remarquer que parmi les pré- 



CAORSINS. LOMBARDS. 



29 



teurs auxquels s'adressent les Croisés, en Terre Sainte, on ne 
trouve jamais de Juifs, ce qui paraît naturel, et cependant c'est 
Taffirmation du contraire qui motive notre observation? Une 
charte des Croisades, portant le nom d'un Juif, peut être rejetée, 
suivant nous, comme contrefaite. 



Les Lombards en France. 



Dès le VIII*' siècle nous trouvons des traces certaines du com- 
merce, fait par les marchands lombards, en France. (Sickel.) 

Dans sa lettre du 10 septembre 1074, adressée aux évêques 
de France, Grégoire VII reproche les vols commis sur mercaîo- 
rihus qui de multis terrarum parîibus ad forum quoddam in Francia 
semper convetierant (p. 583). 

Le 13 novembre suivant, le pape accusait le roi Philippe P% 
dans une lettre à Guillaume, comte de Poitiers, d'avoir dépouillé 
mercatores Italicc qui ad partes vestras vénérant (p. 587). 

Enfin, le 8 décembre de la même année, dans une lettre à 
Manassès, archevêque de Reims, Grégoire renouvelle contre 
Philippe, roi de France, ce loup dévorant, lupus rapax, tyran 
injuste, ennemi de Dieu et de la sainte religion, l'accusation 
d'avoir dépouillé les marchands itafiens et ceux des autres pro- 
vinces. Cette dernière épître à l'évêque de Reims tendrait à 
prouver qu'il s'agit, en fait, des foires de Champagne et de 
Brie. (Hist, de Fr., t. XIV, 1806.) 

Les Lombards étaient établis en France, ou mieux dans le 
Midi de la France actuelle, dès le commencement du xii^ siècle. 

Avant 1121, date de sa mort, Guillaume V, de MontpeUier, 
avait assigné à la commune de Gênes une maison sise dans 
Montpellier; et en 1132, les Génois achetaient, à Narbonne, 
une place pour bâtir un entrepôt. 

A l'époque où Benjamin de Tudele visitait MontpeUier 
(1166-67) cette ville devait sa prospérité aux marchands génois 
et pisans. 



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30 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



' 



Raymond V ouvre ses portes aux Génois et leur accorde 
dans tous ses États une entière franchise, 1174. (Germain, His- 
toire du commerce de Montpellier, t. I, p. 98. — Histor. pair, 
monum. Liber Jur. reip. gen., t. I, p. 296.) 

En 1209, Philippe-Auguste protégeait les marchands italiens 
qui venaient aux foires célèbres de Champagne. (Cibrario, Storie 
minore. — Oger Alfer, Chronicon asîense. Muratori, t. XI. — 
Champagne, 137, f° 1 5 v°. — 500 Colbert, t. LVI, p. 45, B. N.) 

Les Foires de Champagne et de Brie. 

En 1865, Bourquelot, dans le recueil de TAcadémie des 
inscriptions et belles-lettres, a pubhé un travail très complet sur 
ce sujet. Nous n'en dirons que deux mots. 

Ces foires, mentionnées à Troyes dès le v^ siècle, et dont 
Tépoque la plus florissante fut le xii' et le xiii" siècles, avaient 

lieu 

A Lagny-sur-Marne (2 janvier) ; 

A Bar-sur-Aube (fin février et mars); 

A Provins — Foire de May (fin avril-mai) ; 

A Troyes — Foire Saint-Jehan ou foire chaude (juillet-août- 
septembre) ; 

A Provins — Foire Saint-Ayoul ou Saint-Ernoul (14 sep- 
tembre) ; 

A Troyes — Foire Saint-Rémy ou foire froide (2 novembre). 

Elles étaient fréquentées par des Provençaux, des Italiens, 
des Espagnols, d'une part; des Français du Nord, des Anglais 
et des Flamands, de Tautre. On y venait de très loin, d'Asie, 
d'Acre, par exemple. 

Nous connaissons les noms de quelques capitaines élus des 
Lombards aux foires de Champagne : 

En 1288, Bugerio di Casace, de Milan; 

En 1293, Eanzalotto Cuccherla, de Plaisance; 

En 1299, Jaques du Front, de Florence; 

Vers 1330, Bonnat Octavyan. 



CAORSINS. lombards. 



31 



Aux foires de Nismes, de fondation beaucoup plus récente 
(1275), qui rivahsaient avec celles de Champagne, les caphaines 
des Lombards étaient : 

En 1278, Fulcone Cacio, de Plaisance; 

En 1293, Albert Medici, de Milan. 



Actes concernant les Lombards. 



En 1240-1251, Henri III faisait expulser d'Angleterre tous les 
Lombards. {Rolls of Pari.) 

En 1245, Thibaut IV, comte de Champagne, accorde des 
privilèges spéciaux à ceux des marchands romains, toscans, 
lombards et autres Provençaux qui logeront dans son hôtel de 
Val-Provins. {Layettes du Très, des Ch., II, p. 587. — Pigeon- 
neau.) 

En 1258, saint Louis faisait chasser les Caorsins. {Actes du 

Parlement, I, n° 225.) 

En 1260, il y avait des Lombards à Pvouen. — Item, Jacoho 
Segherii, Lomhardo, et suis sociis VIL' et XIII lib. (1260, avant 
le 14 septembre) {Très, des Ch. — Dépenses de la ville de Rouen, 

Delaborde, t. III, p. 543.) 

En 1268, janvier (v. s.), saint Louis faisait chasser du 
royaume les Lombards, les Caoursins et les autres usuriers 
étrangers, sous trois mois. {Ordonnances, l, p. 96.) 

Suivant nous, cette ordonnance ne s'appUqua qu'aux usuriers 
pris en flagrant déUt et dont les exactions devenaient trop 
scandaleuses, puisque, un an après, un arrêt de 1270 admettait 
les marchands lombards qui payaient la taille à Paris, à jouir 
de certams privilèges réservés aux bourgeois, notamment pour 
le paiement des coutumes, des péages, des redevances, etc. 

Une autre preuve se trouve dans l'ordonnance de 1274 
(P. 2289, f'^ 100 et sqq. A. N.) qui dit que Tusurier poursuivi 
pourra se défendre et qu'on fera sur lui une enquête pour^ savoir 
sa richesse, « s'il a longuement maintenu le mestier d'usure, 



h il' 



II 



32 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



s'il a moult gagné au mestier, s'il prête grées usures ou à legier 
attrempement, etc., s'il a été rebel ou rioteux... « et plus loin : 
« que tuit li lombarts usuriers soient mandés devant les com- 
missaires » et qu'ils fournissent caution sans qu'il leur soit 
permis de se mettre en franchise. Enfin les commissaires doivent 
interroger les courtiers et les faire jurer « sur commination de 
grant peine de dire vérité. » 

Au xiii^ siècle le taux moyen est entre 8 et 10 %. Sous 
Philippe-Auguste, l'intérêt légal que pouvaient exiger les Juifs 
était de plus de 43 % — 2 deniers par livre, chaque semaine. 
(Servois, École des Ch.) 

A Vérone, en 1228, la loi fixait le taux de l'intérêt à 12 ^o; 
à Modène, en 1270, à 20 %. (Perrens, 1. 1, p. 200.) 

En 1270, il y avait des Lombards établis à Guinguamp, à 
Qiiimper, à a^imperlé, à Nantes; en 1273, à Dinan. (Du 

Gange.) 

En 1274, Phihppe le Hardi renouvelait l'ordonnance de samt 

Louis de 1268 ^'>. 

Ge fut Philippe le Hardi, qui eut Fidée de créer à Nîmes un 
grand développement commercial : il y réussit. La prospérité 
de cette foire dura jusqu'à la guerre de la ligue de Cambrai 
(1508). La foire de Beaucaire la remplaça au xiv^ siècle, puis 
celle de Lyon à partir de 1444. (H). 

En 1277, février, les marchands lombards, toscans, de Pis- 

toïe obtiennent les franchises à Nîmes. 

Villes citées dans l'acte : Rome, Gênes, Venise, Plaisance, 
Lucques, Bologne, Pistoïe, Asti, Albe, Florence, Sienne, Milan. 

Nature des échanges : soie, grains, fer, plomb, cuivre, étain, 
cendaux, draps d'or, camelot, étotfes de laine, bougueran, fu- 
taine, canon, toile, cuir de bœuf, de boucs [becunes], de mou- 
ton, cordouan rouge et de couleurs variées, basane, pelleterie. 

Permission d'étabUr une table de change, comme en Gham- 

(i) Voici les années où sont rendues les Ordonnances : 1268, 1274, 
1363, 1368, 1379, 1381 (deux ordonnances), 1406 (trois ordonnances), 1429, 
1461. 



caorsins. lombards. 



33 



pagne, usiiris cessantihus omnino, et d'élire un capitaine ou rec- 
teur et des consuls. {Lib. Jur.) 

En 1278, ils étaient en Touraine et dans le midi. A Nîmes, 
en 1275, certaines conventions passées, entre le roi et les mar- 
chands de Tuscie (Toscane) et de Lombardie, les obligeaient 
à se servir du poids du roi et à élire un capitaine. Ge capi- 
taine, comme nous l'avons dit plus haut, était alors Fulcone 
Gacio, de Plaisance; en 1293, ^^ ^^ nommait Albert Medici, de 
Milan. 

En 1288, ils ne pouvaient trafiquer dans aucune autre ville 
que Nîmes et il leur était défendu de se rendre à Montpellier, 
qu'ils avaient quitté en 1278, ce dont se plaignaient le roi de 
Majorque et ses hommes de Montpellier. (Du Gange.) 

De plus, ils ne pouvaient aborder en France qu'au port 
d'Aigues-Mortes. (14 avril 1293, ^' ^O 

Aigues-Mortes était le premier port possédé par les rois de 
France sur la Méditerranée, mais, malgré leur bonne volonté, 
jamais cette ville ne put devenir un centre commercial. Aupa- 
ravant, les Génois et les Pisans, qui fréquentaient les foires de 
Saint-Gilles et de Frcjus, remontaient à Arles par le Rhône, à 
Narbonne par l'Aude, et communiquaient avec Montpellier par 
le port de Lattes. 

Les Lombards payaient la taille à Paris, comme bourgeois, 
ainsi que nous l'avons vu plus haut, à partir du jour de leur 
réception, et en plus, une certaine somme imposée pour cause 
d'usure, ce qui n'empêcha pas qu'en 1291, le mardi après la 
Saint-Barthélémy (août), ils furent arrêtés, dépouillés puis relâ- 
chés. (Doat, 156, p. 12. — BouTARic, La France sous Philippe 
le Bel.^ Nous donnerons plus tard deux lettres d'un directeur de 
la compagnie des Cerchi, écrites à cette date et sur ce sujet, qui 
sont en même temps de merveilleux monuments de la langue 
italienne. (Giudici, Municipi italiani.^ 

En 1294, aux foires de Ghampngne, ils avaient l'autorisation 
de faire des ordonnances et des statuts entre eux. (Ghampagxe, 
138, p. 188 v°B. N.) 

En 1293, la taille sur les Lombards, à Paris, s'élevait à 



LES LOMBARDS. — TOME I. 



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34 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



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I en liv. 14 s. ; en 1295, le denier la livre payé par eux, 
cette année-là, était de ié,ooo liv., ce qui donnait la somme 
de 81.000 liv. avec l'emprunt de 65,000 hv. ^^^^1^°^'; 
nirentau roi, avec la C" des Richars de Lucqucs. (A. N. 

J. 634, n" 16.) 

En 1296, leur taille, à Paris, s'élève à 1,263 1. 10 s. t. ; en 
1297, h 1,008 1. 17 s. t.; en 1298, à 1,122 1. 17 s. t.; en 
1299, à 1,188 1. 2 s. t.; en 1300, à 1,062 1. 3 s. t. 

En 1294, les agents royaux protègent les Lombards contre 
les seigneurs, leurs débiteurs. (Ménard, Hist. de Nismes, t. I, 

preuves, p. n/-) , .„ , 

En i -")■), Philippe le Bel les affranchit de toutes tailles, col- 
lectes, emprunts, droits d'ost et de chevauchée, et de tout autre 
impôt à condition de payer un denier, obole et picte par livre 
de toutes marchandises. Il les autorise à demeurer dans toutes 
les villes du rovaume après y avoir acquis le droit de bour- 
geoisie. {Ordomu des rois de Fr., t. I, 326. ann. 1295. - Bou- 
TARic, La France sous Philippe le Bel, p. 356-357.) 

En 1293, Marcus Laurencius, de Venise; Leonardus de Mables, 
de Venise- Henricus Feseur de Geines, Marcus Romain de 
Venise, Leonardus de Pôle, de Venise ; Dcmarin Perc de Venise, 
tous Lombards habitant Paris, dont le capitaine était Albert 

MeJlcl, sont condamnés h payer la taille comme les autres 

bourgeois, malgré leurs réclamations. (Olim.) 

(Les noms de Henri Feseur (12 1. 10 s.), ceux de Gênes; de 

Marc Romain (58 s.), ceux de Venise; de Léonard de Puille 

(Pouillc) (40 s.), ceux de Venise; de Marin Maripèrc (18 s.), 

ceux de Venise se trouvent dans Géraud, p. 4.) 

Les Lombards servirent aux Papes à recueillir les tributs de 

diverse nature que le monde chrétien payait au trésor pontifical. 

(ClBRARIO, Ec. pol.) 

QiianJ le Pape essaya de faire lever les sommes qu il perce- 
vait, par les Lombards Spilliacus de Cocissia, de la Société des 
Spini, de Florence, et BonnaviUanus Lucheti, de la Société des 
Clare'ts de Pistoïe, le roi s'y opposa tout d'abord et ne leur en 
donna la permission qu'à condition qu'ils recevraient l'argent 



'fi 



i s." 



CAORSINS. LOMBARDS. 



35 



directement et le remettraient de même. L'acte est signé entre 
autres par Pierre Flotte^ Jehan Clersens, Guill. de Hangest, Jean 
de Montigni, etc., et Mouschet (le fameux Mouche). 

Grégoire IX se servait de Bernard Scoti de Plaisance. 

En 1299, Philippe le Bel autorisait la ville de Riom à pré- 
lever les tailles sur les Lombards, malgré leurs réclamations, 
comme sur les autres habitants. {Olim.) 

En 1303, le I" décembre, les monnaies étant altérées, on at- 
tribua cette altération 



A Lombards qui i gaignèrent 
Qui de faible loi la forgièrent. 

(Geffroi de Paris, Chron. métrique, vers 2206-7.) 

En 1308, les Lombards^ changeurs et orfèvres, qui fondaient 
le billon en lieux privés et secrets, étaient punis à Paris et à 
Troyes. (A. N. JJ. 42, p. 7 et 8.) 

En 13 14, Johan Van et ses compaignons lombards gar- 
daient l'eschange du Roi à Londres. (^Rolls of Parliament, t. I, 
p. 293.) 

En 1315, ils avaient la permission de fréquenter les quatre 
villes de Paris, de Saint-Omer, de la Rochelle et de Nîmes, 
ainsi que les foires de la province de Narbonne, 1317^ avrils 
Bourges. {Orâon. des R. de F,, t. I, p. 584.) 

Nous trouvons aux Archives (JJ. 53, f° 81, n° 187), une 
charte concédant à André de Calvignac, chevalier, le droit d'a- 
voir des Lombards, et entre autres Guino Rafîlmi, sur ses terres ; 
et une autre de juillet 1334, accordant la même faveur au comte 
de Bar, Edouard. (JJ. 66, [° 6^2 r°, n° 1439.) Ces deux pièces 
sont publiées dans VHistoire du commerce de la France, de M. H. 
Pigeonneau. Paris, 2 vol., 1885. 

Il s'élevait quelquefois entre eux des conflits. Nous avons un 
arrêt de 13 18, cassant une sentence des gardes des foires en 
Champagne, rendue au sujet d'un différend entre Pierre Re- 
nuche, de la Compagnie des Perruches, Lapprenier de la Com- 
pagnie des Bardi, d'une part, et Hatino Bonaventure et Blas 



il 



Il 



36 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



Guy (BLisonem Guidonis), substituts des procureurs de Sienne, 
d'autre part. (Boutaric, îoc. cit.) 

Après avoir occupé des situations très élevées dans les 
finances, soit comme monnaiers, soit comme receveurs, nous 
voyons qu'on prit enfin des précautions pour les éloigner de 
ces emplois, dans lesquels on avait eu, sans doute, à se plamdre 

d'eux. 
Dans une ordonnance faite à « Angiers, presant le roy et son 

conseil ou mois de novembre, Fan de grâce 1323, » il est dit : 

... que aucun clerc receveur ne soit au trésor quM ne soit du 

royaume » ; et « Item, que nulz receveurs du Roy ne soient 

oultremontain ne de Lombardie. » (B. N. fr. 4596, fol. 108 r° 

et no v°.) 

Les extrait^^ des « Comptes du Trésor » que nous publions, 
démontrent jusqu'à l'évidence que ces Italiens amenaient 
avec eux, en France, leurs parems, leurs amis, leurs compa- 
triotes, auxquels ils procuraient de bonnes places. Nous rever- 
rons la même tactique, plus tard, avec les Médicis, et les Ma- 

zarini. . 

Nous ne pousserons pas ces recherches plus avant dans ^ le 

xiv- siècle pour ne pas enlever l'intérêt à ces études par l'a- 
bondance des documents à l'époque que nous atteignons. Les 
Dino Rapondi ont été déjà signalés dans les publications de 
la ville de Paris. Nous reviendrons un jour sur Edouard 
Tadelin, de Lucques, ce fameux marchand lombard, l'heu- 
reux concurrent d'Etienne Marcel, le fournisseur attitré du roi 
Jean; sur Barthélémy Spifame, cet autre marchand lucquois, 
qui prête au roi de France 1499 1- ^'- ^^ 3^ mars 1355 (Jour- 
sanvault), et qui vend à Thomas, le courtepointier du roi, 
des courtines pour l'oratoire de Blanche de Bourbon, reme 
de Castille (1352). Il faisait passer 2,000 moutons (monnaie) 
au roi Jean, prisonnier en Angleterre, par l'intermédiaire 
de Luchi de Lombardo de Luca (15 mai 1359. Douet 

d'Arcq). 

Nous n'avons pas rencontré de preuves de persécution en- 
vers les Lombards comparables à celles que l'histoire a enregis- 



CAORSINS. LOMBARDS. 



37 



trées contre les Juifs ^^^ : les marques d'infamie, par exemple, 
ou l'autodafé de Troyes ^^\ 



(i) Peruzzi cite quatre persécutionl'des Lombards en France : (S. Peruzzi, 
Storia di commet cio, etc. e dei hanchieri di Firen^e). 

1° En 1277, le 24 avril, Philippe le Hardi les poursuit comme usuriers; 

2° En 1291, Philippe le Bel les fait prendre sous prétexte d'extirper l'usure 
de France. (Les tailles sont des preuves du peu d'effet de cette mesure.) 

30 En 1337, 13 avril, Philippe de Valois les fait saisir pour leur arracher 
une somme d'argent destinée à faire la guerre contre Edouard IIL 

Enfin 40 : en 1345, février, Philippe de Valois, exerçant des représailles contre 
les Florentins qui avaient chassé le fameux duc d'Athènes, poursuit les Flo- 
rentins et les expulse du royaume (p. 194). 

(2) L'autodafé de Troyes en 1288 : 

Le vendredi saint, 26 mars 1288, des chrétiens de Troyes, voulant venger 
« la mort de leur Seigneur, » envahirent la maison d'un riche Juif Isaac 
Châtelain et s'emparèrent de lui, de sa famille et de treize autres juifs qui, 
jugés par les Dominicains, furent tous brûlés, le 24 avril, samedi. {Hist. lilt.^ 

t. XXVII, p. 475-) 

Les victimes furent : Isaac Châtelain ; sa femme, qui était enceinte ; ses deux 

fils; sa bru, « qui tant était belle »; Samson, son gendre; Salomon ; Biendit 

Bonfîlzd'Avirey(Aube); Siméon, le chantre et scribe de Chatillon; le « beau » 

Colon; Isaac, le prêtre; Hayyim le chirurgien, le maître de Briénon (Yonne), 

« qui rendait la vue aux aveugles » ; enfin Hayyim de Chaource (Aube). 

Le 17 mai 1288, lundi de la Pentecôte, Philippe le Bel défendit aux Pères 
et Frères de tout Ordre de poursuivre aucun Juif du royaume de France. 

Sur les Signes d'infamie au moyen âge, voir la remarquable étude de M. Ulysse 
Robert dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France. 1889, in-80. 



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Il 



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CHAPITRE III 

ORIGINE DES LOMBARDS 

Narbonne. — Marseille (Les Provençaux). — Amalfl 

Crémone. — Bologne. -- Asn. — Albi. — Pistoïe. 

Milan. — Sienne. — Plaisance. — Rome. — Lucques. 

Pise. — Florence. — Gênes. — Venise. 



Origine des Lombards.* 

Le nom générique de Lombard était indifféremment appliqué 
aux marchands de Toscane et de Lombardie, ou plutôt itaUcns, 
d'Amalfi, de Crémone, de Bologne, d'Asti, d'Albi (Albe), de 
Milan, de Sienne, de Pistoïe, de Plaisance, de Rome, de Luc- 
ques, de Pise, de Florence, de Gênes, et erfin de Venise. 

On trouve quelquefois mentionnes à leur suite les marchands 
de Narbonne et les Provençaux. 

Nous étudierons séparément chacune de ces différentes cités, 
ou contrées, pour aborder ensuite les nombreuses compagnies 
societates formées par les marchands qui tenaient en leurs mains 
le commerce de l'Occident. 

Narbonne. 



Suivant Mesnard, Notice de ht vigiierie de Bcaucaire, les foires 

existaient déjà en 1168. 

Un grand marchand français, Raymond Seraller (Serailler), 



40 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ORIGINE DES LOMBARDS. 



41 



V 



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dont la maison de commerce avait son siège principal à Mont- 
pellier, possédait une succursale d'une importance considérable 

à Narbonne (1324-13 59). , , 1 at 

Il était <c bourgeois du roi de Chypre et marchand de Mont- 
peUier ». Son neveu et agent, Jean Tascher, qui naviguait pour 
le -ompte de son oncle, sur un « panfle » — espèce de vaisseau 
appelé quelquefois panfile, - fut attaqué et pillé par trois galères 

vénitiennes. 1355, 9 ^^''' ^^'''' ^^''' '"'^- ^' ^^^' ^' ^^''^ 
Les autres facteurs dévalisés en même temps se nommaient 

Jean Ode et Nicolas Besançon. {Doc. inéd., t. III, p. 145 •) 

Sur Serailler, Cf. Ècoh des ch., 1846, p. 203-213. Dans les 
lettres patentes du roi Jean (F. lat. 10002 B. N.) et du maréchal d'An- 
denehan (d'Audrehem) nous trouvons en 1363, 24 décembre, 
une somme de 7,000 florins, payée a Raymond Sarralhern, ha- 
bitant autrefois Montpellier, patron de navire. Il est encore cite 
dans des lettres du 6 et du 24 janvier 1364. V. Etude sur la vie 
d'Arnoul d'Audrehem, par M. Em. Molixier. Mém, de FAc. des 
Ins. et B. L., 2' série, t. VI. Paris, 1883, p. 274. 

Le registre PP 109, A. N. mentionne, vers 1354, un don du 
roi de 100 livres, à vie, à Raymond Saralher (p. 193)^^^- 

Narbonne a des consuls à Tortose, 1148; à Ampurias, à 
Gènes, 1168; à Pise, 1174. — Les Juifs étaiem plus de 300 à 
Narbonne à la fin du xii^ siècle. — Pigeonneau, t. I, p. 148. 
Nous avons vu plus haut les Génois établis à Narbonne 
en 1132; en 1272, Narbonne était en relations avec l'Egypte : 
on croit même qu'il existait alors un trafic entre l'Angleterre et 
Alexandrie, par Narbonne. 

Vers 1300, on trouve les Narbonnals à Famagouste, puis à 
Rhodes, à Beyrout, en Syrie, et à Alexandrie où ils ont un 
fondaco; en un mot, dans les Échelles du Levant. 

(i) Dans le travail de M. Molinier, nous apprenons qu'un Geoffroy le Fla- 
ment , receveur des dettes des Lombards, reconnaît avoir reçu de Jeanne de 
Hamelincourt , dame de Walincourt, 96 1. p. en acompte de 400 écus d'or, 
qu'elle devait à des Lombars et Italiens usuriers « compaignons de la compai- 
gnie des Scaramps, à François Maille, » tant en son nom qu'au nom de son 
fils mineur, Jean de Walincourt. Paris, 1348, 7 n^-^i- (P- ^94)- 



Nous devons expliquer ici ces deux mots, que nous em- 
ployons pour la première fois. Echelle vient du mot grec <7xdcXa 
qui signifie quai. Au port de Constantinople, à la Corne d'or, se 
trouvaient les Échelles, ou escaliers de débarquement. Il y en 
avait, en général, plusieurs aff"ectées à chaque nation, et proba- 
blement construites en pierre. Elles avaient comme annexes 
d'autres escaliers plus petits en bois affectés aux particuliers. 

Quant a fondaco, M. Heyd nous en donnera la signification. 

(( Les fondachi, — du mot arabe fondouk — étaient de 
grandes constructions carrées, a plusieurs étages, à apparence de 
châteaux-forts, avec une cour intérieure, pour faciliter les opé- 
rations d'emballage et de déballage. C'étaient les plus beaux 
édifices de toute la ville d'Alexandrie. Le rez-de-chaussée était 
occupé par des magasins voûtés ; aux divers étages se trouvaient 
de nombreux logements à l'usage des marchands. Dans les bâti- 
ments et dans la cour, des bêtes sauvages apprivoisées couraient 
en liberté. Chaque fondaco était entouré de jardins, plantés 
d'arbres... Dans un de leurs fondachi, les Vénitiens avaient un 
porc, objet d'horreur pour les Sarrazins : c'était une petite 
revanche pour toutes les taquineries par lesquelles les- Sarrazins 
faisaient sentir aux habitants des fondachi qu'ils les tenaient à 
leur discrétion. » (H., t. II, p. 430.) 

Provençaux. 

» 

Le mot Provençal a souvent la même signification que Lom- 
bard. DansGéraud, nous trouvons en 1293 : rue de la Bufeterie 
(aujourd'hui : rue des Lombards) Phelippe de Fontainnes, le 
prouvencel ; — ses compaingnons = 19 Hv. (p. 88). 

En 1183, Conrad de Montferrat concédait aux Provençaux, à 
Tyr, le Palais Vert, avec un four et un casai (ferme, village). 

Vers 1209, on les trouve aux foires de Champagne; en 1215, 
ils sont à Constantinople, dans un quartier commun avec les 
Espagnols; en 1236, ils font le commerce de transit entre Ico- 
nium (Conie — Asie Mineure) et Chypre ; une île sur la çôtç 



r 



♦ 1 



42 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



t ' 



de l'Asie Mineure, en face de Chypre, au S. O. de l'embou- 
chure du Seleph appelée au moyen âge portas Prodensahum, ou 
lo Proensal, se nomme encore aujourd'hui Provensal. 

Vers 1249. ils """P^"^ "" 1"^™" '^'^"' ^,T °.'?/'"- 
Pm7«rw/«m), avec la rue des Provençaux et une eghse dediee a 

la Vieme. , . , ,^, . 

En 1259, dans la même ville, ils prenaient le parti des Véni- 
tiens dans leur lutte contre les Génois <■>. _ 

Dans l'Histoire de Provins, de Bourquelot, nous trouvons a la 
date de 1299, juin, dimanche de la Trinité, les noms de Rci- 
mon dit Arguin de Montpellier, capitaine des Provenceaux et de 
toute la Leingue d'Oc ; Jacque du Front (déjà cité plus haut) 
de Florence, capitaine des Lombards et de tous les Trcmon- 
tains- Ansseliu de Vermaille, le pafe de Bouquequm, Jaqiun a 
la tacke, Bon Jehannin de Plesance, Philippe et Bide diz Bona- 
venture, Gandofle de Plaisance, Besnuche de la Rose, Grocien 
de Bouleigne. — Sentence et procès-verbal de réformation des foires 
de Provins, t. II, p- 437- 

(0 Voici quelques extraits du réglemeDt suivi par les consuls que Marseille 
envoviit dans le Levant. (Daté du 4, avant les nones d'avril 1233.) 

Les consuls sont élus par les syndics, conseillers, chefs de métier et autres 
officiers de la ville. On leur adjoignait des conseillers. Les consuls eta.en 
choisis dans les meilleures familles de Marseille. - Art. 4. Us s obligeaient 
par serment, avant leur départ, de ne mener, ni de souffrir que personne con- 
duisît des filles de joie dans leur résidence, ni en aucuns autres lieux de eur 
dépendance; Art. 5- Us étaient tenus d'empêcher qu'on vendit dans leur fon- 
dique ifondaco) du vin étranger, tant qu'il y en aurait du cru de Marseille. 

Us devaient s'acquitter de leurs devoirs consulaires en gens de bien, sans 
fraude, sans égard à aucune faveur, inimitié, prières, menaces ou présents. - 
S'ils contrevenaient à leur serment, le recteur de Marseille les punissait d une 
amende de 25 livres royales de coronat (à 7 sous 1/2 t. la livre . Les capi- 
taines, patrons, subrécargues ou contre-maîtres des navres, les fond.caires, 
vendeurs de denrées en détail, artisans et courratiers ou courtiers étaient excnis 
. du droit de parvenir au consulat.- Les consuls devaient être changes chaque 
année, hors le cas de nécessité absolue de les conserver dans leur place. 
(Slatuls, etc. de MtrsàUe . par Fr..nço,s d'Aix, avocat et |unsconsulte, 
ch. xviii, p. 67. - Acadhnie des luscrip. cl B. L., t. X, p. 540-542- - Pol'- 

aUEVILLE.) 



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ORIGINE DES LOMBARDS. 



45 



Amalfi. 

Les marchands d' Amalfi faisant plus spécialement le com- 
merce avec rOrient, nous ne nous occuperons d'eux que quand 
nous parlerons de Rome. (V. plus loin.) 

Crémone. 

Les « Feoda Campania » (1232-1249) citent un Bartelemy de 
Crémone (Bar-sur-Seine), p. iS, un muids de froment ; et un 
Nicolas de Crémone (Troyes), marié à une Française, et qui est 
assurément un marchand fréquentant les foires de Lagny-sur- 
Marne, p. 240. 

Bologne. 

On voit les Bolonais aux foires de Nîmes en 1278. 



Asti. 



Albi. 



Les marchands d'Asti assistent aux foires de Champagne 
(1209) et de Nîmes (1278), ainsi que ceux d'Albi (Albe). 

« Anno 1226, cives Astenses cœperunt pra^stare et facere 
usuras in Francia et ultramontanis partibus ubi multam pecu- 
niam lucrati sunt. » (Ogerius Alferius, Chron. Astense. — Mura- 

TORI.) 

En 1270, la ville d'Asti prête à Louis IX et à la reine Mar- 
guerite 53,000 1. (A. N. J. 474. 33.) 



Pistoïa. 

Le peuple de Pistoïa était peut-être le plus violent, le plus 
emporté, le plus factieux dont l'histoire nous ait gardé le sou- 
venir. La guerre civile, née à la fin du xiii'-^ siècle (1296), d'une 



44 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ORIGINE DES LOMBARDS. 



45 



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f. 






1^ 



offense privée, ou d'une querelle de famille, dégénéra en une 
auerre générale et continua, presque sans interruption, jusqu en 
1539. (SiMONDE DE SisMONDi, Hist. des Rép. M., nouv. éd. Pans, 

182e, t. IV.) . 

Les marchands de Pistoïa fréquentaient les foires de Cham- 
pagne (1209) et de Nîmes (1278). 

Plaisance. 

Dès avant 1199, 15 août, les Plaisantins Speroni, Bagarotti 
et C-^ prêtaient 2,125 marcs d^irgent à Guillaume, évèque 
d'Angers, à Robert, évèque de Bangor et à Etienne Ridcl, pro- 
cureurs de Richard auprès de son neveu Othon, roi des Ro- 
mains {Arch. de l'or, latin, t. II, 2^ part., p. 209. - Toxoni). 

Cf. Rymer, Fœdera, I, i. ^< Dilectis amicis suis Speren, Ba- 
gareton et eorum sociis, mercatoribus Placentinis. » Il s'agit du 
roi Henri III, d'Angleterre. Le nom de Bagarotti se trouve cité 
sur une quittance du mois de juin 126e. 

En 1291, des marchands génois : Petrus Malocellus, Bel- 
tramus Cigala, Octobonus Bucanigra, Acellinus Aure, Bartho- 
lonus Pepe , Oddoardus Aure donnent procuration à Deonisms 
Pallastrellus (Palestrel) ^'^ et Obericus Rustigazzius (un Rustigaz) 
Plaisantins, pour recevoir en leur nom, du visiteur du Temple, 
Geoffroi de Vichier, 2,350 1. t. Daté de Gênes devam <( la 

station des Malocelli. » 1 ^ • 

Les témoins sont Johannes de Revigno (V. Chartes des Croi- 
sades); Vincentius de Palacio et Benedictus de Domoculta, 
fiUus quondam Pageni (1291 27 mars), p. 212. M. Ag. To- 
noni les nomme Plaisançais ; le latin les désigne ainsi Plaisan- 
îini {Arch. de Vorient latin, loc. cit.). 

En 1278, Lapo Rustichi de la compagnie Grisi et Adinari de 

(I) Un comte Bernardo Pallastrelli, d'origine plaisantine, mourait à Parme, 
le 2 février 1877. Il était parent du comte Gian Angelo Gazzola (V. Chartes 
des Croisades) et du comte Ferrante Anguissola (un Angoissole) (Archtv. Storic. 
lombarde, 1877, p. 381.) 



Florence, s'enfuyait de la foire de Lagny-sur-Marne, en devant 
1,065 1. t. à Otton Agnelli, à Guillaume et Gérard Clapacci, 
marchands de Plaisance, et 46 1. t. à Bernard Landi également 
marchand de Plaisance. {Arch. de Vorient lat.) 

Ce Lapo Rustichi était un fieffé coquin^ car nous le trouvons 
encore mentionné dans des lettres de 1279, 27 mars, en- 
voyées par 'les gardes des foires aux consuls de la Calimala, 
à Florence. Uberto des Pulci, Ugolino Benveni, etc.; ils 
demandent qu'on arrête ce voleur, qui, facteur et associé de 
Bartolo et Grifo Bencivenni , s'est encore enfui des foires de 
Lagny en emportant de l'argent. Peut-être est-ce la même af- 
faire avec des noms mal lus ? (Giorn. stor. dei archivi toscaui, 
n° 4. Oct.-Déc. 1857.) Il y a 3 lettres sur le même sujet. 

On comptait, de 1238 à 1267, plus de 57 marchands riches à 
Plaisance (Peruzzi — Belgrano, Archives de l'orient latin, t. II, 
p. 209), parmi lesquels les Leccacorvi, les Speroni, les Braci- 
forti, les Sordi, les Tadeschi, les Pagani, les Anguissola, les 

Scoti, etc. 

Les Plaisantins avaient un capitaine aux foires de Champagne, 
en 1293, nommé Lanzalotto Cuccherla, et un aux foires de 
Nîmes, en 1278, Fulcone Cacio. 

Nous connaissons encore les noms des Plaisantins suivants , 
en 1265 : Nicolas de Sparavera, Bandino de Camprimola (un 
Camprimol), Giovanni Maxilla, Ardoine de Moce, Rufino Malo- 
scuderio, Guglielmo Borrino (un Borrin) et Oberto Sperone(voir 
plus haut) (Servois, apud École des chartes, t. XIX, série IV, 

123-126.) 

Les marchands de Plaisance possédaient des maisons de 
banque à Acre du temps de saint Louis ; leur consul à Lajazzo 
(Petite Arménie), où ils avaient une « loggia » (1295), se 
nommait Johannes Bordus (Giovanni Boldi). 

En 1301, le 21 juillet, la fameuse compagnie des Escoz (les 
Scotti de Plaisance) étaient représentée à Famagouste (Chypre) 
et à Bruges en Flandre. 

Gandoufle d'Arcelles était originaire des environs de Plaisance. 



fi! 






4é 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



Rome. 

En Italie, au ix= siècle, certains marchands chrétiens ven- 
daient leurs' coreligionnaires comme esclaves aux Arabes d'Es- 
pagne, d'Afrique et de Syrie. Charlemagne et, après lui, les 
papes Zacharie et Adrien I" essayèrent vainement d'entraver ce 
trafic; les Vénitiens, à Rome même, achetaient encore des es- 
claves des deux sexes à cette époque. 

Les bourgeois de Rome, bien que figurant aux foires de 
Champagne et de Nimes ne se sont jamais distingués par une 
crrande activité commerciale. Il est probable que c'étaient les 
Amalfitalns qui faisaient arriver à Rome les produits de l'Orient : 
on les trouve du reste dès le xi^ siècle à Constantinople, en 
Syrie, en Egypte, à Messine, à Chypre, etc. 



Lucques. 

En 1209, les Lucquois sont aux foires de Champagne et en 
1278 à celles de Nimes; en 1255, ils étaient à Adramyttium 
(Adramiti) Asie Mineure ; en 1257, on les trouve à Acre, et 
avant 1265, à Barcelone. 

En 1283, les Lucquois tissaient la soie qu'ils importaient de 
Géorgie — seta Gangia, — soie de Gandja (Djanza), aujourd'hui 
Elizabethpol , et en fabriquaient ces étoiles merveilleuses (draps 
d'or et d'argent) destinées aux princes et aux rois, qu'Edouard 
Tadelin de Lucques devait vendre un jour en si grande quan- 
tité au roi Jean II, le Bon, à Paris. (A. N. - KK. 8.) 

Au xiV^ siècle (15 14), les Lucquois étaient considérés comme 
des usuriers. Comme le Diable en apporte un en enfer, Dante 

écrit '. 

Ecco un degli Anzian di santa Zita : 

Mettete'l sotto, che io torno per anche 
A quclla terra che n'e ben fornita : 

Ogni uom v'è barattier, fuorche Bonturo : 
De '1 n6, per U denar, vi si fa ita. 

{Inferno, Canto XXI, vers. 38.) 



ORIGINE DES LOMBARDS. 



47 



Bonturo Dati, qu'il excepte seul, ironiquement, était l'usu- 
rier le plus renommé de l'Europe. Le nom de barattiere (d'où 
le mot français baraterie) s'appliquait également à ceux qui 

vendaient la justice. (P., passim.) 

Des avant 846, d'après un document daté du 10 mai de cette 
année, conservé dans les Actes de l'Académie de Lucques, 
vol. XV, on lavait la laine et la soie à Lucques. 

Pise. 




Sceau du xu* siècle (inédit). 

Urbis m (?) dignum Pisane noscitc dignum. 

Matrice donnée par M. de Mas Latrie aux Archives Nat^". 



Dès le commencement du xii^ siècle^ les Pisans trafiquaient 
dans le midi de la France. Vers iïii,ils étaient établis à Cons- 
tantinople où ils avaient leur quai (axaÀa), un quartier conve- 
nable avec habitations et magasins — et de plus des places 
réservées à Sainte- Sophie et à l'hippodrome. 

Vers la même époque, ils avaient avec l'Egypte des rela- 
tions commerciales qui ne cessèrent qu'à la fin du xiv^ siècle , 
lorsque les Florentins les supplantèrent. Les Anglais et les 
Danois cités avec les Pisans, en 1208, parmi les étrangers de 
Constantinople, étaient probablement des mercenaires, qui, 
engagés en 1204, avaient défendu la ville contre les Croisés. 

Les Pisans avaient des maisons en Arménie, en Syrie, dans 



48 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ORIGINE DES LOMBARDS. 



49 



nie de Chypre, à Famagouste, où leur colonie était en pleine 
prospérité au commencement du xv" siècle. 

A Tyr, au xii^ siècle, vers 1188, il y avait, parmi la colonie 
pisane, îa compagnie des Rouges {societas VermiliorunC) , la 
compagnadel halsamo vennigIio,h compagna delîa ma vennigha, 
la compagna del vermiglio. 

Milan. 

Au xiii^ et au xiv^ siècles, Milan exportait des articles de mer- 
cerie, des fils d'or et d'argent, de la quincaillerie (?) (Cf. de 
Laborde, Glossaire.) Il y avait à Paris des Lombards de « Melan » 
en 1293. (GÉRAUD.) 

Sienne. 

Les marchands de Sienne fréquentaient les foires de Cham- 
pagne et de Nimes ; on les trouve également en Flandre ; en 
1268, ils étaient étabUs à Acre. 

En 1277, on arrêtait, à Paris, des Lombards de Sienne. Le 
20 mai 1277, Sienne envoyait, à leur sujet, des ambassadeurs à 
Philippe le Hardi. (ConsigUo délia CompamhXXl, 85. — P. t. II, 

P- 35^0 

Florence. 




Corporation des marchands ^1742). 
Sceau rond de 0,040»». S' Jean-Baptiste debout, accompagné d'une fleur de lys à dcxtre 

et d'une aigle sur un bonnet a senestre. 
Mercatorum ars Floreatiœ. — (A. N. S. 6716, n« 2.) 



Les Florentins, que nous trouvons aux foires de Champagne 
et de Nîmes, étaient à Barcelone avant 1227, et à Acre quelques 
années après. 




FLORENCE, 1396. 

Sceau oval de 0,060™». S' Jean-Baptiste tenant une croix d.e la main gauche 

et indiquant le ciel de la droite. 

■J- Sigillum Fiorentinorum. 

Ils possédaient des comptoirs à Rhodes, à Chio, à Andri- 
nople, à Brousse, à Alexandrie, à Lisbonne, à Anvers et à 
Bruges, en Morée, à Constantinople, au commencement du 
xiv^ siècle. 




Contre-sceau : une îleur de lys sans légende. — (Acte du 23 nov. 1396.) 

(A. N. J. S83, n° 3.) 

En 1348, la maison de banque Alberti, de Florence, avait 
une succursale à Constantinople. (Perrens, Hist. de Flor.) 

Ils étaient à Chypre vers 1300, et à Tana/sur le Don, un 
peu plus tard. 

La ville de Florence, située au cœur de l'Italie et dont le ter- 

LES LOMBARDS. — TOMB 4 



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So 



LES LOMBARDS EN FRANCE. 



ORIGINE DES LOMBARDS. 



51 



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ritoire ne s'étendait pas jusqu'à la mer, avait recours a des 
ports éloignés, et surtout au Port Pisan (dès 1254), qui lui fut 
souvent fermé à cause de ses rivalités avec Pise, ou encore au 
port Talamone sur le territoire de Sienne, pour ecou er ses lai- 
nages renommés jusque dans le fond de l'Orient. El e se servit 
aussi pendant quelque temps du port de Livourne. A la fin du 
xiV siècle, les Florentins faisaient encore un commerce régulier 
d'esclaves à Ancône. 




FLORENCE. 

T -c Y. _ Pont -Max — Benefi-cio (nomination du 
Rn>ers : Le champ occupé par les ™°f^ "^^^^^^^f^f ,„,re Léon X et les Médicis, d'une part, 
cardinal Jules pour -^^ï^^ j^g^rance ^e i'-^' ^ ^^ ''^^•> 

(A. N. J. 1044-) 



Gênes. 

Les Génois sont, après les Vénitiens, les plus anciens mar- 
chands italiens dont nous connaissions les relations commer- 

CHICS 

On trouve leurs vaisseaux dès raiinée 1063 en Palestine. 
Godefroy de Bouillon, accompagné du comte de Flandre, aurait, 
dit-on, monté un vaisseau génois, la Pomclla, pour aller a 
Alexandrie et en revenir lors de son pèlermage au Samt- 
Sépulcre, avant la première Croisade. ^ , 1 • 1 

On les rencontre au siège d'Antioche (1097), a la prise de 
Jérusalem (1099), d'Arsouf et de Césarée (i lOi), d'Acre (i 104), 
de Tortose (iioi), de Gibelet (1104), de Tripoli (1105), de 



Gibel (1109), de Beryte (Beyrout) et de Sidon (11 10). Ils avaient 
un établissement à Messine au commencement du xii^ siècle : 
le Funâiciim Sancti Johannis. 

A Constantinopîe, en 11 55, ils occupent un quartier leur ap- 
partenant, avec un quai également à eux et un fondaco; mais ils 
eurent bientôt à soutenir une lutte terrible contre les Pisans, 
qui les chassèrent de leur colonie, après les avoir dépouillés. 

A Montpellier, Guillaume V leur avait assigné une maison 
avant 1121 ; et en 1166, ils étaient assidus aux foires de Saint- 
Gilles et de Fréjus et avaient acheté, à Narbonne, dès 11 3 2, 
un emplacement pour y bâtir un entrepôt. 

Ils sont à Almyro (Armiro, ville de Thessalie, dans le golfe 
de Volo) en 1171; à Thèbes en 11 70; à Kiev (juin 1247); à 
Sinope, à Licostomo, à Moncastro, à Simisso, à Samastri, à 
Sinas, à Trébizonde; à Tauris (1294). Sur la mer Caspienne, 
ils ont des transports et arrivent en Perse, et enfin aux Indes, 
en 1320 (Compagnie Vivaldi, de Gênes). En 1324, ils sont à 
Sluys (l'Écluse) près de Bruges, et en Espagne. 

Les marchands allemands (Souabes et Nurembergeois) trafi- 
quaient avec Gênes dès la fin du xin^ siècle. 

En 1249, saint Louis nolisa des vaisseaux génois et marseil- 
lais pour transporter ses troupes en Egypte. En 1270, il s'a- 
dressa à Venise, mais des conditions inacceptables le forcèrent 
à recourir de nouveau à Gênes et à Marseille. 

Les navires \:i Reine, la Damoiselle, la Montjoie, nef royale, etc., 
furent fournis par les Malloni^ les Usodimari, les Gattilusii, de 
Gênes. Pendant les Croisades, la plupart des compagnies lom- 
bardes qui prêtèrent de l'argent aux Croisés étaient génoises. 

En mai 1252, la maison appelée fondus janue à Montpellier 
était située auprès de l'église de Sainte-Marie de Tahulis, tenant 
d'un côté au chemin public qui conduit de la tour Obilionis aux 
tabulas de Montpellier et de l'autre côté au chemin qui mène 
d'anelaria à la maison de Pierre Salvator, tenant d'un côté à la 
maison de Pierre Salvator et de l'autre à Hugues Ymbert. (^Lib. 
Jurhwi). 



52 



LES LOMBARDS EN FRANCE, 



Venise. 

Il est impossible de fixer l'origine du développement du com- 
merce à Venise. On rapporte que cette ville fut fondée par des 
colons venus de Padoue; le 25 mars 413 , i^^ P^^a^^^^ ^^ P^^" 
mière pierre du Rialto. (Burckhardt, t. I, p. 79-) 
Les Vénitiens avaient des doges en 700. 
A l'époque carlovingienne, ils avaient des marches a Ra- 
venne et à Rome, et se livraient entre autres trafics à celui des 
esclaves qui dura si longtemps. . 

Leurs vaisseaux parcouraient alors l'empire grec, la byrie, 
l'Éaypte, etc., important des soieries de Constantinople, trans- 
ponant des voyageurs et des marchandises en Afrique en Si- 
cile (814), à Alexandrie, où ils volent les reliques de saint 

Marc (827). „, . 1 ' a- 

L'Orient leur fournissait des fourrures d hermine, des étoiles 

multicolores à figures d'oiseaux, etc., etc. Ils y exportaient en 

échange des armes, des draps, des bois, des esclaves. Ils se 

chargeaient également des lettres et des munitions de guerre 

pour les Sarrazins. 

En iioo, une fiotte de deux cents navires, montes par des 
Vénitiens, touchait à Jatfa. Les Vénitiens exigeaient pour eux 
un quartier, le tiers ou quelquefois la totahté des villes con- 
quises; ils possédaient des quartiers dans le royaume de Jéru- 
salem' un tiers de Tyr et réclamaient Tripoli en entier. 

Ils avaient des étabhssements à Philadelphie, en Asie (1187); 
en Europe, à Rodosto (Rhaedestos) (céréales), à Andrinople, 
Almyro, Thèbes (soieries), Lemnos (11 3 6), à Kiev; en Asie- 
Mineure, à Lampsaque (1219); dans l'empire de Nicée, à Sa- 
taha (1207), à Rhodes (1236), à Beyrout, à Gibelet, Tripoh, 
Damas Alcp, Laodicée, Candie (avant 1264), à Modon, Coron, 
Sinope; en Perse (nov. 1306); à Koulam (Quilon) dans les 
Indes, à Tana, à Kerich, etc., etc. 

A Alexandrie, ils possédaient deux fondaci. En France, ils 
fréquentaient les foires de Champagne et de Brie et les- villes de 



ORIGINE DES LOMBARDS. 



S3 



Marseille, de Montpellier, de Narbonne, de Nîmes, d'Aigues- 
Mortes, de Lyon. 

Un service annuel était établi entre Venise, l'Angleterre et les 
Pays-Bas (1300). 

Par la voie de terre, ils parcouraient l'Allemagne, la Bohême, 
les villes du lac de Constance, le bassin du Rhin, celui du Da- 
nube, mais généralement ils ne faisaient que visiter ces stations 
en passant sans s'y établir. 

En revanche, il y avait à Venise au xiv^ siècle un fondaco dei 
Tedeschi. 

En 1307 (27 mai. Poitiers), Philippe le Bel exempte pour 
trois ans les marchands vénitiens du denier pour livre exigé en 
France des marchands ultramontains (p. 59). {Documents inédits, 
tome III.) 

En 1320 (25 septembre. Paris), Philippe V accorde remise 
entière de toutes les sommes qu'ils pouvaient devoir au trésor à 
l'occasion de l'impôt du denier pour livre, (p. 60.) {Id., ibid.) 




Sceau d'un baile (bailli) de Venise à Tripoli, xiv« siècle (inédit). 

S' . .tapidavpo (?) baile vene. tripoli. 

Matrice donnée par M. de Mas Latrie aux Archives Mat'". 



*âi 



LIVRE DEUXIÈME 



Les Lombards à Paris 




Jeton d'un changeur (Nuremberg, xvi« siècle, environ 14 modèles différents) 

montrant le personnage comptant avec des jetons sur son abaque. 

(Pièce commune — laiton.) 



Il:' 



CHAPITRE IV 



COMPAGNIES DES LOMBARDS 

(Societates) 

Les Peruzzi (Florence). — Les Bardi (Florence). 
Gio. Boccace [Portrait d'un Lombard; ses livres de comptes]. 

Les Frescobaldi (Florence). 

Les Angoissoles (Plalsance). — Les Scoti (Plaisance). 

Les Gaaigne-biens (Plaisance). — Les Scali. 

Les Bourrins. — Guy Cavessole (Plaisance). 

Les .Rustigaz (Plaisance). — Les Richarz (Lucques). 

Les Amanaz (Pistoïe). — Les Spini (Florence). 

Les Clarhz (Pistoïe). — Les Pulci (Florence). 

Les Mozzi (Florence), etc., etc. 



Compagnies de Lombards à Paris. 

Les maisons importantes de Lombards, comme les banques 
de nos jours, étaient formées en compagnies qui prenaient gé- 
néralement le nom de leur fondateur. 

Il serait trop long d'énumérer toutes celles que nous avons 
rencontrées ; nous nous bornerons à indiquer les principales, en 
relevant le montant de la taille qu'elles payaient, à Paris, comme 
un indice certain de leur importance. Nous réservons celle de 
Gandoufle d'Arcelles pour le chapitre où nous nous occuperons 
de ce personnage. 

Les deux compagnies qui ont joué le plus grand rôle sont les 
Peruzzi et les Bardi. 



iii 



58 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Les Peruzzi (Florence). 



Nous trouvons souvent cette mention dans les documents du 
xni= siècle : « les Perruches » : ce sont évidemment les i'e- 

'" Les Peruzzi sont des popolani (bourgeois), et non des nobles. 
Cette famille fournit dix gonfaloniers et cinquante-quatre prieurs 

En 1290, sous le règne d'Edouard I" on ht, dans les Lberate 
Rolls les noms italiens des compagnies ■ ^ , ^ ^ . 

De Bardo Frescobaldi di Firenze- Neri (Noirs) (en français : 

les Fréquenbauz) ; , , 

De Giov. Frescobaldi di Firenze - Btancin (Blancs) ( 

Des Bardi (en français : les Bordes, les Baldes, les Bardes), 

Des Peruzzi (en français : les Perruches) ; 

Des Mozzl (en français : les Mogges) ; 

Des Spini (en français : l'Espine) ; 

Des Riccardi di Lucca (en français : les Richarz) ; 

Des Pulci di Firenze (en français : les Paches). 
. Hn 1293, le directeur de la compagnie, a Florence, était 
Peruzzi Pacino d'Arnoldo Peruzzi. 

Les représentants à Paris se nommaient alors : 

Peruzzi FiUppo di P.acino, et Guicciardini Luca di Sm.one , 
celui de Londres, vers 1330, était Baroncelli Giovanni d. Tano. 

Edouard III devait aux Peruzzi plus de 135,000 marcs ster- 

''"L^yS" 10 juillet, Symon de Brolio et Bartélemy Perruche 
étaient monoiers de Saint-Quentin. 

(0 Albi ou BiancU; Neri ou Nigri ; Blancs ou Noirs. Il ne faut pas con- 
.- A Z Blancs et les Noirs avec les Gibelins et les Guelfes, bien qu .1 
t;\ e e'r;::, ues rapports. Les Blancs et les Noi.s dont il faut cje. 
:,er les origines . Pisto.a ne tardèrent pas à t.nsporter .t.s ,ue.U. a Plo- 
rence.(Cf. Machiavel, Hist. Fior.; — A. UEsjARoiNb, .v ^ t 

7/7 Tn^rane i8SQ. Introduction, p. xxiv.) . , , 

OnZ^^X avait des membres d'une même famille dans les deux camps, 
comme dans les Guelfes et les Gibelins. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



59 



En 1305, Otelin Enfegat et Philippe, membres de la compa- 
gnie, frappent la monnaie d'or pour le roi. 

En 13 10, Donato Brunet et Jacques de Chartant ont la ferme 
de la fabrication des monnaies. (De Saulcy, Hist. des monnaies , 

P- 153. I73-) 

En 13 10, Jean Villani était un des chefs des Perruches de 

Florence. 

« Les relations des Villani avec les Peruzzi et avec Philippe 
le Bel, sont un fait qu'il ne faut pas oublier quand on lit les 
récits du célèbre chroniqueur Jean Villani, sur les rapports du 
roi avec l'Italie et avec la papaiité. » {Hist. litt, de la France^ 
Renan.) 

En 13 12, l'abbé de Saint-Michel de l'Écluse, en Savoie, vou- 
lant faire un dépôt de 7^000 florins d'or, choisit les banquiers 
florentins de la Cour de France, à Avignon, Bardi, Peruzzi et 
Scah. (Peruzzi.) 

Dans un acte de 13 12 (19 oct.) sur une quittance de Rai- 
noldo da Supino, de 10,000 florins petits de Florence, touchés 
sur la compagnie Peruzzi, à Carcassonne, on remarque parmi 
les témoins : Guillaume de Plaisian, Jaques de Perruches et 
Philippe Villani. 

Du reste, les Peruzzi semblent avoir eu de la peine à rentrer 
dans leurs avances au roi. Les biens des Franzesi paraissent 
aussi être tombés comme gages entre les mains des Peruzzi. 
En 1309, 13 10, Jean Villani touche à Sienne, pour le compte 
des Peruzzi, les revenus de la location du palais que lesdits 
Franzesi possédaient sur la place del Campo. Ces dettes des 
Franzesi remontaient peut-être aux événements de l'an 1303 
(afi"aire de Nogaret). Hist, litt. de la France, t. XXVII, p. 347.) 

En 13 13, le prévôt de Paris rend une sentence pour Guil. 
Vasconis, voiturier, contre Jacques Girardi, compagnon des 
Perruches et caution des pertes éprouvées par le voiturier, 
{Olim, IV, f^ 230 v°.) 

En 1322, 6 février, arrêt pour Jean de Cepoy, chevalier, 
demandeur, contre Philippe Villani et Silvestre des Perruches, 
compaignons des Perruches, au sujet du produit de la ventQ 
d'une coupe. 



6o 



LES LOMBARDS A PARIS. 



En 1323, Grands jours de Troyes. - Appel de la sentence 
des gardes des foires de Champagne prononcée au su)et d une 
contestation entre le procureur de la commune de Sienne et les 
compagnons des compagnies des Perruches, des Bordes (Bardi), 
des Mâches (Macci), Jean Nicolay, Clarot, Baudm et Bau- 
douche Boncompte, marchands lombards aux foires de Lham- 
pa"ne. (Boutaric, Actes du Parlement, t. II, p. 5i4-) _ 

En 13-3 arrêt nommant G. Dreu et Aimeri de Bngoho, 
clercs, pour recevoir les reproches des témoins dans le procès 
ci-dessus mentionné entre les Perruches, les Bardes, les Mâches 
et Jacques Nicolai, Clarot Baudin et Bauduche Boncompte 
d'une part et la commune de Sienne d'autre part (t. II, p. )I9)- 
En 1 309 un Bernardino Peruzzi était ambassadeur de Florence 
près du sultan d'Egypte Kansouh el Ghouri. (H.) 

La maison Peruzzi existe encore aujourd'hui. On peut voir, 
à Florence, dans le salon de MM. Peruzzi, un cadre renfermant 
une reconnaissance d'argent prêté, par leurs ancêtres, _ a 
Edouard m, roi d'Angleterre, qui n'a jamais été recouvrée. 
(S. L. Peruzzi, Storia del comnurcio e dei hanchen di timide. 

Florence, 1868.) - 1 -r ' 

La famille Peruzzi adresse de temps en temps a la Ireso- 
rerie anglaise, pour la forme, une réclamation qui va dormir 
tranquillement à côté des autres dans la poussière des dos- 

"Té 10 septembre 1891, mourait à Florence, M. Ubaldino Pe- 
ruzzi, âgé de 69 ans. , r, , 

Chef d'une des plus vieilles familles florentines, dont Dante a 
fait mention dans la Divina Commedia, M. Peruzzi avait été plu- 
sieurs fois ministre dans les cabinets de Cavour et de Biensoh, 

Farini et Minghetti. 

On raconte que c'est une indiscrétion de sa femme donna 
Emilia Peruzzi, une des personnes les plus instruites et les pUis 
spirituelles qu'on puisse rencontrer, qui fit connaître la teneur 
de la convention de septembre, conclue entre 1 Italie et la 
France, - indiscrétion qui aurait ainsi amené les ,ournees san- 
glantes de Turin, les 23 et 24 septembre 1864. On se rappelle 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



61 



qu'aux termes de cette convention, la capitale, qui était alors à 
Turin, fut transférée à Florence. 

La famille Peruzzi a dans ses archives des livres de comptes 
qui remontent à 1292. Persécutée par les Médicis, elle fut, 
comme tant d'autres, forcée de s'expatrier et de se réfugier à 
Avignon en 1438. Il existe encore dans cette ville une branche 
des descendants de Ridolfo Peruzzi. Il y eut également dans la 
suite un gouverneur du château de Vincennes qui porta ce 
nom. 

L'Index des Deli^ie renferme une page entière des noms" de 
membres de cette fimille. 

Nous donnerons de nouveaux détails sur les Peruzzi dans 
une étude complémentaire intitulée : Les Lombards che^ eux, dont 
la publication suivra celle-ci. 



Les Bardi (Florence). 



Le mot Bardi, bien que mentionné dans Promis, Vincenzo, 
Tavole sinottiche délie ^nonete, Torino, 1869, comme une terre 
avec le titre de marquisat, province de Plaisance, est en réalité 
une contraction du mot Berardi ou Bernardi. 

Les Bardi étaient une famille originaire des environs de Flo- 
rence, établie dans la ville à la fin du xi*" siècle. Leurs maisons 
s'étendaient sur une grande partie du Borgo dit Pidiglioso (Pi- 
docchioso), puis appelé rue des Bardi, à cause de leur puis- 
sance. Vers II 12, Pagano di Bardo, ou Berardo, ou Bernardo 
donnait à l'église de San Reparata (actuellement la cathédrale) 
quelques propriétés situées au Campo rcgio (actuellement Ca- 

reggi). 

Bartolo di M. Jacopo di Bardi était un des premiers magis- 
trats de Florence en juin 1282. (Arsenal 78 bis. Marsand, Ma- 
nuscrits ilaliens, t. II, p. 365.) La famille Bardi habitait à cette 
époque le quartier San Spirito. (F. italien 27, B. N.) 

En 1300, 22 avril, Bochinus de Claro était l'agent des Bardi 
à Famagouste. {Arch. de l'orient lat., II, 2, p. éo.) 



62 



LES LOMBARDS A PARIS. 



En juin 1300, Marchus Darten, marchand vénitien, doit à 
Doffo Bardi de Florence, de la compagnie des Bardi, 300 1. 
petits tournois dette contractée à la foire Saint-Jean de Troyes. 
Le doge Pierre Gradenigo demanda au roi de France 1 arres- 
tation et la saisie des biens de ce marchand. {Doc. méd., t. 111, 

^"En'i3o8,nous avons un arrêt déboutam Guichius de Senella 
et ses compagnons, de la maison de Burgo, qui réclamaient à 
Noche Terroche, associé des Bardi, 1,200 marcs esterhns d ar- 
gent que Huguet Symoneti avait déposés, trente ans aupara- 
vant entre les mains de Renier Fornario, associé des Bardi, 
pour laquelle somme les de Burgo avaient reçu hypothèque 
sur tous les biens des Bardi. (Boutaric, AcUs du Parlement. 
t. II, p. 47- - OUm, IV, fol. 100 v°.) _ 

En 1311, Edouard III donnait 1,000 marcs steihns a la 
femme de Gérard Bonenseigne, représentant de la société des 
Bardi en Angleterre, et 500 marcs sterlins à la femme de 

Barthélémy des Bardi. 

Selon Villani, Edouard III <> devait aux Bardi 180,000 marcs 
sterlins et aux Perruzzi plus de 135,000, qui forment ensemble 
un total de 1,3 5 5,000 florins d'or, somme qui vaut un royaume. » 
(S. Peruzzi, Sloria del commercio.) 

En 13 15, Pegolotti (Francesco Balducci), l'auteur de la 
Pratica délia mercatura, obtenait des faveurs spéciales sur la 
place d'Anvers pour la compagnie des Bardi, dont il était 

l'agent. ,. ,^,. s 

En 13 18, Lapprenier était « compaingnon » des Bardi (Unm). 

En 1320, l'ordre des Chevaliers de Saint-Jean de Rhodes 
était débiteur envers les compagnies Bardi et Peruzzi, de la 
somme énorme de 575,900 écus d'or. 

La compagnie des Bardi de Florence avait acquis le privilège 
de ne payer qu'un droit de 2 "/o à l'entrée du port de Satalia 
(Asie-Mineure) sans payer aucun droit à la sortie. 

Pegolotti, son agent, séjourna dans l'ile de Chypre de 1324 

à 1327 et en 1335. .... >. ^ 

A Famagouste, les Bardi et les Peruzzi )ouissaient dune 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



63 



réduction sur les droits de douane à l'entrée et à la sortie : au 
lieu de 4 °/o, ils ne payaient que 2 °/o. 

En Arménie, Pegolotti obtenait pour les Bardi, en 1335, 
Texemption entière des droits d'entrée et de sortie, tandis que 
la maison rivale des Peruzzi continuait de payer un droit de 
2 °/o dd valorem à l'arrivée et au départ. 

Ces maisons s'occupaient principalement d'affaires de ban- 
que. (H.) 

En 1337 les quarante galées ordonnées par le roi, à Gênes, 
pour quatre mois, devaient coûter 144,000 florins d'or, payés en 
partie par la compagnie des Bardi, Philippe de Pogge et plu- 
sieurs autres. (A. Jal, ArchéoJog. nav., t. II, p. 337, d'après un 
ms. de la B. N.) 

Une lettre d'un Ferdinando Bardi di Firenze se trouve dans 
le n° 13029, fonds italien, B.N (xvii^ siècle). 

Un Girolamo Bardi était cardinal au milieu du xviii^ siècle. 
(Arsenal 52. — xMarsand, t. II, p. 315.) 

Roberto de Bardi, naturaliste, philosophe, théologien, fut, 
quarante ans, chanceHer de l'Université de Paris. Il mourut vers 
1400. Pétrarque écrivit des vers en son honneur. La femme de 
Cosme de Médicis était la fille de Giovanni des Bardi (143 1). 

Malgré toutes les recherches, on n'a pu encore découvrir 
jusqu'ici aucun livre de la Banque des Bardi. 

Le comte Girolamo des Bardi, qui était mort un peu avant 
1868, n'avait pu montrer à M. le Com. S. L. Peruzzi que des 
comptes modernes, sans aucun document entier intéressant l'his- 
toire de cette illustre maison. (Peruzzi.) 

L'Index des Deliiie cite quatre-vingt-quinze noms de membres 
de cette famille. 

Pour plus de détails sur les Bardi, voir : Les Lombards 
che:(^ eux. 



64 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Boccaccio de Chellino de Bonajuto. 

Les Bonajuti (Florence). 

Les Bonajuti étaient des popokni (bourgeois) du Borgo 

S. Apostolo en 1260. . 

En 1285 le 8 juin, Ser Bonajuto remplit les fonctions de 
secrétaire du conseil des capiudini et des sages de Florence. 
(P t I p. 535; t. II, p. 492.) (Cf. GÉRAUD, p. 2.) Lotier 
Bonajutc, de la compagnie de l'Escale avec un Amadon et un 
Infangati. 46 Hv. et p. i. Bonajute, devant Guiart Bone-Voute 
20 1 Ce Guiot Bone-Voute, delèz Gandouffle, paie 10 1. Son 
nom nous paraît la traduction euphonique de Bona-jut, et non 
de Bona volta. Les Bonajuti se divisent en plus de huit branches. 
Les Ddr^ic mentionnent jusqu'à trente-trois noms dans une seule. 

Les Boccaci. 

En septembre 1229, le podestat de Florence était Giovanni 

deBoccacio. (P., t. I, p- 273.) 

En 1285, 17 février, Arrigo del Boccacio, membre des capi- 
tudini des sept arts majeurs et du conseil des sages, propose de 
nommer parmi les meilleurs citoyens des ambassadeurs pour 
délibérer sur les dommages à infliger aux Pisans. (P., t. II, 
p 47 5)- le 2 juin 1285, il demande dans le consed un ajour- 
nement ' qui est voté, et, le 11 septembre, il se prononce 
contre les clercs qui faisaient opposition à la commune. Ubu1.) 

En 1293 Boucachin*", un Lombart, demeurait, à Pans (pa- 
roisse Saint-Jacques de la Boucherie), chez Marie de Sanz et 
pavait 16 sous de taille. (Gèkaud, p. 2.) , • , 

C'est probablement le même que Jacques Bouquachin, de 
Florence, clerc, qui, le vendredi devant caresme prenant 1291 

(1) Est-ce le père de Boccace? Ce ne serait pas impossible, mais jusqu'ici 
rien ne nous le prouve. Peut-être ne sont-ils pas parents, mais ce n est pas 
probable, à notre avis. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



éS 



(v. s.), par devant Jehan dit Clignet, prévôt de Saint-Germain 
des Prez, vend à Jehan dit Sabaot, charpentier, et à Jehene, sa 
femme, une maison à deux étages « c'est à savoir un bouge à 
cheminée par dessus la voie minime aveuques une chambre et 
une haute chambre, c'est asavoir un soHer par derriers aveuques 
une petite chambre desouz celui solier; si comme ladite meson 
se comporte en long et en le desus et desous, joignant d'une 
part, à la meson à la jardinière et à la meson dudit Jehan et 
Jehene, sa famé, et d'autre part à la censive et seigneurie de 
nostre église, etc. » pour la somme de loo solz parisis. Mestre 
Raoul de Monstreul (Géraud, p. 174 = mestre Raoul de 
Montereull, 7 liv. rue Saint-Père) perçoit 10 sous de cens. 
(J. 153, n° 8. A. N.) 

Boccace. 



Le père du célèbre auteur du Décaméron se nommait Boc- 
caccio de Chellino de Bonajuto ^'\ Les Chellini, qui ont pris 
depuis le nom de Boccace, étaient originaires du bourg ou 
château de Certaldo, situé sur les bords de l'Eisa, petite rivière 
de la Toscane, à 20 milles de Florence, sur le chemin de Vol- 
terra. Il était marchand et « compagnon » de la société des 
Bardi. C'est au cours d'un de ses voyages à Paris, vers 13 10, 
qu*il fit la rencontre de la Française « de condition moyenne, 
entre noble et bourgeois » qui devait donner le jour à Boccace, 
dans cette ville, en 13 13. 

Le 1 1 mars de cette année , il assistait à l'exécution de 
Jacques Molay, grand maître des TempUers, à Paris, et en 
1332, il était encore de passage dans cette ville. Il était de 
retour à Florence en 13 14, ramenant son fils avec lui. En 13 18, 
Boccace père et son frère, Vanni di Chellino, propriétaire 
depuis 1297 au moins, habitaient dans le populo di san Pier 
Maggiorej à Florence, depuis quatre ans. 

Il prit part au gouvernement de la ville en 1322. 

(i) Les Deîiiie XII, 9, citent Boccacio di Golino di Certaldo. 

LES LOMBARDS. — TOME I. * 



66 



LES LOMBARDS A PARIS. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



67 



On sait que Boccace était un enfant naturel. S. Peruzzi ait 
cette remarque qu'au xm^ et au xiye siècles, les naissances illé- 
gitimes étaient très fréquentes parmi les Lombards, ce qui était 
une conséquence de la prospérité des centres commerciaux. 
Ces riches marchands faisaient généralement élever ces eiifants 
à leurs frais. (Sur les bâtards à Florence, cf. Perrens, Histoire 

de Florence, t. III, p. 333-334-) ^ ^ r^ i } ca a. 

Dès lU^ Boccace était ambassadeur auprès des Ordelath de 
ForU et des Polenta de Ravenne. En 1347, il était encore en- 
voyé par la République florentine auprès des seigneurs de Ro- 
mine et entre autres auprès d'Ostasio de Polenta; en 1348, 
à h mort de son père, Boccace avait trente-cinq ans. 

En 1350, il va remettre 10 livres à sœur Béatrice, hlle de 
Dante religieuse au couvent San Stephano à Ravenne. ^ 

En 13 51, il est chargé d'une mission près de Pétrarque, alors a 
Padoue, pour l'engager à rentrer dans sa patrie : Pétrarque refusa. 

En cette même année, il allait en ambassade près du mar- 
quis de Brandebourg, fils de Louis de Bavière. Deux ou trois ans 
plus tard, il se rendait près d'Innocent VI. En 1359, ^^ ^'f ;^ 
Milan; en 1362, à Naples ; en 1363, à Avignon; en 1367, a 
Venise ; en 1368, à Rome, près d'Urbain V; en 1370, a Naples. 

Il mourut le 21 décembre 1375. ^ Certaldo. 

Dans la première nouvelle du Dccaméron, nous trouvons ce 
merveilleux portrait de Lombard, que nous croyons générale- 
ment ignoré, ce conte n'étant pas, par hasard, de ceux que 
nous appelons aujourd'hui Ucencieux. 

Portrait d'un Lombard par Boccace. 

Chappelet Duprat. 

François Muschiat(^ riche négociant, devim autrefois <^) en 
France un grand seigneur : on a vu des révolutions plus 

(i) Mauvaise traduction de Musciato Franzesi. 

(2) Autrefois, pour Boccace, né en 1313 > signifie 1280 à 1300. 



bizarres. Obligé de suivre en Toscane Charles de Valois (que 
Boccace nomme Charles sans Terre — « messer Carlo senza 
Terra » — bien qu'aucun prince n'ait porté ce nom), il confia 
à diverses personnes le soin de ses affaires pendant son ab- 
sence. 

Comme plusieurs Bourguignons, gens chicaneurs, brouillons, 
calomniateurs, sans honneur et sans foi, lui devaient de l'ar- 
gent, il songea à leur opposer un certain Chappelet Duprat, 
qu'il protégeait : il ne pouvait faire un plus heureux choix. 

Chappelet Duprat était notaire, et sa conscience telle, qu'il 
aurait rougi qu'un acte eût passé par ses mains sans être jugé 
f:iux. Ce triomphe lui paraissait si doux, qu'il en aurait géné- 
ralement fait vingt de cette espèce pour rien, plutôt qu'un seul 
à l'abri de tout reproche pour un rouleau d'or. Jamais on ne 
se parjura avec plus de complaisance; toujours prêt à rendre 
un faux témoignage, il n'attendait souvent pas qu'on l'en priât. 
Doué d'une singulière industrie pour semer le trouble dans les 
iamilles, la discorde entre les amis, les bruits scandaleux, son 
âme stoïque se complaisait dans le spectacle de l'infortune , et 
surtout de celle qu'il avait causée. Les imprécations, les blas- 
phèmes, les violences étaient ses passe-temps les plus ordi- 
naires ; les lieux de prostitution et les johs garçons ses goûts 
favoris ; le vol et l'escroquerie ses plus chères défices : enfin 
cet homme réunissait les qualités les plus rares et passait pour 
un chef-d'œuvre en son genre. 

Cependant comme l'envie poursuit toujours le mérite, tout 
le monde se plaignait de lui; et sans la protection de Musciat, 
qui jouissait d'une grande faveur à la cour et dont on redoutait 
le crédit, les ennemis de Chappelet, c'est-à-dire tous ceux qui 
le connaissaient, seraient parvenus fort aisément à lui susciter 
des affaires, etc. (^Nouvelles de Jean Boccace, traduction libre, par 
Mirabeau, 4 vol. Paris, 1802. — Ce Mirabeau, est celui 
qui fut surnommé Mirabeau- Tonneau, le frère du grand ora- 
teur.) 

La scène du conte, peu intéressant d'ailleurs, pour nous, 
se passe à Dijon, chez deux Lombards florentins de cette 



68 



LES LOMBARDS A PARIS. 



ville. Chappelet, tombé malade pendant son sé,our dans leur 
maison, se confesse à son lit de mort -mme s.l étau un 
saint - et reçoit l'absolution. Après sa mort, '1 ^ «P-^J^/ 
miracles sur son tombeau. Pour bien saisir le « sel » de 1 h.s- 
To , il faut se reporter à l'époque où elle fut écrite et aux 
idées qu'on se formait alors de l'Enfer et des peines éternelles, 
(Dante ne meurt à Ravenne qu'en septembre 1321) et ensuite 
la lire dans le texte, qui est intraduisible. 

Nous avons cru de notre devoir de le citer pour permettre 
de contrôler notre assertion. Il faut bien se garder d oublier que 
c'est de l'italien du commencement du xiv= siècle : 

Ser Ciappelletto con una falsa confessione inganna un 

santo frate, et muorsi, etc. 

un Ser Ciapperello da PratoO, il quai molto alla sua 
casa "in Parigi si riparava ; il quale, percioche piccolo di per- 
la era, et molto assemuuzzo, non sappiendo li franceschi che 
si volesse dire Cepparello. credendo che Cappello, c.o eghir- 
landa seconde il loro volgare a dir venisse ; percioche piccolo 
era non dicemmo, non Cappello, ma Ciappelletto il chiama- 
van'o et per Ciappelletto era conosciuto per tutto, la dove po- 
Ihi p'er Ser Ciapperello il conoscieno. Era questo Ciappelletto 
di questa vita. Egli essendo notaio havea grandissima vergogna 
quido uno de' suol strumenti (corne che pochi ne facess 
fosse akro, che falso trovato; de' quali tanti haurebbe fatti di 
quanti fosse stato richiesto, et quelli piu volentien m dono, che 
alcun akro grandemente salariato. Testimonianze false con 
solo diletto diceva richiesto, et non richiesto et dandosi a 
nue' tempi in Francia a saramenti grandissima tede, non curan- 
Isi fargli falsi; tante qui stioni malvaglamente vincea, a quante 
a iurart- di dire il vero sopra la sua fede era chiamato. Haveva 
oltro modo piacere, et forte vi studiava in commettere tra 
amici, et parenti, et qualunque altra persona, mali , et inimi- 

(I) Prato, petite localité située non loin de Florence. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



69 



citie, et scandali; de' quali quanto maggiori mala vedeva se- 
guire, tanto piu d'allegrezza prendea. Invitato ad uno homicidio, 
o a qualunque altra rea cosa, senza negarlo mai, volontero- 
samente v' andava, et piu volte a fedire, et ad uccidere huo- 
mini con le proprie mani si trovo volentieri. Bestemmiatore di 
Dio, et di santi era grandissime, et per ogni piccola cosa; si 
corne colui che piu che alcun' altro era iracundo. A chiesa non 
vsava giamai, et i sacramenti di quella tutti corne vil cosa non 
abominevoU parole scherniva. Et cosi in contrario le taverne, et 
gr altri dishonesti luoghi visitava volentieri, et usavagli. Délie 
femine era cosi vago, corne sono i cani de' bastoni; del con- 
trario piu, che alcun' altro tristo huomo, si dilcttava. Imbo- 
lato havrebbe, et rubato con quella coscienza, che un santo 
huomo offerrebbe. Golosissimo, et bevitore grande tanto, che 
alcuna volta sconciamente gli facea noia. Giucatore, et mcttitor 
di malvagi dadi era solenne. Perche mi distende io in tante pa- 
role? egli era il piggiore huomo^ che forse mai nascesse. 

(// Decamcron di Messer Giovanni Boccacci, citadino fioren- 
tino. — In Fiorenza. — Stamperia de i Giunti. 1578.) 

Le vrai Nom du Lombard de Boccace. 

M. Cesare Paoli dans le Giornale Storico délia Jetterai ur a ita- j 
liana (Tom. V, p. 329-369. 1885, Rome-Turin-Florence) a dé- 1 
couvert le vrai nom du héros de la nouvelle de Boccace : il se 
nommait Ccpperello Diotaiuti da Prato. 

Ce Lombard, receveur de la baillie d'Auvergne (1288-1290) et 
ensuite di décime et d'autres tailles pour le compte du trésorier 
du roi de France, Philippe le Bel, jusqu'en 1295, était en 
relations suivies d'affaires avec les deux frères Franzesi, Biche 
et Mouche. Dans une « reconnaissance » à la fin des aoiili^^^ 
de Cepperello, on lit que Biche et Mouche se portent ga- 
rants d'un paiement fait pour le compte de Cepperello à messire 



(i) Aouli opposé à rendtUiy comme doit et avoir , dans les livres de 
comptes. 



70 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Eustache de Beaumarchais, dont la quittance est perdue <^^; il y 
est aussi question de florins d*or prêtés par Cepperello à Mouche. 
Cette (c reconnaissance » nous apporte encore une preuve de 
la grande famiUarité dont jouissait Mouche à la cour puisqu'il y 
est dit que le Roi Philippe le Bel l'emmenait avec lui à sa rési- 
dence royale de Melun, pour y passer les fêtes de Noël, en 

1288. 
Voyons maintenant comment on peut établir l'identité de ces 

deux personnages : 

Nous avons d'abord le nom : Ceppareïlo ou Ciapperello da 
Prato, suivant la Nouvelle, et Cepperello, Chcparellus de Prato, 
Chiperellus, Chipperelîus des documents trouvés par M. PaoH. 

Nous avons de plus Diotaiuti , transformé par les copistes 
français en Dexîahit et Diextahit. 

Les documents ne le qualifient pas du titre de Sire. 
S'il fallait une preuve de plus, nous citerions le nom de 
Mouche, que M. Cesare Paoli appelle un « aventurier floren- 
tin » et qu'il accuse d'avoir été le témohi, le coopérateur et le 
conseiller de la réaction des Guelfes à Florence et d'avoir fait 
donner plus tard le fameux so\.MQt(^quanciaîd) au pape Boniface 
par Colonna le Sciarra. 

Voici du reste le jugement d'un de ses compatriotes : 
« Musciatto Franzesi, venuto su prima da contadino fiorentino 
a mercatante, poi in Francia da mercatante a cavalière per la via 
di queUe usure che facevano cola odioso il nome dei bmhardi 
cani^'^ alla povera gente, ma non ai re cristianissimi, i quali 
sfruttavano largamente e senza scrupolo l'oro italiano. (^Dino 

(i) Eustache de Beaumarchais (Etaccia di Behnercieri) percevait 200 1. t. 
par trimestre pour ses gages en 1288-1289. C'est à ce sujet que le Lombard 
écrit : « Non n'auemo la ketanza : dène rispondere Biccio e Musciatto per lui, 
kelU mi fecero paghare ke si [kessi] perdeo la ketanza. Riceuette Bernardo 
SUD keriko : ebe trecento sesanta fiorini d'oro, e' rimanette paghô Musciatto, 
kelli prestai di tre anzi natale, cio è quaranta fiorini d'oro , quando andoe a 
fare la pasqua a Mellione ko re. » 1288. 

(2) I cani lombardi. (Boccace, Dêcaméron, Giorn. I. nov. \, t. I, p. 43- Mi- 
lan, 1816.) — Magnum sibi nomen, sinistram autem famam per universam 
Europara compararunt [Lombardi]. (Muratori, t. I, p. 888). 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



71 



Compagni e la sua Cronica. Vol. I, p. 207. Isidoro del 

LUNGO.) 

Et il ne paraît pas, ajoute M. C. Paoli, que sa réputation, pas 
plus que celle de son frère Biccio, si maltraitée par les chroni- 
queurs toscans, fut meilleure en France ^^\ 

Extraits des Comptes de Cepperello. 

Les (socii) associés de Cepperello sont Rinieri Jacopi et Noffo 
Dei, florentins <^>. Ce sont les « Nofri Dei de Societate Renerii 
Jacobi » d'une lettre de 1295, au sujet des relations du com- 
merce des Florentins en Champagne. (Gior. Storiço degîi Arch. 
Tosc, I, 258.) 

P. 352. — Diedi i quali paghai al conpangno de Bardi pag- 
holli a Noffo nella detta fiera di Proino : xxx 1. 

— Lapo di Giunta (de la Compagnie des Scali, à Riom). 
Ce nom se retrouve dans Berti, Doçumenti del commercio dei 

fiorefitini in Frauda i2(})-i^oo. Voir aussi les Comptes du 
Louvre (Ec. des ch.)Un Lappo Pitide la compagnie 5^/;^/^. Lls 
Schali ou Scali étaient de Florence. 

P. 355. — Dicdi i quali mandai a Kaorsa a Dato Bonamiki 
per Tuccio Falkonerii ^3) in sei somieri di VIII di marzo ottanta 
nove : 483 1 l. 17 d. 

— Diedi vettura d'un ronzino ke mandai a Kaorsa e d'un flmte 
con Tuccio Falkonierii : il. 12 s. 

— Diedi à fratri minori e predicatori ed altre genti per Dio : 
I 1. 6 s. 



(i) Les Deîiiie mentionnent en 1322-23 un Ser Rinaldo Nacci da Ceppa- 
reïlo, qui était notaire des prieurs de Florence au nombre desquels figure Mes. 
Pace di Mess. Jacopo da Certaldo, dott. di Leggi. 

(2) Ce Noffo Déi, florentin, pendu depuis pour d'autres crimes, fut un des deux 
accusateurs des Templiers en 1307, avec le prieur de Montfaucon condamné 
pour ses dérèglements à une prison perpétuelle (Gio Villani, 1. Vlll, 

c. LXXXXII, p. 429. — SlSMONDf, t. IV.) 

(3) Thouche, en la méson Pierre de Tournai (Géraud^ p. 2) paie 8 sous. 



«: 



72 



LES LOMBARDS A PARIS. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



73 



Les Falconieri. 

En 1282, 27 octobre, et en 1285, 31 mai, Bandino des 
Falconieri faisait partie des membres des conseils à Florence. 

En 1301, pendant le séjour de Charles de Valois à Florence, 
« Baldino Falconieri occupait la tribune la moitié de la journée, 
et c'était pour comparer le sommeil tranquille auquel les ci- 
toyens paisibles pouvaient désormais se livrer, avec les temps 
de troubles et de désordre dont on venait de sortir. » — Lâche 
et vile flatterie à l'adresse de Charles de Valois. (P., passim.) 

Mais elle n'a rien de surprenant quand on voit, par les livres 
de comptes, que ces Falconieri étaient parents de Mouche. 
(Comptes de 1298 à 1301, publics plus loin, et ceux de Cepe- 

rello.) 

Vers 1350, Nicolo di Forese Falconieri épousait Élizabeth 

Buondelmonti. (Litta). 

Les Deliiie citent trente noms de la famille Falconieri. 



Les Frescobaldi (Florence). 

Les Fréquenbauz. 

Les Frescobaldi et les ScaU précédèrent les Bardi et les Pe- 
ruzzi dans leur haute situation à la cour du roi Edouard IIL 

En 1290, le fameux Bichio Guidi faisait partie de la Compa- 
gnie des Fréquenbauz avec Barthélémy Barbedor. 

En 1293, la taille mentionne parmi les Fréquenbauz, Berte- 
lemy Barbedor, 10 liv. ; Thomas Heibert , 10 liv. ; Nicholas 
Bonne- Vive; — Jehan Jaques, 30 Uv., paroisse Saint-Jacques 

la Boucherie. 

En 1298, le trésor de Dublin recevait l'ordre de payer 
11,000 sterlins aux Frescobaldi de Florence. (Peruzzi.) 

Nous avons un Voyage en Terre sainte (i 384-1 385) écrit par 
un membre de cette famille, Leonardo Frescobaldi. 



En 1461, 9 sept., Jean Frescobaldi était courtier des chan- 
geurs à Londres. {Documents inédits, t. III, p. 10.) 

Au commencement du xvi« siècle la maison Frescobaldi, as- 
sociée aux Gualterotti, avait son siège principal à Bruges et une 
succursale à Lisbonne. Son agent, Giovanni da Empoli, prenait 
passage sur un des quatre bâtiments placés sous les ordres de 
François Albuquerque, en 1503. (H.) 

Nous donnons les sceaux curieux de plusieurs membres de 
cette famille au commencement du xvi^ siècle. 






Frescobaldi, Leonardo, mar- 
chand florentin, 15Î6. Sceau 
ovale de 0,015™™. Pierre gra- 
vée. Tête de Pallas à droite. 
(J. 919, n° II. A. N.) 



Frescobaldi , Leonardo , niar- Frescobaldi , Leonardo , mar- 
chand florentin, 1516. Sceau chand florentin, 151e. Sceau 
ovale de 0,012™™. Pierre gra- rond de 0,015™™. Un poing 
véc. Tète de Jupiter à droite. gante portant un oiseau de vol. 
(J- 919» n°7- A. N.) Sanslégende.(J.9i9,n°7.A.N. 






Frescobaldi, Alexandre, mar- 
chand florentin, 1516. Sceau 
ovale de 0,015™™. Écu chargé 
d'un lion rampant tenant une 
épée. (J. 919, n° 30. A. N.) 



Frescobaldi, Philippe, mar- Frescobaldi, Antoine, marchand 
chand florentin, 15 16. Sceau florentin, 1516. Sceau rond 



rond de 0,010™™. Un heaume 
de profil à gauche. Légende 
illisible. (J. 919, n°4. À. N.) 



de 0,012™™. Ecu parti : au i 
d'une croix coupée d'un anne- 
let ; au 2 d'une bande accom- 
pagnée en chef d'un annelet. 
(J. 919, n° II. A. "N.) 







Frescobaldi, Girolamo, 
marchand florentin, 
15 16. Sceau ovale de 
0,010™™. Pierre gra- 
vée. Tète d'hommeà 
droite. (J. 919, n» XI. 
A. N.) 



Frescobaldi, François, 
marchand florentin, 
15 16. Sceau ovale de 
0,014™™. Pierre gra- 
vée. Tête d"un jeune 
homme diadémée 

tournée à droite. (J. 
919, n° 15. A. N.) 



Frescobaldi, Girolamo, 
marchand florentin, 
1516. Sceau rond de 
0,011™™. Monogram- 
matique. (J. 919, 
n° 4. A.N.) 



Frescobaldi , Jean , 
marchand florentin , 
15 16. Sceau ovale de 
0,012™™. Monogram- 
matique. (J. 919 j 
no 7, A. N. 



Sceaux des Frescobaldi. (Londres, xvi* siècle.) (A. N.) 

La famille Frescobaldi existe encore aujourd'hui. 

Le 7 novembre 1863, le commandeur Louis de Frescobaldi 



m 



74 



LES LOMBARDS A PARIS. 



mourait à Tâge de cinquante-deux ans, laissant des frères et des 
sœurs. 

Un Dino de Frescobaldi était ami de Dante. C'est lui qui 
aurait, dit-on, sauvé le précieux manuscrit du poète, lorsque 
Dante condamné à fexil vit ses biens confisqués. — On trouve 
des poésies de lui dans le fonds italien 554. B. N. (Copie du 
xv« siècle.) Les Dcli^ie citent soixante noms de membres de cette 

famille. 

Pour plus de détails sur les Frescobaldi, voir : Les Lombards 

chex_ eux. 

Les Angoissoles (Plaisance). 

Nous trouvons, en 1293, à Paris, un Lombard ainsi désigné: 
(( Roland, qui fet la compaingnie Lancelot l'Angoisseux, 
10 liv. » C'est évidemment un compagnon de la société des 

Angoissoles. (Gèraud.)' 

La famille Anguissola ou Anguisciola était originaire de Plai- 
sance. 1 r • 

En 1296, « la compaignie d'Angoissole en la bufeterie, » 

paie 34 liv. 10 sous. 

En 1297, « François d'Angoissole et ses compaingnons » 

paient 3 5 Hv. 

En 1298, (( François Daugutaire et ses compaingnons de la 

compaignie d'Angoissole » paient 34 Hv. 

Troyes, 1298, 5 sept. Albertino Anguxola, bourgeois et mar- 
chand de Plaisance, fils de Nicolas Anguxolla et Conrad An- 
guxolla. {pocnrn. inéd-, t. III, p. 18.) 

En 1299, « Franchequin Angoissole et ses compaingnons » 

paient 28 liv. 

En 1300, même rubrique. 
• En 13 10, aux foires de Champagne, Bernard d'Angoissolles 
a un procès avec Jean Cristo. 

En 13 18, les AngoissoUes sont en procès avec Jean de la 

Coste (O/Zm)- 



compagnies des lombards. 



75 



En 13 17, les Anguissoli sont aux foires de Champagne avec 
les Faletti et les Doussins. — 1318(0////;). 

En 1327, nous y voyons Ricardo et Bernardo Anguisciola. 

En 1335, 12 mars, une convention était passée entre Bonnat 
Octavien et autres associés en la ferme de 100 s. pour cent et 
les associés de la compagnie des AngoissoUes et de celle des 
Doucins. (PP. 109-110. AN.) 

Nous retrouvons encore un membre de cette famille en jan- 
vier 1346 (n. 5), Cristiano Anguissola, avec Guillelmo Senengo 
et Bernardo Scoto, ce dernier, unScoti de Plaisance (un Escoz). 
Une rue de Bar-sur-Aube, la rue des AngoisselleSj a conservé leur 
nom. La commune de Montpellier soutenait, au xiv^ siècle, un 
procès contre la compagnie des AngoissoUes devant les gardes 
des foires. — Les marchands de cette compagnie figurent encore 
dans un arrêt du Parlement du 15 mai 1322. (Bourquelot.) 

Il existe à la Bibliothèque nationale un manuscrit (lat. 9258) 
qui donne la Hste des propriétés des Angoissoles près de Plai- 
sance. (Angusciola ou Anguissola.) (1300 à 1341.) 

En 1301, Galvanus d'Angoissole vend à son frère d'Anc^ois- 
sole des terrains situés à Oltoe et achète des terres à des ('-ens 
de Castro-Nuovo. Les biens de son fils (?) Bernard sont en- 
suite divisés en trois parts : 

La première échoit à Ricardino, fils aîné de Bernard ; 

La seconde à Lansloto ou Lancelloto, autre fils (celui de 
Géraud) ; 

La troisième à Bernardino, neveu desdits Ricardino et Lan- 
celotto. 

On trouve dans ce curieux volume les noms de Théodose 
Anguissola (en 1523), Caterine (1529), Alexandre (1532), Anesa 
(1534), Hemiglia (1536). 

En 1570, Alexandre Anguissola est à la cour du roi catholique, 
à Madrid, et il a, dans cette résidence, plusieurs enfants : 
Baptiste (1570), Carie Théodose (1572). Il avait eu auparavant 
une fille, Barbara, en 1566. 

Au xvii^ siècle, nous retrouvons un marquis d'An<^uissole, 
père également de plusieurs enfants ; d'abord d'une fille. Mari- 



■ i 



t 



7« 



LES LOMBARDS A PARIS. 



gâta (167e), puis d'une autre fille, Antonia Maria, puis d'un fils, 
Carlo (1681), d'un second fils, Carlo (en i68é), enfin dune 
troisième fille, Bianca (1683). 

Cette famille existe encore aujourd'hui. - Un comte Ferrante 
Anauissola était parent du comte B. Pallastrelli. (V. Plaisance). 

Nous croyons bien nous rappeler que la femme de Régnier 
Pot, seigneur de la Prugne, était une Catherine d'Angoissole 
(Angussoli), dame d'honneur de Valentine de Milan, en 1397- 

Pour plus de détails sur les Angoissoles, voir : Les Lombards 

che/^ eux. 



Les Scoti (Plaisance). 

Ce sont évidemment les Escoz, Socii de la grande maison 
Scoti de Plaisance, qui avait des agents à Famagouste (21 )uil- 

^'Vef' Scott! » sont cités par le chevalier Belgrano parmi les 
S7 marchands les plus riches de Plaisance, de 1238 à 1267, 
avec les Braciforti, les Pagani et les Anguissola. {Arcb. de lor. 
Int., t. II, 2, p. 209.T0NONI.) 

Cette compagnie prêtait aux papes des sommes montant jus- 
qu'à 10,000 marcs vers la fin de 1272, et Bernard Scoti était 
le Lombard dont se servait Philippe III pour s'acquitter envers 
le Pape. {Ec. des Ch., t. XIX.) ^ 

Les Scotti avaient formé une compagnie composée de Gu- 
gUelmo de Vetula, Opizone de Farignano, Rolando de llipalta 
famihers du pape Grégoire X ; elle avait pour chef Bernard 

Scotti. (Or. lat., t. II, p. 209). 

Un compte de 1288 mentionne Ferrât de Ferrare et Hérodes, 
de la O' des Escoz. (Comptes des Templiers.) 

A Paris, en 1293, Bernart Espi, en compaingnie des Escoz, 

paie 54liv. . 

En 1296, François de la C- des Escoz paie 38 1. 10 s. 

En 1297, la O^ paie la même somme. 

En 1298, sire Jehan de la C- des Escoz paie 60 hv. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



77 



En 1299, Jehan Niquetin ('> de la C^ des Escoz paie 65 liv. 

En 1300, le même paie 55 liv. — (paroisse Saint-Jacques la 
Boucherie). 

Nous nous proposons de donner dans les Lombards che^ eux 
la figure assurément la plus extraordinaire de la famille Scoti, 
celle de cet Albertus Scoti, ce type fantastique de chef de parti 
guelfe, qui répondait en riant à Tévêque de Plaisance, venant se 
plaindre à lui des abominations commises par ses soldats, au 
nombre de 40, dans le couvent des sœurs pénitentes de la ville: 
« Où donc voulez-vous que nos amis trouvent de quoi vivre ? » 

Il mourut à un âge assez avancé, le 13 janvier 13 18 (n. s.), 
dans le Castelhim regale di Crema, où le tenait enfermé son 
ami, Galeaz Visconti, autre personnage inimaginable. 

Les Delizie nomment quinze membres de cette famille. 




EscoT, Toscan, bourgeois de Constantinople, 1249. 
Sceau rond de 0,014™™. 
Écu chargé d'un croissant surmonte d'une étoile à 8 rais, -f S. Escot : : drapier 

(J. 473, n» 10. A. K.) 



Les Gaaigne-Biens (Plaisance). 

En 1293, Paumier Garnier ; — Jehannin Brachefort, (un Bra- 
ciforte) en compaingnie des Gaaigne-Biens, paient 50 livres. 

En 1296, cette compagnie paie 34 1. 10 s. et loge chez un 
Caoursin , Etienne de Caours ^^-^j 16 fiv. Ce personnage qui 



(i) C'est le Jehan Miquantaine de la C^^ des Gaaigne-biens, en 1298 ; il 
a changé de compagnie. 

(2; 1308. Et de Cahours, bourgeois de Paris, est mentionné dans un procès 
contre le bailli d'Amiens et la dame de Creseques (0//m.) 



78 



LES LOMBARDS A PARIS. 



k 



payait 24 liv. en 1293, et avait trois valets : Remondin, 3 sous; 
Colin, 14 sous, et Martin, 5 sous, demeurait paroisse Saint-Jacques 
la Boucherie, dans la « grant rue » (rue Saint-Denis, près la 
rue Aubry le Boucher, actuellement, 1891). 

Un autre caoursui, Jehan Caourson, en la tanerie, paie 
70 sous.Thomassin,sonserjant (serviteur), paie 5 sous. (Géraud, 

p. 95, 104). 

Eu 1297, la Compagnie paie encore 34 1. 10 s. 

En 1298, Jehan Miquantaine, de la O^ des Gaaigne-Biens, 
paie 40 liv. -- (Voir plus haut.) 

En 1299 et 1300, Jehan Gaaigne-Biens et ses compamgnons 

paient 49 livres. 

La famille Guadagni est représentée par vingt-huit noms dans 

les Delixjc, 

Il y avait encore une société portant un nom analogue : en 
1303, Guiot MeiUeur-Gaigne de la O^ des MeiUeur-Gaaigne, 

Les Scali (Florence). 

Les Scali étaient des richissimes marchands. du parti guelfe. 

En 1326, alors que cette- Compagnie faisait une banqueroute 
de plus de 400,000 florins d'or, elle comptait plus de cem 
vingt années d'existence. 

Elle avait, comme les Frescobaldi, précédé les Bardi et les 
Peruzzi dans leur haute situation à la cour d'Edouard III d'An- 
gleterre. /^ r -c 

En 1293, Quentin Amadour, Lotier Bonajute, Otelm bn- 

fegat de la C"^ de l'Escale, paient 46 liv. 

^En 1299 et 1300, un Guy de Leschiele et ses compaingnons 
paient 14 liv. — Porche Saint-Denis de la Chartre. 

En 1305, Cathelin Infanghatin — qui est certainement le 
« Otelin Enfegat, » cité ci-dessus, faisait partie de la O^ des 
Peruzzi et avait obtenu, avec son compagnon Philippe, la trappe 
des monnaies d'or, (de Saulcy). 
13 13. O' de Lescale {Olim.) 



compagnies des lombards. 



79 



Les Délire citent vingt noms de Scali. 

Pour plus de détails sur les Scali, voir : Les Lombards che^^ 
eux. 



Les Bourrins (Plaisance). 




BoRRiN, Guillaume, marchand de Plaisance, 1266. 

Sceau en écu arrondi de 0,030™™. 

Une aigle, f S' gulliemi Borr... Sigillum GuUielmi Borrini. 

(|. 473, n» 21 bis. A. N.) 

C'est un des chefs de la Compagnie des Borrins. 

Voici le sceau de Guillaume Borrin. 

En 1250, un Jacques Borrin, Jacobias Burrinus, était consul 
de Plaisance à la Porte-Neuve. (Giudicl) 

Cette compagnie payait en 1293, avec les Camprimols , 
50 livres. 

En 1296, François Grellande de la 0"= des Borins, en la 
meson Jehan Fromont paie 46 1. 10 sous. 

En 1297, même nom et même somme. 

En 1298, Perrache Tondesco et ses compaingnons de la 
C'^ des Borins, paient 28 liv. 

En 1299 et 1300, la C^^ est dans la rue de la Buffeterie et 
paie 34 livres. 



C^^ Guy Cavessole (Plaisance). 

La taille de 1293 porte : 

Rufin de Lande de la Compaingnie Guy Cavesole : 15 liv. 
En 1296, « Mathée Brachefort de la C'"-' Gui Cavesole en 
rue S^ Merri » paie 34 1. 10 s. 



Il 



80 



LES LOMBARDS A PARIS. 



En 1297, « Gui Cavesole et ses Compaingnons » paient 

'^'^DanTle journal du Trésor du Temple, nous voyons le nom 
d'un certain Guido ou Guiot, Guidone Cavesso , Cavasso Ca- 
vassonne, qui paie, en 1295, 10 et 13 mai, 7 )um, 22 ,u,llet 
et en 129e, 21 février, les sommes de éoo, 25, 1,000, 1,580 et 
o 1. 5 sous : en tout 3,214 1- 5- H ^'«8" certainement ici de 
notre Lombard. (L. Delisle, Op. fin. des Templurs) _ 

En 1299 « Guy Cavessole, et Mathe le Lombart (c est le 
Mathée Brachefort de 1296) et leurs compaingnons » paient 

En 1300, Guv Kavessole et ses compaingnons paient 21 iiv. 
En 1304, un Grégoire de Boniface fait partie de la O des 
Cavaçols. (0//w.) 



Les Rustigaz (Plaisance). 

Les Rustigaz étaient originaires de Plaisance, comme le 

prouve le document suivant : . ^ • 1 • . 

« 126 s Testes recepti, de mandato domim Régis ad scien- 
dum qua hora Renaudus de Rostigas, mercator Placentinus, 
multritus fuit et in quo loco, etc. >^ \ _ 

Ce Rustigaz avait été assassiné « mfra distnctum vi le Attre^ 

u • T . rnmre de S^ Pol à qui les membres de la société 

batensis. » Le comte ae d rui, a 4 

des Rustiaaz réclamaient une somme d argent qm avait ète 
Sée surîe mort, est acquitté iatsoluU.) P-^.^^/^^^^ 
a été commis après le coucher du soleil. {Ohm, I, p. 21 > et 

''m! 1^93, « Denyse Palestrel et Richardin, son comp^^non, 
de la compaingnie des Rustigaz », paient 42 liv. ^ 1 croisse 

S'^ Jacques la Boucherie. 1 ,n 1 pr de- 

En 1296, Denyse Palestrel paie pour Im seul 10 1. et de 

paient 49 liv. - Encloistre S- Opportune. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



81 



Nous ne ferons que signaler les compagnies qui ne présentent 
plus qu'un intérêt relatif : 

Les Amanaz ou Amenaz (Pistoïe) 1293 : H 1. 10 s. ; 
1296 : 22 liv. ; 1299 : 40 liv. ; 1300 : 40 liv. 

Les Chapons (Capponi) : 1296 : 34 1. 10 s. ; 1297 : 
38 1. 10 s.; 1298 : 40 L; 1299 et 1300 : 34 1. ; 13 12 C- des 
Chapons (Olim). 

Les Richarz (Riccardi), originaires de Lucques, 1296 • 
24 1 ïo s. ; 1297 : 24 1. 10 s. ; 1298 et 1299 : 3^ sous. Lors 
de 1 emprunt de 1295, cette compagnie fournit avec les Lom- 
bards 65,000 1. t. (A. N. J. 654, n° 16.) 

La C- de TEstoile (Stella) : 1296 : 10 1. ; 1297 : 10 I. • 
1298 : 21 1. ' 

Les Pistores, Pistoles, Pistoïe de Lamenat, probablement les 
mêmes que les Amenaz cités plus haut : 1296 : 34 1. 10 s.; 
1298 : 70 L; 1299 et 1300 : 55 liv. 

1301. Chenel de Pistoie, hmbart, est entrez au mestier 
(chaussier) et en la confrairie, le mardi avant la Septembresche, 
ran MCCC et I et en a paie xv s. (Levasseur, Hist, des classes 
ouvrières, t. I, p. 209.) 

En 1292, Jehan Chéenel, rue de la Buffeterie (aujourd'hui 
des Lombards, depuis 1322) paie 16 livres; Jehan son fuiz, 
105 s. Jeannot, son vallet, 18 s. Perrot, le clerc 8 s. Tous ses 
voisins sont « chauciers. » Géraud, p. 88. 

La C'^ de TEspine (Spini de Florencia), 1296 : 34 1. 10 s. ; 
1298, 1299, 1300 : 40 liv. — SpinelU 13 18 (Olim.) 

Les Clarenz, Clarez, Clarat de Pistoïe (Clarentini ou Chia- 
renti), 1293 - 44 Hv. ; 1298 : 55 L; 1315 C- Clarentinorum de 
Pistoria (Olim). , 

Les Puches (Pulci) de Florence, 1299 et 1300 : 40 liv. Les 
Mâches (xMacci) Florence. Les Moges (Mozzi) de Florence, 
1298 : 40 liv. ~ 1303, Lappe Picte, de la compagnie « Mozo- 
rum )) (Olim). 

Les Lanfranc (Lanfranchi) de Lucques, 1297 : 38 liv. 
Les Liannarmannelou (sic) de Venise, les Guiuise, les de 
Loueste, les Corbalans, les Bacons, et tant d'autres qu'on 






LKS LOMBARDS. — TOME I. 



82 



LES LOMBARDS A PARIS, 



trouvera 
blions. 



a dans Géraud (p. 3) et dans les tailles que nous pu- 



Observations générales 



En Frnnce comme en Italie, le peuple a tou,ours détesté les 

usunefs En 1478, Plaisance souffrait de pluies violentes et con- 

Z les e peuple disait que le fléau ne cesserai pas tant 
tinuelies , le ptu^^iv- -i Frinresco re- 

tumuiic, ... ,^„^ i„ DA Pt fuit mirabtle qitod lUico 

et finirent par le )eter dans le t'o. Li jin t 

tha'ia cessL. {Diarium Pannensc, dans Mur.^tor. XXII, col 
Ï. Cefauteur partage aussi la haine concemréc qm an.me 
k peuple contre les usuriers. (Bukck„..rdt, t. II, p. ^yo6.) 

Opinions différentes des Lombards sur le commerce. 

A Naples le commerce était réputé infâme, et la noblesse 
paresses ne s occupant n. de ses b.ens, m de sa iortune, per- 
j • r. r^rr^r^<, \ \i maisoii OU moutait a cheval. 
'iTome 'où le commerce éta.t mépr.é, la noblesse admn.s- 
tr-,it ses biens et s'occupait de la culture. 

A M lan, le noble se faisant marchand était une exception. 
t viis;, les noMli se livrent tous au ---^^j^ ^f ^^^ 
.^„riers sont tous négociants et navigateurs. A Florence, une 
Z e 1 oblesse° est devenue commerçante ; une autre 
p (de beaucoup la plus petite certainement), se repaît d 

Snorgueil et passe noblement sa vie à chasser et a voler 

''"'rrCènes il y a deux sortes de noblesse, deux ordres. Le 

r ornoose de 28 familles nobles d'extraction qu on 

;;::ir; de iCa: Portique et dont les noms ont varié dans 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



83 



les anciens temps. Le second est formé de toutes les autres, 
qui, quoique riches et puissantes, sont d'extraction populaire, 
se sont fait agréger aux premières dans la révolution arrivée en 
1527 et 1528, et en ont pris la plupart les noms et les armes 
en quittant les leurs. Celles-ci sont nommées Familles du Nou- 
veau Portique. Une loi publiée en 1576 abrogea la distinction 
de ces Portiques, mais il subsiste encore de fait (1765). Ces 
espèces d'adoptions qu'on y appelle Albergues, assez communes 
dans toute l'Italie, étaient déjà anciennes à Gênes, et on en 
trouve des exemples dès l'année 1448. Le commerce en général 
y était autrefois compatible avec la noblesse, mais, depuis l'an- 
née 1576, on n'y a permis aux nobles que celui de la mer ou 
en gros, la profession de banquier et celle de notaire, pourvu 
que ce soit sans étude publique. » 

Cf. Le Laboureur, Relations du voyage de Pologne, f partie, 
p. 335. — Mém. man. du cab. de l'ordre du S'-Esprit, aux cases 
Verho, Gênes. — G. Stell.e, Annales Genuenses. — Muratori, 
Rcruni Italie, script., t. XVII, p. 1008 et 1009. — Genealogica 
et historica Grimaldce geniis arhor, par Venalq.ue, in-foL, 1648, 
p. 48, 52, 203 et 208. — Le Pogge, cité par La Roq.ue, 
Traité de la noblesse. Ed. de 1678, p. 318. (A. N. MM. 810- 
816. Écrit en 1765 par de Beaujon, article : Doria.) — Burc- 
khardt, t. II, p. 97. 

Ces diverses appréciations, prises dans différents auteurs du 
xv^ au xvii^ siècle, expliquent pourquoi on trouve rarement les 
Napolitains, les Romains ou même les Milanais parmi les noms 
des Lombards. En revanche, on rencontre toujours des Génois, 
des Vénitiens, des Florentins et des Pisans. 




Jeton de changeur, Allemagne xvii« s. (B. N. Cabinet des médailles.) 






CHAPITRE V 

COMPAGNIES DES LOMBARDS A PARIS 

Les Albizzi (Florence).. — Les Boccanigra (Gênes). 

Les Buonsignori (Sienne). 

La Grande Table (Sienne). — Fédryc. — Les Cerchi 

(Florence). — Les Franzesi (Florence). 

Les Larcari (Gênes). 

Les Uso di Mare (Gênes). — Les Villani (Florence). 



Nous crovons devoir donner encore des renseignements sur 
un certain nombre de familles lombardes dont le nom se 
retrouve fréquemment dans l'histoire de Paris, et qui ont joué, 
dans leurs relations avec la France, des rôles plus ou moins 
considérables, par exemple les Albizzi, les Cerchi, les Larcari, 
les Bonseigneur, etc. 



Les Albizzi (Florence). 




Albizzi (Mazo d'j. député de Florence, 1396. — Sceau rond de 0,036"". 

Ecu à trois annelets l'un dans l'autre. (Demay ajoute : au chef de Savoie. Nous croyons que c'est une 

erreur — le jeton le prouve.) Penché, timbré d'un heaume cime d'une tète de chien sur champ fretté. 

S. dni Macy? de Albizis. 

Ligue conclue entre Charles VI et les Florentins, à Paris maison du chancelier 

Arnaud de Corbie, 25 sept. 1596. (J. 503, n" 2. A. N.) 

Sceau des Albizzi. 



86 



LES LOMBARDS A PARIS. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



Les Albizzi sont des popohni.lls sont mentionnés avant 1204 
dans les annales florentines, et occupaient les places de consuls, 
de sages, etc. 




Jeton des Albizzi — Face. 
La collection de M. MazeroUe renferme un jeton semblable à celui-ci sur ses deux faces 

(droit et revers). 

En 1407, Alberto des Albizzi était ambassadeur auprès du roi 
de France avec Buonaccorso Pitti. 

L'Index des Deliiie cite environ 93 noms de membres de 

cette famille. 




jeton des Albizzi. — Revers. 
Ce ieton est tiré de l'ouvrage de Peruzzi. - Cette roue est-elle celle qui se trouve au n^ilieu du 
p^deï Loggia di Merc'ato Kuovo? Est-ce la roue du Carroccio? En tout cas ce " -t pas un 
Ln, à coup !L comme le prctend M. Fontenay. (Hm/. du >/.«) Est-ce un torsello mal lu? 
C'est probable. Cf. Chroniques Siennoises du duc de Dino. Pans 1846. gr. in-b . 



Les Boccanigra (Gênes). 

En 1254, octobre, Ogerius Bucanigra était notaire de la com- 
mune de Gènes. {Lib. Jur.) 

En 1261, nous relevons dans les conseillers ou consuls des 
métiers de Gênes, le nom de Obertus Buchanigra, et parmi les 
capitaines, ceux de Ogerius Buchanigra et de Nicolas Buchanigra. 
(Histoire de F Empire de Constant inople sous les Empereurs français, 
Du Fresne du Gange. Paris, 1657, in-fol. - Recueil de pièces 
pour servir à l'histoire de Constantinople.) 



87 



En 1260, Martin Buccanigra, amiral, commande six navires 
et dix galées contre les Vénitiens. — Il était frère du capitaine 
de Gènes, ainsi que Lanfrancus Buccanigra (1262) qui est tué 
dans une attaque contre les Grimaldi (^Annales Januenses. Mura- 

TORI.) 

Un Guglielmo Boccanegra, capitano del Popolo (janvier 1261), 
envoyait deux ambassadeurs proposer à Michel Paléologue 
l'alliance de la République de Gènes contre Venise. (Heyd, 
t. I, p. 428.) A la môme date^ Martin Boccanegra commande 
la flotte génoise. {Ihid.) 

Lors de son premier voyage, Alphonse, frère de saint Louis, 
avait acheté les services d'un noble génois, Jean Boccanigra, et 




•J- s : Madona jacomina Bocanegra. — Sceau de Jacomina Boccanigra, avant 1270. 

Quittance de 5000 liv. pour des ouvrages faits par Guil. Bocanigra au port d'Aigues-Mortes. 

Au bas sont également les sceaux de Nicolas d'Otobon et de Rainier Boccanigra 

(J. 295, n° 24. J. 474, n» 40. A. N.) 

Sceau des Boccanigra. 

il comptait sur lui pour sa seconde expédition; mais une révo- 
lution ayant éclaté à Gènes, Boccanigra fut chassé et dépouillé 
de ses biens. Alphonse le reçut à foi et hommage et s'employa 
pour lui faire restituer ce qui lui était dû. (B. N. Ms. 10918. 
et A. N. J. 307, Vf 35. — Boutaric, Saint Louis et Alphonse, 
p. 113.) 

En 1306, un Renaud (Raynaldus) Boccanigra, qu'on ren- 
contre aux foires de Champagne (^Olini), était à la tète de sa 
compagnie et nolisait des transports. 

En 13 II, 4 août, Raynerius Boccanigra, notaire, est chance- 
lier de la ville de Gènes. * 

Simone Boccanigra est le premier doge élu du 23 sept. 1339 
à 1345 et du 15 nov. 1356 à 1363. (Promis. — Gaxdolfi). 



88 



LES LOMBARDS A PARIS. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



89 



En 1361, décembre, Bartholomeus Buccanigra, frater Simonis 
Buccanigr^, ducis Janu^, est envoyé comme ambassadeur 
auprès de Pierre d'Aragon pour faire la paix. (Lib. jur.) 

Les Bucca nigra sontks Bouqiie-nègre du compte (1298-1301) 
publié plus loin. 

Les Boccanigra (Espagne). 

On lit dans les comptes du Trésor (1345-1419) {Bibl. de 
VÉcok des Chartes, 1888, t. XLIX, p. i49-3<^8.) : 

N°302. Ambrosius de Bucanigras, miles, admirallus Castelle, 
in consiliarium et cambellanum Régis retentus — ad vadia de 
M. 1. per annum — pro 2 terminis : 6G6 1. 13 s. 3 d. p. 

Un frère du doge Simon, nommé, suivant Piferrer, Egidio, 
vint en Espagne où il fut attaché au service du roi Alonso el 
Ultimo (XI), qui le nomma '' almirante mayor de Castille. » 
Il fut la tige de la famille noble des Bocanegra espagnols d'où 
sortirent les comtes de Palma. 

Un Martin Boccanegra était sixième seigneur de Palma. 
(D. F. Piferrer, Nobiliario de los reinos y senorios de Espana. 
Madrid, 1856. 2^ édition, 6 volumes in-4°.) 

Les Buonsignori (Sienne). 

En 1264, cette compagnie ouvre un crédit de 100 1. t. à 
deux clercs envoyés à Rome par Gilles, évêque de Tyr. 

En 1265, 28 février (v. s.), Urbain IV avait contracté un 
emprunt des marchands de Sienne en exemptant de toutes les 
censures ecclésiastiques Rolando, fils de Buonsignore, Bonaven- 
tura fils de Bernardino, Ranerio fils de Giacomo, Francesco fils 
de Guide et tous leurs' associés. {Clément. IV epist. Pérouse, 
28 février 1265. — Thés. II, loi. — P., t. II, p. 30.) 

En 1265, Geotfroi de Sargines recevait, avec trois autres 



lettres du Roi, une quatrième lettre concernant un emprunt de 
2,000 1. t. consenti par Bencheveigne (Benciveni), Johan et 
Bonfiz Contedin, marchanz de Sienne, de la Compagnie de 
Rolant de Bon Seignor. (A. N. J. 473.) Ces noms se retrouvent 
au bas d'un autre acte daté d'Acre, 1267, 30 juin. (A. N. 
J. 473, n^ 23.) 

Le 5 septembre 1267, cette Compagnie prête 70 1. t. au frère 
Jean du Mans, frère mineur, et à M= Guillaume de Chatelle- 
rault, chanoine de Reims. L'acte est daté de Viterbe. Le pape 
Clément IV l'avait prise sous sa protection, peut-être à cause 
des emprunts qu'il lui faisait. 

En 1288, dans les comptes des opérations des Templiers, 
on lit : « Conradus de Magna Tabula et ejus socii, pro consti- 
tucione capitanea revocata 2,000 l. (p. 139) — yi. Bartholo- 
meus Bremenconis et Federicus Doni; de societate Rollandi 
Bonseigneur, de Sena, pro eodemfmutuo sibi reddito] 4,200 Hb. » 
(Arch. de r Orient latin, t. II, 2, p. 212. — L. Delisle.) 

Le manuscrit de la B. N., (fr. 20683. P- 154) cite Andrée 
Christophori et Conrraldo dicti Brignon de societate filiorum 
Rollandi Bonsigneur de Sena, de Campania 4,000 lib. 

En 1298, la Banque des Buonsignori, à Sienne, commençait 
à décliner à cause des dissensions qui se manifestaient entre les 
associés. (Historia di Siena del 5^ Giugurta Tommasi, 1. VII). 
On envoya des ambassadeurs au Pape pour le prier d'intervenir 
mais rien ne put empêcher la faillite. 

Enfin en 1303, Paris, veille de la Pentecôte, un acte cite 
les noms de Bonsignore Orlandi (évidemment Rollant Bonsei- 
gneur fils), Conradus Berignonis (le Conrad Brignon, cité plus 
haut) de h Compagnie de la Grant Table de Sienne au sujet 
d'une somme de 85,000 1. t. prêtée à Biche, Mouche et Nicole 
Guy. (A. N. J. 35, n° 74.) 

Il y avait des Buonsignori à Florence; Tlndex des Deliiie 
cite une vingtaine de noms des membres de cette branche de 
la famille siennoise. 



tiu 



90 



LES LOMBARDS A PARIS. 



La Grande Table (Sienne). 

(Magna Tabula.) 

Nous avons trouvé plus haut le nom deux fois répété de 
Conrad de la Grande Table, de Conrad Berlgnon ou Brignon. 
Ce Lombard faisait effectivement partie de la Compagnie Vien- 
noise de la Grande Table en 1 288-1 303. Cette compagnie avait 
d'autres représentants à Paris. 

En 129e, « Syre Bynde de la Grant Table » paie 70 sous; 
en 1297, « Binde de la Grant Table et ses compa.ngnons » 
paiem 54 1- 10 s. ; en 1298, ils paiem 28 1.; en 1299, « Bynde 
et ses compaingnons paient é 1. 4 s-, en cloistre Samte-Oppor- 
tune.., et en 1500, «Bynde et ses compaingnons» paiem la 
même somme. 

Fédryc. 

Parmi les bourgeois de Paris les plus imposés eni293, nous 
trouvons le nom de Fédr>x de la Grant Table, demeurant dans 
la Cité, qui payait 94 1. (Géraud, p. 3.) 

Voici quelques renseignemems sur ce changeur et sur sa 

table : , • t^i -r i 

En 1305, le lundi devant la Magdeleine, le roi Philippe le 

Bel dans une lettre aux baillis de Vitry et de Troyes, et aux 

maistres des foires de Champagne annonçait qu'il créait une 

table qui serait tenue «en douze ou quatorze lieux solempniez 

en son royaume. » Cette lettre est datée de Mareau(?). (A. N. 

En même temps, il nommait changeur du Rot Frednc dit 
Tuae de Gênes (hc- cit., p. 232) ou Indras de Janes (p. 233-4) 
qui s^engageait à lui u paier 80,000 petits Borins de bon or et de 
loyal pois ou 40,000 livres de bons petits tournois » aux quatre 
époques suivantes : à la Samt-André, apostre, à la Saint-Michel, 
à la Penthecoste, à l'Assomption Notre-Dame (p. 233). 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



91 



Ce changeur spécial du Roi devait toucher «les forfaitures 
d'or et d'argent au moyen de serjanz loyaux et convenables » 
(p. 235). 



Les Cerchi (Florence). 



(SOCIETAS CiRCLORUM.) 



Villani écrit (VIII, 38) : « Les Cerchi avaient une des plus 
grandes maisons de banque du monde. » C'étaient en 121 5 
des magnats « de petit commencement » qui devaient au trafic 
leur prospérité. 

Dante (Paradis, XVI, 65) les cite : Sariensi i Cerchi nel pivier 
d'Acone. Pivier signifie district d'une petite cure, et Acone est 
une petite localité du Val de Sieve. 

Cette famille joue un rôle excessivement important dans 
l'histoire de Florence, et a compté parmi ses membres, outre 
des financiers, des héros tombés sur les champs de bataille, à 
Montaperti (1260) par exemple, où deux Cerchi sont tués. Un 
autre, fait prisonnier, est mis dans le plateau d'une balance et 
paie, pour se hbérer, son poids de monnaie siennoise. (P., t.I, 
p. 529.) 

A Campaldino (11 juin 1289), Vieri ^es Cerchi est capitaine, 
et c'est sous ses ordres que Durante Alighieri, âgé de vingt- 
quatre ans, inscrit sur les registres des apothicaires, fait ses 
premières armes. 

Ce modeste Durand est Dante, l'auteur de la Divine Comédie. 

Il y eut des Cerchi blancs et des Cerchi noirs. 

Les Cerchi avaient des associés à Paris, le i^' janvier 1291 
(v. s.), quand le Roi fit arrêter les Lombards. 

Nous possédons encore deux lettres originales écrites à cette 
époque par les Cerchi, l'une du 24 mars 1290 (v. s.), l'autre 
du 23 juin 1291. 

Ces lettres ont été publiées par M. P. Emiliani Giudici, dans 
la Storia poUtica dei municipj italiani. Firen^e, 1851. Outre l'in- 



i 



\ 



Il 



92 



LES LOMBARDS A PARIS. 



térêt qu'elles présentent à cause du sujet lui-même ces lettres 
sont en outre de merveilleux monuments de la langue ita- 

^''no'us les publierons ainsi que la traduction avec des détails 
nouveaux sur les Cerchi dans les Umbards chei eux. 

Le nom des Cerchi se trouve dans les documents medits que 
nous publions : Comptes (1298-1301) - et dans ceux qu a 
publiés M. Havet et que nous reproduisons. Les Ccrdorum des 
mss. sont sûrement les Cerchi ou Cirdi. _ 

Cette illustre famille est éteinte, croyons-nous, depuis pu- 
sieurs siècles; l'Index des Deliiie mentionne 35 noms de Cerchi. 



Les Franzesi. 

Fialine est une localité située au Sud-Est de Florence, qui 
domine une riche vallée; en 1223, son château-tort, couvert 
d'un côté par le mont Aile Croci, sur lequel se dressait le tort 
de l'Incisa, se révoltait. C'était la patrie des Fran.esi. 

Les cartes indiquent généralement cet endroit avec une ortho- 
araphe différente. Paolo Forlani (.568) écrit Ftgine; Ferrando 
Bertelli (1565), Ficlnne ; Fr. de la Hoeye et J. Le Clerc (1610), 
Fidine M. Ferrens le nomme Figline. Nous appuyant sur les 
textes et sur le sceau de Biccio Franzesi, que nous publions, 

nous dirons Figline. 

En 1-52, « on disait que la riche famille des Franzesi com- 
plotait de livrer Figline, leur patrie, par dépit de n'y plus voir 
qu'un nid de gibelins. » (Vill.\ni. P.) 

En 1302, dans la guerre de Flandre, le fameux Musciato 
Franzese (Mouche, le frère de Biche) commandait avec Alberti 
Scoti, noble de Plaisance, un corps de 400 chevaux et de 
I -,00 pcdoni italiens au service de Philippe le Bel. 

' A la même époque venait se ranger sous leurs ordres un 
homme de trente-trois ans, « de belle prestance et de figure 
agréable, maigre et agile, au teint d'un brun mat, au long nez. 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



93 



aux yeux noirs, aux cheveux blonds hérissés », qui devait se 
faire plus tard une réputation dans les guerres d'Italie. C'était 
Castruccio Castracani, des Interminelli de Lucques, qui, se 
trouvant à la Cour d'Edouard, roi d'Angleterre, dont il était le 
favori, avait tué un baron anglais qui l'avait frappé au visage, 
par mégarde, en jouant à la paume. 



En 1301, Musciatto Franzesi était le « guide et le conseiller 
en toutes choses de Charles de Valois (P. Ammirato, 1. IV, 
t. I, p. 213). La famille des Franzesi devait bientôt prendre le 
nom du château de Staggia. Le 11 novembre 1301, Musciatto 
était comblé de faveurs par la ville de Sienne. Dès le 2 juin, il 
avait été autorisé à acquérir à Sienne ; le 27, il obtenait le 
droit de cité. Son frère, que M. Perrens nomme avec raison 
le noble cavalier Albizzo, et qui n'est évidemment autre que 
Biccio, iils comme lui de Guidone des Franzesi, obtenait cer- 
taines immunités, le 22 juillet. 

A Florence, ce fut Musciatto, qui « servant de pilote à 
Charles, comme l'avaient ordonné les Guelfes noirs, lui donna 
le conseil de faire armer ses gens et de parcourir la ville à 
cheval, » ce qui mit toute la ville en émoi. (Villani, VIII, 48. 
— P., t. III, p. 46-47.) 

Dante a flétri Musciato Franzesi « alors le plus grand person- 
nage de Florence » comme l'instigateur des massacres du 
II avril 1302. (Piirg.y XIV, 58.) 

L'Index des Delixie cite Albizzo Franzesi — c'est Biccio — 
Guido Mazzuelo ; Muschiatto et Niccola. 

Voir le chapitre de Biche et Mouche, plus loin. 



i 



Les Larcari (Gênes). 



La famille Larcari ou Lercari a compté parmi ses membres 
Belmustino Larcari qui fut banquier de saint Louis. 

Déjà, en 1203, un représentant de cette famille, Belmusto , 



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Pi 



94 



LES LOMBARDS A PARIS. 



était ambassadeur de Gênes à Tripoli, avec Lamberto Fornari, 
près de Bohémond IV, prince d'Antioche et comte de Tripoli. 
L'année suivante, nous les voyons revenir avec le titre de 
consuls génois de Syrie, à Syracuse, où ils rencontrent Bel- 
musto, le jeune, et Ogarius de Insulis, également consuls de 
Gênes,' mais qui reviennent, eux, d'Alexandrie. En 1247-48, 
nous trouvons un Hugo Lercarius, amiral du roi de France 
(7 avant 1250), un Jacques (ce Jacob Lercari est cité en 1269, 
5 février, dans deux lettres des Pacta Nauîarum. Doc. méd., 
t. I, p. 545) et un Rubaldus Larcari au bas d'un acte passé à 
Gênes « sous le portique de la maison Larcari, — actum Jaune 
in porîicu domus Lercariorum. » Le porticus, à Gênes, remplaçait 
la loggia de Florence. (B. N. Lat. 17803.) Les tils de Hugo 
sont Belmustino, le banquier de Louis IX (Belmoutinus Lercar, 
19 nov. 1298). (B. N. Lat. 9783) et Joannino. Leurs noms 
sont cités, en dehors des pièces que nous publions, avec ceux 
de Ydone, de Guillelmo et de Jacques Lercari (1249 août). 

En 1261, le nom de Guillaume se trouve sur la liste des 
consuls des métiers de Gênes et des nolisateurs. 

En 1268, Ido Lercari était conseiller de Gênes {Pacta Naula- 
runi), et un Augustin Larcar était patron de la galée Sainte- 
Claire (Jal., Archéol. navale, t. II, p. 339- — Comptes de Jean 

de rOspital.) 

En 1274, un Simon Lercari fait un voyage de Lajazzo à 
Sivas ; il emporte 600 daremos soldaninos de Turchia (dirhems 
d'Iconium) que lui a confiés Quirico Lercari. 

En 1289, ides de février, un Lanfrancus Lercarius, bourgeois 
et marchand de Gênes, qui faisait transporter deux balles de 
drap torselli, à Arles, fut arrête par Jean Ruffi, habitant de la 
ville de Saint-Gilles, au nom du roi de France, sans pouvoir 
passer outre. Malgré ses protestations, la saisie des marchandises 
fut maintenue. Quel était son méfait ? Nous l'ignorons. — 
Gîor. Storico dei archivi Toscani, t. I, 1887. Page 172, note. 

En 1291, la maison Lercari et O*^ envoyait des marchandises 
de Gênes à Alexandrie, mais comme elle les avait transportées 
sur une galère armée en guerre, elle se voyait condamnée à 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



95 



une amende, par ses compatriotes, pour infraction à une ordon- 
nance de la « commune de Gênes. » 

En 13 15, Megallo Lercari jouissait d'une haute réputation à 
la cour de Trébizonde. Il est frappé un jour par un courtisan 
grec, son ennemi, et retourne, à la suite de cet affront, à 
Gênes, où ses parents et ses amis équipent deux vaisseaux dont 
il prend le commandement, résolu à se venger. Il revient à 
Trébizonde et y inflige de terribles représailles aux Grecs, 
réclamant ensuite des faveurs commerciales pour les compagnies 
de ses compatriotes. Cette histoire est controversée, mais ce 
qui reste certain, c'est qu'un Megallo Lercari fit subir des pertes 
sensibles à la marine de Trébizonde, à cette date. 

Un Vincenzo Lercari aurait, d'après une inscription, restauré 
les châteaux-forts d'Anadoli-Kawak (côte d'Asie) et de Roumili- 
Kawak (côte d'Europe). C'est l'ancien Hiéron. 

Une Maddalena Lercara était une des plus grandes dames de 
Gênes au xvi'' siècle, avec Maria Doria et Laura Negrone 
(B. N. f. ital. 753.) . . 

Cf. A. Jal., Pacta Naulariwi. Mémoires sur quelques docu- 
ments génois. — Annales maritimes et coloniales, mai 1842. 
Voir la liste des prêteurs et des nolisateurs, p. 15, 18, note 3, 
19, 20, 21, 22, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30 et 33. 

Nous sommes convaincu que nous retrouverons, un jour, à 
Gênes, dans les archives publiques et privées, de très curieux 
documents sur les Lercari et sur les autres familles lombardes 
de cette ville qui nous intéressent tout particuHèrement. En 
1508 la famille Larcari comptait encore 57 membres. 



i! 



Les Uso di mare (Gênes). 



Dès 1 191, Conrado Usus maris prêtait de l'argent aux Croisés, 
au siège d'Acre. (Chartes des Croisades.) 

En 1261, Jacobus Ususmar était consul des métiers à Gênes, 
et en 1268, deux membres de cette famille figurent dans les 



96 



LES LOMBARDS A PARIS. 



V ■ 



marchés passés, à Gênes, entre le podestat de la cité et les trois 
envoyés de saint Louis. (A. N. J. 45e, n° i.) 

Parmi les noms des nolisateurs nous lisons ceux de : 

Marinus Usus maris (conseiller de ville en 1268), 

Jacobus Usus maris, 

Petrus Usus maris (Jal.). 

Bonvassalo Uso di mare était marchand génois en 1267 et 
conseiller de ville en 1268. (^Pacta naulamm.) 

Alberto (Aubert) Uso di mare était patron de la galée Sainte- 
Catherine en 1346. (A. Jal., Archéol. nav., t. II, p. 339, 
note 4.) 

En juillet 1353, Othobonus Usus maris, bourgeois et mar- 
chand de Gênes, touche du Dauphin, à Paris, pour deux rubis 
balais, vendus le 17; avril 1352, la somme de neuf mille francs 
d'or à l'écu. Daté de Néelle (hôtel de Nesle du bord de l'eau.) 
{Bibl de l'École des Chartes, 1888, t. XLIX. Comptes du 
trésor^ 1345-1419.) 

Andréa Uso di mare était consul de Gênes à Sinope ; il aurait 
reconstruit, à ses frais, les bâtiments du Consulat vers 1423. 
(H., t. II, p. 359.) 

En 1455, Antoniotto Uso di mare entreprenait un voyage au 
Sénégal. {Itinerarium Anîonii Usus maris. Lettre du 12 dé- 
cembre 1455. —H., t. II, p. 142.) 

Ce sont les Uso di Mare qui avaient fourni à saint Louis les 
navires qui devaient transporter ses troupes en 1270. 

En 1508 les Usus maris étaient encore, à Gênes, au nombre 
de 53. (A. N. KK. 1414, f° 86.) 



Les Villani (Florence). 

Eni298,Villano Stoldi,père du célèbre chroniqueur florentin, 
était, à Londres, associé des Cerchi Neri, et recouvrait 
d'Edouard I la somme de 3,817 livres sterlings, d*intérêts dus 
à la Compagnie des Cerchi. 

Les Villani (Giovanni et Matteo), fils du précédent, furent les 



COMPAGNIES DES LOMBARDS. 



97 



chroniqueurs connus, mais Giovanni était marchand avant de 
devenir historien. Il remplit des fonctions publiques, fut maître 
de la monnaie, et se battit contre Castruccio à la rencontre 
d'Altopascio. 

A son retour de Rome, en 1300, le mercredi 9 novembre, 
jour du Saint-Sauveur, Giovanni entrait comme associé dans la 
maison de PhiHppe d'Amideo des Peruzzi, où il s'inscrivait pour 
la somme de 2,000 livres. En 1302 et 1303, il voyageait en 
France et en Flandre, et en 1308, aux calendes de novembre, il 
quittait la compagnie, tout en restant actionnaire. 

Nous retrouvons Giovanni Villani en 1309 et 13 10, à Sienne, 
où il vient toucher les rentes du palais Alessi, sur la place del 




Villani, Antholinus, marchand de Plaisance, 1266. — Sceau rond de o,024««. 

Monogramme dans une rose. — [S.] Antolini Vilan. 

Ce parent (?) du fameux Villani l'historien, était de la Société Bernard 1 Escot ou Scoti de Plaisance. 

Sceau d'un Villani, de Plaisance. 

Campo, qui appartenait aux Peruzzi. Ce palais, auparavant pro- 
priété des frères Franzesi, de Florence, était loué par les 
Peruzzi à la commune de Sienne pour la somme de 300 livres 
par an. Enfin il touche encore des dividendes dans les années 
1341 et 1342 dans la maison Peruzzi. 

Après avoir quitté la banque des Peruzzi, G. Villani s'était 
associé avec les Bonaccorsi, chez lesquels il resta jusqu'à leur 
faillite, en 1345. Enfermé aux Stinche comme débiteur insol- 
vable, il y subit toutes les peines édictées par la loi contre les 
débiteurs malheureux. 

Il mourut en 1348, pendant la peste terrible de Florence, si 
bien décrite par Boccace, qui s'était retiré tranquillement, lui, 
à Naples, où il écrivait ses Nouvelles. 



LES LOMBARDS. 



TOME I. 






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og LES LOMBARDS A PARIS. 

Matteo, frère de Giovanni Villani, qui a écrit aussi une partie 
des chroniques, mourut de la peste à Florence. 

Il existe encore un autre jeune frère de Giovanni, qu'on con- 
fond quelquefois avec Philippe, le continuateur des chroniques, 
fils de Matteo, parce qu1l se nomme également Philippe. 

En 1308, alors que Giovanni quittait la compagnie des 
Peruzzi pour les Bonaccorsi, ce Philippe déposait 3,000 hvres 
chez les Peruzzi. Il fut pendant de longues années agent de la 
Compagnie à Avignon, et en 1321, épousait Piera di Gieri 
Scalori Donati, de Florence, et en 1339, mariait sa fille Mon- 
tanina à Rinieri des Ricci. 

On retrouve son nom au bas d'un acte du notaire, Ser Michèle 
Boschi, par lequel M"^^ Lagia Baroncelli, fille de Scolaio des 
Cerchi, prête une somme d'argent à ses lils, et enfin au bas du 
concordat signé en 1347, lors de la faiUite des Peruzzi. 

La famille Villani s'éteignit en 161 6 avec Lorenzo di Piero, 
qui fut enseveli dans la chapelle de la famille dans l'église de 
S. Annunziata — aujourd'hui chapelle de la f^imille Gua- 
dagni — descendants probables des Guadagna-benc ou Gaaigne- 
biens du xiif siècle. 




Jeton attribué par M. Al. Lisini à Angelo Venturini, marchand siennois, 

{Periodico di numismatica, etc. Firenze, 1874.) 

La comparaison avec le sceau publié ci-dessus ne le ferait-elle pas attribuer avec plus 

de probabilité aux Villani. 






CHAPITRE VI 

LES LOMBARDS A PARIS 

1° Gandouffle d'Arcelles t 1308 
20 Biche et Mouche ff 1309. - 3° Betin Cassinel f 13 12. 



Gandouffle d'Arcelles. 

A la lin du xiii^ siècle, le Lombard le plus riche de Paris 
était un nommé Gandouffle, originaire d'Arcelles, locaHté située 
aux environs de Plaisance (Italie), quaHfié de Gandouffle d'Ar- 
celles (Gandulphus de ArcelHs) ou Gandouffle le Grant. 

En 1293, il payait 114 livres 10 sous de taille, près du tiers 
en plus du marchand le plus imposé après lui, et beaucoup plus 
que Biche, Mouche et Betin Cassinel. 

En 129e, plusieurs Lombards de Paris portent ce nom de 
Gandouffle : 

« Gandouffle Lison, en la viez monnoie, 6 liv. 

Gandouffle Fourgos, en la viez monnoie, 6 liv. » 

Ils n'étaient pas parents. Cette année-là « Gandoufle Darceles 
et ses compaingnons » paiaient 142 1. 10 sous. 

En 1297, leur taxe n'est pas portée sur le livre. 

En 1298, « Gandoufle le Grant » paie 100 Hv. . 

En 1299, « Gandoufle le Grant et ses compaingnons» paient 
120 1. ; en 1300, ils paient la même somme. 

Gandouffle demeurait rue Saint-Merri , près de l'église Saint- 
Bon. En 1300, son vallet , son taveniier, Estienne, payait 
8 sous de taille et demeurait « rue neuve du quarrefour du 



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LES LOMBARDS A PARIS. 



Temple iusques en la rue Saint-Martin à senesire » : c'est la 
rue neuve Saint-Merry. Le mot tavernier signifie ici courtaut de 

boutique, sarçon de magasin. 

L'homme chargé de la vente de ses vins se nomt^ait Jehan 
et demeurait dans 1' « encloistre Saint-Merri. » Sa taille n est pas 

;nc;rrite sur le registre. 

Gandouffle av^it deux frères, Léonard et Denys, et quatre 

"'une Marie d'Arcelles, probablement une de ses nièces est 
mentionnée dans une vente du moulin de Leronv.l e, en 136e, 
Ter, comme la femme de Jean II de Sarrebrûck, deuxième 
du nom, seigneur de Commercy et de Venizy, t le 27 janvier, 

1:188. fP. Anselme.) 

Pour donner une idée approximative de l'importance de ce Lom- 
bard nous citerons les noms de quelques personnages avec qui 
1 ait en relation d'affaires : Pierre, comte d'Alençon; Robert 
comte d'Artois; Gui de Dampierre , comte de Flandre; Je ni 
de Nesle, comte de Ponthieu, et Jean son fils, sire d Falvy^ 
de la Hérelle; Jean II le Bon, comte de Dreux; Guy V, comte 
d Saint-Pol Adam IV, vicomte de Melun ; Robert de Dreux; 
Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulousain et Albigeois; 
Qlet de MiUy; Adam de Spies; Jean de Ville-Evrard; Jean et 
G aumrd'Y;rres, fils de Hervé ^'^e-s ; Jean d'Ambhmvd e ; 
les de Saint-Yon (bouchers de la grande Boucherie) Philippe, 
ptrr Jean et Philippe; Jean et Etienne Nevelon, Martm de 
Mantes Denis de Péroné, Jean le Sellier, Roger et Ronanimo 
San Richard de Bussy, le batteur d'archal J Brice, Robert 
de Bougival, l'orfèvre Nicolas Sanson, et enfin les noms plus 
connus de Jean de Pacy, de Jean Arrode, Etienne Haudry et 
Pierre Marcel, le grand-père du fameux prévôt, qui était drapier. 
Gandouffle prêtait encore des sommes d'argent aux villes de 
Dreux, Rouen, Poissy,Pontoise et à ses compatriotes, membres 
des Compagnies des Gagne-biens, et Guy Cavassole. 

Dès 1288, dans un débat au sujet du poids du roi on lit 
les noms de Guil. Bourdon, le Jeune, gendre de Jehan Augier, 



] 



LOMBARDS CELEBRES. 



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et ((Andream, valletum Gandtdphi ^^ (Olim). S'agit-il ici de 
notre Gandouffle? 

On retrouve son nom mentionné à propos d'un procès avec 
Philippe de Sannois (?), le 2 février 1290. (Cart. de N. D.) 

De plus, les comptes de la Chandeleur de février 1288 n. s. 
portent : 

— Gandulphus deArcellis, pro debito comitis Alençonis 500 liv. 
(Pierre, comte d'Alençon, était mort le 6 avril 1284.) (L. De- 
LisLE, Mémoires sur les opér. fin. des Templiers. Mém. de VAc. 
des I. et B. L, t. XXXIII, 2' partie, 1889.) 

— Mutua reddita pluribus personis de diversis bailliviis Gan- 
dulfo de Arcellis 800 1. (B. N. V. fr. 20683, p. 5. r°.) — 
(Hist. des Gaules, t. XX.) 

Dans les comptes de Robert Mignon, à la date de 1297 - 

Compoti bonorum Gendulphy de Arcelli, Lombardi. 

Gandouffle possédait des propriétés à Ville-Évrard (A, N. JJ. 
41 et 42.) et à Neuilly-sur-Marne, où il avait six maisons, dix 
arpents et demi de vignes, dix arpents de terre arable et un 
quartier et demi de pâturage. 

A sa mort, Philippe le Bel fit acheter ces biens pour en doter 
le monastère des Dominicaines de Poissy; mais comme ils ne 
furent pas trouvés à la convenance de cette maison, nouvelle- 
ment fondée par saint Louis, le Roi donna mandement, en 
1309, à frère Renaud d'Aubigny, qui en était le prieur, de re- 
vendre les moins profitables. 

Les acquéreurs furent Mathieu de Thotée et sa femme, qui 
paièrent 350 1. p. — Poissy, mars 1309. (A. N. JJ. 42, 

P- 43-) 

Gandouffle mourut vers 1308. Nous avons découvert son tes-> 
tament, que nous pubHons en entier. Nous avons, en outre, 
des lettres de Philippe le Bel à ses gens de finances concernant sa 
succession : nous les donnons également. (JJ. 48, f. 7 v°. — 
Communiqué par M. F. Funck-Brentano.) 



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102 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Biche et Mouche. 

Une des plus grandes calomnies de l'histoire est certainement 
celle qui a, sur quelques vers de Dante, ce gallophobe, infligé 
à Philippe le Bel le surnom de faux-monnayeur <'>. 

« On connaissait si peu l'histoire de nos monnoyes avant le 
règne de ce prince, dit Leblanc (dans son Traité historique des 
Monnaies, Paris, 1690, in-4), que de fort habiles gens ont cru 
qu'avant lui elles avaient toujours été d'argent fin, et que Phi- 
lippe le Bel fut le premier qui les altéra en mettant deux tiers 
de cuivre avec un tiers d'argent. Cette opinion est contraire à la 
vérité. » 




S' Bicii Gvidonis de Figlino. (A. "N. J. 474, n" 31. 
Un grand nombre de jetons portent un écu analogue à celui-ci. 

Sceau de Biche. 

M. de Saulcy, dont personne ne récusera la compétence en 
semblable matière, a prouvé la fausseté de l'accusation. (De 
Saulcy, Philippe le Bel a-t-il mérité le nom de fanx-monnayeur. 
Bibl. de rÉcole des Chartes, t. XXXVII, 1876, p. 145.) 

Sur sa demande, M. E. Peligot, directeur du laboratoire de 
la Monnaie de Paris, a démontré par l'analyse que l'aUiage des 
« gros tournois », monnaie d'argent, variait de 927 à 955,5. 
Ils renferment même un millième d'or dû à l'imperfection du 
traitement de l'époque. 

(i) . Oh! quel deuil répand aux bords de la Seine le taux-monnayeur qui 
mourra frappé par un sanglier. » {Purg., ch. XX.) Le Roi fut en effet jeté à 
terre aux bords de TOise par un sanglier. 



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LOMBARDS CÉLÈBRES. 



103 



M. de Saulcy conclut ainsi : « Philippe le Bel est loin d'a- 
voir mérité le titre ignominieux de roi taux-monnayeur. » 

« Ce prince eut recours à toutes sortes d'expédients financiers: 
emprunts forcés, obtenus par la menace ; taxes sur les Juifs, et 
ce qui est plus grave, altération des monnaies. Ce n'est pas 
que le Roi se soit fait iaux-monnayeur, car il n'a jamais trompé 
sur la composition de sa monnaie. Il lui donnait, par une dé- 
claration publique, une valeur nominale, difi'érente de sa valeur 
réelle, l'abaissant ou la haussant à son gré 

A plusieurs reprises, il émit des pièces dont la valeur intrin- 
sèque était inférieure des deux tiers à la valeur d'émission. » 
(V. DuRUY, Hîst. de Fruftce. Paris, 1885, p. 42.) 




[S'] MVSC[HIATTO GVIjDI DE FfIGLINO]. 
Même provenance que le précédent. 

Sceau de Mouche. 

Ces réflexions nous sont suggérées par les attaques dirigées, 
sans motif plausible, contre les financiers qui lui prêtèrent leur 
concours et en particulier contre les deux Lombards dont nous 
nous occupons. t 

« On a eu tort, dit M. Renan, de présenter uniquement ces 
personnages comme des agents de fraudes et de rapines. .» 
M. Renan a raison et on peut, sans crainte de se tromper, affir- 
mer que les financiers de cette époque valaient, comme mora- 
lité dans les transactions, ceux de la nôrre. Mouchet, nous le 
verrons plus loin, s'était opposé à l'altération des monnaies. 
(Histoire littéraire de la France, t. XXVII, p. 243. Guillaume 

DE NOGARET.) 

Les frères Biche et Mouche étaient Florentins. Issus d'une 
famille d'origine franque, les Franzesi, qui résidaient à San- 



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104 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Geminiato, et tenaient les fiefs les plus importants de la vallée 
du Haut-Arno, leurs vrais noms étaient Albizzo, dont le dimi- 
nutif est Biccio, Musciatto et Nicolo Gùidi, car ils avaient un 
troisième frère. En France, on les appelait indifféremment 
Biche, Biche, Mouche, Mouchet, Manchet, et Nicolas ou Nicole 
Guy, mais les deux premiers étaient généralement désignés sous 
le nom de Biche-Mouche. (Renan, loc. cit.) 

M. Kervyn de Lettenhove, dont le jugement n'était pas im- 
partial, affirme que Biccio était borgne, d'où son surnom de 
Borno (?) et que Mouche portait seul le surnom de Franzesi — 
c'est-à-dire le Français; c'est une erreur absolue. {Bulletin de 
VAcad. royale de Belgique, 2^ série, t. XII, 1861.) 

Il ajoute qu'ils avaient des neveux : Tôt Guy et Tan Guy. 
— La Taille de 1298 cite effectivement le « neveu de messire 
Mouche, Vane, — Estoiide, son frère, » qui, avec Tainguin, le 
Lombart, paient 11 1. 10 sous. Paroisse Saint-Germain l'Auxer- 
rois. 

En 1281-83, Biche demeurait dans la ruelle Saint-Chris- 
tophle, petite voie située devant Notre-Dame, à Paris; du moins, 
il y avait une maison. 

En 1293, il avait déménagé et s'était installé « autour de la 
Ferronnerie » paroisse Saint-Germain l'Auxerrois, et payait 
40 livres de taille. 

Mouchet, à cette date, demeurait paroisse Saint-Nicholas des 
Chans et paiait 54 livres. Peut-être rue des Jugléeurs. (Jour- 
dain — Denifle, Chartul. Universit.) Biche paie 6 1. p. pour sa 
maison. Géraud, p. i. Biche le lombart; — Jaques et Corset 
compaingnons demourans encontre la méson Sire Macy Piz 
d'Oë. (C'est dans la Ferronnerie. Voir p. 22.) 

Dès 1285, nous voyons leurs noms cités dans des comptes : 

Sunt alla mutua inter compotos Bichi et Moucheti et inter- 
scripta qua:: non habent loca propria... (Hist. de la France, 
t. XXI, p. 527.) 

En février 1289 (v. s.) nous trouvons Bichio Guidi et les 
marchands de la compagnie de l'Escale (Scalarum). 

En 1290, Bichio Guidi et Barthélémy Barbedor faisaient partie 



LOMBARDS CÉLÈBRES. 



105 



de la compagnie « Friscobaldorum et Francentium » c'est-à-dire 
des Frescobaldi et des Franzesi. (Boutaric, La France sous Phi- 
lippe le Bel - A. N. J. 938. Géraud, p. 2 : Quentin Ama- 
dour; - Lotier Bonajute; - Odelin Enfegat [Infanghatin] de 
la Compagnie de l'Escale 46 liv. paroisse Saint-Jaques [la 
Boucherie]. - Géraud, p. 3 : Bertelemy Barbed'or en la com- 
pamgnie des Fréquenbauz 10 1. ainsi que Thomas Heibert 10 1 
avec Nicholas Bonne-Vive ; Jehan Jaques de la compaignie des 
Fréquenbauz, 30 liv. (page 2, parois. S.-J. la Boucherie.) 

En 1292, le crédit des deux frères s'était développé; nous 
Hsons, en effet : 

Dépenses par Bichet et Mouchet : 

138,434 1. 4 d. t. valent 110,747 1- 4 s. 3 d. p. — Bichet 
restant de son compte 193,258 1. 6 s. 10 d. t. valem 153,606 l 
13 s. 6 d. [p.] (L. Delisle, Mémoire sur les opérations financières 
des Templiers.) 

A l'Ascension de 1293, Biche et Mouche paient pour certaines 
communautés religieuses, une somme importante au roi Le 
restant de leur compte s'élève à 2,076 1. 10 s. 2 d. (_Hist. des 
Gaules. Compte de Robert Mignon.) 

En 1294, Mouchet, valet et receveur du roi de France, con- 
clut un traité à Lagny-sur-Marne, avec les Lombards. CBour- 

QUELOT.) 

« Dès 1294, quand au début de la guerre contre les Anc^lais 
(la querelle entre le roy de France et celui d'Angleterre Tvait 
commencé en 1293, avant la Toussaint), le maître de la Mon- 
naie proposa comme une ressource féconde l'altération des 
monnaies, les habiles financiers italiens auxquels Philippe avait 
donné la direction des finances, Biche et Mouche, s'opposèrent 
à cette mesure, dont ils proclamèrent à la fois l'inutilité et le 
danger; ils parvinrent même à la faire ajourner; mais leurs 
sages conseils finirent par être mis de côté. Enguerrand de Ma- 
rigny parait au contraire avoir été persuadé de l'efficacité de 
cette misérable ressource qui jetait la perturbation dans le 
royaume, sans enrichir le trésor ; du moins, sous son adminis- 
tration les monnaies furent continuellement altérées. » (Bou- 



io6 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LOMBARDS CELEBRES. 



107 



w 



1 1 

I 



u 



TARic, La France sous Philippe le Bel y p. 304 et note 4; p. 326 
et notes.) 

En 1295, Mouche fut envoyé en Allemagne comme ambassa- 
deur. Suivant une chronique manuscrite citée par M. Edw. le 
Glay dans F Histoire des Comtes de Flandre, t. II, p. 189, il aurait 
emmené avec lui « quatre bêtes de somme chargées d'or et 
d'argent. » Mais laissons parler Mouche. Dans le document 
coté J. 654, n° 16, aux A. N, attribué par M. Kervyn de Let- 
tenhove et par Boutaric au financier lui-même et publié plusieurs 
fois {Notices et Extraits des manuscrits, t. XX, 2^ partie, p. 125), 
et surtout par M. Frantz Funck-Brentano, dans sa remarquable 
étude sur les « Relations de la France avec l'Angleterre et l'Alle- 
magne sous Phihppe le Bel» (Revue historique, janv. -avril 1889, 
p. 326-348), nous lisons : 

1295. Item, nostre seigneur le roy envoia au roi d'Ala- 
maigne X... etc. mes après euls ala monseigneur Mouche, qui 
ala si bien fondé et garni qu'il ot bonne odience et fist tant que 
le frère du roy vint secréement à Lille en Flandres , où monsei- 
gneur Mouche ala à li, et parfist le traité qu'il avoit pourparlé 
et acordé à li an Alamaigne, si qu'il s'en ala apaié. Et retourna 
ledit monseigneur Mouche en Alamaigne au roy et aux autres 
d'entour et mist à fin touz les tratiez, si qu'il promistrcnt qu'il 
ne se meuvraient contre le roy, ne ne se murent; et fu l'en aseur 
de celé partie. 

Item, ala monseigneur Mouche tout avant au duc de Brabant, 
qui estoit de ses robes et si come sa criature, et fist tant à l'aide 
de monseigneur Goudefroi, son frère et d'autres, que comant 
que le mariage d'Engleterre se parfaist^ il promist qu'il ne se- 
roit ne se meuvroit contre le roy ; ne ne se mut... » 

Pour ce qui est de l'argent, on trouve d'abord au Louvre 
200,000 1. t. et puis : 

« Item, monseigneur Biche et monseigneur Mouche prestèrent 
de leurs deniers et qu'ils empruntèrent sus euls aus foires de 
Champaigne et à Paris, si com il apert par les escriz, environ 
CC"' livres tournois. 

« Item, pour ce que Thomas Brichart, mastre de la monnoie 



et aucuns du conseil conseilloient et voloient que ^ pour avoir 
chevance se faist faible monnoie, qui puis se fist, Monseigneur 
Mouche et aucuns autres qui sostenoient le contraire, ne ne voloient 
que la bone monnoie se gastat pour le destour ber et pour ce que la 
feble ne se fesist par leur conseil, se leva prest qui fu mis et levé 
sur les riches bourgeois de toutes les bonnes villes et des baillies 
l'an 1293. » 

Ce document, dont l'authenticité nous semble incontestable 
après le travail de M. Frantz Funck-Brentano, cité plus haut, 
est-il assez clair ? 

Villani affirme, et pour cause, que ce fut Musciato Francezi 
qui donna à Philippe le Bel le conseil de falsifier les monnaies. 
Leblanc dit : Le roi commença la « faible monnoie en avril 
1295 « (Philippe le Bel, p. 210); il cite comme autorité le Trésor 
des chartes, reg. 7, fol. 179 v°. Il ajoute <^> : 
. « En 1305, le roy essaya de faire revenir la monnoie au même 
poids que du temps de saint Louis, mais il ne demeura pas 
longtemps dans la résolution de faire faire de bonne monnaie. 
Il les aff'aiblit par le conseil de deux Florentins, Muschiati et 
Bichi, de manière que le denier qui courait auparavant pour i 
en valut 3, et mesme davantage, de sorte que le prix du marc 
d'argent retourna à 8 l. 8 sols (p. 218). Cet aff"aibhssement fut 
cause de la sédition dans laquelle la maison d'Etienne Barbette, 
maistre de la monnoie, fut saccagée (p. 190). » (Leblanc, Traité 
historique des monnaies.) 

L'affaiblissement des monnaies dura dix ans (1295 à 1306), 
mais dans son testament, le roi recommandait sur toutes choses, 
à son fils, de faire faire de la bonne monnaie. Malheureuse- 
ment ses successeurs ne suivirent pas ce sage conseil, et Leblanc 
va jusqu'à dire que cet aff"aiblissement « contribua plus à perdre 
le royaume que tous les efforts des Anglais. » (p. 213.) 

(i) En 1304, Benoît XI, dans une bulle datée de Pérouse, adressée aux 
évoques de Bourges et de Melun et au trésorier de l'église d'Anjou, se plaint 
des incommoditates et dampnaex dimimitione nionete maxime Turonen. et Parisien., 
et demande que la monnaie revienne à la valeur et au poids qu'elle avait au 
temps beati Lodovici, avi clare memorie Phxlippi bairis, etc. (A. N. J. 710.) 



î^ 






io8 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LOMBARDS CÉLÈBRES. 



109 



y 



Leblanc ne connaissait pas le document que nous avons cité, 
mais comment M. Kervyn, qui l'avait lu, a-t-il pu soutenir la 
même accusation ? Il est vrai que , dans ses Études sur l'histoire 
du xiii^ siècle, il dit que « Sciarra Colonna s'était caché quelque 
temps chez l'usurier florentin Musciato Francesi, autre complice 
de l'avidité et de la violence de Philippe le Bel. » (Mémoires de 
r Académie de Belgique, t. XXVIII. Bruxelles, 1854.) Nous ver- 
rons plus loin ce qu'il faut penser de cette assertion. 

L'emprunt dont parle Mouche produisit 150,000 livres tour- 
nois. 

On Ht dans le même document que les Juifs fournirent 

215,000 hvres tournois. 

L'altération des monnaies, « laquelle ne rendit mie moût grant 
proufit en celé première année » ne produisit que 60,000 1. t. 

Plus loin : « Item, de la finance en lieu de don et du denier 
de la livre des villes de Paris... et de Reims... environ 
LX"^ livres. 

Item, de la taille des Lombars singuliers et de la finance de 
la compaignie des Richarz de Luques, environ lxv"' livres tour- 
nois. » 

Comme confirmation de l'avant-dernier article, nous lisons 
dans les Archives de Reims, 1295, 4 janvier (n. s.). Archives 
administratives de la ville de Reims, t. I, p. 1085 et p. 1091 : 

« A tous ciaux. . . Je Geins Geindins, procurères Biche et 
Manchet Guy, frères, varlets et receveuz nostre seigneur le Roi 
de France, salut. » Suit la quittance d'un à-compte de mille 
livres versées par la ville de Reims pour le denier la livre. 

1295 avril. Quittance de 70 livres versées par la paroisse 
Saint-Hilaire de Reims pour le denier la livre. 

En 1296 (août), Musciato prêtait de l'argent à Gui de Dam- 
pierre. {Arch. de Lille, cité par Kervyn de L.) 

1295, ^" "<^^'- — ^^ Bichio et Moucheto Guidi, frères, nos 
valets et nos receveurs » promettent de payer au roi et à la 
reine le denier obole et la pogoise ou la picte sur la livre sur 
toutes les marchandises échangées aux foires de Champagne. 
(A. N. P. 2289.) 



1295. Sept. — Mouchet Guidi est trésorier du roi et chargé 
avec Biche de recouvrer les impôts sur les foires de Nîmes et 
de la province de Narbonne. 

Dans la Table des Mémoriaux de la Chambre des Comptes, 
vers 1295 (A. N. PP. 117), nous lisons : ce Réassignation de 
500 1. de rente ceddez par Mouchet Guy à la comtesse de 
Dreues sa femme sur le Temple pour en jouir à l'avenir par 
ledit de Chambly [Pierre] sur la commune de Beaumont et 
autres lieux.' » La comtesse de Dreues et sa fille, la damoiselle 
de Dreues, sont citées dans Douet d'Arcq., Nouveaux Cmnptes, 
p. 6 et 10, (1316). 

1297. Dans le compte de Robert Mignon, on lit : Débita 
Bichii et Moucheti, quidam quaslibet qu^ debent régi, alla 
quas debebant eis plures personne per litteras obligatse, et alia 
tradita curia^ anno 1297 i" sui debiti exonerationem. 

Compoti dominorum Bichii et Mouchi fratrum, militum, de 
pluribus receptis et misiis factis per ipsos (page 527). (Hist des 
Gaules, t. XXII.) 

En 1296, le nom de Mouschet se trouve au bas de l'arrêt qui 
permet au Pape de faire toucher ses revenus par les Lombards. 
{Olim.) 

En 1296, Mouchet paiait 82 l. 10 s. de taille et demeurait 
paroisse Saint-Germain l'Auxerrois. 

En 1299, au heu du montant de sa taille, on Ht ces mots : 
Mes sire Mouchet gentil home. 

La collection Clairambault renferme les pièces suivantes : 

1298. Ordre du roi de payer à Mouchet Guy pour son voyage 
en Allemagne 100 livres. Paris, mardi après les Rameaux. 

1298. Jehan Mouchet Guy, chevaUer. Reçu de 100 livres 
pour voyage en Allemagne. Paris, jeudi avant Pasques. 

1299. Reçu par u Muccetus Francese » des receveurs de 
Champagne pour son voyage en Allemagne avec d'autres 
ambassadeurs 290 hv. t. Bar, 1299, 22 may. (Clairambault, 
vol. 79, p. 6197. S- N.) 

En 1300, Mouche était envoyé comme ambassadeur à Rome 
avec Gautier de Châtillon et Jean d'Harcourt. (J. 633, n° 6. — 
Funxk-Brentano.) 






il 



IIO 



LES LOMBARDS A PARIS. 



En 1301,11 accompagnait Charles de Valois dans ses voyages 
en Italie, le recevait à son château de Staggia et lui servait 
d'agent dans la campagne où les intrigues du pape compro- 
mettaient si tristement le frère du roi de France. (Gw//. de 
Nogaret. — Renan.) 

Le 7 mars 1303, Nogaret, Mouchet, chevaliers, et maîtres 
Thierri d'Hiricon et Jaques de Gesserin reçoivent officiellement 
les lettres patentes leur conférant le droit d'aller arrêter le Pape 
au milieu de ses États pour le traîner devant le tribunal qui doit 
le juger. 

Ils partent le 12 mars, s'arrêtent à Florence où ils avaient une 
lettre de crédit pour les Perruches (Peruzzi), les banquiers du roi; 
de là ils se rendent à Staggia, près de Poggibonzi, sur le terri- 
toire de Florence, où Mouchet avait un château, et y font un 
assez long séjour. C'est probablement là que vint les retrouver 
le fameux Jacopo Coldnna, surnommé lo Sciarra (le querelleur). 

On connaît Thistoire de Nogaret avec le pape : malheureu- 
sement pour nous, à Anagni nous ne retrouvons plus ni 
Hiricon, ni Gesserhi, ni Mouche : ils ont disparu. Leurs noms 
ne figurent même pas dans les procès auxquels donne lieu la 
capture du pape ^^\ 

A propos du voyage de Charles de Valois en Italie, la chro- 
nique rimée de Geffroi de Paris renferme ce passage (vers 62 

et sq.) : 

Icele année (1301) Mouche et Biche 

Reçurent a grant compaingnie 

En la terre de Lombardie 

Charlle, le frère au roy de France, 

Qui s'en alloit pour fère aidance 

En Calabre au roy de Cézille... 

(i) Voici la liste des personnages qui étaient avec Nogaret, d'après les 
Annales ecclesiastici, t. XXIII, an. 1304, p. 379 : 

« Guillelmus scilicet de Nogareto ; Renaldus de Supino; Thomas de xMorolo ; 
Robertus fîlius Renaldi; Petrus de Genazano; Stephanus filius ejus; Adenul- 
phus et Nicolaus nati quondam Mathix, Giffridus Bussa; Orlandus et Petrus 
de Luparia, cives Anagnini ; 

Milites Sciarra de Coiumna; Johannes filius Landulfi; Gottifridus natus^ 
Johannis de Ceccano, Maximus de Trebis. » 



11 



LOMBARDS CÉLÈBRES. 



in 



Ceci prouverait que Biche était du voyage. Le chroniqueur 
ajoute (vers 145 1 et sqq.): 

Mes le roy, chascun si le triche ; 
En sa court avoit Mouche et Biche 
Qui durement l'ont esmouchié : 
Si lor a le roy tout couchié; 
Si en demoura sans argent. 

En 1303, Paris, veille de la Penthecoste, un acte de Philippe 
le Bel cite les noms de Bonsignore Orlandi, Conradus Beri- 
gnonis de la compagnie de la grant table, de Sienne, et de 
« Biche, Mouchet et Nicholas Guido de Francesibus fratribus, 
militibus» au sujet d'une somme de 85,000 liv. t. (A. N. 
J- J- 35)5 "° 74- — ■ (Comment le roy est plaiges pour autres.) 

En 1306, on trouve leurs noms cités à propos d'une taille 
imposée aux Lombards et perçue par Jaques Cyprien de Florence. 
{OU m.) 

Au mois de mars 1309, Biche et Mouche étaient morts. C'est 
ce que prouve le document suivant : (A. N. J. J. 45, f° 40 v°) : 

« Par devant Ploiebanch, garde de la Prévôté de piris, compa- 
raissent Balde fin et Jaque Pierre, procureurs de noble homme 
mons. Nicole Gui, frère et hoir pour le tout de feu mons. 
Mouche et Biche, jadis chevaHers nostre Seigneur le Roy. » 

Cependant, après leur mort, leurs biens étaient confisqués. 
(BOUTARIC. A. N. JJ. II, p. 32.) 

Il est probable qu'on laisse à leur frère, héritier, une partie 
des immeubles, tels que le « chastel et manoir et mesons de la 
ville de Pommeuse lez Foire moustier en Brie » avec des dé- 
pendances, le tout estimé 600 1. t. (A. N. ]]. 45.) Pommeuse 
près Farmoutiers (S.-et-M.) 

En 13 10, Enguerrand de Marigny achète de Nicole Gui, 
frère et unique héritier de Biche et Mouche, le vint et uniesme 
denier du denier de la livre que paiaient les compagnies des 
marchands et des changeurs d'outremons hantans les foires de 
Champagne, la cité de Nîmes et la province de Narbonne. 
(Septembre 13 10.) (A. N. JJ. 45.) 



^{ 



112 



LES LOMBARDS A PARIS. 



* 



al 



Philippe le Bel, dans son codicille daté de Fontainebleau du 
a8 novembre 13 14, écrit : (J. 405, n° 18, cité dans Notices et 
Extraits, t. XX.) 

« Item magistro Briccio Guidi, clerico camere denariorum hos- 
picn nostn pensionem annuam centum librarum Turonensium 
annis smgulis, quousque per successorem nostrum regem vel 
ad e)us procurationem de beneficio ecclesiastico cujus fructus ad 
summam predictam ascendant, provisum extiterit, relinquimus 
et donanius. » ^ 

S'agit-il ici de Biche ? ou d'un de ses descendants ? 
Longtemps après leur mort, surgirent des réclamations au 

Tn- 1""' KT .""^ ''^'■•"" ^' ^'^^^'^ '^^ Valois sur les biens 
de Biche et Mouche, comme la pièce suivante le prouve 

« Henn de Caperel, garde de la prévôté de Paris,' salut. 
P erre et Laude Acon.s, procureurs de noble homme mons Ni- 

iÏÏ'che " 1- " ' ^'" " ^°''' '"°"^- B-'^he et Mouche, 
ladis chevaliers nostre s' le roy etc.-, Nous avons « un instru- 
ment publique scellé du scel de la court l'evesque de Sene > 
prouvant qu Ils ont bien et diligemment compté et fait fin 

c ZJr vt^T'^ "'^ """^ " P"^^^^"^ P™" --• Charles 
comte de Valois de tous marchiez, debtes, demandes, empruns 

onvenances paiemens et prés ., pendant leur vie (1319 £ 
lundi avant la miquaresme.) (J. 377, „» 12.) 



Tour « Bische-Mouche » au Louvre. 

En 13 50, une tour du Louvre portait le nom de Bische-Mouche 
- « Vincent Ahxandre, serreurier, pour une clef faire par lui du 
commandement sire Jehan d'Auxerre, en la serrure de la tour 
Bische-Mouche au Louvre, pour la garde des joyaux du Roy ë 
pour appareiher la dicte serreure, par marchii fait avec lui pa 
le d.a sire Jehan 16 s^ p.,. (Doubt o'Arcq, Coniptes, v^ vo 
p. 188. - Comptes d'Ét. de la Fontaine, et A. N. KK. 8.) ' 



LOMBARDS CÉLÈBRES. 



113 



La tour de Biche-Mouche ne serait-elle pas la même que la 
grosse tour où Charles V faisait garder ses joyaux ? (Berty, 
Louvre, t. I, p. 148.) 

C'est probable. 

Voici un reçu délivré à Biche par Louis de Beaujeu : 
« Je Loys de Biaugieu, chevaliers, sires du Broc, faz savoir a 
touz cens qui verront et orront ces présentes lettres que je ai 
eu et receu de Biche le lombart, vallet nostre chier seigneur le 
roi de France, sis mile libr. de petiz tournois », etc. (que le roi 
lui devait a raison de l'eschange de Montferrant). 

1292, Jeudi devant la feste Saint-Lorent. (A. N. T d-7A 
n° 51.) ^ ■' ^'^' 

Dans J. 476 i^= on trouve sur un bout de parchemin les mots 
suivants : 

«Domine révérende, memoria sit, si placent, de quodam 
statuto beati Ludovici faciente mencionem de hoc videlicet, utrum 
Lombard! qui petendo sua débita per decennium et plus cessa- 
verunt excludantur omnino. 

Et pridie vestri gratia illud perquiri facere promisistis. » 

Ce petit mot est adressé à Pierre d'Etampes, chanoine de 
boissons, clerc du roi, gardien des lettres et privilèges vers 
^324 0) (c'est le conservateur des chartes.) 

La compagnie des Francesi existait encore en 13 14, comme le 
prouve un procès entre les exécuteurs de feu Labre Vulpel de 
Lucques, d'un côté, et Rique Simon Tenaille et Nicholas dit 
Qumquenel, de l'autre, de la compaignie des Francesi de Flo- 
rence. (Olim, 13 14.) 

Voici un acte au bas duquel se trouvent les sceaux des trois 
frères Guy de Franzesi, de Figline : 

« Universis présentes litteras Lispecturis, nos, Bichius, Moche- 
tus et Colinus Guidi, fratres, receptores régis francie, notum faci- 
mus quod de illa sum[mja pecunie quam petebamus a canbiato- 
ribus nundinarum campanie quam ipsi recieperant a quibusdam 
Lombardis fugitivis et emendam in qua incurrerant ratione re- 
cieptionis dicte pecunie facte contra precieptum régis, volumus 
et concedimus quod totum proficium et emolumentum quod ex 

LES LOMBARDS, — TOME I. 






IÎ4 



LES LOMBARDS A PARIS. 



m 



inde procieder, tam ratione compositionis quam ratione amende, 
sit régis excieptis otto millibus lib. tur. quas ipse conciessit no- 
bis de gratia speciali, in conpositione sive emenda cum ipsis 
canbiatoribus tacta vel fancienda. In cujus rei testimonium si- 
gilla nostra duximus ad ponenda. Datum anno domini 
M" ce LXXXX", die dominica post festum narivitatis Béate 
marie virginis. » (1290, septembre. A. N. J. 474, n" 31.) 



Betin Cassinel. 

Betin Cassinel était fils de Jean Cassinel et de Marguerite, sa 
femme, originaires de Lucques (Italie), et frère de Sornard Cas- 
sinel. 

C'est avec lui que commença la fortune extraordinaire de cette 
famille Cassinel qui était appelée à jouer un rôle si considérable 
pendant trois siècles. C'est, en effet, un de ses arrière-petits-fils, 
le tameux Ferry Cassinel, alors évéque d'Auxerre, plus tard 
archevêque de Reims, qui, le 30 novembre 1388, donnait à son 
neveu, qui n'était autre que Jean de Montagu, la seigneurie de 
Alarcoussis et le domaine de la Ronce, qu'il venait de recevoir 
de Charles VI, en échange de la terre de Gallargues, dans la 
sénéchaussée de Beaucaire. (Malte-Brun, Hist. de Marcoussis , 
1867, in-8% p. 35.) 

La sœur de Ferry Cassinel, Biette, avait épousé Gérard Mon- 
tagu, père du grand-maître. On a prétendu, à cause de ses rela- 
tions avec le roi, que Charles V aurait été le père de son 
favori ; mais les dates démentent péremptoirement cette lé- 
gende : lors de la naissance de Jean de Montagu, Charles 
n'avait que 13 ans ou environ. 

Plus tard, une autre Cassinel, Gérarde, fut la maîtresse du 
dauphin Louis, fils aîné de Charles VI, duc de Guyenne. 
C'est même cet amant indiscret qui faisait, dit-on, porter 
devant lui un fanion sur lequel étaient peints un K, un cygne et 
une aile : K-cygne-aile! 



'^^ 



KIQ iRQat nOBlV^VlIS VIKD0fflinV5 







JII90 •iAai/:)ini/q]z' . ihj .isao 







Pierre tombale de Betin Cassinel, à l'abbaye de Lagny-sur-Marne (foires de Champagne) la porte 

du chœur à giuche, en dehors de travers. 
(Collection Gaignières d'Oxrord. — Pelo. fol. 70 calque. B. N.) 

Hic jacet nobilis vir dominus Bethinus Casinellii miles domini régis francorum : oriundus de 

Lucca : dominus Castelli Gal[azanicis] obiit die 
mercurii, fasto beati luce evangeliste anno domini 1312. Ejus anima requiescat in pace. Amen. 






il 



ii6 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Betin Cassinel était en France avant 1287. On lit, en effet, 
dans les comptes de la Chandeleur (février 1288 n. s.) : 

De monetaria Submidrii (Sommières) per Betinum Cauci- 
nelli, 700 1. 43 s. Id. 

u De monetagio parisiens! per Matheum Caucinelli, 400 1. » 
(Opérations financières au Temple pour Philippe le Bel, L. Delisle, 
p. 136.) Nous trouvons le nom de Mathieu Cassinel dans 
ToMMASi, Storia di Lucca; il est 7îohle et grand en 1308, à 
Lucques. (M. de Saulcy le nomme Bethin ou Bechin, Cancinel 
et même Cantinel, et Demay (Sceaux de Clairambault) : Cau- 
cuiel.) 

En 1293, la taille le nomme Betin, de la Monnoie; il paie 
100 s. ; son vallet Guiot paie 2 s. Ils demeurent place Saint- 
Michel, dans la Cité, paroisse Saint-Barthélémy. Il est également 
inscrit parmi les Lombards : Betin de la Monnoie : 4 liv. Il 
paie donc deux fois. (Géraud, p. 135 et p. 3.) 

En 1294, 24 juin, Bethin et Jehan Daismier, monnayeurs du 
Roi, prononçaient une sentence par laquelle ils restituaient à 
l'évêque de Viviers le droit de battre monnaie à l'Argentière. 
Jehan Daismier ou Dimier, le monnoieur, demeurait rue du 
Four (Saint-Honoré) en 1294, i^9^. 1305 22 juillet. Son fils 
Emcry était monnoier en 1311, 13 15, 13 17 (De Saulcy). 
(Mesxard, Hist. de Nisnics, t. I. Preuves, p. 127, cité par Bou- 
taric.) 

On trouve son nom au bas de l'accord entre les maîtres, les 
ouvriers et les monnoiers du Roi en juin 1296, avec ceux de 
Jehan Desmier, monnoier, de Thomas Bruchart, de. Renier 
le Flamenc, etc., bourgeois de Paris, maistres des monnaies. 
Renaud de la Halle était alors clerc des monnaies et Fâche Gal- 
gayu, de Florence, maître de la monnaie d'or. Ce « Syre Face, • 
mestre de la monnoie d'or, » paie 38 sous de taille en 1296. 
— Paroisse Saint- Jehan. — C'est le Galganus du compte de 
1298-1301, publié plus loin. 

En 1300, août, Bethin était pannetier du Roi et maître de la 
monnaie de Toulouse. Philippe le Bel lui fliisait don du moulin 
de Lunel, en Bas-Languedoc , et de la châtellenie de Gallargues 



i 









LOxMBARDS CELEBRES. 



117 



dans le même pays (castel de Gasalade, castrum Guasalanicis 
ou Galazanicis), dyocèse de Nismes. (A. N. JJ. 38, p. xvn.) 

En 1305, il est chargé avec le chevalier Bernard Rémon et 
Jehan Dymier, de recueillir le profit que devait tirer le roi de 
la frappe des monnaies d'or accordée à Cathelin Infanghatin 
(le Othelin Enfegat de Géraud) et à ses compagnons, les Per- 
ruches, de Florence. 

La monnaie doit être frappée de telle manière « qu'ils seront 
petiz royaux d'or fin qui seront de pois de 70 au marc de Paris, 
et seront taillés suivant la coutume. (A. N. JJ. 36. p. 237.) 

Ce Cathelin Infanghatin et Philippe, des Perruches de Flo- 
rence et leurs compagnons, percevaient les émoluments que le 
roi devait tirer des monnayages de Paris, Troyes, Tournay et 
Sommières en 1305. Lundi devant la Magdelène. Daté de 
Courci en Loige. (A. N. JJ. 36. p. 236.) 

En 1305," 4 août, Philippe le Bel autorisait Donato Brunet, 
de la Société des Perruches de Florence, à saisir et à arrêter 
tout l'or et l'argent qu'il trouverait dans le royaume ainsi que 
toutes les monnaies adultérées et contrefaites (A. N. JJ. 36. 
pp. 100 et 238.) 

En 13 10, Donat Brunet, de Florence, et Jaques de Chartant 
recevaient la ferme de la fabrication des monnaies. (De Saulcy.) 

En 1308 (3 juillet), mons. Betin donne des ordres à la garde 
de la monnaie de Paris. (De Saulcy.) 

Le mardi après la Saint-ALartin d'hiver, 1309, Betin, dans 
une donation entre vifs, accordait à son fils, Guillaume, cheva- 
lier, une rente annuelle de 500 livres tournois, que ce dernier 
ne pouvait aliéner; elle devait retourner à ses enfants, qui 
étaient émancipés à cette date. Betin qui possédait des pro- 
priétés à Romainville, à Bagnolet, à Petit-Can (?) se réservait le 
droit de résider, sa vie durant, dans ces endroits. (A. N. JJ. 41. 
p. 142. JJ. 42. p. 183. JJ. 42. p. 141.) 

Il avait encore des immeubles à Paris. Au mois de janvier 
1309, nous le voyons vendre à Thibaut de Saint-Martin des 
Champs, quatre maisons qui lui avaient été données [par le 
Roi ?] et qui venaient d'Ade de Drancy, de Robert Roussel, de 



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LES LOMBARDS A PARIS. 



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Simon du Temple et de GeofFroy Lanier (Lanarius). (A. N. 
JJ. 41. p. 184.) 

En 13 10, 7 février, Bethin Cassinel et Pierre de Mante pas- 
saient un bail pour frapper des « agnels » de 58 1/3 au marc, 
et la chambre des monnaies (du 15 mai 1308 au 15 février 
13 10), réclamait les comptes de trois jours de monnayage par 
Pierre de Mante et Bethin. (Ord. des R, de F., — De Saulcy.) 
Le 8 juillet 13 12, un arrêt du Parlement confirmait une sen- 
tence du Prévôt de Paris, relativement à la propriété de plusieurs 
héritages à Romainville et à Bagnolet. (Actes du Parlement, 
n° 3986. BouTARic. — Pour les héritages de Guillaume à Pom- 
ponne, Romainville et Bagnolet, voir Sauval, t. III.) 

Enfin, Bethin Cassinel mourait à Paris, le mercredi, fête de 
saint Luc — 18 octobre 13 12, — et était enterré à Tabbaye 
Saint-Pierre de Lagny où se lisait cette épitaphe : 

« Icy gist noble homme monsieur Bethin Cassinel, chevalier 
: de Ms^ le Roy de France, originaire de Lucques, chastelain de 
; Galargues, qui trespassa le mercredy, f^ste de Saint-Luc l'evan- 
. geliste 1312.» (P. Anselme. — Duchesne, Histoire de la Maison 
]de C hast il Ion, p. 452.) 

Nous publions sa pierre tombale d'après Gaignières. L'ins- 
cription, mal déchifîVée, doit être rétablie ainsi : ... dominas 
castelli Guasanalicis qui obiit . . . 

En 13 13, durait encore un procès, intenté par Bethin, de 
son vivant, au sujet de Guillaume de Castelnau, son lieutenant 
en Languedoc, auquel on avait fait subir des violences. La 
demande de poursuites fut rejetée (14 mai 13 13). (^r/^'j- du Par- 
lement, n° 4298. — BoUTARIC.) 

Betin Cassinel avait eu deux femmes. La première, Jeanne 
Garnier, était la mère de Guillaume Cassinel, premier du nom ; 
la seconde, Vierne, instituée par testament tutrice de Jean, fils 
et héritier de Betin, obtenait un arrêt ordonnant au sénéchal 
de Beaucaire de lui remettre les biens de feu son mari. {Actes 
du Parlement. — Boutaric.) 

Les 0//w (t. II, p. 556) renferment Fordonnance du Roi, 
au sujet de la saisie des biens de Betin Cassinel par le sénéchal 



LOMBARDS CELEBRES. 



119 



de Beaucaire, pour éviter que ses enfants ne se les disputent. 
Vierne, femme du défunt et ses deux enfants, Jean et Guiot 
prétendent que Betin a choisi comme légataire universel son 
fils Jean, et comme curatrice et tutrice de ses enfants, sa femme 
Vierne. Guillaume Cassinel, chevalier, fils d'un premier lit, 
soutient qu'au moment de sa mort, son père, bourgeois de 
Paris, habitait cette ville depuis longtemps, et qu'il avait acquis 
les propriétés contestées du vivant de sa première femme, sa 
mère, à lui. 

Le sénéchal adjuge la saisine de ces biens à Jean et à Vierne; 
la question de propriété de Guillaume est réservée. 

13 12. Vendredi après la Saint-Martin d'hyver. Guillaume 
Cassinel paye 257 1. 15 s. p. au Prieur et au couvent du Val 
des ÉcoHers à Paris. — Comptes du (Trésor 1345-1419. École 
des Chartes, t. XLIX, 1888.) 

Les comptes de 1 298-1 301 que nous publions pour la pre- 
mière fois montrent Betin dans son rôle de monnayer. 

Voici un document de la même époque le concernant : 

« Guill. Thibout, garde de la prévôté de Paris. Marguerite 
femme feu Maugier le Registrier, jadis bourgeois de Paris et 
Auberée sa fille femme de feu Jehan de Dampierre, possèdent 
une place assise à Paris en la rue des Jardins en la censive qui 
fut jadis Pierre Le Flamenc, joignant d'une part à la maison 
dudit Pierre Le Flamenc, et d'autre part à la maison des Non- 
nains du pont Nostre-Dame de l'Ordre de Cisteaux du diocèse 
de Miaux et la vendent au roi, pour 40 1. t. qu'elles touchent 
par la main de Betin Cassinel, mestre des monnoies du Roy. » 
Vendredi après Pâques 1298. (A. N. J. 151, n" 27.) 




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Jeton de Bétin Cassinel. Musée de Cluny. CoUect. Affry de la Monnaye. 



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CHAPITRE VII 



LISTE DES LOMBARDS A PARIS 



1296. — 1297. — 1298. — 1299, 

/jjj (Buchon). 

Pour 1293, voir Géraud. 



1300. 




Sceau des Marchands Lombards et Italiens, 1277. 

Frag^ de sceau rond de 80 mill. — Arch. Nat'«% j. 35), n° 10. 

Un personnage assis, vu de face; on n'aperçoit plus que la partie inférieure du corps; de chaque 
côté une bourse ou bouge; au-dessus, dans la partie droite, la seule qui subsiste, une étoile. Le 
champ terminé en arcades. ....ETATIS MERC 

Sofietatis mercatorum. 

Contre-seau : Personnage debout sur une tarasque. 

. . . M CR . . . 

Légende probable : S' capitanei sociietatis mercjatorum tuscanorum et Lombardorum. (Bourq.velot.) 

(Acte du 19 février 1277.) 
Ce sceau devait reprébenter un personnage entre deux bourses. (Pardessus, lll. Introd. p. 67.) 






124 



LES LOMBARDS A PARIS. 



1296 



Ci sont Lombars. 

Premièrement en la parroisse S. Germain VAuceurrois. 

Mouchet . «" ^' ^' 

Landuche Macet de Florence . ' ' o« r^ '' 

OUI rauconnier. . . 

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La parroisse Saint Huitace, 

Raimbaut, le lombart en la chanvrerie .... 10 • » » 

Duch de Siene en la rue aus prescheeurs . . » ^q » 

La parroisse Sainte Oportnne. 
Manuel davaran ) 

Bouchart son frère ) """ ^^"^^'^'^ ^" Oportune. 10 » » 

Paumerin, — son compaignon ... c 

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Et BelloT'''''^^^^^^^^^^^ s- Oportune. . . 10 » » 

Jacomin ) 

Et son frère ^ ^^^^^ ^" Oportune , ^^ ,, 

La paroisse Saint Jaque. 

Sire Heude Ringuier et ses compaignons, en 
la bufeterie 

Amenas le rous, - Guil. son compaign'on en ^'^Z" 

la bufeterie 

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uandoutie lison en la viez monnoïc 5 

Jehan Sourt en la meson Pierre la Pie. . „ ig » 

Gabriel le lombart, en la rue des Arcis . ' ,> j^ I 

La Compaignie des gaaigne-biens ches Estienne 

de Kaours . . . 

34 10 » 



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LISTE DE LEURS NOMS. 

Aubertin le lombart, peletier. ) . 

r- . . . } viez monnoie. 

Lrnngoire, son compaignon ) 

Montenele, le lombart en la bufelerie .... 

François Grellande de la compaignie des borins 
en la meson Jehan Fromont 

Eude escorche-Ieu de Siene et ses Compaignons 
devant S^ merri 

Guil. Rat et ses compaignons 

Rufin Rat son frère. . . • 

François de la C'^ des Escoz 

Gile Desouz de la C^^ des Chapons 

Nicholas Desproel, espicier, et ses compai- 
gnons en la bufeterie 

La Compaignie dangoissole en la bufeterie . . 

Jehan Coluche, gendre Jaques Bon-Dos . . . 

Jehan Symon , gendre Jaques Bon-Dos . . . 

Roland de Venise 

Rogier, le lombart^ en la bufeterie 

Jehan Margot , tavernier, en la bufeterie . . . 

Guil. Dacre ches Baudoynde Soisons en la viez 
monnoie 

Jehan Toscan , en la bufeterie 

Gandoufle Fourgos, en la viez monnoie . . . 

Huguelin, Negrin, frères, espiciers en la bufey 
terie 

Andri Larmeurier devant la meson Rogier Boel. 

Ci sont Luquins 

Gentil de Luque 

Nicholas Beveton , compaignon de Guivise en 
la bufeterie 

BenoistGui, en la bufeterie 

Chonel Canavestre, en la bufeterie 

Gen Martin, Galeran Martin et leurs compai- 
gnons 





125 


L. 


8. D. 


» 


16 » 



10 



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46 10 



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10 


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10 



^^^ LES LOMBARDS A PARIS. 

Gui de Velton, de la compaignie des Bacons . 6 

Berthelein de la compaignie de Loueste ... 6 

Rouqin, de la O- des Corbalans 5 

Guérin Morincon et ses compaignons .... 10 

Valérien de Luques et ses compaignons ... 6 

Tertre, de Luques 

Phelippe, ae la Compaignie de lespine, en la 
meson Jaques Bon-Dos ^. 

La parroisse Saint Mer ri. 

Gandoufle Darceles et ses Compaignons ... 142 10 » 
Fouques de Versan. . 

r, . P, , 10 » » 

Kogier Boel et ses compaignons „ ^q 

Mathée Brachefort de la C- Gui Cavesole, en ^ 

rueS^Merri ^^ 

Guiart Bonne-Voute en rueu neuve S^ Merri . 6 

Jaquemin de Ronqueroles ou cloistre S^ Merri. » 

Denise Palestrel 

La Compaignie des Richars 24 

Conte Chapon et ses compaignons 

Jehan Corvale delez Rogier Boel \, 

Genenois ches Rogier Boel. 

Jehanin Paien 

Nicholas de Nègre 

Henri le Feseeur . 

Nicholas Dam 

Borrel Lercale 

Luquet de la Tour * " ^ 

Tedis de la Jaquerie 

Gabriel Forment 

Lyon, de Gennes ■. . . . 

Landri de Serre • • • 5 

Antoine Torel ' * ' , 

Perceval de Gennes 



LISTE DE LEURS NOMS. 



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10 


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10 


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Franchequin de Bename 

Pouchinman et sa O' de Luque et de Gennes 



Venisiens. 



Marque Roumain 

Marque Dardanne .... 
La C'^ des Liannarmanelous 

Jaquer Ours 

Marque de Lorence. . . . 



Saint Nicholas des Chans, 



Tolomer, en la terre du Temple 



La parroisse Saint Jehan. 

Henri Guillaume, — Renier Tortonne et leurs 

compaignons en grève 

Syre Face, mestre de la monnoie d'or .... 
Spinel en la voirrerie 

La parroisse Saint Gervès, 

Berthelemi de Siene et sqs compaignons à la 
porte Baudaar 

Gerval, le lombart, en la viez rue du Temple. 

Jaquemin Crist, et ses compaignons en cth 
rue ., 

Syre Betin de la Monnoye, — Guillaume son 
fuiz 

Girart le lombart, en la viez rue du Temple . 

Ce est la Cité. 

Guipas de Florence, Renuche son compaignon, 

à Saint-Denis de la Chartre 

Syre Binde, de la grant table 



48 
34 



» 



» 

10 

3 



127 

8. D. 

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10 » 



48 
58 



48 



58 

48 

20 

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20 



10 » 
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10 » » 

» 58 » 

12 10 » 



» 
» 

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» 






I 



128 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Bone A^THture Je Siene, - Gringoire, son 
compaignon 

Pinne le lombart, - Rogier' son conipaignon 
en la rue aus Oubiaiers . 

Blaives le lombart, - Binde' de Sophechile 

en CQk rue . . 



Efi la Kalaudre. 

François le lombart et ses compaignons 
La Compaignie des Pistoles de Lamenat . 
Berthelot, le lombart 

Syre Grâce et ses compaignons. 
Item la Compaignie des Pistol( 
renc . . . 



les en l'autre 



Plielippe Girart, espicier et ses compai 
Bonne Aventure le Chaucier .... 

Poche larmeurier 

Tane le chaucier ' ' ' * 

Richart de Pistore courratier . 
Rique delez Saint Christofle . * * * 



gnons 



La Cavalerie, 

Estienne le lombart et ses compaignons . 

C^hevissant, le lombart 

Duch Magalot ei ses compaignons, à r'es'toile .' 

Le port Nostre Dame. 

Lyon Vidarion, — Conte Rous. 

Nicholas Aales . , , ^ • • • . 

Symon Spinel, qui tient la boete à Petit Pont' 
Somme des Lombars, 1,263 ^- 10 s. 



u s. 

34 10 

» 58 

» 58 



D. 



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34 10 

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14 s. p. 



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» 3 6 » 

» 20 )) 



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LISTE DE LEURS NOMS. 



129 



1297 

Ci sunt les Lombars. 

Premièrement en la parroisse Saint-Germain, en la rue 

Tybaut aus de:(^. a. 

L. S. D. 

Gui Fauconnier 34 10 » 

duinquenelle, le lombart 10 » » 

Landuche, le lombart 34 10 » 

Saint-Huytace. 

En la Coconnerie. 
Henri, le lombart » 20 » 

En la rue aux prescheeurs. 
Duché, le lombart » 70 » 

En la Chanverie. 
Raimbaut, le lombart » 70 » 

Saixte Oportune 

Ou eloistre Sain le Oportune. 

Duché Manchin et ses compaignons 19 » » 

Bouchart, — Pierre, — Guillemin 15 » » 

Saint Joce. 

En la rue as Ju^léeurs, 
Girart, le lombart 10 » » 

LES LOMBARDS. — TOMB I. 9 



) 



130 les lombards a paris. 

Saint Leu et Saint Gile. 

En la rue Auberi le Bouchier. 
Durant Sezile )) 

Saint Nicholas des Chans. 

A la porte Saint Martin, dehors les murs. 

Guill. Daverson, — Guill. son compaignon . » 

Tholomer, le lombart, en la terre du Temple. » 
Douche, en la meson a la Barantine, en rue 

Saint-Martin jo 

Guil. et Robert, frères, ches Tholomeu ... 12 

Saint Merri 

£n la rue des Arsis. 

Aubertin, le lombart, plesantin » 

Jehan Corval a 

Aubert Bigue » 

Rogier Boel, — Franc, son compaignon ... » 

Andri, le lombart » 

Jaques Pouche » 

En la rue Saint-Merri. 

Gandoufle et ses compaignons 42 

Conte Chapon » 

Renier Renaut 5 

Gui Cavesole et ses compaignons 46 

La Compagnie des Richars 24 

Rolant de Venise » 

Ou cloistre Saint Merri, 

Coluche, le lombart, courratier » 

Conte Chapon 12 



s. 

36 



D. 



36 


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68 


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15 


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10 


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10 


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131 



s. D. 



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10 



20 



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^ 



liste de leurs noms. 

En la rue Raoul de Saint Denis, 

Oudart, le lombart, plesantin, et ses compai- 
' gnons 

A la porte du Temple. 

Touche, le lombart .. .^ 

» 30 » 

Saint jAauEs. 

Devant le mestre huis Saint Merri. 

Ode Arenguier et ses compaignons -. 

Dine le lombart en la meson mestre Gautier 

le Mire, en rue Saint-Martin. ...... ,, 

La Bufeterie, le renc du Pois. 

Paumier de Monte-Saint et ses compaignons . 6 

Guil. Rat et ses compaio^nons . 

La C''^ des Escoz. . . o 

jj . 30 

Hugucnm Bazamata, — Negrin, son frère . . » 

Berthelemi Palestrel 

Nicholas Espevrier . . 

. ^ » 

Pasquier, le lombard, chaucier ,, 

Coluche, gendre Jaques Bon-Dos ,, 

Jehan Symon, gendre Jaques Bon -Dos ... ^ 

Chonel, le lombart 

Bauduche, le lombart 

François d'Angoissole et ses compaignons . . 35 

Pierre de Naple, — Béranger, son compaignon . ,, 

Lesse, le lombart, à la boete .... 

Vautre renc de la bufeterie. 

Jehan Corval, — Ysambart, son frère, peletiers. >, iq 

François Grillande de la C des Borins. ... .^ ^ '' 

Jaques Sainte, courratier . . 

» 10 » 



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» 


70 


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10 


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78 


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48 


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16 


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» 


» 


8 


» 


20 


» 






1^2 LES LOMBARDS A PARIS. 

L. S D. 

Nicholas Beveton, — Garnier, son compai- 

gnon ^9 ^^ ^^ 

Amenât Rous, — Guillaume Bartholome, son 

compaignon ^^ » » 

En trousse-vache. 
Jehan Vane ^^ 5^ '' 

En la Grant Rue. 
La compaignie des Gaaigne-biens 34 ^^ ^^ 

En la Viex^monnoîe. 

Jehan Sourt, ostelier » 36 » 

Aubertin le lombart, — Gringoire, son frère, 

peletiers » ^^ '' 

Gabriel de Melan » 12 » 

Saint Jehan. 

' La Voirrerîe. 

Beranger le lombart et ses compaîgnons ... 6 » » 

Pinel le lombart et ses compaîgnons .... 6 » » 

Michel, neveu Pinel ^ ** ** 

En la Bretonnerie. 

Gefroi Jehan et ses compaîgnons » 4S ^ 

Henri le petit, ou bout du franc-morier ... » 34 » 

Saint Fol. 

En la Bretonnerie, 

Berthelemi, le lombart- — Jehanot son neveu. » 70 » 

Gui de Cas, en la viez rue du Temple. ... » 12 » 






LISTE DE LEURS NOMS. 



LA CITÉ 

Saint Berthelemi. 

En la place Saint Michiel. 

Tanouch, — Jaques le Rous et leurs compai- 

gnons 

Binde, de la grant table et ses compaîgnons . 

La Madelaine. 

Ou renc Michiel du petit celier, 

Mestre Jehan le lombart ou renc Michiel du 
petit ceher 

Saint Christofle. 

En la rue Saint Christofle. 

Binde, en la rue aus oublaîers 

Blaine 

En la rue Saint Christofle. 
Rique le lombart, tavernîer 

Ou parvis Nostre Dame. 
François et ses compaîgnons 

Au port Nostre Dame. 

Lyon Vidarion, — conte Rous 

Nicholas Aales et ses compaîgnons 



•n 



133 



L. S. D. 

54 10 » 
54 10 » 



» 8 » 



» 48 
4 12 



6 » 



» 36 



» 70 
>) 70 



» 



» 



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» 



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134 LES LOMBARDS A PARIS. 

Saint Macias. 
En la rue ans Fèves. 

L. 8. 

Henri de Pistole. . . » 8 

Jehan Margot et ses compaignons, en la cava- 

terie 6 » 

Tierri Maie herbe, — Binde et leurs compai- 

gnons en celé Rue lo » 

Manuel le lombart 7-15 

Saixt Germain le Viel. 

En la KaJandrCj ou renc de la trailk. 

François Farochin et ses compaignons. ... 34 lo 

Ace le lombart et ses compaignons 54 10 

Lautre renc de la Kalandre. 

Aubert le lombart et ses compaignons de la 

C'^ Gui Poche . 10 » 

Bon \'ilain de la C'"^ de Lanfranc 38 10 

Gringoire, — Bonne Aventure, — Estienne, 

compaignons 34 10 

Poche larmeurier et ses compaignons .... » 12 

Duché Magalot, à Testoile 10 » 

En la Cavalerie, 

Estienne le courratier » 12 

Richart, son compaignon » 20 

A Petit Pont, 
Rogicr Spinel » ^6 

Somme des Lombars 1008 17 

Suivent les noms de 50 monnoiers. 



D. 

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» 

» 
» 






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)) 

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LISTE DE LEURS NOMS. 



135 



1298 

Ci sont les Lombars. 

Premièrement en la parroisse Saint Germain l'Auceurrais, en la rue 

Rambourde. 

L. s. D 

Gui Fauconnier 64 » » 

Mainnet, le lombart ' . » 50 » 

Nerin, filz Jaques Pierre 6 4 » 

Vane, neveu messire Mouche, — Estoude, son 

frère, — Tainguin le lombart 11 10 » 

Jehan de Florence 40 » » 

Landuche le lombart 40 » » 

Au Siège aus deschargeeurs, 

Thierri, le lombart, et ses compaignons de la 

Compaignie de TEstoile 21 » » 

En la PARROISSE Sainte Oportune 

En Vencloistre Sainte Oportune, 

Jehan Miquantaine de la C^ des Gaaingne 

biens 40 » » 

Devant Sainte Kateline. 
Jaquemin et Just, compaignons espiciers. . . 8 15 » 

En la parroisse Saint Gile. 
En la rue Auberi le Bouchier. 

En la parroisse Saint Joce. 

En la rue Saint Martin, 
Guérart Douche 6 4 » 



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136 les lombards a paris. 

En la parroisse Saint Merri. 

En la rue des Arsis. 

L. s. 

Aubertin le lombart » 8 

Jehan, le lombart, corratier de chevax. ... >^ 5 

Barbe, le lombart » 14 

Rogier Boel et ses compaignons 6 4 

E)! la me Saint Merri, Le renc devers Saint Bon. 

J Gandouffle le jurant 1 00 » 

Conte Chapon et ses compaignons 11 10 

En la rue Jehan Pain Molet, 

Bonnin, le lombart, — Huchon, son compai- 

gnon 6 4 

Item. En la me Saint Merri, en Vautre renc. 

Gu^art Bonne Voûte . 6 4 

E}i rencloistre Saint Merri. 

Coluche et ses compaignons ........ » 50 

Sire Eude, le lombart 6 4 

Item ; rue Neuve en Vautre renc. 

Bouche Menchin et ses compaignons .... ^4 

François Jaques marcheant ^^ ^6 

En la parroisse Saint Jaques. Devant Saint Merri. 

Eude Harengier et ses compaingnons .... yo » 

En la Bufeterie. — Renc devers trousse-vache. 

Manuel Davaran et ses compaignons ^ 4 



D. 

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LISTE DE LEURS NOMS. 

Jehan Corval et ses compaignons 

Nigre Rat et ses compaignons 

Sire Jehan de la O^ des Escoz 

Girart Chapon de la O*^ des Chapons .... 

Bertelemy Palestrel 

Pasquier larmeurier 

Baudoyn qui tient la boite 

Chonel et ses compaignons 

Baudruche, le lombart 

François Daugutaire et ses compaignons de la 

O" d'Angoissole 

Berengier larmeurier 

Perruche son compaignon 

L'autre renc de la Bujeterie. 

André Melin, armeurier 

Jaques Sainte, lombart 

Santin, le lombart, courratier 

Garnier Phelippe et ses compaignons .... 

La C''^ des Moges 

Amenât Rous et ses compaignons 

Rufin Rat 

Perrache Tondesco et ses compaignons de la 

C''' des Borins 

Rogier le cordoanier 

La Fie:(_ mon noie. 
Gabriel, le lombart, ostelier 

La rue des Arsis vers Bertaut (?), 

Aubertin le lombart et ses compaignons . . . 
Jehan Corval, lombart 

Item, en la Vie^ mon noie. 
Jehan Sourt, ostelier , 







137 


L. 


S. 


D. 


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36 



» 



138 les lombards a paris. 

La parroisse Saint Jehan. 

Le renc la meson Gencien, 
Cope Rose lombart 

En la Voirrerie. 
Berengîer le lombart 

En la Bretonnerie. 
Jaques, — Giefroi, — Item Jaques, lombars . 

L'autre renc de la Bretonnerie (?) 
Jaques Jehan ^ de Pistore et ses compaignons . 

En la parroisse Saint Pol. 

En la bretonnerie devers... ? 
Berthelemy Zacarie, — Henri, son neveu . . 

En la rue Perriau d'Estampes, 
Renier de Caan, lombart 

En la vie7(^ rue du Temple. 
Guy cas de Florence 

LA CITÉ 

En la place Saint Michiel. 

Jaques Rous et ses compaignons 

Binde de la grant table et ses compaignons . . 



L. 



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6 
28 



s. 
20 



4 



75 



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D. 



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» 20 » 



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LISTE DE LEURS NOMS. I39 

En la rue aus Fèves. 

L. S. D. 

Dat de Pistole et ses compaignons Il lO » 

Renier Jehan et ses compaignons » 50- » 

En la Cavaterie. 

Dusche Magalot et ses compaignons 25 » » 

Tierri le lombart, — Cop le lombart, Nichole, 

le lombart . 21 » » 

Manuel, le lombart >> 7S ** 

Place Saint Michiel. 

Chevissant le lombart 6 4 » 

En la Kalandre. — Renc devers l'yaue. 

Jehan Margot et ses compaignons ^ ^5 ^^ 

François Farrochin et ses compaignons. ... 11 10 » 
Jehan Nicholas et ses compaignons de Lame- 

nat de Pistore 10 » » 

Contelet de la Treille et ses compaignons ... 8x5 » 

La Compaignie de l'Espine 40 » » 

L'autre renc de la Kalendre. 

Berthe et ses compaignons de la O^ de Clarat. 

de Pistore S 5 '' '' 

Lapus l'espicier et ses compaignons *^ 75 ^^ 

Binde le lombart >> 5 ^^ 

Bonne Aventure le chaucier » 18 » 

Tane, lombart, chaucier » 16 » 

Symon Spinel » 20 » 

Item, en la Cavaterie. 

Estienne le lombart » 12 » 

Richart, son compaignon » 62 » 



1P3 



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14^ LES LOMBARDS A PARIS. 

En la rue de la,.. 

L. S. D. 

Binde, le lombart 411 » 

Blayne son compaignon 5 a » 

Porche Saint Denis de la Chartre. 
Renuche et ses frères 21 » 

En la rue Saint Christofle. 

Mainne Orlant de Sienne 4 4 

Rique le lombart, tavernier 5 4 

Parvis Nostre Dame. 

Conte bel lombart » 14 

Lyon le lombart » 50 

Nicholas Aales » 14 

A Petit Pont. 

Rogier le lombart et son frère » 62 

Somme des Lombars 1122 17 



» 



» 



» 
» 
» 



» 



)) 



1299 

Ce sont Lombars. 

Parroisse Saint Germain l'auceurrois. 

En la rue Nicholas [du Guichet] ? 

Raimbaut, le lombart 5 4 » 

En la rue aus Bourdonnais, 

MESSIRE MOUCHE gentil home. 

Landuche et ses compaignons 40 » » 

Jehan de Florence 40 » » 



liste de leurs noms. 

Au Siège aus deschar géeur s. 
Jaques Courrat et ses compaignons 

En maie parole. 
Gui le fauconnier 

A la pointe Saint Huit ace. 
Guerinnet, vallet Jaques le lombart 

En Vencloistre Sainte Oportune. 

Jehan Gaaigne bien et ses compaignons . . . 
Aubert de Rustigal et ses compaignons . . . 
Binde et ses compaignons 

Devant Sainte Kateline. 

Girart de Soûlerez et ses compaignons. . . . 
Jaquemart Jaques et ses compaignons .... 

Saint Gile. 

En la rue ou l'on cuit les oes, 

Jehan le bourgueignon, lombart, et ses com- 
paignons 

En Quinquempoix. 
Coluche le lombart, mercier bourjois .... 

En la rue Saint Martin. 
Girart le lombart, — Olivier son frère. . . . 

Saint Merri. 

En la rue des Arsis et rue Saint Martin. 
Jehan Corval, — Nicholas Roussiau 



141 



L. 
21 



64 



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S. 
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D. 



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49 


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» 20 » 



» 7 5 » 



II 10 » 



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30 



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142 LES LOMBARDS A PARIS. 

L. S. 

Rogier Bouel et ses compaignons 6 4 

Jaques Sainte » 6 

Barbe le lombart » 26 

Gandouffle le grant et ses compaignons. ... 120 » 

Berthelemi de Sene et ses compaignons ... 21 » 

En la rue (illisible) Jehan Pain Molet ? 

Huche Aubert et ses compaignons 815 

En la rue Saint Merri. 

Guy Cavessole, — Mathe le lombart et leurs 

compaignons 21 » 

Jehannin Baudon, de la Compaignie des Richars. » 36 

A Varchet Saint Merri. 

Jehan et Gamont à Guilliers » 3 

En la rue de la Barre. 

Franchequin le lombart » 20 

Gui Bernart 6 4 

En rue neuve Saint Merri devers la rue Saint Martin. 

Douche Belle, — Guiote et leurs compaignons. 6 4 

François le lombart, tavernier » 36 

Richart le lombart peletier » 36 

Nuit, le lombart peletier » 10 

En la bufeterie. — Renc vers Trousse-Vache. 

Jehan Corval et ses compaignons, espiciers . . » 75 

Guill. Rat espicier 5 a 

Jehan de Niquetin et la O^ des Escoz .... 65 » 

Girart Chapon et ses compaignons 34 » 

Pierre Bazanes, lombart n 10 



D. 

» 

» 



» 



» 



» 









» 
» 



LISTE DE LEURS NOMS. I43 

U S. D. 

Jehan Vane, lombart, mercier 6 4 » 

Baudoin qui queutla maie toste et ses compai- 
gnons » 50 » 

Huguenin Clava de Luques et ses compaignons. 16 » » 

Chonele le lombart et ses compaignons. ... » 62 » 

Bauduche le Kalandreeur » 13 » 

Franchequin Angoissole et ses compaignons . 28 » )) 

La Bufeterie, — le renc de Sainte Kateline. 

Rogier le lombart et ses compaignons .... » 10 » 

La Compaignie de Bourins 34 » » 

Andri Melin, armeurier » 16 » 

Saintin le lombart, corratier » 8 » 

Coluche le Kalandreeur et ses compaignons . » )) » 

Amenate Rous et ses compaignons » 36 » 

Rufin Rat, courratier 4 4 » 

La Compaignie de l'Espine 40 » » 

En la Vie^ monnoie. 

Jehan Sourt, — Paumier, son frère » 50 » 

Titre illisible (Rue des Arsis). 

Aubertin le lombart » 6 » 

Lancelot (Nichil), — Robert Binde » 62 » 

Saint Gervès. 

Rue de Joy. 

Berthelemi le lombart, — Piniau, et leurs com- 
paignons 4 4 » 

A la porte Baudaar. 

Guerart le lombart et ses compaignons ... 25 » » 



( 



^44 les lombards a paris. 

Saint Jehan. 

En la Voirrerie. 
Bérengier et ses compaignons ii lô »' 

Item. En la Voirrerie. 
Gace le lombart et ses compaignons 21 » » 

La rue Perriau d'Estampes. 
Renier le lombart, courratier » 2 » 

En la viei Rue du Temple. 
Guy de Florence lombart „ 5 „ 

O hourc Tybost. 
RENIER DE LA BELE LOMBART . . . gentil home. 

Delei la tneson dame Jehanne des poulies. 
Plainsin le lombart, tavernier » -0 » 

* 

LA CITÉ 

En la rue aus Fèves. 

Bynde le lombart courratier . » 18 » 

Date et Jaques ses compaignons 815 » 

Lysse Glais de Pistole et ses compaignons . . » 28 » 

En la Cavalerie. 

Duc Margot, — Lappe Corrat, — Coppe, — 

Jaques Beneoit ^8 » >, 



LISTE DE LEURS NOMS. HS 

L. S, D. 

Bonnelle le lombart, — Jehannot et leurs 

II 10 » 

compaignons . . . • 

Maniau le lombart ii 10 

Poge, 1 armeurier "^ 

En la Kahndre. — Rem Saint Germain le Vid. 

Alixandre de Boucie et ses compaignons . . . 8 1 5 ^> 

François Farrochin et ses compaignons. . . 25 » » 

Jehan Nicholas de la G- des Amenaz .... 40 » » 

Chevissant le lombart 6 4 » 

Gontier le lombart, — Bone Aventure, et leurs 

compaignons ^ 

Vautre renc de la Kalandre. 

La Compaignie de Puche 4^ >> '' 

Symon de la O^ de Pistole 55 '' '' 

Jaques le lombart et ses compaignons espiciers. » 75 

Jaques Jehan le lombart et ses compaignons . » 36 » 

Item. En la Cavalerie. 
Jehan Margot et ses compaignons 8 15 » 

En la rue aus Fèves. 
Renier le lombart, — Flamenc son compaignon. 8 4 » 

Porche aus moines de Saint Denis de la Chartre. 

Guy de l'eschiele et ses compaignons .... 14 '' '' 

Parvis Nostre Dame et au port l'Evesque. 

Manie le lombart 4 4 

1 I I 10 » 

Guiart bone-voute 

Nicholas Aales, et ses compaignons » 5^ '' 

En rue neuve Nostre Daine. 

Guill. Bone voûte ' '' 

10 

LES LOMBARDS. - TOMt I. 



/ 



j.£ LES LOMBARDS A PARIS. 

Outre petit pont. 

Itf» 8* D* 

Rogier Route, lombart » 8 » 

Somme des Lombars i^^^ ^ '' 

Suivent environ i 66 noms de monnoiers et monnoières parmi 
lesquels on remarque les Boucel, Jaques Boucel paie 40 1- -— 
Le prévôt de la monnaie se nomme Boulengier et paie 

50 sous. 

1300 

Ce sont les Lombars. 

Premièrement à Saint Germain de le^ Nicholas du Guichet. 

L. 8. D. 

Raimbaut le lombard 6 4 » 

La rue ans Bourdonnais. 

Gui le fauconnier "• • ^4 ^' '' 

Jehan de Florence 4^ '' '' 

La Rue au Cerf. 

Landuche et ses compaignons 4^ '^ " 

En maie parole. 

Giles le fauconnier '' '' '' 

En la grant rue (rue Saint Honoré). 
Confort le lombart et ses compaignons .... » 20 » 

La porte au comte d'Art ai s. 
Graffart le lombart '' ^^ '' 



^ 







Pierre tombale de Agnès Boucel. 

analogue.— V. Géraud, p. 24. , ,. c 

Rue Roland l'Avenier, laques Boucel, .0 li, . - Ses ij s„„rs ducune i Ijv So,, „o™ e.a.t 
donné à U me Guérin-Boucel. flus ...rd me G„é,in-Bo,sseau par. S» I.aurcn. - Gr.RAtD, f <-o. 



iaS les lombards a paris. 

Vencloistre Sainte Oportum. 

L. S. D, 

Jehan Gaaigne-bien et ses compaignons ... 49 » » 
Aubert de Rustigal et ses compaignons ... 11 10 » 

Binde et ses compaignons 6 4 » 

Devant Sainte Kateline. 

Girart de Soûlerez et ses compaignons, espiciers. V livre commun. 
Jaquemart Jaques et ses compaignons, espiciers. V livre commun. 

La Rue ou Fencuit les (sicyioes], 
Jehan le bourgueignon et ses compaignons.. . » 20 » 

La Rue aux JugUeurs. 
Coure le lombart ^> 20 )> 

En Rue Saint Martin. 
Girart le lombart, — Olivier son frère. ... 11 10 » 

Saint Merri. 

La Rue des Arsis et rue Saint Merri. 

Jehan Corval, — Nicholas Roussiau .... V livre commun. 

Rogier Boucl et ses compaignons 6 4 » 

Bai^bele lombart » 3^ '' 

Jaques Samte, lombart ^! . ^ ^^ 

Perruche larmeurier, lombart ^ livre. 

y Gandouffle le grant et ses compaignons ... 120 » » 

Bertelemi de Sene et ses compaignons. ... 21 » » 

La Rue Jehan Pain Molet. 
Huche Aubert et ses compaignons 815 » 



LISTE DE LEURS NOMS. , I49 

En rue Saint Merri. 

L. 8. D. 

Gui Kavessole et ses compaignons 21 » » 

Jehannin Baudon, de la Q' des Richars ... » 36 » 

La rue de la Barre, 

Franchequin le lombart » 20 » 

Uencloistre Saint Merri. 

Pilous le lombart, corratier » 3 » 

Henri Jehan, lombart, et ses compaignons . . » 100 » 

Rue neuve Saint Merri. 

Gui Bernart, lombart 6 4 » 

Douche bêle, — Guiote et leurs compaignons . 6 4 » 

La Rue Gieffroi Vengevin. 
Aliprandre (sic), le lombard, nichil. 

Devant Saint Merri. 

Richart le lombart, peletier, — Nuit le lombart, 

peletier V livre commun. 

La Buffeterie. — Le Renc devers Trousse-Vache. 

Guillaume Fat, espicier . V livre commun. 

Jehan de Niquetin, de la O^ des Escoz ... 55 » » 

Girart Chapon et ses compaignons 34 » » 

Pierre Bazane, lombart n 10 » 

Jehan Vane, lombart, mercier V livre commun. 

Baudoyn qui queust la maie toste et ses com- 
paignons » 5^ ^^ 

Huguelin Clava, de Luques, et ses compaignons . 16 » » 

Chonele, le lombart, et ses compaignons. . . "» 62 » 

Bauduche, le Kalandréeur V livre commun. 

Franchequin Angoissole et ses compaignons . 28 » » 



\ 



150 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Vautre renc de la huffeterie. 



Roc^ier le lombart et ses compaignons 
La Compaingnie des Bourrins . . . 

Andri Melin, armeurier 

Saintin le lombart, corraiier .... 
Amenât Rous et ses compaignons . 
La Compaingnie de i'espine .... 

La Vie:{ monnoie. 
Jehan Sourt, hostelier, — Paumier, son frère 



La rue des Arsis. 



Aubertin, le lombart 
Robert Bvnde . . . 



(Illisible) [Rue de Joy,] 
Bertelemi, lombart, Piniau et leurs compaignons. 

A la porte Baudaier, 
Guerart, le lombart, et ses compaignons . . 

Saint Jehan. 
En la Voirrerie, 



Bérengier et ses compaignons 



Titre manque.] 



Gace, le lombart, et ses compaignons . 



La Rue Perriau d'Estampes, 



Renier, le Lombart, corratier. 



L. 


s. 


D. 


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10 




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» 


16 




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8 




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36 




40 


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» 



50 



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6 
62 



23 



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» 



» » 



II 10 » 



39 10 )) 



nichil 



LISTE DE LEURS NOMS. ^5^ 

La viez rue du Temple. • 

^ L. 8. D. 

Gui de Florence, lombart » ^ * 

Delei la nieson damejehanne des poulies. 

Plesin, le lombart, tavernier. V livre. 

La rue aus Fèves. 

Bynde, le lombart, corratier » i8 » 

Date et Jaques, son compaignon 815 » 

Lysse Glay de Pistole et ses compaignons . . » 18 » 

La Cavaterie. 

Duc Margot, — Lappe Courrat, — Coppe, — 

Jacques Beneoit, compaignons 28 » » 

Bonnele, le lombart, — Jehannot et leurs com- 

II 10 » 

paignons ** 

Manyau, le lombart ii 10 » 

Poge l'armeurier. V livre commun. 

La Kalandre. — Le renc Saint Germain le viel. 

Alixandre de Boucie et ses compaignons . . . 8 15 » 

François Franchequin et ses compaignons , . 25 » » 

Jehan Nicholas de la O' des Amenaz .... 40 ^) » 

Chevissant, le lombart ^ 4 » 

Gautier, le lombart, — Bone Aventure et leurs 

compaignons 4^ *> 

Vautre renc de la Kalandre. 

La compaingnie de Puche 4^ » ** 

Symon, de la compaingnie de Pistole • • • • S S ** " 

Jaques, le lombart, et ses compaignons, espi- 

ciers. V 1^^"^^ commun. 

Jaques Jehan, lombart, et ses compaignons. . » 3^ » 



152 LES LOMBARDS A PARIS. 

Itetn. La Cavalerie 

la. S. D. 

Jehan Margot et ses compaignons ^ ^5 ^^ 

Item. La rue ans Fèves. 

Renier, le lombart, — ^ Flamenc, son compain- 

gnon 6 4 w 

Au porche aus nioùnies de la Char Ire (sic). 
Guide Icschiele et ses compaignons 14 » » 

Ou parvis nostre Dame et an port Pevesque. 

Manie, le lombart 4 4 » 

Guiart bone voûte n 10 r> 

Nicholas Aales et ses compaingnons >; 50 » 

E}i rue neuve nostre Dame. 
Guillaume bone voûte » 6 » 

Outre petit pont. 

Rogier Route, lombart v 8 » 

Somme des lombarz 1062 3 » 

Suivent 158 noms de monnaicrs parmi lesquels 

Gile de Tornai qui fet les coinz. V livre commun. 

Jehanne piaudre, monnaière » 3 » 

Durant Cenglier, vallet de la monnoie. ... » 8 » 

1313 (Buchon). 

Parroisse Saint Germain l'aucerrois. 

Porte Nicolas A r rode. 
Lappc le lombart çt ses trçres 15 » )> 






i 



liste de leurs nOxMs. 153 

Rue Saint Denis. 

L. S. D. 

Guillaume de Betines, compaignon Bertran de 

Caours 9 » » 

Bertrand de Caours 6 » » 

Rue de la Coçonnerie. 

Renuche le lombart et ses frères 7 JO » 

Emanrri de Broisselles,^^^) changeur 7 » . » 

Rue Sainte Opportune ou des petits soliers. 

Nicoluche, le lombart de Senne et ses compai- 
gnons 22 » » 

Parroisse Saint Merri. 

Rue des Arsis. 

Richart du Barillet, lombart et Philippot, son 

neveu » 30 » 

Frassequin le lombart » 24 » 

Guillaume Belorce de Gennes et ses compai- 
gnons 7 ** ** 

Pagnan, le lombart, et ses compaignons ... 15 » » 

[En note. I « Recreuz ses gaiges par lettres 
d'arest du roy. » 

Rue [Jeha}i] Pain Moict. 
Jaques le lombart, de Senne, espicier .... » 6 » 

Rue Barre du Bec. 
Jaques Haringe, le lombart » 30 » 

(i) En septembre 12 10, un Hemeri de Boixelles vend à Eude Arrode et à 
ses associés 70 arpents du bois de Jenci ^i^i" liv. de Philippe- Ati^tiste). Est-ce 
un ancêtre? Faut-il lire Aimcri de Boisseaux? 



154 * ^^^ LOMBARDS A PARIS. 

Rue Neuve Saint Merri. 

Jehan Corset, lombart 

Pennoche Aubert, lombart 

Meilleur le lombart, tavernier 

Autour de Vencloistre. 

Jehannin de la Fourmage et ses compaignons . 

Jaquemin de Gennes, tavernier 

Courradin, le lombart, et ses compaignons de 

vin [?] 

Gambin Lupperel, lombart 

Rue du Temple. 
Huchon Bruet, lombart • 

Rue Neuve Saint Merri, 
Tierri Bouche-fol , de Luques, lombart. . • . 

La Buffeîerie, à destre. 

Hues de Madignon,espicier et ses compaignons. 

Bete Moricon et ses compaignons 

François de Rustigaz 

Jaques Panois de Plaisance 

Guiart de Guignac et Berthelemi Don, son 
compaignon 

Rue Pierre au ht. 
Bocassin, le lombart, changeur, et son frère . 

Rue des Arsis. 

Thomas, le lombart, hébergeur de messagers. 
Jaques le tainturier lombart 



L. 


s. 


D. 


» 


12 


» 


4 


10 


n 


» 


9 


» 



» 30 » 



» » 



30 



» 30 



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18 



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» 9 » 



» 2 6 



» 60 » 



4 


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» 


30 


» 


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30 


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» 


30 


» 



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» 



6 » 

» 18 



LISTE DE LEURS NOMS. 

La Poterie. 

Salvin et Dine, compaignons lombarz . . . • 
Chastelain de Gennes 

Rue dejoy (Jouy). 
Berthelot et Anthoine , compaignons lombars . 

Port Nostre-Dame. 

Binde, le lombart 

La Cavaterie, 

Martin, le lombart, qui trait les denz . . . . 

Guines, le lombart, tavernier 

Sequin, le lombart, tavernier. • 

Jaquemin, le lombart 

Rue de la Harpe. 

Berthelemi Harengier 

Porte Jubcrt (Gibart). 
François, le lombart ..... .... 

Rue Sac à lie. 

Secotin, le lombart 

Saint Nicolas du Chardonnet, 
Nicolas Thevery, lombart et tavernier . . . 

Rue Perdue.^ 
Dame Agnes, la lombarde 



155 



L. 


8. 


D. 


» 


3 


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» 


3 


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4 



10 



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9 


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» 


36 


» 


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37 


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18 


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» 



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» 9 » 



» 60 » 



45 '' 



» » 18 



iS6 



LES LOMBARDS A PARIS. 



^H 



Rue du moustier Saint Joce. 

L. s. D. 

Thiebaut, de Florence, ostelier ^ » » 

On compte en 1313 environ 42 Lombards à 

Paris. — Parmi les autres financiers, nous 

relevons les noms de Jehan le flamenc, 

changeur 15 » » 

Maciot, son frère ". . » 60 » 

En Perrin Gaccîin; puis au Porche Saint Guillaume. 
Guillaume le flamenc et Pierre, son frère. . . 96 » » 

La Draperie sur le grand Pont. 
Rogier le flamenc 7 » » 

Nota. — Ces tailles inédites, à l'exception de celles de l'an- 
née 13 13, se trouvent dans le livre des Tailles exposé au musée 
des Archives nationales et coté KK. 283 . 



CHAPITRE VIII 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE 



(Inédit) 



Arch. nationales. J. 406. N» 14. 

Copia testamenti Gandulphi de Arcellis. 

Universis présentes litteras Inspecturis Oflicialis curie pari- 
siensis salutem in Domino. Noveritis nos anno Domini mille- 
simo tricentesimo primo die Veneris post Misericordia domini <') 
vidisse litteras inferius annotatas formam que sequitur conti- 
nentes in hec verba. 

In nomine Domini amen. Universis litteras inspecturis. Ofli- 
cialis curie archidiaconi parisiensis salutem in Domino. 

Notum facimus quod in nostra presencia personaliter consti- 
tutus Gandulphus de Arcellis, clericus, natus de Placencia qui 
Parisius moratur, attendens et considerans quod nichil est cer- 
cius morte et nichil incercius hora mortis et ideo propter hoc 
non immerito cogitans de supremis de bonis et rébus suis, 
causa sue ultime voluntatis, ordinans et disponens testamentum 
suum condidit ita dicens. In Dei omnipotentis nomine, mihi 
instituo heredes in omnibus meis bonis, juribus, racionibus et 
accionibus mobihbus et inmobilibus, Lconardum de Arcelhs et 
Dyonisium de Arcellis fratres meos, sed volo, jubeo et statuo 
quod dicti Leonardus et Dyonisius, fratres mei, sint taciti et con- 

(i) Second dimanche après Pâques (21 avril 1301). Il s'agirait donc ici du 
vendredi 26 avril i^oi. 



V 



» , 



In8 



LES LOMBARDS A PARIS, 



tenti jure totius mee hereditatis et falchidie et omni jure etiam 
quod eis competere posset, quilibet eorum in ducentis libris 
tur[onensium] nec ultra hoc aliquid aliud de meis bonis petere 
vel exigere possint aliquo modo vel jure. 

Item, lego pro anima mea et ob remissionem peccatorum 
meorum omnibus maledariis ^^^ leprosorum que sint infra ban- 



i\ 



(i) En 1407 (16 août), il y avait quatre léproseries près de Paris, une près 
de la porte Saint-Honoré, appelée le Roule (Sauval, t. III, p. 357); une 
près de la porte Saint-Germain des Prés qui conduit au port de Gamelles ; 
une près la porte Saint-Jacques, sur le chemin de Bourg-la-Reine, dite de 
Notre-Dame des Champs (Sauval, t. III, p. 352-353) ; une enfin près de la 
porte Saint-Denis. (Docum. incd. testam., t. III, p. 154. Testament de Et. Pois- 
sonnai.) La léproserie du Roule est mentionnée dans le Cart. X. D., t. III, 
p. 297 : dedimus Hccntiam constmendi capeUam juxta leprosiam du Roide, 12 17, 
avril, et p. 336 : maison de Saint-La^re du RouIIe Ici Paris. Le 12 mars 1343, 
cette maison était « un hostel pour les prévoz^ ouvriers et monnoiers du ser- 
ment de France, » et n'avait pas été fondée par les ouvriers de la monnaie 
comme on le prétend dans Paris et ses historiens, p. 231. (Dubois, Hist. Eccl. 
Paris., t. II, p. 262.) — Dans le dictionnaire de Jean de Garlande, xi^ siècle, 
on lit Ad portant Sancti Laiari, rnanent archiîenentes . (Éd. Géraud, p. 589.) 
D'après Géraud, c'est la porte Saint-Denis. En effet, les armuriers et les fabri- 
cants d'armes sont dans la rue Saint-Denis. (Taille de 1293, p. 28.) La lé- 
proserie de Saint-Ladre ou Lazare était située sur l'emplacement du monastère 
*de Saint-Laurent du temps de Louis le Gros. (Géraud.) Dans Boutaric, 
5t Louis et Alphonse (Dons d'Alphonse en 1264, 1265, 1266. J. 191. A.N. et J. 
360 A.N.), nous lisons : Léproserie de Fontenay près de Vincennes 30 sous; 
Léproserie du Roule, à Paris 20 sous; Léproserie de Chalevenne 10 s. {CaroJi 
Venna, près Rueil, probablement Bougival ou la Chaussée.); Ermites demeu- 
rant à la porte Montmartre 20 s. ; La Recluse de S^ Innocent, à Paris, 10 s. 
Et dans les aumônes du roi Jean de 1350, 15 sept, à 1355, 16 sept. (KK 9. 
A.N) nous voyons : à la maladrerie du Roule (1303 et 1304) 10 liv. t. ; à la 
maladrerie S^ Germain des Prés, 20 sous ; à la maladrerie de la banlieue de 
Paris (1350, 51, 52) 10 liv. pour terme valent 30 1. p. Le directeur de cette 
maladrerie en 1369 est Jean du Ru de Valenciennes, et en 1404, Jean Bo- 
chet ; à la recluse de S^ Innocent de Paris, 1350 à 1354, 20 sous pour terme 
valent C s. p. — Note de 1408... « non est ibi Reclusa et ydeo non debetur 
eleemosyna. » 

Les A. N. possèdent les sceaux suivants : 

1264- 1399. Sceau de l'hôpital Saint-Lazare, à Paris. (S. 4275, n» 18. — 
L. 772.) 

1246. Sceau de la maladrerie du Roule. (M. 576.) 



y 



n 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



159 



i 



'É 



leucam civitatis parisiensis, videlicet unicuique dictarum male- 
dariarum quinque solidos tur. 

Item fratribus minoribus Paris, centum solidos tur. pro anima 
mea et pro missis canendis ^'K 

Item fratribus predicatoribus Par. centum solidos tur. pro 
anima mea et missis canendis ^^>. 

Item fratribus Sancti Augustini Par. centum solidos tur. pro 
anima mea et missis canendis ^^^ 

Item fratribus Valiis scolariorum Par. Ix. solidos tur. pro 
anima mea et missis canendis ^^^ 

Item fratribus de Monte Carmelii Par. Ix. solidos tur. pro 
anima mea et missis canendis (>\ 

Item fratribus sancte Crucis Par. xl. s. tur. pro anima mea 
et missis canendis ^^\ 

Item fratribus de ordine Picar[io] ? Par. viginti solidos tur. 
pro anima mea et missis canendis ^7). 



ir 



(i) Les Franciscains ou Frères mineurs. (Géraud, p. 325, 430.) Pierre de 
Cliquetot était leur vicaire en 1300. (Clair. Sceaux.) Établis en 1217, place 
^e l'École de médecine. 

(2) Les Dominicains ou Jacobins de la rue Saint- Jacques. (Géraud, p. 427. 
— GuiLHERMY, t. I.) Établis en 12 18. 

(3) Johannes de Egubio, etc., hermite de l'ordre de Saint-Augustin, avait 
acheté, en décembre 1259, une maison avec jardin, située en dehors de la 
porte Saint-Eustache sur le chemin de Montmartre. (Denifle, Chart. Univer- 
sitatis.) Ce fut là l'origine du couvent des Augustins (Géraud, p. 208, 359.) 
(Voir A.N. JJ. no 54. 1300, 6 mars. Acte du Roi leur accordant des conces- 
sions.) (En mars 1284.) Il y avait aussi des frères hermites de l'ordre Saint- 
Guillaume de Montrouge. (A.N. J. 403, no n.) 

(4) Le Vâl des Écoliers, à Paris. (Géraud, p. 291, 292, 393.) Prieuré 
fondé en 1229. 

(5) Les Carmes ou Barrés (Géraud, p. 392) fondés en 1229. 

(6) Les Religieux de Sainte-Croix (Géraud, p. 381.) établis vers 1250-60. 
Guillaume de la Villeneuve les nomme H Croisié. Crieries de Paris. Ils étaient 
de l'ordre Saint-Augustin. (A.N. JJ. 45 à 47.) 

(7) Chanoines réguliers établis par saint Louis en 1268. C'est « la novele 
ordre de la Pie » dont le nom se trouve dans les « Moustiers de Paris, » 
(vers 63) 1270. (H. Bordier.) Cf Rutebeuf, éd. Jubinal, t. I, p. 242-3. 



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i6o 



LES LOMBARDS A PARIS. 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE 



l6l 



Item fratribus Sacatis Par. viginti solides tur. pro anima mea 
et missis canendis^'>. 

Item fratribus de Trinitate Par. xx solides tur. pro anima 

mea et missis canendis ^'K 

Item fratribus sancti Maturini Par. xl. solidos tur. pro anima 
mea et missis canendis ^^\ 

Item congregacioni cecorum Par. Ix. solidos tur. pro anima 

mea et missis canendis ^^^^ 

Item Domui Dei Par. centum solidos tur. erogandos paupe- 
ribus dicte domus per denarium et obolum^>>. 

Item relinquo tanquam debitum et pro debito Jacobo dicto 
prengue et Guillelmo de Ursano qui michi diucius servierunt 
illam quantitatem que scripta reperietur in mea ultima racione 

(i) Li Barré, li Sachet, li Frère de la Pie 

Comment troveront-il en cest siècle lor vie ? 
Il sont trop tart venu, car il est ja complie, 
Et s'est li pains donnés, ne s'i atendent mie. 

{De la vie don monde, complainte de S^^ Eglise.) 

Allusion à leur coutume de mendier en disant : 

« Du pain aux pauvres frères Sachets ! du pain aux frères de la Pie ! » 

V. les Crieries de Paris, de Guillaume de la Villexeuvi:. Fabliaux de ' 

MÉON, 2 vol. 

On entend dans les rues de Paris demander du pain par les Ordres men- 
diants : 

Li uns avant, li autre arriers, 

Aus Frères des Pies demandent 
Et li croisié pas ne s'atendent ; 
A pain crier raetent grant paine, etc. 

(RuTEBEUF, éd. Jubinal, vol. I, p. 219.) 

Les Sachets (Géraud, p. 524, 421) institués en 126 1. — Nous trouvons 
dans la rue de l'Hyrondale, en 1293, ces deux noms : « Scur Perronele et 
Auberée, sueur, sachètes, 16 sous. >y Ce qui prouverait qu'il y avait des 
femmes dans cet Ordre. (?) (Géraud, p. 139.) « Ça, du pain, por Dieu, aus 
sachesses... » Crieries de Paris. 

(2) Hôpital de la Trinité (Géraud. p. 396), fondé en 1202. 

(3) Les Mathurins (Géraud, p. 43 1), institués au commencement du 

Xiii*^ siècle. 

(4) Les Aveugles ou Quinze-Vingts (Géraud, p. 364), hôpital fondé en 1254. 

(5) L'Hôtel-Dieu (Géraud, p. 406), fondé en 651 (?)• 



in una cedula signata sigillo meo et dicti Jacobi de eo quod 
dictum Jacobum Prengue habere volo et in alia cedula signata 
sigilUo meo et dicti Guillelmi continente quantum predictum 
Guillelmum de Ursano habere volo. Et utramque cedulam sus- 
criptam affirmo esse manu mea vel alterius eorum, quas quan- 
titates proxime dictas et in dictis cedulis contentas ante omnia 
accepi et solvi volo a predictis et predictis Jacobo et Guillelmo. 
Item meam eligo sepulturam in ecclesia sancti Mederici Par. si 
me Parisius mori contingat, alias in alia ecclesia parochiali in 
cujus parochia me mori contingerit, cujus ecclesie processioni 
in die mei obitus relinquo xl. solidos tur. Item in die mei (sic) 
transmigracionis aut in alio die subsequenti cuilibet pauperi 
venienti volo et jubeo unicuique ipsorum dari unum denarium 
par. ad presens namque cum decessero. Lego et volo^ jubeo et 
statuo omnia alia mea bona mobilia et immobilia tam presentia 
quam futura distribui et dari ad salutem anime mee illi vel illis 
a quibus actenus habui et recepi pro usuris seu occasione usu- 
rarum acquisitis et ablatis in quocumque loco seu locis quibus- 
cumque et omnibus aliis personis masculis et feminis tam cle- 
ricis quam laicis secundum quod Inventum fuerit et scriptum 
reperietur- in quaternis et libris meis seu libris et quaternis illo- 
rum hominum qui pênes me steterint et steterunt per fidei 
commissarios et exequtores meos omnimode personis supra dictis 
et infra dictis sive eorum heredibus que persone principales sunt 
certe et distincte in dictis libris et quaternis et a me nominate. 
In primis domino comiti Attrabatensi mille libras Tur('\ 
Item, domino comiti Flandrie, sexcentas libras tur^^^ 
Item, domino comiti de Pontivo trecentas libras tur<^3). Item, 
domino Johanni de Falanel ejusdem domini comitis filio tre- 
centas libras tur ^^\ 

(i) Robert II, né vers 1250, f 1302, 11 juillet, tué à Courtrai. 

(2) Gui de Dampierre, 1225, f 1305. 

(3) Jean III de Nesle, comte de Ponthieu, (Sceaux. A. N.) 

(4) Jean IV de Nesle. Le mot falanel ou falarel est évidemment une mau- 
vaise lecture des mots « seigneur de Falvy et de la Hérelle » écrits en abrégé 
dans l'original. 



LES LOMBARDS. — TOME I. 



II 



I 



l62 



LES LOMBARDS A PARIS. 



i 



Item, 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 

Item, 
tiir(9). 

Item, 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 



domino comiti de Drocis quingemas libras tur ^'K 

ville Droconis mille libras tur<'>. 

ville Rothomagi mille libras ^'\ 

ville de Poissiaco quingentas libras tur^^\ 

ville de Pontissara mille libras tur ^^K 

vice comiti de Meleduno quatercentas libras tur^^>. 

domino comiti de Sancto Paulo ducentas libras tur (">. 

domino Roberto de Drocis militi Ix. libras tur<^>. 

domino Eustachio de bello Marchesio militi XXX libras 

Gileto de Milliaco armigero, xl libras tur. 

domino Ade de Spies xl libras tur. 

Johanni de Villa Euverardi armigero XX libras tur ^'°\ 

priori de Maroliis XX libras tur(">. 

priori Sancti Eligii Par. XX libr. tur(''>. 



(i) Jean II le Bon, comte de Dreux, grand chambrier de France. 

(2) La ville de Dreux. 

(3) La ville de Rouen. 

(4) La ville de Poissy. 
()) La ville de Pontoise. 

(6) Adam IV, vicomte de Melun t après 1304. 

(7) Gui IV, comte de St Pol. (Sceaux. A. N.) 

(8) Robert de Dreux f 1303. (Anselme, t. I, p. 428.) 

(9) Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulousain et Albigeois. {Hist. 
des Gaules, t. XXL p. p. ^17 h. 179 e. f.) Son sceau, sans contre-sceau se 
trouve appcndu à un acte de 1277. (J. 747, n°' 43 ^^ 47); il est gouverneur 
du royaume de Navarre. S'Huitase de Biaumarchais cheval' et S'Eus- 
TACHii DE Bello marchesio mil[itis]. Philippe le hardi le sachant assiégé 
veut le déhvrer, dut-il y dépenser tout l'argent du Temple. (V. Hist. de la 
guerre de Navarre, par Guil. Anelier. xhf siècle, éd. Fr. Michel — vers 
4267, p. 274. — Delisle, L. Opérations des Templiers. — Giornah storico. — 
Rome, Turin, Florence, 188$. — Sir Ciappelleto (G. Paoli) — et plus haut 
le passage où se trouve cité Boccace. 

(10) Nous trouvons un Adam de Ville-Evrard vers 11 24. Gandoufle avait de 
vastes propriétés à Ville-Evrard, ce qui expliquerait ce legs au descendant (?) 
de celui que nous venons de citer. (A.N. JJ 41 et 42, p. 23.) Les Olim men- 
tionnent un Gauhier de Ville-Evrart (1313)- 

(11) MaroUes sur Seine. (Seine-et-Marne.) Prieuré. (A. N. Q. 1411-) 

(12) Pierre de Trainel, prieur de St Eloi (1298-1320). {Gai. Christ., t. VII, 
col. 86).) 



Ml,ij!' ' "/- ' - e uméag-'û 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



163 



Item, 
Item, 

tur<^>. 
Item, 
Item, 
Item^ 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 
Item, 

tur (9). 
Item, 
Item, 



abbati Ybernali XX solid. tur('\ 

domino Guillelmo de Edera militi quinquaginta lib. 

doiTiino Johanni de Edera militi X libras tur. 
Johanni Bidaut armigero 1. Hb. tur ^3). 
domino Philippe de Sancto Yonio XX lib. tur ^4). 
Petro MarceUi draperio paris. XI. lib. tur ^5). 
Stephano Aldrici draperio 1. Hb. tur^^\ 
Johanni Marcelli mercerio CC Hb. tur^"). 
Johanni de Paciaco draperio par 1. lib. tur<^^^. 
Johanni et Stephano dictis Nevelon fratribus. Par X lib. 

Nicolao Sansoni aurifabro par. X Hb. tur. 
Martino de Medonta par. VI lib. tur^'°^ 



(i) L'abbaye d'Yverneaux, {Gai. Christ., t. VII, col. 849.) 

(2) Guillaume d'Yerres, homme du comte de Poitou, frère de Jean 
d'Yerres et fils d'Hervé d'Yerres, bourgeois et prévôt de Paris avec Otto 
dit Rufus. 1257 juin. 1259 mars. {Tr. des ch., t. III. — Hist. des Ganh, 
t. XXI, p. 351 e.) 

(3) Le nom de Bidaut est commun : un Nicolas Bidaut, quartier S^ Merry, 
paie 8 sous en 1293. (Géraud, p. 74.) 

(4) Homme du comte de Poitou :Ph. de Sancto Yonio, se altero pro equo, 
XV lib. tur. ; Guill. de Edera, se tertio, pro equo XXV lib. tur. (Tr. des Ch., 
t. II), vers 1242. 

(5) Pierre Marcel le vieil paie 58 liv. de taille, et demeure en la Péleterie ; 
grand-père d'Etienne Marcel, et fils (?) de Nicolas Marceau et de Marion, sa 
femme. (Géraud, p. 136.) 

(6) Etienne Haudry, fondateur de l'hôpital des Haudriettes, demeure en la 
Péleterie, paie 32 liv. en 1293, et 36 liv. en 1297. — Gile, son fuiz, 2 1. 16 s. 
(Géraud, Liv. des tailles des A. N.) — Pour son hôpital et sa chapelle, voir 
A. N. JJ 38, p. 136. 

(7) Jehan Marcel, mercier, en l'encloistre Saint Merri, paie 1 5 liv. (Géraud, 
p. 76, 77.) 

(8) Sire Raoul de Pacy, 16 Hv. ; Jehan de Pacy, son fuiz, 8 1., en la Péle- 
terie 1397. {Liv. des tailles, fo 55, r». A. N.) 

(9) Jehan Nevelon et vu enfanz en bail, 9 liv.; porte du Chatelet. (Géraud, 
p. 33.) — Etienne Nevelon et vi enfans en bail (en tutelle), 9 liv. (d^ do). 
— Un Pierre Nevelon est monnoier et orfèvre en 1^00. {Liv. des tailleSyA.]^.). 

(10) Martin de Mantes (?) 



164 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Item, communie carnificum par. 1. lib. tur^*\ 

Item^ Philippe, Petro et Johanni de Sancto Yonio fratribus 
carnificibus par. Ix lib. tur^'^. 

Item, Laurencio de Chamblanc par. XX lib. tur. 

Item, hercdibus Johannis de Amblavilla par. XXX lib. 
tur (3). 

Item, Johanni baillivo armigero par. XXX lib. tur. 

Item, Dyonisio de Perona par. 1. lib. tur^^^ 

Item, Johanni Arrodi par. 1. Hb. tur^^). 

Item, heredibus Stephani de Perona par. XXX 1. tur. 

Item, heredibus Ade de Darenciaco par. quindecim lib. 
tur <^>. 

Item, heredibus Ancheri de Gravia paris. X 1. lib. tur ^7). 

Item, Johanni Sellario par. de Aurelianis X lib. tur. 

Item, Michaeli de Attrabato, sellario par. XX lib. tur. 

Item, heredibus Rogeri Dauban par. XX hb. tur. 

Item, heredibus Johannis Brice archahbatoris par. XX 1. 
tur <^>. 

(i) Corporation des Bouchers de Paris. 

(2) Philippe, 12 sous, et Jean de Saint Yon, 12 deniers, bouchers de Paris, 
tils de Jehanne de Saint Yon, 8 sous ; devers la Tannerie. (Géraud, p. loi). 
— Pierre, 48 sous, fils de Marie de Saint-Yon, 70 sous ; devers la Tannerie 
(loc. cit., Géraud.) 

(3) Jehan dit Bauché d'Amblainville (Oise). (Sceaux. A. N.) 

(4) (V. B. N. lat. 9783). Relicta gaufridi de Perona, pro dote in 
redditum filii'dicti g. 10 1. p. p^r Johannem nepotem suum, supra regem. 

(5) Jehan Arrode, 19 liv.; le premier de la Poterie. (Géraud, p. 72.) 

(6) Adam de Drancy avait une maison dans la rue (?) Saint Gervais, qui 
fut donnée à Betin Cassinel, avec celles de Robert Roussel, de Simon du 
Temple et de Geoffroy Lanier (Gaufridus Lanarius). Ces quatre maisons 
furent vendues ensuite à Maître Thibaut de Saint-Martin des Champs. 1309. 
Janvier. (A. N. J. J. 41, pièce 184.) 

(7) Ancherus, pyscionarius, civis parisiensis, et Maria, ejus uxor. {Tr. des 
Chart., t. III, p. 393.) Vente par eux d'une maison située près l'église Saint- 
Leufroi, à Louis IX. Ils demeuraient place de Grève. 

(8) Jehan Brice le vieil, 4 liv. par- Saint Merri (Géraud, p. 74) ; un Ber- 
trant Brice paie 4 liv. (Géraud, p. 78), et une Jacqueline Brice, monnaière 
en 1298, paie 52 sous. 






TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



165 



Item, Ronanimo Dauban par. X hb. tur. 

Item, Richardo de Butiaco tinturario par. XIV. lib. tur. 

Item, heredibus Gaufredi Charrenteste par. XX lib. tur. 

Item, heredibus Hugonis de Gouvernes par. XX lib. tur<'\ 

Item, Roberto de Bougevalle, armigero, XL hb. tur ^'\ 

Item, Societati de Guadagnaben de Placentia quingentas lib. 
tur ^3). 

Item, Societati Guidonis Canachole de Placentia quingentas 
lib. tur(-^> et si plus inveniretur per dictos libros et quaternos 
meos ab eisdem récépissé, plus eisdem restituatur, prout aliis. 
Quantitatem vero incertam restituendi ego affirmo posse ascen- 
dere usque ad quantitatem duorum millium lib. tur. Et si con- 
tingerit exequtorum meorum potestatem impediri de jure vel 
de facto per quemcumque dominum temporalem seu ecclesias- 
ticos galhcos, ita quod ipsi exequtores mei non possint hanc 
meam ultimam voluntatem exequcioni libère demandare, volo 
quod hoc casu omnis ipsorum exequtorum meorum potestas 
evanescat, et dicti fratres mei michi sucedant Qîc) in omnibus 
meis bonis et ipsi fratres mei ad restitucionem maie ablatorum 
totaliter et in solidum teneantur personis supra dictis et infra 
dictis et ad omnia aha adimplenda insuper illustrissimo Domino 
Régi Francie et venerabili in Christo patri Domino Par. epis- 
copo ac domui Tamplariorum par. très florinos aureos , scilicet 
unicuique eorum unum lego et dari volo et jubeo. Insuper, 
expresse perhibeo ne dicti exequtores mei possint inter se divi- 
dere pecuniam et bona mea que in exequcione mei testamenti 
venire debent. Item, volo et jubeo quod dicti exequtores mei 
teneantur domino decano Ecclesie béate marie virginis par. 

(i) Une dame Agnès de Gouvernes (doyenné de Lagny), demeure rue 
Granier sur l'eau et paie 70 s. en 1293. (Géraud, p. iio). 

(2) Robert de Bougival (?) 

(3) Paumier Garnier ; — Jehannin Brachefort , en compaingnie de 
Gaaingne-biens, soliv. en 1293. Ce sont les Lombards de Plaisance. (Géraud, 

p. 2.) 

(4) Rutin de Lande, de la Compaingnie Guy CavcsoUe, i > liv. — Lom- 
bards de Plaisance. (Géraud, p. 3.) 



1 V 



166 



LES LOMBARDS A PARIS. 



qui pro tempore fuerit de exequcione quam facient et quomodo 
et qualiter fecerint reddere racionem. Cui domino decaiio re- 
linquo, pro suo labore, quinquaginta libras tur. de meis bonis, et 
capitule Par. ecclesie alias quinquaginta lib. tur. non ante sol- 
vandas {sic) quam meum testamentum exequcioni totaliter 
demandetur prout exequi possint, morte alicujus non expectata. 
Item, si quod residuum in meis bonis fuerit, predictis legatis 
solutis, volo et jubeo unam capellaniam de dicto residuo in 
ecclesia Sancti Mederici Parisius fieri, si Parisius me mori con- 
tingat, alias fiât in ecclesia in cujus parochia me mori contin- 
gerit, in qua cotidie cantetur una missa pro defunctis et pro 
anima mea et animabus parentum meorum ; et si per très dies 
continues hec deffecerint ex quacumque causa quod dicta missa 
cotidie non canteretur (^/V), volo et jubeo quod totus redditus 
dicte capellanie ab ipso Gandulpho legatus ad domum leproso- 
rum Sancti Lazari Parisius, si mori me Parisius contingat, alias 
ad illam leprosariam que proximior erit ecclesie in qua sepultus 
fuero, pertineat et revertatur, ita quod predicti Leprosi tenean- 
tur tamen dictam missam in dicta ecclesia cantari facere quo 
casu si in ecclesia Sancti Mederici non ero volo tamen quod 
predicta ecclesia Sancti Mederici Par. habeat VI. lib. par. pro 
meo anniversario faciendo, et si predicta mea bona mobilia et 
inmobilia et jura et acciones non sufficient ad predicta legata et 
ad restituciones fiiciendas de maie acquisitis volo quod mea 
bona inmobilia vendantur usque ad quantitatem illam suplendam 
que deficeret, et de residuo bonorum meorum inmobilium, si 
quod fuerit, maritentur quatuor filie fratrum meorum que nunc 
superstites sunt et que nasciture sunt et [si] qua (sic) earum 
decedat jus illius decedentis sorori sue solum acrescat, id est de 
fluctibus ipsius residui usque ad valorem ducentarum librarum 
tur. pro qualibet fine pro rata cujuslibet si plures nascantur et 
vivant et si forsan tune imetate non essent dicta summa in ali- 
qua societate pro eis ponatur justo lucro pro eis augmentanda 
et bona mea sint dumtaxat in manu et potestate supradictorum 
Guillelmi de Ursano et Jacobi dicti Prengue, excepta quadam 
domo sita in parochia Sancti Mederici predicti, in censiva 



f 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



167 



Sancti Eligii Par. contigua ex una parte domui Philippi Bove- 
tun(?)^'^a duabus vineis et rétro in parte, domui ecclesie 
Sancti Boniti paris. (^> cujus domus hereditacionem tot;mi et 
liberam relinquo Dyonisio de Arcellis fratri meo in vita ipsius 
Dyonisii et omnc comodum quod inde habere poterit de locagio, 
et post mortem ipsius Dyonisii, vendatur per exequtores meos, 
et precium detur in illis locis et villis ubi aliquid lucratus sum 
illicite vel per usurarii pravitatem in emendo pannos de minori 
precio pauperibus dictarum villarum et locorum distribuendos, 
hoc salvo etiam quod de fructibus bonorum inmobilium volo et 
jubeo quod Leonardus de Arcellis frater meus habeat quolibet 
anno quamdiu vixerit triginta lib. par. Item, relinquo de meis~7 
bonis Obertino Gramadiano de placentia centum lib. tur. Item, 
relinquo de meis bonis vacario de Roze 1 lib. tur.^>\ Item, volo - 
et jubeo meam pecuniam Çsic) inventam tempore mortis meC: 
deponi in loco securo in scrineis sigillatis et inde accepiat (sic)\ 
per partes quousquc predicta sint soluta et plenarie satisfactaj 
nec aliquod lucrum de ipsa pecunia fiât donec tota fuerit per- * 
soluta. 

Item, si aliqua discordia vel questio inter meos exequtores su- 
per exequcione orta fuerit, jubeo et volo quod dictus dominus 
decanus ipsam terminet et quod ad euiii pro ipsa terminanda 
recurratur. Item, si dictus dominus decanus decederet exequ- 
cione predicta non compléta, volo et jubeo quod ille possit 
adimplere et facere illud quod ipse poterat videlicet successor 
illius. Item, cuiUbet exequtorum meorum qui intromiserit se et 
perseveraverit in exequcione, lego ducentas lib. tur. quarum 
ducentarum lib. tur. quartam partem percipiat in primo anno 

(i) Phelippe Bouventin (?) 66 sous, demeure bout de la rue des Arsis. 
(Ghraud, p. 72.) Voir Olim (1307) [Philippe Bouvetin] et Buchon (taille. 
13 15) : Philippe Bovetin et Phihppe son fils 90 liv. rue des Arsis. 

(2) Saint-Bon. 

(3) Le nom d'Aubertin se trouve deux fois parmi les Lombards (Géraud, 
p. 3). Un Nicolas de Rosay, paiant 10 liv. demeure en Vendoistye S^ Mer ri 
(Géraud, p. 77) ; il loge un Lombard nommé Conte qui paie 100 sous. (Gé- 
raud, p. I.) 



' \-. 



i68 



LES LOMBARDS A PARIS. 



post mortem mei testatoris, et quartdm partcm in secundo, et 
residuas duas partes fïnita exequcione testament!, illa videlicet 
exequcione finitura que expediri poterit morte alicujus legatarii 
non expectata, et si forsitan tempore mee mortis dicte filie meo- 
rum fratrum maritate essent, vel aliqua seu alique ex eis me vi- 
vente, volo totum illud quod eis relinquo per meos exequtores 
pro anima mea pauperibus Parisius erogetur. Volo etiam et 
dispono quod si quis non existens contentus de eo quod sibi in 
presenti testamento relinquitur prcsumpserit bona dicte cxequ- 
cionis vel ipsam exequcionem aut exequtores meos in aliquo 
impedire, impetrando contra eos aut ea seu in judicium conve- 
niendo privatis (sic) [privatusl sit omni legato et quomodo sibi 
relicto et si quid solutum fuerit illi illud tanquam indebitum re- 
petatur et domui Sancti Lazari predicte implicetur. Item, volo et 
jubeo quod mei exequtores de bonis exequcionis teneantur fa- 
cere inventarium cujus transcriptum unum dent dicto Domino 
decano et aliud transcriptum sit pênes Officialem par. et ori- 
ginale teneant in deposito in loco quem dictus dominus decanus 
duxerit deputandum. 

Volo etiam quod, petito consilio et assensu dicti domini de- 
cani, omnia dubia et obscura hujus modi testamenti executores 
mei valeant declarare non tamen possint augere vel minuere 
quantitates. Exequtores autem meos sub modo et condicione 
predictis statuo et reliquo Officialem paris, dominum Grime- 
rum ^^^ vicecomitem canonicum parisiensis Ecclesie magnum. 
Johannem de Castro Arquato, canonicum belvacensem, capice- 
rium ecclesie Sancti Mederici par., dominum Salvum de floren- 
cia Parisius comorantem, Palmerium de Rozo ('\ Guillelmum 
de Ursano et Jacobum dictum Prengue cives cives (sic) Placen- 
tinos ; cui Officiali paris, relinquo in tuitu sue persone ne sibi 
tantummodo acquiratur. 

Quiibus executoribus si omnes voluerint et poterint, interesse, 



(i) Grimerius, canonicus parisiensis (B. N. lat. 9783.) 1298. 
(2) Le nom de Paumicr se rencontre fréquemment parmi les Lombards. 
(Géraud, p. I et 2.) 



i 



I 

I 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



169 



alias majori parti eorum do potestatem exequendi omnia super- 
dicta clausulam autem insuper unam vel plures facientem men- 
cionem de libris meis et illorum qui mecum steterint, testor 
nullius esse valoris cum jam conbusti existant et reperiri non 
possunt. 

Presentantem (sic, pour presentem) autem meam voluntatem 
volo valere jure testamenti vel quocumque alio modo quo me- 
lius valere potest omne aliud testamentum et ultimam volunta- 
tem actenus a me factam cassans et irritans et decernens nul- 
lius existere fîrmitatis. Et hec omnia promitto et jubeo sic 
adimpleri solempni ^stipulacione. me et mea bona obligans ca- 
vendo pignoraticia caucione et fidem corporaliter prestando 
quod aliam caucionem dare non possum. Rectori ecclesie Sancti 
Mederici^ cujus parochianus existo^ stipulant! et recipienti nomine 
et vice illorum quibus teneor et apparuerit me teneri et modé- 
rant! et approbanti ac arbitrant! illam esse sufficientem et legi- 
timam quantitatem que in hoc presenti meo testamento et ul- 
tima voluntate superius est expressa, videlicet de illis maie 
ablatis restituendis quorum quantitas est incerta, pro illis autem 
usuris volo bona mea vel exequtores aut heredes meos teneri ( '^) 
vel molestari que a me vivente apparuerint restitute. 

Acta sunt hec Parisius in domo predict! testatoris, sita in dicta 
parochia Sancti Mederici. Présente rectore predicto ipsius Ec- 
clesie Sancti Mederici et stipulante et faciente prout superius 
continetur. 

Et presentibus Domino Johanne de Canda persona ecclesie 
Sancti Boniri par. Domino Johanne Lantone (?) capellano pre- 
dict! Sancti Mederici, Ugacio Gislandi, Ruffino de Lando^^>, 
Johanne et Germano de Germanis fratribus de Placentia ^'> et 
me notario infra scripto anno Domini millesimo CC" nonagesimo 
primo, Indicione quinta, undecima die niensis octobris ponti- 
ficatus Domini Nicolay pape quarti anno quarto. Et Ego Girar- 

(i) Rrffin de Lande, cité plus haut. (Géraud, p. ^) 

(2) Un Jehan d'Alemaingne— 6 liv., est lombard de Milan (Géraud, p. 4). 
Ne serait-ce pas plutôt le mot Gcrmani ou Grimani, famille plaisantine? 



lyo 



LES LOMBARDS A PARIS. 



dus Pultroni de Parma, clericus apostolica et imperiali auctoritate 
notarius omnibus premissis dum sic agerentur prout superius 
est narratum, presens fui rogatus et ideo predicta scripsi ac in 
publicam formam redegi meoque solito signo signavi. Et nos 
Officialis curie archidiaci Par. ac rector ecclesie Sancti Mede- 
rici predicti ad evidencius testimonium premissorum ad requisi- 
tionem supradicti Gandulphi testatoris sigilla mea presentibus 
duximus apponenda transcriptum autem, hujusmodi litterarum 
fieri fecimus sub sigillo curie paris, salvo jure cuilibet alieno. 
Datum anno et die predictis. 

Rad. et Guillelmus Brito. 
[Noms écrits sur le blan.] 

Scellé en cire verte sur double queue du sceaa de Tofficia- 
lité<^). 

Arcelles. 

Arcellum — Arcellas , village et château. Cette localité, située 
aux environs de Plaisance (Italie), est mentionnée dès 1088, 
avec vingt chevaliers. Elle fut prise et détruite une première 
fois, en septembre 1163, par l'empereur Frédéric^ qui comman- 
dait les gens de Pavie. 

Le château ou forteresse — castrum Arcellarum, fut détruit 
une seconde fois, en décembre 1255, par le marquis Pela- 
vicini. 

Léonard d' Arcelles. 

Un personnage, que nous avons tout lieu de croire le propre 
frère du fameux Gandoufle, a joué un rôle considérable dans 

(i) Le total des dons monte à environ 12592 1. t., plus 3 florins d'or, une 
rente de 30 1. t. à son frère et quelques deniers aux pauvres gens qui suivront 
son convoi. 






TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



171 



l'histoire de Plaisance. Voici le résultat de nos recherches sur 
sa vie : 

En 1307, Léonard d' Arcelles et son frère, Denys probable- 
ment, étaient à la tête du parti guelfe, avec les Scoti^ et ren- 
traient à Plaisance, d'où les Gibelins les avaient chassés. 

Ils livrent la ville au massacre et au pillage, suivant l'habi- 
tude du temps. 

En 1309, Léonard était un des magnats de Plaisance avec 
Obertinus de Andito et Lanzalotus Anguissola (le Lancelot 
l'angoisseux de 1293. Géraud). Ce dernier, soldat et poète, 
chanté par Pétrarque , fut armé chevalier sur le champ de ba- 
taille de Parabiaco. 

Le 6 septembre 1309, à la tête de 100 fantassins et de 520 ca- 
valiers, il repousse une attaque des gens de Pavie, de Milan, 
de Vercelli et de bannis Plaisantins; 250 sont faits prisonniers. 
Albertus Scotus ^'^ en fait périr 14; et de plus, il condamne à 
mort un Janinus de Arcellis de Fontana, ainsi qu'un autre Jani- 
nus, fils de Janinus Scoti, de Sienne. Un Opicellus fut torturé 
en prison: on lui creva les intestins, il mourut sur-le-champ. 

En 13 10, Rolandus Scotus tue Fredentius de Arcellis délia 
Rocha, ainsi que quatre homm^es de son escorte. 

Opiasius Porrus, mis en prison, parvient à s'échapper. 

En 131 1, le 6 janvier, Léonard est armé chevalier par 
Henri VII, à iMilan , avec cinq autres Plaisantins, Pallavicinus, 
Bernard de Cario, Anguissola de Anguissolis et Theodaldus 
de Cario. 

En 13 12, 17 février, Léonard et Bernabos Pallastrellus, à la 
tête des Guelfes, déhvrent la ville de Plaisance attaquée par les 
Gibelins. 

Le 16 mars, nouveaux troubles; les Gibelins avec Albert 
Scoti entrent dans Plaisance et chassent les Guelfes. Manuel 
Scotus et le fils de Porchus de Arcellis sont tués; mais le 3 1 mars, 
Léonard avec Albertinus Paniza , éo cavaliers bien armés et 

(i) Cet Albertus Scotti avait été capitaine et seigneur général de Plaisance 
en 1290. (SiSMOKDi, t. IV, p. 209. — Chronicon placentinum, t. XVI, p. 483.) 



f 



I 



172 



LES LOMBARDS A PARIS. 



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50 fantassins « cum penacellis et insigniis régis Francie ad lilium » 
rentrent dans Plaisance et proposent la paix. 

Sur le conseil des Gibelins, Albertus Scoti fait emprisonner 
Léonard, Paniza de Roncarolo et douze magnats guelfes jusqu'à 
ce qu'ils aient livré la forteresse de Saint-Jean et le Bourg-neuf. 
Il éloigne ensuite leur troupe. 

Bientôt, Albertus Scoti trahit les Gibelins, et Léonard peut 
faire réoccuper par ses troupes le fort Saint-Jean et le Bourg- 
neuf, ainsi que d'autres endroits de la vallée de Tidoni, 

Le 2 juin 13 13, la paix fut offerte entre Galeas Visconti, 
vicaire impérial à Plaisance, et Albertus Scoti. Léonard avait été 
un des deux ambassadeurs envoyés au fort Saint-Jean. 

Le 21 juin, la paix était conclue; Petrus d'Arcelles et ses 
compagnons juraient de l'observer avec la Commune de Plai- 
sance, c'est-à-dire avec Albertus Scoti. 

En janvier 13 17, probablement à l'occasion des étrennes, 
Léonard d'Arcelles offrait à Galeas Visconti un magnifique bé- 
lier; les autres habitants présentèrent des chevreaux, des faisans, 
des lièvres, des perdrix, des renards et des grives. « Jamais, au 
dire des vieux nobles de la ville, on n'avait offert tant de ca- 
deaux à un empereur, à un roi, ni à un pape. » 

Le 1=^ octobre 13 18, Léonard était banni, ainsi que ses amis, 
pour n'avoir pas voulu céder la forteresse du Bourg-neuf à Ga- 
leas. Ce dernier fit monter à cheval son fidèle Guy et l'envoya 
dans la vallée de Tidoni, où il arrêtait deux femmes. Il ordonna 
aussitôt de couper le nez à Tune de ces malheureuses qui en 
mourut, et commença les hostiUtés contre les habitants de 
Bourg-neuf. Deux de ces pauvres diables tombent entre ses 
mains : il les fait tuer. 

Le 13 novembre, Léonard se rend à Plaisance avec Arduino 
de Arcellis et quelques amis ; et tous ensemble courent se jeter 
aux pieds de Galeas implorant leur pardon. Bourg-neuf fut dé- 
truit, et Léonard condamné à payer 6,000 livres. 

En 1322, le 28 novembre, dans une rencontre avec des ca- 
vahers allemands de Galeas, Léonard fut pris, ainsi que son 
neveu Janinus Capellatus, et jeté en prison à Plaisance. 



TESTAMENT DE GANDOUFFLE. 



173 



Le 23 mars 1323, Galeas condamnait les malheureux guelfes 
de Plaisance. Léonard d'Arcelles était enfermé dans une prison 
perpétuelle; ses compagnons se voyaient infliger des amendes 
variant de 500 à 4,000 florins. 

En 1324, 4 septembre, Léonard se retrouvait encore en 
liberté depuis quelque temps. ÇC h ronica tria plaçentinaa Johanne 
Codagnello ah anonymo et a Guerino conscripta. Parmae, 1859, 
r. in-8°.) 



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BOVOaUE SPINELLI, Florentin f 1287. 

f Ci * gist • Bovoque ' Espinel • raarchans • de • Florance • qui • trespassa • l'an • de ■ grâce 
M lie IIII XX et VII • la • vegile • Nostre • Dame • an • cetaubre • priez • pour • lui. 

Tiré des Cordeliers de Châlons-sur-Marne 

C'était un marchand lombard fréquentant les foires de Champagne. 
GAiGNiÈR£s (Pc I m. fol. S7, B. N. Estampes.) 



CHAPITRE IX 



LES LOMBARDS A PARIS 



1296. Livre de Comptes. (Extraits.) /owrna/ du Trésor du Louvre. — Éd. M. J.Havet. 

1298-13©!. Livre de Comptes. Journal du Trésor (Extraits du). B.N. (Inédit.) 

1330. Livre de Comptes. (Extraits.) — Éd. M. Moranvillé. 



Comptes du Louvre de 1296. 

{Êc. des Ch., 1884. J. Havet, éd.) 

§ 39. Renier de la Bêle <'>, garde de la ville de Laon : 
3,697 1. 8 s. 3 d. 

§ 74. De monetagio monete facte Parisius per Betinum Cau- 
cinel : 2,057 1. 4 s. 4 d. 

Et per Renerum Flammingi : 17,836 1. 15 s. 

Et per Guillelmum Flammingi : 2,500 l. 

Et per Petrum de Medunta et Faschium, Lombardum de 
monetagio auri^^> : 22,066 L 5 s. 

§75. De monetagio monete facte... apud Summidrium per 
Sornardum Caucinel : 2,568 1. 12 s. 6 d. 

§ 89. De denariis captis a Bichio et Mouscheto per eundem 
ballivum [Rothomagensem], ad opus navigii : 2,750 1. t. 

(i) Voir Liste des Lombards à Paris (1299). Renier de la Bêle est déclaré 
gentil homme et ne paie plus de taille. 

(2) Renier et Guillaume le Flament, monnaiers très connus. Faschius est 
le syre Face de la liste des Lombards à Paris. 



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176 



LES LOMBARDS A PARIS. 



§ III. De emenda seu finatione Donati de Vellut de Flo- 
rentia : éoo 1. 

§ 112. De forefactura Oliveri de Vintemille, per Guillelmum 
Pétri Becucii : 20 i. 



ExpENSA Parisiensium 



Ad hereditatem. 



§ 156. Lanfrancus Tartarus, de Janua, pro toto : 100 1. 

Alia Expensa. 

§ 1 66. Magistri monetarum duo, Betinus Caucinelli et Johannes('> 
Decimarii pro tercio : 133I. 6 s. 8d. 

§ 167. Renaudus de Aula, clericus monetarum 3 s. per 
diem (137 jours) : 20 1- 11 s. 

§ 216. Dominus Johannes de Chintrellis, ballivius Mastico- 
nensis, pro denariis redditis régi pro rotellis Judeorum per très 
annos et alias redditis per compotum Bichii : 44 1. 5 s. 6 d. 



Comptes du Trésor du Louvre de la Toussaint 

1296. 

19 août. § 323. De Dulchio Manier ^'>, de Societate Bardorum 
de Florencia 500 1. Tur. Valent : 400 1. 

2) août. § 324. De Bindo Escarche, de Societate Cerdorum<î> 
alborum de Florencia 500 1. Tur. : 400 1. 

§ 325. De Ouberto Jonte, de Societate Cerdorum Nigrorum 
de Florencia 500 1. Turn. : 400 1. 

(i) Jean Dismier. 

(2) Duché le lombart et ses compaignons. 10 1. en la Cité. (Géraud, p. 3.) 

(3) Le mot Cerdorum est un mot mal écrit par le scribe, il faut Circlorum 
les Cerchi. 



LIVRES DE COMPTES. 



177 



§ 326. De Lappo Piti, de Societate Mozorum de Florencia 
500 1. Tur. : 400 1. 

§ 328. De Alpicio Dyan, de Societate Scotorum, de Pla- • 
cencia, per dictum Vidaume^'^ 2,000 I. Tur..: 1,600 1. 

§ 329. De Renero de Passu de Florencia, per dictum Vidaume 
600 1. Tur. : 480 1. 

§330. De Girardo Capon ^^), Guidone Cavassole^^)^ Lance- X 
loto d'Angoyssole^^) et Johanne de Vantiduno, pro se et aliis 
campsoribus de Placencia 3,500 1. Tur. : 2,800 1. 

§ 331. De dicto Bonne Gayne ^>) Lombarde 500 1. Tur. : 
400 1. 

§ 332. De Societate Petrucie^^^ 1,000 1. Tur. : 800 1. 

§ 333. De Societate Clarencium de Pistorio^^) 2^000 1. Tur.: 
1,600 1. 

§ 334. De Lappo Piti de Societate Scale <'^ 800 1. Tur. : 640 I. 

Dernier jour d'août. § 335. De Societate Spine de Florencia, 
per Renuchium Hugonem^*^) 2,000 1. Tur. : 1,600 1. 

§ 337. De villis Attrebati et Corbeye per Galterum Loth^'^>et 
Thomam Rusiici procuratores Bichii et Mouscheti 9,5471. 10 s. 
Tur. (Partes apud magistros per cedulam.) Val. 7,638 1. 



(i) Société des Scoti, de Plaisance. Vidaume. Ce nom revient souvent dans 
ces comptes. V. plus loin, mercredi, 19 novembre. 

(2) Girard Chapon. Voir Liste des Lombards à Paris (129S). 

(3) Voir Géraud, p. 3. 

(4) Lancelot TAngoisseux. (Géraud, p. 3.) 

(5) Compagnie des Gaagne bien. (Géraud, p. 2.) . 

(6) Petruche le lombart et ses compaingnons, 16 s. paroisse S^ Merri. 
(Géraud, p. i.) 

(7) Voir Géraud, p. 2. Compagnie des Chiarenti, de Pistoïa. 

(8) Voir Géraud, p. 2. Compagnie des Scali, de Florence. 

(9) Hugue Renuche, cité dans le compte suivant. 

(10) Gautier Lot, 4 I. — Binde Lot, son frère, en la viez rue du Temple, 
36 s. paroisse St Jehan en Grève. — Ce Galterius Lot est le Gualtieri Ange- 
loui du compte de Ciappelletto (Gioni. Storico, document II, p. 347) cité à 
la suite du chapitre sur « Boccace ». 



LES LOMBARDS. TOMr I. 



12 



178 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LIVRES DE COMPTES. 



179 



§ 339. De Robcrto ex Baldo Crispini fratribus de Atrebato('> 
(7,300 liv. 6 octobre et 16 octobre : 863 1., et 21 octobre : 
1,830 1.) Total : 9,993 1. 

§349. De ballivia Ambianensi, per Galtherum Loth et Tho- 
mam Rustici, procuratores Bichii et Mouscheti, 17,315 1. 10 s. 
6d. Tur. (partes apud magistros per Cedulam) (25 septembre). 
Val. 13,852 1. 8 s. 5 d., et (26 octobre), per magistrum Her- 
ricum de Gauchi, 149 1. Total : 14,000 1. 28 d. 5 s. 

Fin des extraits du compte de i2c/6 (éd. par M. J. Havet.) 



Extraits du Livre de comptes de 1298 à 1301. 

(Mss. 9783 de la Bib. Nat. fonds latin {inédit.) 

1298 

Mercredi ic^ mars. Lanfrancus Tartarus de Janua^-^ pro fine 
cujusdam compoti sui, de expensis flictis in galeis usque ad pri- 
mam diem Jan. XCVP 199 1. t. cont. per Benedictum, filium 
suum, sup. R. Val. 159 1. 4s. p. 

Jeudi 20 mars. Demonetagio Sumidrii ('>, pro Sornaco Caii- 
cinel, monetario ibi, 1,000 1. t. quos ei debebat Johannes de 
Molendinis, monetarius Matisconensis, per predictum Henricum 
[de Horret] pro eodem Johanne. 

Dimanche 2} mars. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu('^>, nepotem suum, 9,180 1. 20 s. t. cont. 
sup. R. Val. 7,344 1. 16 s. p. 

(i)Les frères Crispini, d'Arras, banquiers du roi Philippe le Bel pendant les 
guerres en Flandre. 

(2) Havet, no 156. 

(3) Sumidrium ou Summidriuni. — Sommières. Sornac ou Sornard Cas- 
sinel, frère de Betin. C'est le Bernard de duessenet de Géraud, p. 4. 

(4) Jean du Porche, neveu de Betin — {ils de sa sœur mariée à N. de Por- 
ticu^ en français, du Porche. 



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— Cepimus super J. de Sancto Justo, pro denariis per Beti- 
num Caucinelli solutis Johanni Marcelli^'^ civi parisiensi, pro l/' 
residuo cedule de 1,455 ^- P- ^5) 1- 4 ^^- P- Val. 819 1. t. quos 
reddidimus régi de monetagio parisius pro eodem Betino. 

Jeudi 2-] mars. De monetagio Paris, pro Betino, per Guillel- 
mum(-), filium suum, 2,000 1. t. cont. sup. R. 

■ — Balmontinus Lancar, de Janua^^)^ pj-o to. O. S. XCV^, 
XCVP et XCVIP ad hereditatem equaliter 100 1. t. cont. 
per Paponem Malome de ib. sup. R. Val. 120 1. p. 

Vendredi 28 mars. De monetagio Parisius per Betinum pro 
Betino 1,000 1. t. cont. sup. R. 

Samedi 2^ mars. De monetagio Parisius, pro Betino per Guy-" 
donem de Porticu^+^, nepotem suum, 5,000 1. t. cont. sup. 
R. Val. 4,000 1. p. 

Lundi )i mars. De monetagio Parisius pro Betino per Guydo- 
nem de Porticu 4,000 1. t. cont. sup. R. Val. 3,200 1. p. 

Samedi 12 avril. De Legatis in distinctis terre sancte de parte 
régis pro Jacobo Normanni, archidiacono Narbonensi, et Gri- 
merio de Placentia, Canonico parisiensi <>>, collectoribus eorum- 
dem legatorum una cum magistris Petro de Bella Pertica ^^^ et 
Johanne Clersens, 1,000 1. t. cont. per Bonvilayn lombardum 
et Ranucium et Galganum (7) (equaliter de quibus habent très 
cedulas) sup. R. 

— De monetagio Parisius pro Betino per Johannem de Por- v^ 
ticu, 6,900 1. t. cont, sup. R. Val. 5,520). p. 

Lundi 14 avril. De monetagio Parisius, pro Betino, per 

(i) Jean Marcel, mercier, grand-oncle du prévôt Etienne. 

(2) Guillaume Cassinel, fils du premier lit de Betin. 

(3) Belmontinus Larcari, de Gènes, tils du banquier de S^ Louis. 

(4) Guy du Porche, frère de Jean, neveu de Betin. 

(>) Grimerius, de Plaisance, chanoine. V. testament de Gandoufle. 

(6) Pierre de Belle Perche, doyen de Paris, puis évèque d'Auxerre, mort 
après 13 12. 

(7) Bonvillayn,Renuche, Galganus — ce dernier, le Galgayu de AI. de Saulcy 
— tous lombards cités dans ce travail. V. p. 134, ctpassim. 






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LES LOMBARDS A PARIS. 



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LIVRES DE COMPTES. 



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Vannum^'\ nepotem suum, 13,000 1. t. cent. sup. R. Val. 
10,400 1. p. 

Mardi ij avril. Cepimus sup. R., pro una cupa auri per Be- 
tinum soliita et data diu et cardinali Albanensi de Lugduno 
^03 1. 18 s. t. per G. de Hangest, thesaurarium. Et reddidi- 
f'mus Régi de monetagio parisius pro eodem Betino. 
^ Samedi i^ avril. De monetagio Parisius, pro Betino, per Van- 
num de Porticu, nepotem suum, 4,000 1. t. cont. sup. R. 
/ Lundi 21 avril. De monetagio Parisius, pro Betino, per Van- 
num, de Porticu, nepotem suum. 4,000 1. t. cont. sup. R. 
Exp. Guyotus de Pian, defunctus pro denariis sibi debitis per 
. compotum Bichii et Mouscheti O. S. XCV° a tergo 140 1. 1. cont. 
, per Guillermum filium suum, militem, sup. R. Val. 112 1. p. 
— Marcus Bolani, civis Venetiarum super redditum ducis 
Lothoring. cand:elose] XCVP pretextu cujusdam robarie eidem 
cum in terra dicti ducis tacte super quo idem dux fuit per cus- 
todes nundinarumCampaniecondempnatus de summa de4iol.t. 
que restabat ad solvendum 300 1. t. cont. per Percevallum pro- 
curatorem suum sup. R. in dicto redditu, residuas iio l. t. 
debens habere super redditum can^^delose] XCVIP. 

Mardi 22 avril. Marcus Bolani, civis Veneciarum, pro toto 
residuo dcbito sui super redditum ducis Lothoring. ^^> de summa 
de 410 1. t. no 1. t. cont. per Percevallum procuratorem suum 
sup. R. ib. cand[eloseJ XCVIP Val. 88 1. p. 

Mercredi 2? avril. De monetagio Parisius pro Betino 3,000 1. 
cont. per Johannem Lucie, sup. R. Val. 2,400 1. p. 

Vendredi 2; avril. Magister Stephanus de Autissiodoro pic- 
tor^3>missus ad urbem Romam pro quibusdam negociis régis 
100 1. p. cont. per se sup. R. 

(r Vanne, autre neveu de Betin, fils de la sœur de Betin, qui porte à trois 
le nombre de ces parents : Jean, Guy et Vanne du Porche; nous trouverons, 
plus loin, un quatrième neveu, Pagan, ou Paycn {Pagaueto) du Porche. 
V. Jeudi 6 novembre. 

(2) Ferri III, duc de Lorraine. (1231 f 1303.) 

(3) Maître Etienne d'Auxerre. Nom d'un des plus anciens peintres fran- 
çais. Q.u'allait-il faire à Rome ? 



Mardi 29 avril. De monetagio Parisius per Betinum 5,000 l. 
cont. sup. R. Val. 4,000 1. p. 

Mercredi 30 avril. De monetagio Parisius, pro Betino per ^ 
Johannem de Porticu, 4,000 1. t. cont. sup.R. Val. 2,400 1. p. 

Cepimus sup R. in redditu domine Blanche, amite régis, pro 
termino cand[elosel XCV^ 1,000 1. t. tradit. ei per Betinum 
Caucinel. Et reddidimus régi de monetagio parisius pro eodem 
Betino. 

Lundi ; mai. De monetagio Parisius, pro Betino, per Johan- ^ 
nom de Porticu, 6,600 1. t. cont. sup. R. Val. 5,320 1. p. 

— Robertus et Baldus Crispini de Attrebato, fratres, pro mutuo 
et reddito 1,600 1. p. contentus tradit. Petro de Montigni seniori 
pro operibus novi mercati per G. de Hangest, thesaurarium 

sup. R. 

Mercredi 7 mai. Muschetus'^0, miles, ex certa cedula 51,480!. 
t. cont. per Baldum et Guydonem Falconerii lombardos sup. 

R. Val. 41,1841. p. ' .. . 

— Cepimus sup. R. pro denariis Baldo et Guydoni predictis 
pro dicto Muscheto traditis per Lothorium Bone Juncte pro 
societate Scale<^>de Florencia, 4,520 1. t., et pro mutuo reddito 
Lappo Peti, de Societate Scale de Florencia pro se et dicta 
societate, 480 1. t. per htteras régis de 800 1. t. Residuum 
habuerum alibi ut dicunt. Summa 4,000 1. t. quos reddidmius 
Régi de debitis abbatis Cluniacensis per dictum Lothorium pro 
societate de Scala Florencie predicta. 

Jeudi 8 mai. De monetagio Parisius pro Betino per Johannem 
de Porticu, 6,000 1. t. cont. sup. R. Val. 4,800 1. p. 

Mercredi 14 mai. Benedictus Zacharie, miles, admlraldus 
navigii, pro servicio suo 4,000 1. t. cont. (ultima die aprilis) 
sup. R. • ^^ 

Fendredi 16 mai. De monetagio Parisius pro Betino per Van- 
num de Porticu, 16,600 1. t. cont. sup. R. Val. 13,280 1. p. 

I) Le célèbre Musciato Franzesi. 
(2) Compagnie des Scali. 



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182 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LIVRES DE COMPTES, 



183 



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^ Dimanche 18 mai. De monetagio Parisius, pro Betiiio, per 
Vannum 7,000 I. cent. sup. R. Val. 5,600 1. p. 

Mardi 20 mai. Muschetus Guydi , miles, ex certa ceduia 
23,333 1. 6 S. 8 d. t. per Guydonem Falconerii^'^ cum alio sup. 
R. Val. 18,666 1. 13 S. 4 d. p. 

Jeudi 22 mai. De monetagio Parisius pro Betino, per Johan- 
v'nem de Porticu 8,075 1- t- cent. sup. R. 

Lundi 2 juin (veille de la Trinité). De monetagio parisius 
pro Betino per Johannem de Porticu 15,000 1. t. cont. sup. R. 
Val. 12,000 1. p. 

Mercredi 4 juin. Joliannes Lasnyer, valletus scutifcrie pro 
expensis in via Rome, 16 1. p. cont. per se. sup. R. 

— Dominicus Barba, lombardus, pro laborc et salarie in ne- 
gociis Régis, 20 1. t. cont. per se sup. R. 

Samedi 7 juin. Johanni de Dois pro denariis sibi redditis quos 
Rex habuerat de bonis suis per compotum Bichii ad O. S. XCV° 
76 1. 7 s. 6 d. t. 

Dimanche 8 juin. De monetagio Parisius pro Betino, per Van- 
num 8,000 1. t. Val. 6,400 1. p. 

Mercredi 11 juin. De monetagio Parisius pro Betino, per 
Guydonem de Porticu, valletum suum, 7,000 1. t. cont. sup. 
R. Val. 5,600 1. p. 

— Albicius Symonis et Baldus ûm<'\ socii Muscheti, militis, 
pro denariis per eos traditis de mandate Régis, domino Hugoni 
de Burgundia, 6,000 l. t. cont. per eum Baldum et Guydonem 
Falconerii sup. R. 

Quinquenellus^^^ et Guydo Falconerii, pro denariis solutis pro 
ipsis Petro Warroquier, campsori parisiens! 100 1. t. cont. 

(i) Guy Fauconnier (V. Boccace). Les Falconieri étaient des parents de 
Betin, amenés par lui d'Italie. 

(2) Albizzi Synion et Baldus Fini, agents, ce dernier parent même, de 
Mouche. Leurs non]j sont souvent cités. 

(3) Quinquenelle , V. Liste dK:s Lombards à Paris. 



et abbati sancti Jacobi de Provino 20 1. t. cont. totum per Ja- 
cobum Lucie. Super eos in compoto suo. 

Vendredi i^ juin. Cepimus super Quinquenellum et Guydo- 
nem Falconerii et socios suos in compoto suo pro denariis, per 
Petrum Lombardum, receptorem Bituricensem, traditis Lotherio 
de Bon et Grardino Albertini, lombardis sociis, nepoti Mous- 
cheti, militis, in duabus partibus 1,100 1. t. et sup. R. pro 
denariis per partem traditis Landuchio Lombardo, pro vadiis 
castellanorum comitatus Burgundie 500 1. 1. et reddidimus totum 
eidem receptori in compoto suo. 

Dimanche i) juin. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Guydonem de Porticu, nepotem suum, 4,000 1. t. cont. sup. 

R. Val. 3,200 1. p. 

Magistri monetarum, Betinus Caucinel et Johannes Dimer<'>, 
pro tercio Asc[ensionis| equaliter 133 1. 6 s. 8 d. p. cont. Re- 
naudus de Aula(^>, clericus monetarum, pro residuo vadiorum 
Asc[ens.J 20 l. 14 d. p. cont. Totum per Guydonem de Porticu, 
nepotem Betini sup. R. 

Mardi ly juin. Adenotus de Brueria, missus ad curiam Rome 
ad comitem Sancti Pauli et ducem Burgundie 8 1. p. cont. per 
se sup. R. 

Jeudi 15? juin. ...Et reddidimus Guydoni Falconerii, Quinque- 
nello et sociis eorum in compoto suo. Et pro denariis traditis 
per gentes Muscheti militis fratri Guillelmo de S. Eulcio 
[ou Eulercio] in curia Rome, 50 1. t. et reddidimus eisdem 
sociis. 

Samedi 21 juin. ... De debito Societatis Ricardorum ^-5) quod 
debebant Muscheto militi, per abbatem et conventum de Ceri-y 
siaco Bajocensi dioces. 1,000 1. t. debent adhuc 1,500 1. t. 

(1) Jean Dimier demeurai* rue du Four en 1292. Cité très souvent dans 
les comptes, était maître des monnaies. 

(2) Renaud de la Halle, clerc des monnaies (de Saulcy. V. Havet, 

no 167). 

(3) Compagnie des Richarz, de Lacques. 



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184 



LES LOMBARDS A PARIS. 



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J Samedi 28 juin. De monetagio Parisius pro Betino, 3,200 1. t. 
cont. per Jacobum Lucie, sup. R. 

— De legatis terre Sancte in distinctis de parte Régis (Sicilie 
sibi concessa a papa pro mutuo sibi facto a rege Francie) pro 
dominis Jacobo Nornianni archidiacono Narbonensi et Grimerio 
de Placentia canonico parisiensi, una cum domino Petro de 
Bella Pertica, canonico Autissiodorensi, et magistro Johanne 
Clersens, per Galganum Bocho di bue, de societate Mozorum^') 
de Florencia 1,666 1. 13 s. 4 d. t. cont. sup. R. Val. 1,333 ^^ 
6 s. 8 d. p. 

Jeudi ) juillet. De monetagio Parisius pro Betino, per Guydo- 
jnem de Porticu, 10,000 1. t. cont. sup. R. Val. 8,000 1. p. 

Vendredi 4 juillet. Johannes Picardi, missus ad curiam Rome, 
6 1. t. coni. per se super R. Val. 4 1. 6 s. p. 

Lundi 7 juillet. De IP duplici décima ordinis Cisterciensis in 
toto regno Francie de tertio sancti Johannis per Egidium de Suco 
de societate Caponum 6,000 1. t. cont. sup. R. \:\\. 4,800 l.p. 

Mardi 8 juillet. De IP duplici décima templariorum in regno 
Francie per Matheum Brachefort ^^^ lombardum de Societate 
Guydonis Cavassole^>^ 5,000 1. t. cont. sup. R. 

Mardi 8 juillet. De Johanne de Lileriis, clerico compotorum 
pro quodam panno quem ipse et dominus Symon de Ballol eme- 
runt a societate Caponum 10 1. t. cont. per se, sup. R. 

Cepimus sup. R. pro domino Symone de Meleduni pro de- 
nariis sibi traditis per Galtcrium le Calquer et Bertholomeum 
Panuche, monetarios apud Brug. pro custodia ville Brug. 
29,791 1. t., etc. 

Mercredi 5? juillet. Cepimus super Guydonem Falconerii et 
duinquenellum in compoto suo 3,100 1. t. Et Reddidimus Régi 
de terra dotalicii Campanie pro eisdem Guydoni et Quinque- 
nello per eum Guydonem. 

(i) Bocca di bue (bouche de bœuf), de la Compagnie des Mozzi, de Florence. 

(2) Braciforti, lombard déjà cité. 

(3) Guy Cavassolc (Havet, no 330). 



LIVRES DE COMPTES. 



185 



Jeudi 10 juillet. De mutuo facto Régi Sicilie duodecima die 
aprilis, 1,666 1. 13 s. 4 d. t. cont. per Bonum Villanum de So- 
cietate Clarentum de Pistoria^'^ videlicet de parte legatorum in 
distincte eidem Régi a sede apostolica concessa. Et per Ra- 
nucium de Societate Spinorum^'^ de Florencia 1,666 1. 13 s. 
4 d. t. cont. totum sup. Reg. Val. Totum 2,666 1. 13 s. 4 d. p. •- 
in compoto Asc. 98''. 

Dimanche ij juillet. De monetagio Parisius pro Betino, per 
Johannem de Porticu 7,200 l.t. cont. sup. R. Val. 5,760 1. p. 

Mercredi 16 juillet. Cepimus super magistrum Petrum de Con- 
deto in compoto suo pro 6 modiis avene amigdal. et speciebus 
captis a Baudo lombardo 47 1. 15 s. i d. p. val. 59 1. 13 s. 
10 d. t. et sup. R. pro fratre Guillelmo de Sancto Eulcio pro 
denariis sibi traditis in curia Romas per gentes Mouscheti Militis, 
100 1. t. Et Reddidimus totum Guydoni Falconerii et duinque- 
nello in compoto suo parisius per eum Guydonem. 

Cepimus sup. Petrum Genciani in compoto suo pro denariis 
solutis per Betinum Caucinel pro 9 equis emptis apud Andeg. 
pro comité Sancti Pauli 300 1. t. Et reddidimus Régi de mone- 
tagio parisius per eum betinum. 

Jeudi I'] juillet. De monetagio Parisius pro Betino 2,700 1. t. 
per Jacobum Lucie sup. R. Val. 2,160 1. p. 

Samedi i^ juillet. Benedictus Zacharie, miles, pro termino 
Asc. ad. hereditatem 66 1. 13 s. 4 d. t. cont. per Rogerum Bo- 
delli morantem parisius sup. R. Val. 53 1. 6 s. 8 d. p. 

Jeudi 24 juillet. Dominus Haricurie pro tertio Ascensionis in 
terra Carnotensi, 200 1. t. cont. per Johannem Gaufridi de 
Societate Amanatoruni de Pistoria, sup. R. ib. 

Vendredi 2j juillet. De monetagio Parisius pro Betino, per 
Johannem de Porticu, 10,125 l.t. cont. sup. R. 

Samedi 26 juillet. De monetagio Parisius pro Betino 2,000 1. 1. 
cont. per Jacobum Lucie sup. R. 

(i) Bonvillayn, cité déjà, de la Compagnie des Clarentini, de Pistoïe. 
(2) Compagnie des Spini, de Florence. 



iX 



V 



i86 



LES LOMBARDS A PARIS, 



Baldus Lombardus, de societate Muscheti militis, pro recom- 
pensatione crementi precii florinorum traditorum nunciis Régis 
in curia Rome 2,000 1. 1. cent, per se sup. R. 

Mercredi )o juillet. Benedictus Zacharie, miles, sup. hoc quod 
Rex débet ei 2^000 1. t. cont. per Jacobum Lucie sup. R. 

Vendredi i^' août. De monetagio Parisius pro Betino per 
Johannem de Porricu 5,000 1. t. cont. sup. R. Val. 4,000 l. p. 

Samedi 5? août. De monetagio Parisius pro Betino per 
Johannem de Porticu, nepotem suum, 15,000 1. t. cont. sup. Ro 

Samedi 16 août. De monetagio Parisius, pro Betino, per Guy- 
donem de Porticu, nepotem suum pro 3,500 regalibus auri 
5,031 l. 5 s. t. cont. sup. R. Val. 4^025 l. p. 

Samedi 2) août. De monetagio Parisius pro Betino per 
Johannem de Porticu, nepotem suum, 18,000 1. 5 s. t. cont. 
sup. R. Val. 14,400 l. 4 s. p. 

Cepimus super Regem pro denariis traditis per Betinum 
Caucinel comiti Burgundie super debitum quem Rex de betei 
de termino nativitatis Sancti Johannis XCVIIP : 1,000 l. t. Et 
super magistrum Radulphum de Peredo pro se tradit. Stephano 
Haudri per eum Betinum 472 l. 2 s. 4 d. p. Val. 590 l. 2 s. 
10 d. t. Et reddidimus totum Régi de monetagio parisius pro 
predicto Betino per predictum Johannem nepotem suum. 

Samedi jo août. Frater Guillelmus de Sancto Eulcio pro fine 
compoti sui de via Rome 62 1. 13 s. i d. p. cont. per Johannem 
de Pontisara valletum suum, sup. R. cum alio. 

Luiidi i^' septembre. De monetagio parisius pro Betino 5,000!. t. 
cont. quos habuit dominus Johannes de Cabilone inferius. 
sup. R. 

— Dominus Johannes de Cabilone, quondam comes Autiss., 
pro debito quod Rex debebat ei 5,000 l. t. cont. per magistrum 
Guillelmum de Marrigni tradit. ei per Betinum. sup. R. 

Jeudi 4 septembre. De debito quod dominus Bernardus Ca- 
pellus, episcopus Autissiodorensis, debebat Muscheto militi 10 1. 1. 
cont. per Guydonem Falconerii sup. R. 



LIVRES DE COMPTES. 



187 



Cepimus super Guydonem Falconerii in compoto suo 80 1. 1. 
.... et reddidimus régi de debito quem Nicolaus Dermenon- 
ville debebat Muscheto mihti per eum Guydonem. 

Dimanche 7 septembre, veille de la Nativ. de la Vierge. De 
monetagio Parisius pro Betino per Guydonem de Porticu, nepo- 
tem suum, 9,000 1. t. cont. sup. R. Val. 7,200 l. p. 

Mercredi 10 septembre. De monetagio Sumidrii, per Sornacum 
Caucinel, monetarium, ibi, 20,031 1. 5 s. t. cont. sup. R. Val. 
16,025 1- P- 

— Cepimus super regem pro denariis per Sornacum Caucinel, 
monetarium apud Sumidrium, traditis receptoribus Belliquadri 
procuratoribus Muscheti, militis, pro exercitu Vasconie 21,000 1. 1. 

Samedi i j septembre. Magister Odo Alemanus Mistral Viennie, 
clericus régis, pro expensis suis f^iciendis, eundo ad regem Ale- 
mannie 400 1. t. cont. per Johannem de Viri, valletum suum 
sup. R. 

Mercredi ly septembre. De monetagio Parisius pro Betino per 
Guydonem de Porticu 6,000 l. t. sup. R. Val. 4,800 1. p. 

Dinuviche 21 septembre. De monetagio Parisius, pro Betino, 
per fratrem Johannem de Joiaco 1,000 1. t. cont. sup. R. Val. 
800 l. p. 

Mercredi 24 septembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu, 6,000 1. t. cont. sup. R. Val. 4,800 l. p. 

Samedi 27 septembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu, 22,000 1. 1. cont. sup. R. Val. 17,600 1. p. 

Vendredi ^ octobre. Benedictus Zacharie miles, admiraldus na- 
vigii, super hoc quod Rex débet ei, 2,000 1. t. cont. per se sup. 
R. Val. 1^600 l. p. 

Samedi 4 octobre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu 27,700 l. t. cont. sup. R. Wil., etc. 

— Cepimus sup. R. pro 1,600 regalibus auri tradit[is] per Be- 
tinum magistro Martino de Medunta pro secretis negociis regine 
faciendis 1,840 l. p. Val. 2,300 1. t. quos reddidimus régi de 
monetagio parisius pro eo Betino per J. de Porticu. 



i88 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Dimanche i^ octobre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu 9,273 1. 10 s. t. cont. sup. Reg. Val. 
7,418 1. 6 s. p. 

Exp. Bichius et Muschetus, milites ^'\ Je summa pecunie in 
quâ rex tenetur eisdem 6, 000 1. t. cont. tradit. Guydoni Falco- 
nerii tam per Betinum quani per Jacobum Lucie. Et per eum 
Guydonem Albicio Symonis nepoti et Baudo Fini de Fighin<^\ 
consanguineo predictorum militum. Sup. R. Val, 4,800 1. p. 

Cepimus super. R. pro denariis traditis per Betinum, comiti 
Sancti Pauli 1,000 1. t. per cedulam Guill. de Hangest ihesau- 
rarii. Et reddidimus régi de monetagio parisius pro eo Betino 
videlicet pro termino O. S. XCVIII° ad hereditatem ()GG 1. 13 s. 
4 d. t. et super terminum candelose 333 1. 6 s. 8 d. t. 

Dimanche 26 octobre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu 18,000 1. t. cont. sup. R.Val. 13,400!. p. 

Dimanche 2 novembre. De monetagio Parisius, per Johannem 
de Porticu, pro Betino 24,000 1. t. cont. sup. R. Val. 19,2001. p. 

Lundi ] novembre. Symon et Robertus Eurout^^*, fratres, pro 
operibus cremati domù clarum magni pontis parisius 210 1. p. 
cont. per se ipsos sup. R. 

Jeudi 6 novembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per Pa- 
ganetum*^^^ consanguineum suum 3,000 1. t. cont. sup. R. 
Val. 2,400 1. p. 

Lundi 10 novembre. Petrus Boyleawe, nuntius m issus ad cu- 
riam Rome per eum Pisetum [clericum compotorum] 20 1. p. 
cont. per eum Robinum de i'arbroye sup. R.^'K 

Mardi 11 novembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 

(i) Biche et Mouche. 

(2) Baldus Fini. Le sceau de Biche porte Biccio de Figuino ou Figlino. 
Ceci prouve que Baldus Fini était encore un parent des Franzesi ; quant à 
Albizzi Symon, voir plus haut. 

(3) Symon Evrout (Géraud, p. 14), près Saint-Germain l'Auxerrois , paie 
6 Uv. Cf. la curieuse note placée à la fin de ces comptes. 

(4) Pagan du Porche, cité ailleurs, neveu de Bétin. 
(3) Ce Pierre Boyleau est-il parent d'Etienne ? 



L 



LIVRES DE COMPTES. 



189 



Guydonem de Porticu, nepotem suum lo^ooo 1. t. cont. sup. 
R. Val. 8,000 1. p. 

Jeudi I] novembre. Benedictus Zacharie, miles, pro termino 
O. S. ad hereditatem 66 1. 13 s. 4 d. t. cont. per Habertum 
Bonardi de Janua, sup. R. 

Samedi ij novembre. Magister Guillelmus de Nogareto^^^ et 
Symon de Marchesiis, miles, pro via Lingon. 40 1. t. cont. per 
Hugonem de Arboys^ clericum dicti Guillelmi. Sup. R. 

Mercredi 15? novembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu 6,600 1. t. cont. sup. R. Val. 5,280 1. p. 

Belmontinus Lercar pro termino O. S. ad hereditatem 50 1. 
t. cont. per Egidium Chapon ^^^ tradit. dicto vidome sup. R. 

Vendredi 21 novembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu 15,000 1. t. cont. sup. R. 

Cepimus sup. R. pro vadiis Betini Caucinel et Guillelmi Fla- 
mingi^^*, magistrorum monetarum pro termino O. S. equaliter 
133 1. 6 s. 8 d. p. et pro vadiis Renaudi de Aula, clerici mo- 
netarum 3 s. per diem 20 1. 11 s. p. 

... Muscheto militi pro via Rome 600 1. t. 

Girardo Flasche, scutifero suo pro eodem 28 1. 7 s. 6 d. t. 

Pro denariis traditis Benedicto Zacharie, militi, pro residuo 
de 1,000 1. p. 740 1. 15 s. 4 d. trad. in compoto suo. 

Societati Bardorum ^-^^j de Florencia 600 1. t. 

Societati alborum Circlorum^^^ de Florencia 600 1. t. 



(i) Le fameux Guillaume de Nogaret. Pour Symon de Marchesiis, V. Ha- 
VET, no 228. 

(2) De la Compagnie des Chapons, citée plus haut. Pour Vidome voir plus 
haut. 

(3) V. DE S h\jLC\ -Monnaies. 

(4) Compagnie des Bardi, de Florence. 

(5) Le latin porte Circloriwi, Compagnie des Cerchi. Il y avait donc des 
Cerchi blancs et des Cerchi noirs. 

Albarum partium Principes erant Cerchii, bis sese adjunxerant Adimarii, Abbatii, 
Tosinghiorum quidam, lum Bardorum, Rossorum, Frescobaldorum, Nerliorum, atque 
Manelliorum, omnes prœterea Mozii, Scalii, Gherardini, Cavalcantii, etc. 

Donati, ex altéra parte, Nigrorum Principes erant, bis que accedebant ii, qui ex 



*",~''*'^e5;. 



190 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Societati Circlorum nigrorum de Florencia 600 l. t. 

Societati Mozorum^'^ de Florencia 600 1. t. 

Quatuor societatibus de Placentia 2,000 1. t. 

Renerio de Passu se (sic pour de) Pazis^^> et aliis de societate 
Pazorum de Florencia 600 1. t. Girardo Chapon <3> et omnibus 
aliis campsoribus de Placentia 3,500 1. t. Symoni Mace de So- 
cietate de Milleur gaigne (-^> de Florencia 600 1. t. et Societati 
Clarencium de Pistorio 1,000 L t. pro ultima medietate, etc. 

Mercredi 26 novembre. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu, nepotem suuni 4,000 1. t. cont. sup. R. 
Val. 3,200 1. p. 

Jeudi 2j novembre. De monetagio Parisius pro Betino per 
Johannem de Porticu 10,000 1. t. cont. sup. R. Val. 8,000 1. p. 

Vendredi 28 novembre. ... De monetagio Sumidrii pro Sornaco 
Caucinel, monetario ibi, 44,000 1. t.... 

Dimanche 7 décembre. De monetagio Parisius pro Betino, per 
Guydonem de Porticu, 2,000 1. t. cont. sup. R. 

Mardi <) décembre. Landuchium Lombardum (>>... 
Cepimus super Quinquenelle, Guidonem Falconerii et socios 
suos in çompoto eorum pro denariis quos recepit Bartholomeus 

modo narratis familiis ad Cerchios non concesserant, praeterea omnes Pazzii, Bisdo- 
mini,... Spinii, Buondelmontii, Brunelleschi. 

Machiavel, Historia florentina, lib. IL 
Nicolas Cerchius mourut dans une rencontre avec Simon, fils de Donati Corsi, chef 
des Guelfes. Les Gibelins furent proscrits et c'est alors que la maison de Dante fut 
"^'^^- Ibid., lib. II. 

(1) Compagnie des Mozzi. 

(2) Compagnie des Pazzi. 

Eminebat id temporis, tam divitiarum quam nobilitatis ratione, inter Florentinos 
Pazziorum familia, cujus Princeps Jacobus, nobilitatis fortunarumque questione, a po- 
pulo Florentine torque equestri donatus fuerat (vers 1361), 

-Machiavel, Hist. de Florence, lib. VIII. 

Énumération des membres de la famille Pazzi. Après une conjuration contre les 
Medici, les chefs des Pazzi furent massacrés. Lib. VIII, 

(3) V. plus haut. 

(4) Compagnie citée à la suite du paragraphe sur les Gaaigne bien. 

(5) Landuccio, lombard, cité plusieurs fois. 



LIVRES DE COMPTES. 



191 



Barignyer procurator corum a magistro Roberto de Asnieriis ca- 
nonico Rothomagensi^^^ 830 1. t. et pro aliis denariis quos magis- 
ter Michael de Lupara tradidit Nicholao Compayn moranti Car- 
cassone, socio dictorum Quinquenelle et Guydonis 200 1. t. — 
Summa 1030 1. t. quos reddidimus régi de legatis in distinctis 
terre sancte pro parte Régis pro magistris Jacobo Normani archi- 
diacono Narbonensi, Grimerio de Placencia canonico parisiens!, 
domino P. de Bella Pertica et magistro J. de Clersens, coUecto- 
ribus predictorum legatorum, totum per Guidonem Falconerii. 

Cepimus super duinquenelle et Guidonem Falconerii predic- 
tos in compoto suo 4,476 1. 5 s. 5 d. t. et reddidimus eos 
Richo Symoni et aliis receptoribus Campanie in compoto suo 
per eum Guydonem Falconerii pro se et sociis suis. 

Jeudi II décembre. De monetagio parisius, pro Betino, per 
J. de Porticu, nepotem suum, 8,000 1. t. cont. sup. R. Val. 
6,400 1. p. 

Jeudi 18 décembre. De monetagio parisius, pro Betino, per Gui- 
donem de 'Porticu, nepotem suum 8,000 1. t. cont. sup. R. 
Val. 6,400 1. p. 

Mardi 2} décembre. Egidius Fortis, mercator Januensis pro 
quodam lapide precioso, dicto balaiz, pro Rege, 300 1. t. cont. 
per se sup. R. Val. 240 1. p. 

Mercredi 24 décembre. De debito quod abbas de Cerisiaco pro- 
misit reddcre régi pro Societate Ricardorum de Luque*'^ et quod 
eadem societas debebat Muscheto militi 93 1. 15 s. t. per Johan- 
nem de Furno, sup. R. Val. 75 1. p. 

1299 

Dimanche 4 janvier. De monetagio Parisius, pro Betino, 
2,000 1. t. cont. tradit. inferius Régi Majoric[arum] per eum 
Betinum sup. R. Val. 16,000 1. p. 

(i) Robert d'Asnières, chanoine de Rouen. 
(2) Les Richarz de Lucques. 



^.•^ "Swg^gfc fe,. 



192 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Mercredi 7 janvier, lendemain de l'Epiphanie. De monetagio 
Parisius, pro Betino, per J. de Porticu nepotem suum, 10,000 1. 1. 
cent. sup. R. Val. 8,000 l. p. 

Cepimus sup. Quinquenelle et socios suos per BalJum Fini, 
lombardum, pro iinacione Judeorum senescalhe Carcass. amot. 
15 1. t. pro expensis 836 1. quos reddidimus régi de tinancia 
Judeorum per eum Baldum et socios suos. 

Dimanche 11 janvier. Cepimus super Jacob[umi Genciani et 
Dyon[isium] de Melod[unoJ in compoto eorum pro denariis tra- 
ditis per Betinum Jacobo Genc[iani] 1,000 1. t. val. 800 1. p., etc. 

Cepimus super R. pro denariis per dictum Betinum traditis 
Régi Majoricarum domino Jacobo pro parte debiti in quo Rex 
tenetur ei 1,706 1. 9 s. 6 d. quos reddidimus Régi de predicto 
monetagio parisius pro eo Betino per gentes e régis majori- 
carum. 

Vendredi 16 janvier. De monetagio Parisius, pro Betino per 
J. de Porticu, nepotem suum, 9,000 1. t. cont. sup. R. Val. 
7,200 1. p. 

Samedi ij janvier. Béguine, Parisius pro quibusdam domibus 
quas emerunt ut dicitur solvendis. De gra[cia] XXXVI 1. p. 
cont. per Emelinam de Bello Loco^'\ magistram earum sup. R. 

Samedi 24 janvier. Anguerranus de Marigny^'^ panetarius 
Régine, pro uno equo quem vendidit scutiferi régis éo 1. p. 
cont. per Guiotum de Joy, sup. eos scutiferos in compoto 
eorum. 

Dimanche i^' février. De monetagio Parisius^ per Johannem de 
Porticu, pro Betino, 15,000 1. t. cont. sup. R. Val. 12,000 t. p. 

Jeudi ) février. De debito defuncti Fachii ^5^, lombardi, pro 
monetagio auri Parisius 51 1. 15 s. t. cont. per Yvonetum Bre- 
tonum pro Galterio Loth.^-^^ sup. R. Val. 41 1. 8 s. p. 

(i) Emeline de Beaulieu, mère des béguines, à Paris, en 1299. 

(2) Le fameux Enguerrand de Marigny. Ce compte mentionne encore un 
Guillaume de Marigny. 

(3) Syre Fasche de la Monnaie. (Géraud, Havet, no 72.) 

(4) Gautier Loth. V. plus haut. 



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LIVRES DE COMPTES. 



193 



Vendredi 6 février. De monetagio Parisius, pro Betino, 
5,000 1. p. cont. per Martinum Marcel ^'>, Val. 6,250 1. t. 
sup. R. 

Exp. Martinus Marcel pro expensis liospicii régis 5,000 1. p. 
cont. sibi tradit. per Betinum Caucinel sup. J. de S. Juste. 

Vendredi i) février. Exp. Prepositus de Insula, dominus Amal- 
ricus de Nigella^'\ pro expensis suis eundo apud Curtiacum 
morando et redeundo ad Regem, apud Montem Argi per xl\ dies 
79 1. 16 s. p. cont. per dominum Matheum capellanum suum. 
sup. R. 

Mercredi 18 février. Benedictus Zacharix% admiraldus navi^/ii, 
pro termino Cand. GG 1. 13 s. 4 d. t. cont. per se sup. R. Val. 
53 1. 6 s. 8 d. p. 

Samedi 21 février. De finacione Gandulti Lombardi, de Sar- 
cellis (^/V)^5) Je summa de 4,500 1. t. cont. in quadam littera 
régis pro IP paga dicte summe 1,500 1. t. cont. per Alderi- 
cum clericum suum sup. R. 

Lundi 2) février. De monetagio Parisius, pro Betino, per 
Johannem de Porticu 7,000 1. t. cont. sup. R. 

Bichius et Muschetus milites sup. debitum quod débet, eis 
4,000 1. t. cont. per Baldum fini, sup. R. 

— Cepimus super R. pro nimis reddito Régi per Renerium 
Flamingi de monetagio Parisius cum faciebat monetam 115 1. 
17 s. 9 d. t. quos reddidimus magistro J. Clers[ens] in compoto 
suo per eum Renerium. 

Mercredi 2^ février. De Johanne Crispini de Attrebato 6,600 1. p. 
sup. R. 

Dimanche i^' mars. De monetagio Sumidri pro Sornaco Cau- 
cinel, monetario ibi, per Johannem de Porticu 12,000 1. t. cont. 
sup. R. Val. 96 1. p. 

(i) Martin Marcel. (Havet, n» 75, il est nommé Marci.) 

(2) Amaury de Nesle, prévôt de l'église de Lille. Le même qui vendait 
l'hôtel de Nesle, situé sur le bord de la Seine, au Roi Philippe le Bel et à sa 
femme, en 1308. 

(3) Gandouile d'Arcelles. 

LES LOMBARDS. — TOMI I, xj 



•t.-^JmJti^ 



194 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Lundi ^ mars. De monetagio Parisius, pro Betino, 6,000 1. p. 
coiit. tradit. Martine Marcel, Val. 7,500 1. t. sup. R. 

Mercredi 11 mars. Cepimus super R. pro denariis per Betmum 
traditis Periseto clerico magistri Johannis Clersens per litteram 
régis 5,000 1. t. quas reddidimus Régi de monetagio parisius 
per eum Betinum. 

Dimanche ij mars. De monetagio Sumidri per Sornacum 
Caucinel monetarium 27,900 1. t. cont. sup. R. Val. 22,300 1. p. 

Cepimus super R. pro denariis per Sornacum Caucinel mone- 
tarium Sumidri traditis magistro Petro de Latilli et Radulpho de 
Brulhi^^^ militi pro negociis guerre Vasc[onie] 12,588 1. 12 s, t. 
et reddidimus régi de monetagio Sumidri per eum Sornacum. 

Mardi ly mars.DQ monetagio Sancti Quintini per Johannem 
de Céans solum 164 1. 17 s. 6 d. t. et per eum Johannem et 
Bartholomeum Panuche 927 1. 14 s. 6 d. t. tôt. cont. per eum 
Bartholomeum sup. R. 

Sainedi 21 mars. Symon Barbete(^>, civis Parisiensis, pro mutuo 

sibi reddito 70 1. t. cont. per Johannem barberium régis sup. R. 

Vendredi 2/ mars. De monetagio Parisius, 6,000 1. t. cont. 

per Johannem de Porticu, pro Betino, sup. R. Val. 4,800 1. p. 

Mardi p mars. De monetagio Parisius, 1,000 1. t. cont. per 
Jacobum genciani et Dyonisium scutiferum sup. R. pro Betino. 

Jeudi 2 avril. De monetagio Parisius, per dictum Morlayn 
nepotem Betini, per eum Betinum 2,000 1. t. cont. sup. R. 

Samedi 4 avril. De monetagio Sancti Quintini per Bertholo- 
meum Penuche pro se, Hugone de Foulant et Simone de Brolio, 
sociis suis, monetariis 2,725 l. t. cont. sup. R. Val. 2,180 1. p. 

Vendredi 10 avril. De monetagio Parisius 10,000 1. t. cont. 
per Johannem de Porticu, pro Betino sup. R. 

Samedi 11 avril. Exp. Amalricus de Nigella, Prepositus Insu- 

(i) Havet, nos II, 1^0. 

(2) Parent d'Etienne Barbette; son grand-père? Géraud, p. 17.' En 1293, 
il paie 6 1. 10 sous de taille. 



LIVRES DE COMPTES. 



- 195 



lensis de summâ de 600 1. t. a rege sibi concessa pro servicio 
suo 300 1. t. cont. per Stephanum Marcelli^'^ civem parisien- 
sem. Sup. R. 

Samedi 11 avril. Renerius Flamingii, civis parisiensis, pro una 
corona, uno serto et 4,000 monilibuz auri Régi venditis ab eo- 
dem 1,400 1. p. cont. per Gaufridum Cocatrix sup. R. 

Mardi 14 avril. Petrus Flotte, miles, pro via Alemannie fa- 
cienda 300 1. t. cont. per dominum Petrum capellanum suum 
sup. R. 

— Fortunius Almoraviz, miles de Navarra, ex mutuo 2 1. t. 
cont. per Ferrandum Roderici, militem suum. sup. R. recupe- 
randum per gubernatorem Navarre. 

Mercredi i j avril. Exp. dominus Montismorenciaci pro via 
Alemannie facienda 300 1. t. 

— Léo de Janua^ mercator, pro pannis sericis et auri quos 
Rex émit ab eo 378 1. t. cont. per se sup. R. Val. 300 1. 
48 s. p. 

Jeudi 16 avril. In cenâ domini. Muschetus Guydi, miles, pro 
expensis fliciendis in via Alemannie 100 1. t. cont. per Nicolaum 
Durel, valletum suum sup. R. 

Jeudi 2) avril. De legatis in distinctis et terre sancte de parte 
Régis pro dominis Jacobo Normanni, archidiacono Narbonensi, 
et Grimerio de Placentia, canonico Parisiensi, coUectoribus eo- 
rumdem legatorum una eum magistris Petro de Bella Pertica et 
Johanne Clers[ens] 3,333 1. 6 s. 8 d. t. cont. per Symonem 
Anselli de Societate Clarentum de Pistorio^'^,sup. R. Val. 2,676!. 
8 s. 4 d. p. 

Samedi 2/ avril. De legatis in distinctis et terre sancte pro 
dominis Jacobo Normanni, archidiacono Narbonensi, et Gri- 
merio de Placentia, canonico Parisiensi, coUectoribus eorum- 
dem legatorum una eum magistris Petro de Belia Pertica et Jo- 
hanne Clers[ensJ de parte Régis 3,333 1. 6 s. 8 d. t. cont. per 



(i) Grand-père d'Etienne Marcel. 
(2) V. la note plus haut. 



196 



LES LOMBARDS A PARIS. 



GaUninum Bocho di bue de Societate Mozorum de Florencia 
sup. R. Val. 4,676 1. 13 s. 4 d. p. 

Mardi 28 avril. Obertus de Rustigaz^'^, pro duobus (terminis) 
medietate Asc. et O. S. XCVIIP ad vitam equaliter 50 1. t. 

cont. per se, sup. R. 

— Benedictus Zacharie, admiraldus navigii régis, de dono 
régis in recompensacîonem servicii per se et per suos hactenus 
Re^n impensi nec non et pro expensis missionibus debitis et 
aliis quibuscumque in quibus Rex poterat ei teneri usque ad 
martis post ramos palmarum XIIP"^ diem aprilis XCVIII de 
summâ de 12,000 1. t., 3,000 1. t. cont. sup. R. Val. 2,400 1. p. 

/ Dimanche 3 mai. De monetagio Parisius, pro Betino, 3,000 1. 
t. cont. per Johannem de Porticu, sup. R. Val. 2,400 1. p. 

Lnmli 11 mai. De monetagio Parisius 6,000 1. t. cont. per 
Perinum Vitalem, pro Betino, sup. R. Val. 4,800 1. p. 

Mercredi /; mai. Perotus Pipelart, pro quodani horologio ia- 
ciendo pro Rege pro quo débet haberc quolibet mense 6 1. t. 
quousque opus fuerit periectum, pro duobus primis mensibus 
12 1. t. cont. per se sup. R. val. 9 1. 12 s. p. 

Vendredi ij mai. De monetagio Parisius, per Johannem de 
^Porticu, 8,000 1. t. cont. sup. R. Val. 6,4001. p. 

— Benedictus Zacharie, admiraldus navigii, 2,000 1. t. cont. 
tradit. Oberto de Rustigaz pro debito quod ei debebat dictus 
Benedictus, sup. R. cum alio. 

-— Guilelmus de Nogareto, miles, pro nno equo suo, régi 
vendito 95 1. t. cont. per Guillelmum de Planzola, scutiferum 
suum, val. 76 1. p. sup. scutiferos in compote suo. 

Samedi 16 mai. De legatis in distinctis et terre sancte de parte 
Re^^is pro dominis Jacobo Normanni, archidiacono Narbonensi 
et Grimerio de Placentia, canonico Parisiensi, collectoribus eo- 
rumdem iegatorum, una cum magistris Petro de Bella Pertica 
et Johannem Clers[ens| per Ranuchium Hugonis (Havet 33 5) de 

(i) Dt la Compagnie des Rustigazzi. 



^. ,'♦ .^, 



LIVRES DE COMPTES. 



197 



societate Spine de Florencia 3,333 l. 6 s. 8 d. t. cont. sup. R. 
2,606 1. 13 S. 4 d. p. 

— Benchinus et Ranuchius, de Societate Spine de Florencia, 
pro mutuo et reddito pro se et dicta Societate, de summa de 
2,000 1. t. per litteras régis 1,200 1. t. cont. per eum Ranu- 
chium sup. R.; residuas 800 1. t. habebunt per receptores Cam- 
panie ut dicit idem Ranuchius. 

Jeudi 21 mai. De monetagio Parisius per Johannem de Por- ^' 
ticu pro Betino, 3,000 1. t. cont. sup. R. Val. 2,400 1. p. 

Lundi I" juin. Cepimus super R. per litteras suas pro episcopo 
Vincentino pro mutuo sibi tacto per Bichium Guydi, militem 
500 I. t. et reddidimus Guydoni Falconieri et sociis suis, in "^ " 
compoto eorum, pro dicto militi, per eum Guydonem. 

Mardi 2 juin. De monetagio Parisius, pro Betino, per Johan- 
nem de Porticu, 10,000 l. t. cont. sup. R. Val. 8,000 1. p. 

Vendredi / juin. Dominus Obertus Spinula, de Janua, pro 
medietate Ascensionis IC°. ad vitam 100 1. t. et pro arreragio 
quatuor annorum precedentium equaliter 800 1. t. tôt. cont. per 
Jacobum Vidame tradit. Egidio de G//:^c>, procuratori dicti Oberti. 
Sup. R. Val. 

Samedi 6 juin, veille de la Pentecôte. De Johannc de Porticu^-^ 
nepotc Betini, 167 1. 14 s. t. cont. per Falconierum, socium suum, 
Val. 134 1. 3 s. 2 d. p. sup. bal. Viromend. pro debito. 

Luiuîi 8 juin. De Stephano de Scna, 330 1. t. cont. per Ni- 
colaum de Spina sup. bal. Constanc. pro vie. Constanc. Val. 
264 1. p. 

Mardi 5? juin. Obertus de Rustigaz, pro medietate Ascensionis 
ad vitam 25 l.t. cont. per Guiardum Angoyssole^'^ sup. R- 

Jeudi II juin. De monetagio Parisius pro Betino per Johannem 
de Porticu 3,000 1. t. cont. sup. R. Val. 2,400!. p. 

Mardi 2j juin. Perrotus Pipelart, pro quodani horologio 
faciendo pro tertio mense 6 1. t. cont. per se sup. R. 



(i) De la Compagnie d'Angoissole. 



198 



LES LOMBARDS A PARIS. 



J \ 



l 



Benedictus Zacharie pro termine Asc. ad hereditatem (^G 1. 
13 s. 4 d. t. cont. per Habertum Bonardi valletum suum. Sup. 
R. Val. 53 1. 6 s. 8 d. p. 

Samedi 27 juin. Henricus li marquis, miles, pro fine compoti 
sui de expensis suis factis in guerra Vasconie cum domino 
Othone Couci i mari [Uso di mare] et pro reditu suo cum 
galeis post mortem ipsius apud Rupellam et pro expensis factis 
apud Rothomagum circa galeas, 230 1. t. cont. per se super R. 
Val. 184 1. p. 

Mardi 7 juîUet. Cepimus super R. pro denariis per dictum 
Tenaylle receptorem Campanie traditis comiti Sancti Pauli 
domino Guvdoni, misso ad Regem Alemannie pro expensis fa- 
ciendis 1,000 1. t.; episcopo Autissiodorensi, domino Petro, pro 
eodem 300 i. t. Domino Montismorenciaci, Matheo, militi, pro 
eodem 450 L t., archiepiscopo Narbonensi, domino Egidio 
pro eodem roo l. t. Muscheto militi pro eodem 290 1. t. Guil- 

lelmo Perdriz et Humberto de Romanis pro eodem 20 1. t. 

Summa 4,160 1. t. Quos rcddidimus magistro J. Clersens in 
compoto suo pro predicto Tenaylle. Totum per cedulam curie 
et totum in compoto Ascensionis IC°. 

Mercredi S juillet. Cepimus super R. in compoto Ascensionis 
ic" pro denariis per Bctinum Caucinel solutis Bencdicto Za- 
charie ^'^ pro debito quod rex debebat eidem Bénédicte de dena- 
riis Girardi Chauchat 2,000 l. t. Et rcddidimus eidem Girardo 
in compoto suo Ascensionis IC*". 

Mercredi S juillet. Benedictus Zacharie, pro expensis suis in 
servicio régis per 55 dies no 1. p. cont. per Albertum, socium 
suum sup. R. 137 1. 10 s. t. 

Vendredi 10 juillet. Cepimus super R. pro denariis perSymonem 
de Brolio etBertholomeum Penuche, monetarios Sancti Quintini, 
traditis Johanni Paele de Attrebato pro constabulario Francie, 

(i) Benedict Zacharie, amiral du roi de France. (Havet, no= 81, 83, 118, 
45)-) 



LIVRES DE COMPTES. 



199 



4,000 1. t. Et Rcddidimus Régi de monetagio Sancti Quintini 
pro dictis monctariis. 

Samedi 11 juillet. Papo Malonis , de Janua pro to. O. S. 
XCVIII ad vitam, 50 1. t. cont. per se sup. R. 

Dimanche 12 juillet. De monetagio Parisius, pro Betino, 
7,500 1. t. cont. per Perrinum Vital, valletum suum sup. R. Val. 
6,000 l. p. 

Vendredi 17 juillet. De monetagio Parisius pro Betino per 
Petrum Vital 5,000 1. t. cont. sup. R. Val. 4,000 1. p. 

Dimanche iç) juillet. De monetagio Parisius pro Betino 3,000]. t. 
ex per Baldum Fini sup. R. Val. 2,400 1. p. 

— Bichius et Muschetus, milites, per Baldum Fini et Gui- 
donem Falconerii pro fine compoti sui de florinis et aliis pecu- 
niis per gentes suas traditis duci Burgundie, comiti Sancti Pauli 
et aliis gentibus Régis pro via Rome de summa de 15,327!. 15 s. t. 
pro 20,437 florinis auri pervius quolibet pro 15 s. t. per 
cedulam curie. Amotis 6,000 l. t. quos habuerunt 19'^ die octo- 
bris in compoto O. S. XCVIII et 3,000 l. t. 23-^ die flicta in com- 
pot. Asc. ic° 6,327 l. 15 s. t. sup. R. cumpre dictis 4,000 l. t. in 
compot. Asc. IC°. De quibus habuerunt predicti Baldus et Guido 
4,000 l.t. cont. Val. 2,400 l. p. Residuas vero 3.327 1. 15 s. t. 
rcddidimus eis in compoto suo. Summa 3,584 1. 2 s. p. Deti- 
ciunt 637 l. II s. 6 d. p. 

Lundi 20 juillet. De monetagio Parisius pro Betino 6,000 1. p. 
cont. per Martinum Marcel pro Gaufrido Cocatriz. Val. 6,200 1. 1. 
sup. R. 

Vendredi 24 juillet. Colinus Paon^'>, filius et hères defuncti 
Nicolai Paon, 40 1. p. cont. per se. sup. ballivum Amb. per 
cedulam curie. 

Jeudi jo juillet. De monetagio Parisius, 5,000 l. t. cont. per 
Johannem de Porticu, pro Betino, sup. R. Val. 4,000 1. p. 

(1) Membre de la famille, célèbre à cette époque, des Paon, qui fournit 
plusieurs échevins. 



/ 



200 



LES LOMBARDS A PARIS. 



— Cepimus super R. pro denariis , per Sornacum Caucinel, 
monetarium apud Sumidrium, traditis magistro Johanni de Don. 
Mar. ^Dommartin] 250 1. t., etc. 

Mardi 4 août. De monetagio Parisius 2,000 1. t. cont. per 
Petrum Vital, pro Betino, sup. R. Val. 1,600 1. p. 

Difnaiiche ^ aoilî. De monetagio Parisius 3,500 1. 1. cont. per 
Petrum Vital pro Betino sup. R. Val. 2,800 1. p. 

Lundi 10 août. Cepimus super Baldum Fini et Guydonem Fal- 
conerii in compoto suo 764 1. 17 s. éd. t. 

Vendredi 14 août, veille de l'Assomption de la Vierge. De 
monetagio Parisius pro Betino 1,000 1. t. cont. per dominum 
Jacobuni de Percevo capellanum Episcopi Dolensis ^^^ sup. R. 

— De Galtero Loth, pro Faschio, lombarde defuncto, 5 s. t. 
cont. per Parisetum clericum compotorum. sup. R. 

Mardi iS août. De monetagio Parisius, pro Betino, per Mar- 
tinum Marcel, 7,500 1. t. cont. sup.R. Val. 6,000 1. p. 

Jeudi 2^ août. Petrus Pipelart, pro quodani horologio fa- 
ciendo pro rege^ pro quarto mense 6 1. 1. cont. per se sup. R. 

Dimanche ^o août. De monetagio Parisius, per Betinum , 
3^7001. t. cont. tradit. Gaufrido Cocatriz, sup. R. Val. 3,000 l.p. 

Mardi i^' septembre. Odo Alamanni Mistralis Viennie, archi- 
diaconus de Sareburoro in ecclesia Metensi,^-^ missus in Aleman- 
nia 100 i. p. cont. per Johannem de Monterevel, valletum suum, 
sup. R. 

Mercredi 2 septembre. De monetagio Parisius, per Betinum, 
7,500 1. t. cont. sup. R. Val. 6,000 1. p. 

— Benedictus Zacharie pro residuo de 12,000 1. 1. sibi debitis 
3,000 1. t. cont. per Paliologum filium suum. sup. R. 

Vendredi 4 septembre. De monetagio Sumidrii, per Sornacum 
Caucinelli^ monetarium ibi, 13,000 1. t. cont. sup. R. Val. 
10,400 1. p. 

(i) Dominus Theobaldus, episcopus Dolensis. 
i2) LVs;lise de Metz. 



LIVRES DE COMPTES. 



201 



Vendredi 11 septembre. Raynerius Bouquenegre^'^ frater de- 
functi Nicolai Bouquenegre, filius et hères defuncti Guillelmi 
Bouquenegre, pro to. ad hered. de termino Asc. IC° in compoto 
tune 40 1. 1. et pro arreragiis de terminis Ascens. XCV°, XCVP, 
et XCVIP redditis Régi in compoto O. S. XCVIIP a tergo com- 
poti, equaliter 160 1. t. to. cont. per se sup. R. in compoto 
Ascensionis CGC". ' 

Mardi j septembre. De monetagio Parisius 11,200 1. t. cont. 
per Petrum Vital, pro Betino, sup. R. Val. 9,000 1. p. 

Vendredi 18 septembre. De monetagio Parisius 4,700 1. 1. cont. 
per Johannem de Porticu pro Betino, sup. R. Val. 3,760 1. p. 

Vendredi 2/ septembre. De monetagio Parisius per Betinum 
7,500 1. 1. cont. sup.R. tradit. Martino Marcel. Val. 6,000 l.p. 

Mardi 29 septembre. Muschetus, miles, pro denariis sibi tra- 
ditis per magistrum Johannem de Sancto Justo, pro quibusdam. 
negociis Régis 50 1. p. cont. per Martinum Marcel tradend. eid. 
Johanni sup. R. 

Mercredi }o septembre. ... Roberto et Baldo Crispini de Attre- 
bato, fratribus, pro mutuo et reddito pro mensibus aprilis et 
maii IC" equaliter 2^000 1. p. et pro denariis redditis societati "' 
Amanatorum, de Pistorio ^'^ de summâ de 4,516 1. 10 s. t. 
captis sup. ipsos in sterlingfis] per magistrum Gaufridum de 
Bosco de quibus debent habere 500 1. t. pro quolibet mense pro 
primis duobus mensibus maii et junii IC" 1,000 1. t. 

Samedi } octobre. Petrus Pipelart ^^\ aurifaber, pro quodam 
horologio faciendo pro rege, pro quinto mense 6 1. t. cont. 
per se. sup. R. Val. 4 1. 16 s. p. 

Mardi i) octobre. De monetagio Suinidri per Sornacum Cau- 



(i) Raynier, Nicolas, Guillaume Boccanigra. 

(2) Compagnie des Amanaz de Pistoïe. 

(3) Dans Géraud, nous lisons, page 162, grande rue S^ Benoict : Jehan 
l'aulogier 2 s. Il y avoit donc déjà des horlogers avant Pierre Pipelart, l'or- 
fèvre qui entretenait l'horloge du roi aux gages de 24 1. t. par an, payables 
par trimestre. Ce nom se trouve déjà cité dans ce compte. 



202 



LES LOMBARDS A PARIS. 



cinel 8,000 1. t. cont. per Egidium de Guzo, de societate Chi- 
ponum de Placentia, sup. R. Val. 6,400 1. p. 

Mercredi 14 octobre. Dominus Guillelmus de Nogareto, pro via 
facta ad regem Majoric arami et alla facienda ad eum 150 1. t. 
cont. per Guillelmum de Planzoïia, valletiim suum sup. R. 

Vendredi 16 octobre. De monetagio Parisius 4,000 1. t. cont. 
per Johannem de Porticu, pro Betino, sup. R. Val. 4,200 1. p. 
Fratres Sancti Augustin! Parisius pro operibus sui monasterii de 
donc régis 50 1. t. cont. per Fratrem Johannem de Parisius, 
priorem ibi sup. R. 

Mardi 20 octobre. De monetagio Parisius 4,000 1. 1. cont. per 
Johannem de Porticu, pro Betino sup. R. Val. 2,400 1. p. 

Vendredi 2) octobre. De monetagio Parisius 800 1. t. cont. per 
Morlanum, valletum Betini. Val. 1,000 1. t. sup. R. 

Jeudi 2C} octobre. De monetagio Parisius 6,000 1. p. cont. per 
Johannem de Porticu, pro Betino, tradit. Martino IVIarcel. Val. 
7,500 1. t. sup. R. 

Vendredi 6 noz'enibre. De monetagio Parisius per Betinum 
3,000 1. t. cont. tradit. Leoni de Janua^'\ sup. R. 

— Petrus Pipelart, pro quodam horologio faciendo pro rege 
pro sexto mense 6 1. t. cont. per se. sup. R. 

Mardi 10 novembre. Balduinus Buridan^^\ miles, pro se xx" 
armatorum in guerra Flandrie tune comiti Sancti Pauli pro 
primo quarto per annum 700 1. t. cont. per se sup. R. 

Jeudi 12 novembre. Amalricus de Nigella, prepositus Insuie, 
pro toto residuo de 600 1. t. a rege sibi concessis pro servicio 
suo. 300 1. t. cont. per magistrum Henricum de Monte Desiderii 
presbiterum sup. R. 

Dimanche i) novembre. V^iiWolo^^us Zacharie^^^ missus ad partes 
maritimas 50 1. t. cont per se. sup. R. Benedictus Zacha- 

(i) Léon de Gènes — nom plusieurs fois cité. 

(2) Le Buridan original de la Tour de Xesle? 

(3) Paléologue Zacharie, tils de Bénédict Zacharie. 



LIVRES DE COMPTES. 



203 



rie, pater ejus, pro termino O, S. ad hered. 76 I. 13 s. 4 d. t. 
cont. per eum Paliologum sup. R. 

Samedi 21 novembre. De monetagio Parisius pro Betino per 
Johannem de Porticu 3,475 h 13 s. 9 d. t. cont. sup. R. 

— Magistri monetarum Betinus, Johannes et Guillelmus, pro 
vadiis O. S. equaliter 200 1. p. — Renaudus de Aula, clericus 
monetarum pro eodem 20 1. 11 s. p. to. cont. per Johannem 
de Porticu sup. R. 

Lundi 2] novembre. Cepimus super R. pro denariis traditis 
duci Burgundie per gentes Muscheti militis in curia Rome pro 
500 florin, auri quibus pro 15 s. t. : 375 1. t. et magistris Ra- 
dulpho de Fossatis et Petro de Prunayo, clericis régis, pro 
300 florin, auri quibus pro 15 s. t.; 225 1. t. et pro 500 1. t. 
grossi arg. quibus pro 16 d. t. ; 33 1. 6 s. 8 d. t... Et reddidi- 
mus totum Baldo Fini, Guydoni Falconerii et sociis suis parisius 
in com.poto suo. 

Mercredi 2/ novembre. Obertus de Rustigaz, pro medietate. 
O. S., ad vitam 25 1. t. cont. per Girardum Angoyssole, 
sup. R. 

Vendredi 2'] novembre. Balmustinus Larcar pro termino O. S. 
ad hereditatem 50 1. t. cont. per Egidium de Guzo procurato- 
rem suum sup. R. 

Jeudi } décembre. Dominus Obertus Spinula, pro medietate O. 
S. ad vitam 100 1. t. cont. per Egidium de Guzo sup. R. 

Dimanche 6 décembre. De monetagio parisius 8,000 1. t. cont. 
per Falconerium test[em] pro Betino sup. R. 

Mercredi j? décembre. De monetagio Parisius pro Betino 
2,000 1. t. tradit quibusdam militibus de Scocia, sup. R. 

Lundi 14 décembre. Cepimus super Baldum Fini et socios suos 
in compoto suo parisius pro denariis traditis sociis suis Bituri- 
censibus per ball[ivam] Bituricensem 4,500 1. t. per plures iitte- 
ras. Et reddidimus ballivo in compoto suo. 

Mardi ij décembre. Johannes Marcel, mercerius parisiensis. 



204 



LES LOMBARDS A PARIS. 



' 



508 1. 4 S. p. cont. per se sup. M. de Morgn*'^ (Michel de 
Morgnenval.) 

Samedi i<) décembre. De reliera defuncti Ade Halot, Ysabelle, 
pro tîne compoti ejusdem Ade de expensis suis in Campania 
pro JLirata clericorum ibi cum Symone de Marchesiis et Guil- 
lelmo de Nogareto, militibus 7 1. 18 s. 9 d. p. cont. per Rober- 
tum clericum suum, sup. R. 

— De monetagio Parisius pro Betino 1 0^000 1. t. cont. per 
M. Marcel sup. R. 

Mercredi )0 décembre. Dominus Haricurie Johannes, miles, 
pro via Flandrie, propter guerram, 1,000 1. t. cont. per Johan- 
nem Nicolai de Societate Amanatorum de Pistorio, traditis do- 
mino Radulpho, archidiacono Augi^, fratri dicti domini J. sup. R. 



1300 



Dimanche ) janvier. Petrus Pipelart, pro quodam horologio 
faciendo pro rege pro VIII° mense 6 1. t. cont. per se sup. R. 

Lundi 4 janvier. De monetagio Parisius, pro Betino, 4,000 1. 
t. cont. sup. R. Val. 3,200 1. p. 

- Jeudi 7 janvier. Jacobus Vidame et sociis suis pro expensis 
iactis vectura et conductu de 80,000 1. t. ducendas (XX° de- 
cemb.) apud Attrebatum et abhinc cum pluribus armatis usque 
ad Insulam per XXII dies 77 1. 15 s. p. cont. per se Val. 97 1. 
3 s. 9 d. t. sup. R. in compoto O S. IC°. 

Mardi 12 janvier. De monetagio Parisius, 2,500 1. t. per 
Johannem de Porticu pro Betino, sup. R. Val. 2,000 1. p. 

— Cepimus super Guillelmum de Hangest, thesaurarium, in 
compoto suo, pro se éoo 1. p. quos debebat Betino, Val. 625 1. 
t. quos reddidimus régi de monetagio parisius, pro eo Betino. 

Samedi 16 janvier. De monetagio Parisius 2,000 1. t. cont. 
per Johannem de Porticu, pro Betino, sup. R. \'al. 1,600 1. p. 

(i) Michel de Morgnenval. (Cf. Hist. des Gaules, t. XXII, p. 473.) 



LIVRES DE COMPTES. 



205 



Mardi i^ janvier. De monetagio Parisius 1,800 1. t. cont. 
per Falconem valletum Betini pro eo Betino sup. R. 

Jeudi 21 janvier. De monetagio Parisius pro Betino 10,000 1. 
t. cont. per Gaufridum Cocatriz sup. R. Summa 9,022 1. 4 d. p. 

— Gaufridus Cocatriz pro garnisionibus Flandrie pro guerra 
lo^ooo 1. t. cont. per Betinum. sup. R. 

Lundi i"' février. Bonisius Bondos, éoo 1. 45 s. 2 d. p. cont. 
per se sup. M. de Morn. in compoto suo. 

Mercredi ) février, lendemain de la Chandeleur. Petrus Pipe- 
lart, pro quodam horologio faciendo pro rege, pro nono mense 
6 1. t. cont. per se sup. R. 

Jeudi 4 février. De Jacobo Gaygne-maille. propter compendium 
1361. 6 s. 10 d. p. cont. per Rigoletum campsorem compend. 
sup. balliv. Silvanectensem. 

Samedi 6 février. De finacione Gandulphi de Arcellis, lom- 
bard!, 1,500 1. t. cont. de termino Cand. ic° per Guillelmum de 
Vorcent, valletum suum sup. R. 

Mardi 5? février. De monetagio Parisius 6.^6/[ 1. 5 s. t. cont. 
per Johannem de Porticu, pro Betino, sup. R. 

— Cepimus super R. pro denariis traditis Dyonisio de Albign. 
pro Guilielmo Routerio per Betinum Caucinel quos idem Dyo- 
nisius reddidit régi per compotum suum de guerra Vasconie fac- 
lum anno XCVIII. 80 1. t. Et reddidimus régi de monetagio 
Parisius per eum Betinum per cedulam curie. 

Mercredi 10 février. Cepimus in compoto Omnium Sanctorum 
IC° pro mutuo reddito Benchino et Ranuchio, de Societate Spine 
de Florencia, pro se et dicta societate per receptores Campanie 
de summa de 2^000 1. t. de quibus habuerunt 1,200 1. t. per 
Luparam in compoto Ascensionis IC° pro toto residuo 800 1. t. 
quos reddidimus eisdem receptoribus in compoto suo O. S. ic°. 

Jeudi II février. Cepimus super R. in redditu Peregrini de 
Lauduno de tercio Candelose IC'' pro denariis quos debebat bal- 



s/ 



206 



LES LOMBARDS A PARIS. 



livo Silvanectensi, pro Bichio et Muscheto militibus, 74 1. 4 s. 
p. quos Laurentius Thiart, prepositus Bellimontis petebat ab 
eodem Peregrino. 

Mardi 16 février. De bonis Olivieri Scarampi^'\ lumbardi, 
I captis per Hugonem de Longo Prato servientem Castelleti pari- 
' sius et Radulphi Puche 24 1. 5 s. i d. p. per Philippum, cleri- 
cum Renaudi du Cavech.^^> per eum Renaudum sup. R. 

Jeudi 18 février. Dominus Guillelmus de Nogareto, miles, pro 

via Rome 400 1. t. cont. per Guilelmum de Planzoles. sup. R. 

Vendredi i^ février. Muschetus Guydi, miles, missus ad cu- 

riam Romx 500 1. t. per Matheum Affricani lombardum, 

sup. R. 

Mercredi 2; février. De monetagio Parisius, pro Betino 10 1. 
t. cont. per Martinum Marcel sup. R. 

Vendredi 26 février. Benedictus Zacharie, pro termino Can- 
dklosei ad hereditatem 66 1. 13 s. 4 d. t. cont. per se sup. R. 

L. 

Samedi 2y février. Dominus Guillelmus de Nogareto, miles, 
produobus terminisO. S. et Candel.IC° ad vitam equaliter 133 1. 
6 s. 8 d. t. cont. de novo per Guillelmum de Planzole, valletum 
suum sup. R. 

Mardi i" mars. De monetagio Parisius pro Betino 1,200 1. 1. 
cont. per Petrum Genciani tradit. Egidio Grandie magistro 
Régis sup. R. 

Vendredi 4 mars. Petrus Pipelart, pro quodam horologio fa- 
ciendo pro Rege pro X" mense 6 1. t. sup. R. 

Cepimus super R. pro residuo vadiorum defuncti Johannis 

de Ghistele, militis domini de Formeseles in guerra Flandrie de 
summa de 981 1. 16 s. 5 d. t. per compotum Guillelmi de 
Monte xMauri pro toto residuo 181 1. 16 s. 5 d. t. quos relicta 
dicti defuncti recepit a gentibus Bichii et Muscheti, militum, per 
litteras suas. Et Reddidimus Baldo Fini et sociis suis in compoto 

(i) Scarampi, lombard cité plusieurs fois dans cet ouvrage. 
(2) (Havet, nos 21, 42, 97> 3^6, 342, 446.) 



LIVRES DE COMPTES. 



207 



suo parisius per Guydonem Falconierii, per litteras suas quas 
attulit. Residuas 800 1. t. habuit dictus defunctus 12 jan. ïc\ 

Mercredi ^ mars. De monetagio Parisius, pro Betino, per dic- 
rum Thoneul, valletum suum, 4,000 1. t. cont. sup. R. 

Jeudi 10 mars. De debito quod Robertus, barbitonsor régis, de- 
bebat Bichio et Muscheto militibus 11 1. 10 s. t. per Michele- 
tum valletum porte, sup. R. 

Lundi 14 mars. Cepimus super R. pro denariis redditis Régi 
per compotum balHvi Viromendensis Asc. XCVIII de debito 
quod Johannes de Compendio debebat Muscheto militi, et Lupara 
reddiderat eos Régi in compoto O. S. an. 40 1. t. Et reddidimus 
ballivo Viromendensi. 

Samedi ij avril. De pannis que fuerunt, ut dicitur, Leopardi 
Combusti, socii quondam Philippi Beluqui de Accon forefactis 
dimissis eidem Philippo 1,000 1. t. cont. per manum Negrini 
Podesii de Placentia solventis vice et nomine dicti Philippi, de 
mandato prepositi parisiensis ut dicitur sup. R. Val. 800 1. p. 

Jeudi 2y avril. Cepimus super R. pro denariis redditis socie- 
tatc Amanatorum, per Betinum Caucinel de summa de 4,516 1. 
10 s. t. captis super ipsos in sterlingfis] per Magistrum Gaufri- 
dum de Bosco. Amotis 1,000 1. t. quos habuerunt per Lupa- 
ram ad O. S. IC" pro toto residuo 3,516 1. 10 s. t. quos reddi- 
dimus régi de monetagio monete facte Parisius per eum Betinum 
tôt. per cedulam curias. 

Lundi 8 mai. Petrus Flote, miles, pro fine compoti sui de via 
Rome, deductis 1,000 1. t. receptis a Lupara et 3,000 florin, 
recept. a S-.cietate Muscheti miliris per 179 dies. 205 1. t. et 
pro 53 flor. quohbet 15 s. p. 39 1. 153 s. p. to. per dominum 
P. capellanum suum sup. R. 

Dominus Karolus, frater régis, pro mutuo sibi facto 4,000 1. 
t. per Johannem Nicolai de societate Amanatorum de Pistorio 
sup. R. eum alio per bas? de 80,000 1. t. 

— Custos ville Lugduni dominus Guillelmus de Viriaco, pro 
fine compoti sui de via Rome deductis 400 flor. receptis a so- 



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208 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LIVRES DE COMPTES. 



209 



II 



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cietate Muscheti milids per 93 dies 263 1. 10 s. t. per se 
sup. R. 

Vendredi 12 mai. Robertus et Baldus Crispini, fratres, de Attre- 
bato pro quarto 15^' in redditu comitis Sancti PauU de tertio As- 
censionis pro debito 333 1. 6 s. 8 d. t. per Johaiinem Faurel et 
Coliiîum clericum suuni sup. R. ibi. 

Samedi i) mai. Dominus Guillelmus de Nogareto, miles, pro 
termino Asc. ad vitam 76 1. 13 s. 4 d. t. per magistrum Guil- 
lelmum Bone Faylhe clericum sup. R. 

Lundi j; mai. Domina Heluydfis] de Sargines <') pro termino 
Asc. ad hereditatem 100 1. t. per Johannem dictum camerus ? 
de Rogeri super R. 

Mercredi 2j mai. Cepimus super R. pro vadiis Betini Caucinel 
et Johannis Dimieri, magistrorum monetarum, de terminis Cand. et 
Asc. equaliter 276 1. 13 s. 4 d. Val. 333 1. 6 s. 8 d. t. et red- 
didimus régi de monetagio monete facte Parisius pro eo Betino 
per dictum Vanne, nepotem suum. 

Jeudi 18 mai. De Petro Nevelon^^>, pro heredibus Guerne de 
PetricLiria 20 1. p. per se sup. baillivum Silvanectensem. 

Vendredi 19 mai. Dominus K[arolusJ, frater Régis, ex mutuo 
20,000 1. t. per Johannem Nicolai de Societate Amanatorum de 
Pistorio sup. R. 

Samedi 20 mai. Magister Rad. Rousseleti, pro fine compoti 
sui de via Rome, deductis 200 1. t. quos habuit per Luparam 
et 300 1. t. pro 35 l. florin, auri quos recepit a societate Mus- 
cheti miUti in curia 28 1. 21 d. t. per magistrum Guillelmum 
Guilleron sup. R. 

Samedi 20 mai. Obertus de Rustigaz, pro. med. Asc. ad vitam 
25 1. t. per Girardum Agoyssole, procuratorem suum, super R. 

« 

(i) Parente de Geoffroi de Sergines, ce chevalier, ami de saint Louis, dont 
le nom se trouve dans les Feoda Campanie (1249-S2), chattelerie de Bray, 
p. 34 éd. A. Longnon). 

(2) Les Nevclon sont mentionnés dans le testament de Gandoufle. 



Vendredi 2 juin. ... pro denariis traditis Barbe lombardo pro 
salario suo procurando pecunia in auri et argenti ad competens 
precium 15 1. p. tôt. perjacobum Lucie in compot. O. S. CCC°. 

Lundi j juin. Dominus Obertus Spinula de Janua, pro duobus 
med. O. S. CCC° et Asc. CCCP ad vitam equaliter 200 1. t. 
perjacobum Vidame pro Januardo, procuratore dicti Oiberti]. 
sup. R. 

Jeudi S juin. De monetagio Parisius, pro Betino, 4000 1. t. 
per dominum Vanne, nepotem suum. sup. R. 

— De monetagio Sumidrii, pro Guydone de Porticu, 4,000 1. 
t. per eum Vanne, fratrem suum, sup. R. 

Vendredi 14 juillet. De monetagio Parisius pro Betino per Van- 
num, nepotem suum, 8,543 1- ^' sup. R. 

Mardi 18 juillet. De monetagio Sumidrii per Guydonem de 
Porticu monetarium ibi 2,500 1. t. sup. R. Val. 200 1. p. 

Vendredi 21 juillet. De denariis inventis in domo defuncti 
Gandulphi<'> lumbardi parisiensis captis per magistros Jacobum 
de Sancto Alberto et Guillelmum de Remis, 550 1. p. sup. R. 

Vendredi 28 juillet. De Matheo Brochefort et Plasino dicto 
Paure lombardis de Placentia 2,000 1. 1. cont. per eumPlasinum 
quos debebant Girardo Chauchat receptori Arvernie, sup. eum v 
Girardum in compoto suo. Val. 1,600 1. p. 

Lundi 22 aoilt. Cepimus sup. R. pro denariis traditis cantori 
MilHaci<2) et magistro Gaufrido de Bosco per Nicolaum Angoys- 
sole et AUodinum Falquerium de societate dominorum Bichii et 
Mouscheti, 10,000 1. 1. et pro denariis redditis Régi per Luparam 
ad Asc. CCC° pro Bichio et Muscheto, predictis, 14,429 1. 10 s. t. 
Summa 24,429 1. 10 s. t. De quibus reddidimus Régi de sen 
[escallia] Bellic[adri] de termino Ascensionis CCC*^ eum residuo 
pro guerra Flandrie tune levato in dicta senescallia 23,525 1. 
4 s. t. De denariis dominis Bichio et Muscheto redditis pro Ro- 

(i) Preuve de la mort de Gandoufle avant ou pendant le mois de juillet 1301. 
(2) Guillelmus, cantor Milliaci. (Havet, n^-^ 197, 244, 246.) 

LES LOMBARDS. — I. 



/ 



.■ !• 






2IO 



LES LOMBARDS A PARIS. 



berto xMauoer, tune baillivo Turon[ensi] per compotum suum ad 
O. S. XCV^> quos negat 75 i- t. De pu — (?) reddito per 
receptores Campanie ad Magdalenam in Calvo Monte de summa 
de 21,000 1. t. tradita sociis suis receptoribus Bellic[adriJ 
per Sornacum Caucinelli. 8oo 1. t. Summa. 24,400 1. 4 s. t. Et 
sic debuimus 29 1. 6 s. t. quas reddidimus Baldo Fini et aliis 
sociis predictorum Bichii et Muscheti in compoto suo Parisius 
totum per cedulam curie in compotis Sancti Johannis CCCP. 

Dimanche 10 sept. Cepimus sup. R. per litteras Régis, pro 
mutuo reddito Roberto et Baldo Crispini fratribus de Attrebato 
1,600 1. val. 2,000 1. t. quos reddidimus Régi de debito do- 
mini Ludovici, fratris régis per dictos fratres. 

Mercredi ij sept. De Roberto et Baldo Crispini fratribus de 
Attrebato pro supplemento cujusdam mutui quod fecerunt Régi 
7 1. p. cont. per se ipsos sup. R. 

Jeudi 14 sept. De billione arrèstato et capto in provincia ad- 
ducto apud Luparam et per Jacobum Lucie tradito monetariis 
Paiisius 3,^40 1. 2 s. 3 d. t. cont. pro parte per Bartholomeum 
de Porgue sup. R. Val. 2,512!. 21 d. ob. picte. 

Vendredi 2^ sept. De monetagio Parisius pro Betino per Bar- 
tholomeum de Porgue 3,000 1. t. sup. R. Val. 2,400 1. p. 

Lundi 6 nov. Societas Baldi Fini in redditu comitis Hanon. 
(Hainaut) pro debito 50 1. t. per Hugueninum Huguenin 
sup. R. 

Vendredi 10 nov. Guillelmus de Nogareto, miles, pro terminis 

ad vitam 76 1. 13 s. 4 d. t. per Petrum valletum suum. Sup. R. 

— Robertus et Baldus Crispini de Attrebato ('>, pro debito in 

redditu comitis Sancti Pauli pro V^^^ XV° O. S. 333 1. 6 s. 

8 d. t. per Colinum, clericum eorum, sup. R. 

Lundi I) mv. Cepimus sup. R. pro Betino Caucinel, magistro 
monetarum, pro vadiis suis O. S. pro tertio. 66 1. 13 s. 4 d. p. 
Val. 84 1. 6 s. 8 d. t. 

i 

(i) Havet, no 33. • • . 



V 



I 



LIVRES DE COMPTES, 



211 



Mercredi 22 nov. Magister Petrus de Latilhi, pro expensis suis 
in captione lombardorum usurariorum ballivie Silvanectensis<^) 
per 28 dies et uno equo reddito curie 85 1. 18 s. p. et pro resi- 
duis expense sue per 16 dies, in festa Sancti 'Martini CCCP et 
uno equo reddito curie, deductis 40 1. p. quas habuit per Lu- 
param 6 1. 7 s. p. per Odonem clericum suum sup. R. 

Jeudi 2) nov. Belmustinus Larcar., pro toto O. S. CCC° et O. S. 
CCCI° ad hereditatem equaliter 100 1. t. per Egidium de Guzo 
sup. R. 

Lundi 27 nov. Cepimus sup. R. pro denariis per ballivum 
Bituricensem Johannem de Maria traduis Terrico de Bon 
et Girardo Albertini de Societate Bichii et Muscheti militum 
1,000 1. t. et reddidimus eidein balUvo in compoto suo totum 
per litteras abbatis Joiaci thés [aurarii], quas attulit clericus bal- 
livi Symon. 

Jeudi ^o novembre. Thomas Aladent, civis parisiensis , pro 
mutuo sibi reddito quod Rex habuit per compotum Bichii ad 
Ascens. XCV° 60 1. t. per se sup. R. 

Vendredi /" décembre. De legatis et terre sancte per Bartholo- 
meum Girardi de Societate Mozorum de Florencia de mandato 
domini Guinerii can. paris. 3,333 1. 6 s. 8 d. t. sup. Reg. 

Samedi 2 décembre. De legatis in distinctis et terre sancte per 
Barthol. Johannis pro Bonino de Clarenz domino suo de socie- 
tate Clarentinorum de Pistorio de mandato domini Grimerii 
can. par. 3,333 1- 6 s. 8 d. t. sup. R. Val. 2,676 1. 15 s. 4 d. p. 

Jeudi 7 décembre. Executores defuncti Radulfi Torcol de 
Sancto QLiintino, pro mutuo quod idem Rad. fecerat Régi per 
compotum Bichii ad Asc. XCV° reddito fratribus minoribus 
S. Quintini ex concessione dictorum executorum pro quadam 
capella beati Ludovici construenda 34 1. t. 

Dimanche 10 décembre. Dominus Grimerius canon, parisiensis, 
cantor Baiocensis, pro mutuo sibi reddito quod rex habuit per 

(i) Preuves de poursuites exercées contre des usuriers lombards de Senlis. 



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212 



LES LOMBARDS A PARIS. 



compotnm Bichii O. S. XCV° inter mutiia preposlture Paris 
200 1. t. per Bavemondum fratrem suum sup. R. 

Lundi II décembre. De legatis in distinctis et terre sancte per 
Lapum pro Girardo Rustici de societate Spine de Florencia de 
mand'ato; domini Grimerii can. parisiensis 3,333 1. 6 s. 8 d. t. 
sup R. 

Lundi iS décembre. De monetagio Parisius pro Betino per 
Beitholomeum de Porticu 6,225 1. t. cont. sup. R. Val. 4,980 1. 1. 

Jeudi 21 décembre. Obertus de Rustigaz, pro. med[ietate] O. S. 
• ad vitam 25 1. t. per Raimondum le caoef('> procuratorem 

suum, sup. R. 

Cepimus sup. R pro denariis traditis per Betinum Caucinel 
mat^istro Odoni Alemanni mistrali Vienne pro expensis suis in 
via^Alemannie pro negociis régis 500 1. t. et reddidimus régi de 
monetagio parisius per eum Betinum. 

Rapports à Philippe VI. État de ses finances. 

(Ed. .XÎORAXviLLÉ, Bill, de FÊcoIedes Chartes, t. XLVIII, p. 383.) 

1330. Les cent solz sus 100 1. que payent certains mar- 
chandz [il s'agit ici des Lombards] s'élèvent à 9,000 liv. Le 
denier et maaille de la livre que tenait à ferme Bonnat Octa- 
vian ''^ montait à 12,000 1. 

[Voir Annuaire — Bulletin de la Société de l'histoire de France, 

1875, p. 86.] 

L'émolument du grand sceau du Roy, 10,000 1. 

(C'est le sceau qu'on employait dans les foires de Cham- 
pagne. V. Bourquelot). 

(i) Cest le Renaud du Cavech, cité plus haut, et dans les comptes de 

M. Havet. 

(2) Octavian Bonnet est le nom du dernier capitaine des Lombards aux 

foires de Champagne que nous connaissions. 



l 



LIVRES DE COMPTES 



213 



En 1344 nous lisons : 

Et depuis l'an 1332 dessus dict, que vous, très puissant sei- 
gneur, sceutes votre estât comme dit est, sont cheuz et abatuz 
les cent solz pour cent livres que payoient les Lombars qui 
souloient estre en estimacion de 10,000 1. t. 

Item la taille des Lombars, de quoy l'on ne liève mais riens, 
vouloient estre estimée 16,000 1. t. par an. 



Journaux du Trésor (Extraits) 

(Ed. MoRANViLLÉ, Bibliothèque de VËcole des Chartes, 1888). 

Nous relevons dans ces comptes une vingtaine de noms de 
Lombards, parmi lesquels : 

1345. Lundi 2() août. Berthelet de Plaisance, vend à la Reine, 
deux rubis : 150 1. 

1353. Vendredi 20 décembre. Edouard Tadelin, de Lucques. 
Avances au Roi. 

Mercredi 2j avril. Jean Adorne vend au Roi deux pierres dures 
appelées dyamans, 1200 écus d'or. 

Avril. Bellometi Turelli^ bourgeois de Paris. — Avances au 
Roi. Son neveu, Louis Torelli, de Pietra Santa, avait été maître 
particulier de la monnaie d'or de Saint-Lô, diocèse de Coutance (?) 

On voit encore dans ces comptes les noms du tameux per- 
sonnage cité par Guillebert de Metz, dont l'hôtel se trouvait rue 
des Prouvaires, maître Duchie (Jacques de Dussy), et du Juif 
Mousse de Vesoul, dont il est question dans les comptes publiés 
par M. IsiD. LoEB. Revue des Études Juives. 

Nous publierons tout ce qui concerne les Lombards dans ces 
comptes dans les Lombards che:{_ eux. 



^.j»» .«.-i 



^g!^?MjS53BÏSB8WK^WS?W^Bi3W 







RENIER RENAUD. 

Hic • jâcet • Rancrius • Renaldi • mercator • et civis de S[ienna?' [Ejjus anima * requicscat • 

in • pace • orate • pro • eo • • • 
(Musée Carnavalet.) 

Cette planche se trouve dans Guilhermy, Inscriptions, T. V, p, 141 

Pierre tombale de 1.37 de longueur sur 1.04 de largeur. 

En 1263, Rigaud, évcque de Rouen, emprunte à Girardin Zampoui, Renavd Rainier et leurs associé 

une somme qu'il s'engage à leur rembourser à la foire de mai de Provins. 

Layettes du Trésor des Chartes, t. III, p. $43. 

En 1295, février, ce Renier Renaldi faisait partie de la Compagnie Biche et Mouche. 

Gior, Star, dei Archivi loscani. 1857. 

Nous publions son sceau plus loin. 



> 



CHAPITRE X 



LES LOMBARDS A PARIS 



Documents et Pièces justificatives. 



I. — 121 3. Concile de Paris. — Sur l'usure; 
II. — 123 5-1424. Lombards en Angleterre; 
m. — 1249. Lombards de Constantinople; 
IV. — 124?. Lombards de Nîmes; 
V. — 1258. Caorsins; 

VI. — 1261. Lombards de Gênes; — 1270. Les Boccanigra; 
^'IL — 1292. Les Lombards à Paris; — 1302^ 1313? 1342, 

1370; 
VIII. — 1298. Lombards de Champagne; 
IX. — 1290. GandoLifle (documents concernant); 
X. — 1360. Lombards en Artois; — 1331-30, en Haynaut; 

— 1371, à Avignon; 
XL — 1303-13 18. Liste des Compagnies (Olîm); 
XII. — 1414- Lettres de la fondation de la boete aux Ytaliens 
à Paris. 



I. — Concile de Paris sur Tusure, 1213. (Extraits.) 

Aucun clerc ne peut se mettre aux gages des usuriers pour 
les aider dans leur négoce, pour tenir leurs comptes, leurs re- 
gistres ou leurs livres, ou leur servir d'avocat. 

Le légat, les évéques peuvent recevoir les. acquêts iiijustes 



' •i^siA ' -^j^Si^ '■iim^.i w m i m ' -S Ê tm i a m 



2l6 



LES LOMBARDS A PARIS. 



des usuriers repentants et en faire bon usage. En cas d'arbi- 
trage, si l'usurier se montrait trop féroce, on pouvait, après 
avoir épuisé les autres genres de punitions plus douces, recourir 
au fer pour retrancher de la société les membres pourris... L'u- 
surier qui n'écoutait pas les admonestations de l'Eglise, pouvait 
s'attendre à encourir l'excommunication. A sa mort, son ca- 
davre était abandonné à la porte du temple aux chiens dévo- 
rants et son âme au démon... 

Les usuriers avaient établi partout « des synagogues, vulgai- 
rement appelées communes {communie^, dans lesquelles ils se 
soumettaient à des juridictions spéciales au mépris de la juridic- 
tion ecclésiastique. » 

(Cette dernière clause tendrait à prouver que l'usure était 
encore, à cette époque, la spécialité des juifs.) 

Cf. Notices et extraits des Mss., an IX, vol. VI : La Porte 
DU Theil : Robert de Courçon et Lettres du pape Innocent III. 

IL — Les Lombards en Angleterre. 

En Angleterre, les nobles contiaient, dans l'origine, leur ar- 
gent aux compagnies lombardes « pour le faire fructitier en le 
semant, » dit Mathew Paris. 

En 1235, alors que le Roi et la plupart des prélats anglais 
étaient leurs débiteurs, l'Evéque de Londres essaya de les 
chasser, mais le pape les défendit. En 125 1, on appelait ces 
préteurs du nom de Caursins. Ils prélevaient, suivant Mac Pher- 
son, juste le double de ce qu'ils avançaient, pour les trais et 
les risques. (T. I, p. 400.) 

A la fin de 125 1, les Caursins se virent accusés devant les 
juges, par un agent du roi, de schisme, d'hérésie, et de trahison. 
Qiielques-uns furent jetés en prison, les autres se cachèrent. 
L'un d'eux disait à xMathew Paris que <( s'ils n'avaient pas 
acheté de riches maisons à Londres, pas un seul d'entre eux 
n'y serait resté. » Mais les persécutions n'aboutirent qu'à une 
hausse encore plus élevée du taux de l'intérêt. 




*l:I^?„'„.Jg_JL^M^.LQ, vl^C( ' OFTf 



Conte Caccia Conti (Sienne). 

Kn 1240, Aldobrand.no Caccia Conti chassait les nobles de Sienne. II appartenait à une famille 

plébéienne : on lu. décerna ce surnom de Cucia conti, chake-comtes. 

(Bf.llarmati. Histoire de'Sientie n 62 ) 

m^.JtT^v7T^ '^^"' r u""" '^'y'V^l!''' ^'"^■^''"'« -Ms ou rares du xin- .. xvi.e sUcle 

(Dispensa XVI, Bologne O. Roma^noh dcll acqua 1871) une letiera dt Jacomo, Gtovanm, VtncfuU e 

altri compapu da Siena a Jacomo dt Gurdo Caccia Conti, ,„ Franda (c juillet 1260^ 

La suscr.pt.on esta.ns, conçue ; a lachomo Guidi Chacraconti t von altrui detur " 

Notre personnage est évidemment un membre de cette famille qui mourait en France 

r'-obabIcmc..uaArra]on, où il avait des propriétés. 

Pierre tombale de Conte Chase Conce (Conte Caccia Conti). lombard de Sienne la vieille, mort 

le 25 juillet 1514. — Arpajon. 



I : 



2l8 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Sous Edouard i*'', un Jean de Cahors (de Caturco) était em- 
ployé à la frappe des monnaies (Madox's, hist. of îhe Excheq., 

C. 22, § 4.) 

En 1278, la monnaie (exchange) de Londres était placée 
sous la direction de marchands de Lucques en Italie, et du 
maire de Londres, Gregory de Rokesle. 

En 1282, on comptait parmi les compagnies lombardes de 
Londres les Friscobaldi, les Rembertini, les Bardi , les Spini, 
de Florence; les Richardi et les Ballardi de Lucques, etc. 

En 1285, les Lombards proposèrent au roi de fonder des 
villes, ou centres d'échange, dans divers endroits du royaume et 
spécialement à Queen's ferry, dans Fife, ou sur une petite île 
près de Cramund. 

En 1297, les Lombards étaient autorisés à exporter la laine 
d'Angleterre. 

En 1338, le roi Edouard faisait emprisonner les Lombards et 
les marchands étrangers et saisir leurs marchandises, ne faisant 
d'exception que pour ses bons amis, les Bardi et les Peruzzi. 

En 1348, les Flamands essayaient vainement d'empêcher 
les Lombards d'acheter les laines anglaises (14 février); le roi 
d'Angleterre les en empêcha. 

En 1424, les Lombards, pour faire le commerce avec 
l'Ecosse, se servaient de très grands bateaux {tiavis immanis- 
sima); un d'eux, surpris par une tempête qui s'était élevée subi- 
tement, vint se briser à Leith (Scoti chron., V, 11, p. 487. — 
Mac-Pherson, Armais of commerce, t. I, p. 641.) 

Nous avons des lettres écrites par les Cerchi, en 1290, à 
leurs correspondants en Angleterre. Nous les publierons avec 
des documents plus complets sur les Lombards en Angleterre 
dans Les Lombards che:(^ eux. 



III. — Lombards à Constantinople. 

1249. Les Archives nationales (J. 473) renferment des quit- 
tances de Lombards à la reine Blanche. 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



219 



— De 680 1. t. argent prêté par Bon de Monz, toscan, bour- 
geois de Constantinople. Sceau : Seel Buon del Monte 
Ug[e]lii. C'est un Ughelli. 




Monz (Bon de) toscan, bourgeois de Constantinople, 1249. 
Sceau triangulaire de 0,025""". Écu barré de huit pièces. )f S' Buon d'I monte Ug • lii. 

Seel Buon del monte Ugelii (Ughelli ?) 
Sur une quittance de mai 1249. (J. 473, no jo, A. N.) 

— De 550 1. t. argent prêté par Escot, drapier, bourgeois de 
Constantinople. C'est probablement un Scoti, versé dans l'art 
de la Calimala. On remarque sur son sceau un croissant sur- 
monté d'une étoile. Cette étoile se retrouve dans le sceau des 
Scoti (?) 

— De 1080 1. t. argent prêté par Hernaud (Arnaud) de 
Nioles, bourgeois de Constantinople. 




NiOLE (Arnaud de), bourgeois de Constantinople, 1249. 

Sceau rond de 0,024""". 

Ecu à une fleur de lys accompagnée de deux étoiles en chef. 

f ... Arnaut de Niola. (J. 473, n° 10, A. N.) 



IV. — Lombards à Nîmes. 

124?. Stéphanie, femme d'Augier Frotard, chevalier, avait 
laissé à Béatrix et à Sibilie, ses filles et héritières, 6, 600 sous, 
à sa mort. Sibilie mourut sans postérité. Béatrix demande à 



t 



u 



220 



LES LOMBARDS A PARIS. 



rentrer en possession de l'héritage. — Nîmes, sur la place de- 
vant la cour. 

12)6, janvier; 1257, août; 1257, octobre. Noble dame Sibi- 
lia, femme de noble homme R. Peieti de Alesto, hlle de noble 
homme Bernard (?) de Andulia, reconnaît avoir reçu du séné- 
chal de Beaucaire, agissant au nom du roi de France, 250 1. t. 
que l'évêque d'Aix, le frère Ponce de Saint-Gilles, de l'Ordre 
des frères prêcheurs, le frère G. Robert, de l'Ordre des frères 
mineurs, et le seigneur Guy Fulcodius, enquesteurs du roi, 
avaient ordonné de rendre à la dite dame Sébilie. (A. N. J. 473.) 

127 5- 1298. Les Archives Nationales renferment les pièces 
suivantes : 

1275. Lundi, 20 octobre. Convention entre les marchands 
de Plaisance : Nicholas de Persulis, juge, Guillaume de Bona- 
voir (bonoavere), Gérard Boldus, Rulinus Gazarus, Franciscus 
Milius, Petrus de Romano, consuls des marchands et de la 
marchandise de Plaisance, et Raynaut de Rustassio, Frédéric dit 
Cogno, consuls de tous les marchands de Plaisance aux foires 
de Champagne et y séjournant. 

— Dans une affaire au sujet d'une lettre reçue du capitaine 
de la compagnie des marchands toscans et lombards, on retrouve 
le nom de Nicolas de Persulis, juge, d'Alberic Brasfort^'^, de 
Ferabos Cupalata, et d'Oddonus Groppius, consuls des mar- 
chands et de la marchandise de Plaisance et conseil général 
(universum consilium) dudit lieu. 

1276. Décembre. — Asti. Convention des consuls d'Asti, au 
nom des marchands lombards de Nîmes. 

1276, mardi 15 décembre. — Convention de Lombards. 

1277, février. — Acte du Roi au sujet des Lombards de 
Nîmes. Daté de Paris. — 1277, ^278, id. 

1297. 13 août. — Acte concernant les marchands de Gênes. 

1298. — Enquête faite par Adda de Monte sur les agisse- 
ments des Lombards de Nîmes, accusés d'usure. (A. N. J. 335.) 

(i) Géraud, p. 2, cite un Jehannin Brachefort, lombard de la Compagnie 
des Gaaigne-bien. Ce sont des Braciforti. 



DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 



221 



1277. Ordonnance nommant Fulco Ca.cius, citoyen de Plai- 
sance, capitaine des marchands Lombards et Toscans, avec 
pleins pouvoirs sur ceux de Rome, Gênes, Venise, Plaisance, 
Lucques, Bologne, Pistoïe, Asti, Albe, Florence, Sienne et 
Milan, pour les foires de Nîmes. 

Laurent Etienne, Paul de Sisto, consuls des Romains; 
Mathieu de Sizilia (Siscilia), Nicolas de Porte, consuls de Gênes; 

François Pascalighi (Pascqualini), Donat Ardent (Ardengi), 
consuls des Vénitiens; 

Paumier Fulgozicus (Fulgoxius), Raynaldus de Rustigazo 
(Rustigaxio), consuls des Plaisantins; 

Nicolas Mordicatellus (Mordecastellus), Henri de Chartri, 
consuls des Lucquois; 

Jean de Bourgneuf, Philippe, consuls des Bolonais; 

Philippe Jean, Bannus Lanfranchi, consuls des Pistoïens; 

Guillot Bertrand, Galvanus Testa, consuls des Astiens; 

Barthélémy Fallet, consul d'Albe ; 

Corbellinus, Hemericus Hemery (Henricus Henrici), consuls 
de Florence; 

Comes Altimanus, Guerinus Altinerii (Tiverius Altiverii), 
consuls des Siennois; 

Azoraldus de Vento, Albertonus Medicus (Alberti Medici), 
consuls des Milanais. — 1277, dimanche 19 fév. 

Témoins : Ugo de Gênes, Michel Bonasira de Florence, et 
Burnetto (Bruneto) Garbi de Lucques. Bonjean Cachonius (Ga- 
thonus), notaire public, de Plaisance. 

Témoins : Richard de Paris, M^ Julien de Cabuco, et 
M^ Henri de Campo repulso, Fulco de Rodezi de Plaisance, 
Michel Bonasera de Florence, Guillaume Boccacio de Gênes. 
Geoffroy Grâce de Pistoïe est juge et appose les sceaux. 1278, 
2 mars. (J. 335. Acte original. — JJ. 34, Registrum Tenue, 
copie. A. N.) 

1343 (28 novembre). Bonacursy Baudilii. — Sceau de 
0,019 ï^^- Écu à la bande accompagnée de 6 besants en orle. 
(Clairamb., reg. 182, p. 6535, N° du Cat. : 1181.) 



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222 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



223 



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V. — Les Caoursins. 

Enquête de i2jS, (Beau vais.) 

XXXII. Inquesta facta super eo quod episcopus Belvacensis 
dicebat quod, de mandate domini Régis, preceperat Kahoursinis 
morantibus apud Belvacum, quod civitatem exirent, et quod 
majores et pares communie, custodes episcopi, quos posuerat, 
auctoritate domini Régis, in domo Kahoursinorum, expulerant, 
et turpiter tractaverunt. Determinatum est quod majores et 
pares emendarent domino Régi factum probatum, et eciam 
eidem episcopo, non tanquam loci domino, set Çsic^ tanquam 
extraneo, eo quod de mandato Régis custodes posuerat in do- 
mibus Kahoursinorum, ita quod idem episcopus non potest 
aliquid de dicta emenda levare, ni per dominum Regem. 

1268. L'ordonnance de saint Louis contre les Caorsins est 
datée du mois de Janvier 1268. Beugnot qui les appelle, à tort, 
marchands italiens, ajoute : « Ces marchands trouvaient quel- 
quefois des défenseurs dans les corps municipaux des villes 
commerçantes. » (Olim, t. I, p. 974 et notes.) 



VI. — Lombards de Gênes. 

1 261-1268. Dans les conventions passées entre l'empereur 
des Grecs, Michel Paléologue, (Du Cange. — Villehardouin. 
— Recueil de pièces pour servir à V histoire de Constatitinople.) 
et la commune de Gènes, en 1261, nous relevons les noms 
suivants, parmi les conseillers ou consuls des métiers : 

Jacobus Ususmar, Ugo CaHigarius, Rubtildus Calligarius et 
Johannes Callegarius (en français Galligaï, famille de la maré- 
chale d'Ancre), Guillelmus Lercarius, Jacobus, Frexinus et Si- 
mon Malocellus (contraction de Malus ancellus), Obertus Bûcha 
nigra et les capitaines Ogerius, Nicolas et Raynaldus Bucca 



nigra. — (Du Fresne du Cange, Histoire de Vempire de Cons- 
ttvitinople sous les empereurs françoi s, Paris, 1657, in-f°.) 

1268. Parmi les 82 noms cités dans les Pacta Naularum, 
nous relevons les suivants : 

Ido Lercarius, Symon Cigala, Bonus vassalus Usus maris, 
Hugo Fornarius, Jacobus Rubeus, Marinus Ususmaris, Thomas 
Malocellus, Curius Squarzaficus. 

Petrus Aurie, Jacobus Lercarius, Obertus Cicada, Cives Janue, 
nohsent des bateaux pour Louis IX, 1268, le lendemain de la 
Saint-Denis. 

Nicholaus Draperius, conseiller, habite le palais des Doria. 

Drapiers de Gênes. 

1268. Symon Frumentarius, Ambroscius Zacharias, Marinus 
de S° Stephano, Johannes Frumentarius, Ansaldus de Arenzano, 
GranduIfinusCapherinus, Nicolaus Nigerius, Ilionus d'Arenzano. 

(Documents inéd. — Pacta Naularum. T. I, p. 507, 1841.) 

Les Boccanigra (Gênes). 

1270, avril. Noverint universi présentes litteras inspecturis 
quod ego Jacobina, uxor condam domini Guillelmi Bucanigre, 
confiteor et in veritate cognosco quod nobihs vir dominus 
Johannes Garelli, miles senescallus Bellicadri et Nemausi, fecit 
michi et Nicholao Raynerio et Ottobono, filiis condam dicti 
domini Guillelmi et meis, dari et solvi in Aquis mortuis libr. 
quatuor milia quingentas bonorum tur., racione quinque milium 
libr. tur. quas illustrissimus francorum rex dominus Philippus 
mandaverat dari per predictum dominum senescallum predictis 
filiis meis racione remissionis juris quod dicti filii mei et ego 
habebamus in Aquis mortuis. Item, recognosco et in veritate 
confiteor quod dominus Guillelmus Buchuz, castellanus de Sumi- 
drio (Sommières) de mandato predicti domini senesx:alli solvit 
michi et predictis fifiis meis lib. ducentas triginta quatuor bonor. 



224 



LES LOMBARDS A PARIS. 



tur. predicta de causa. Et ad perpetuam habendam omnium 
predictorum memoriam,. ego predicta Jacobina feci sigillum 
meum pendens presentibus litteris apponi. Actum apud Monte- 
pessulanum M°CC°LXX° in kalend. aprilis. (A. N. J. 474. «040) 



VII. — Lombards à Paris. 



I 



n\ 



1288, février (n. s.). 

§ 67. Ferrât de Ferrariis et Herodes de societate Scotorum 
pro rnutuo sibi reddito -^ 000 l' 

§ 69. Girardus Joncte, de societate domini Tliome Spilat* 
de Florencia, pro mutuo sibi reddito 17 -00 T 

§ 70. Uberti et Quente Girardi, de societate Puliciorum, pro 
eodem .... , 

^^ „ , 1,100 1. 

CQ.uent Guérart, de la Compagnie des Puches, 30 liv. en la 
cité. GÉR.A.L'D, p. 3. 

L. Delisle, Opérations financiém des Templiers. — Comptes 
de la Chandeleur, 1288, février (n. s.). 

1292. 3 septembre. Philippe le Bel décide qu'Antoine Sca- 
ramp Antonio de Quarto, Barthélémy Scaramp et Jacques 
Spinelli seront traités en bourgeois royaux et non en Lombards. 
C est assez dire qu'ils avaient dû payer ce droit de bourgeoisie 

Ce privilège fut renouvelé par Louis le Hutin et éten'du aux 
deux hls d Antoine Scaramp : Jacques et Mathieu (1308 9 oc- 
tobre.) -^ 

Enfin, en 13 10, 28 septembre, Louis le Hutin leur évite des 
poursuites qu'il était question de diriger contre les citoyens 
d Asti, aux foires de Champagne. {Biblwt. de l'école des Chartes 
1856, p. 465.) 

Extraits du c< Journal du Trésor du Temple. .. (L. Delisle éd ) 
1295, 7 mai. Aubert le Lombart paie pour sa femme loo's. ' 
12 juin. Sa femme paie pour lui rr j. 

— Le fils à Aubert 

• « • 



DOCUxMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 225 

(Cf. Géraud, p. 3. Aubert le Lombart, 30 sous en la cité; 
p. 2. Jehan Bertaut, fuiz Aubert le Lombart, 60 sous.) 

1295, 10 mai. Guido ou Guiot Cavesso, Cavasso, Cavassone, 
paie 600 Lt.; le 13 mai, 25 1. t.; le 7 juin, 1,000 1. t.; de 
Girardo Boscoli per Lappum Petit, 570 1. 1. le 22 juillet, 1,3801. t., 
et en 1296, 21 février, 9 1. 5 s. 

(Cf. Géraud, p. 3, Guy Cavessole (O^, 15 liv. — Lappo 
Pitti est le Lappe Picte de la C- des Mozzi. — Voir Olim, 1303.) 
Nous voyons en outre les noms de bouri^eois de Pa/is. Jean 
Augier : 1295, 15 mai, il touche 88 liv.; le\ nov. son fils paie 
71 livres; — Jean Pocheron : 1295, 18 avril, paie 19 liv.; — 
Jehan d'Ateinyille : 1295, 27 déc, 74 1. n s. sur Robert de 
Quarello; — Etienne Haudri et Symon Evrout. 

(CL Glraud. Rob. Hvrout, 14 L; Marguerite famé Jehan 
Evrout, 4 1. 12 s., rue J. Evrout; Symon Evrout, 6 L, pp. 12, 
14. Voir les noms des frères Evrout dans les Comptes du cha- 
pitre précédent. —Haudri, Pocheron, Augier, etc., etc.). 

1302. Octobre. Dans un accord entre les Lombards et Tévêque 
de Paris, on voit mentionner les noms de Guiot Fillolduni de 
Plaisence, de Ginoz, pour lui et la compaignie des Chapons; de 
Lanceloz Cuquelle<') pour lui et la C-" des Gaingnebiens,' de 
Aubertius de Rustigaz pour lui et la O^' des Rustigaz; de Ma- 
cebourrin, C- des Escoz. (C. N. D., p. 18. XXVIL) 

(Cf. GÉRAUD : Conte Chapon, 4 1. — Denysse Palestrel et 
Richardin son compaingnon, de la compaingnie des Rustigaz, 
42 1. — Bernart Espi, en compaingnie des Escoz, 54 1. — 
Pierre Garnier, Jehannin Brachefort, en compaingnie des Gaaingne- 
biens, 50 1.) 

1304 octobre. Jean Baldoino et Ameroso Biancho, marchands 
vénitiens, quittent les foires S^ Jean de Troyes sans payer leurs 
créanciers, presque tous de Châlons. Ils doivent environ 
1,346 1. 27 s. petits tournois. 

13 13. Nous relevons dans les Olim les noms suivants des 
marchands lombards et changeurs de Paris; Paganus Barthelemi 

(i) Parent de Janatius de CuguIIo. 

LES LOMBARDS. — TOME I. 



226 



LES LOMBARDS A PARIS. 



de Pistoria^'\ C^ de Lespine, de Florencia, des Bardes, des 
Perruches, de Lescale^^), de Lancelle, de Metebilot, Lap Ardin- 
guielle de Florence^^^, magister Andréas de Guyniselle^^)^ A. Be- 
nedicto, du Bar, Opechin seul, Bethe Maricon^'>^, Francisco 
Guenys, Guillelmo Faucon<^^\ Laude Rodolf, Huberto Ces, 
Nicholao Chenaille, François Carboillan ^7)^ Toye-saint-toie, 
QuelluclieTrente-coste^^^ Jacobo Bouque foe^^^, Chenelie Chri- 
stofori^'^^, marchands de Lucques. 

1359 mai. Doue: d'Arcq (Comptes de V argenterie) cite An- 
thoine Folio de la compagnie des Malebailles à Londres, et 
Martin Parc, de Pistoe, marchand de joyaux, qui vend au roi 
Jean, à Londres, «un fermail d'or garni de perles, dyamens, 
saphirs, balais », pour 140 1. 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



227 



1342 (25 août). Jehan de Rez, 

— — Lorent de Chielles, 

— — Aubertin Ferrier de Plaisance. 

(Dehaisnes, UArt en Flandre.) 
1370 (14 décembre). Bellenati Bernardo, marchand et bour- 
geois de Paris. — Sceau de 0,022 m. (Clair., reg. 12, p. 787. 
B. N.) 

1384-5. Anthoine Adourne, Martin Palavesin (Pallavicini), 
Chirego de la Vigne, Christophe Damare (da Mare), marchands 
de Gennes, demeurant à Paris et y faisant le commerce des 
perles et des pierres précieuses. 

1392. Nicolas Davoultre, dit Pigache, marchand de Gennes 
à Paris, vend des pierreries. (Dehaisnes, p. 696.) 



y 




Jean de Rez, lombard, à Paris, 1342. 

Sceau rond de 0,020™". Arch. du Nord. Ch. des Comptes. 

Une aigle. — Aciuila Johannis. 

1342. 25 août. — Récépissé de trois couronnes d'or garnies de pierreries, appartenant au 

comte de Flandre et engagées à Rasse le Forier d'Arras. 

Sceaux de Flandre, n° 4825. 



(i) Cf. taille de 13 13. Buclion. — Pagan le lombart, et ses comp. 13 1. rue 
des Arcis. 

(2) Les comp. des Spini, Bardi, Peruzzi, Scali. 

(3) Lappe le lombart et ses frères 15 1. porte Nicolas Arrode. Comparez 
Marques d'Artyngue, 15 1. de Géraud, p. 3. 

(4) Pour Guy Cavesolle(?). 

(5) Bete Moricon ei ses comp. 30 s. la Buffeterie à destre. 

(6) Un Falconieri. 

(7) Un Corbulan. 

(8) Nicoluche, le lombart de Sennes 22 1. rue S^e Opportune. 

(9) Tierri Bouchefoi de Luques, lombart, 60 s. rue Neuve S^ Merri. C'est 
probablement le bocca di hue du chapitre IX, mal lu, parce que nous ne con- 
naissons pas le mot italien /o^ n\ fuei^l). Feu se dil ftioco. 

(10) Chenel, voir Géraud. 




Bellena.ti Bernardo, marchand et bourgeois de Paris, 1370. 

Sceau rond de 0,022™'". 

Écu portant un lion, accompagné d'étoile en orle, timbré d'un B, dans une étoile gothique. 

Bernardo Be 

Sur deux quittances de draps d"or et de soie, cendaux, veluaux, etc., fournis 

au Roi — environ 500 frans d'or. Paris, 14 décembre 1370. 

(Clairamb., r. 12, p. 787, B. N.) 



VIII. — Lombards en Champagne. 

1298. Des marchands vénitiens promettent à Obertus An- 
guxolla de payer, à Crémone, 200 1. imp. en échange de 
135 1. 12 s. petits tournois payées aux foires de Champagne. 

Daté de Troyes, 1298, 5 sept, dans la loge des marchands 
de Plaisance. 

Lanfranchus de Paulo, Janatius de Cugullo, Guillelmus Pas- 
torello, Obertino de Fonte, marchands plaisantins. — Marcus 



228 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



229 



e 



de Artengo, civis et mercator venetianus, fils de Donato de Ar- 
tengo^'^; Obertinus Anguxolla, bourgeois et marchand de Plai- 
sance, fils de Nicolas Anguxolla, et Conrad Anguxolla. 

Le notaire qui rédige l'acte se nomme Gerardus de Roncha- 
rollo, de Plaisance. ÇDoc. inéd., t. III, p. 18). 

î 394-5. Partie de linge achetée par le duc d'Orléans à Ysa- 
belle, la Lombarde de Reims. (Joursanvault, t. I, p. 369.) 



IX. — Gandoufle. 

1290. 2 feb. Littera Philippi, régis Francorum, super quadam 
causa appellationis de juriditione de Cauda in Bria. 

Philippus, Dei gratia Francorum rex, universis présentes îit- 
teras inspecturis salutem.Cum dilecti et fidèles nostri episcopus 
Parisiensis, comitissa Alancionensis et Blesensis, et Amalricus 
de Murlento, miles, dominus de Cauda in Bria, voluerint et 
consenserint ut, salvo eorum jure in omnibus, curia nostra 
cognoscat et diftiniat de causa appellationis émisse per Gandul- 
phum Lombardi, burgensem Parisiensem,, a sententia lata per 
Johannem Calhifer, [Talhifer?] scutiferum, in causa retracte per 
bursam cujusdam hereditagii contra ipsum Gandulphum et pro 
Philippo de Sauniaco*^-^ milite, et Johanna, ejus uxore, volumus 
et concedimus quod, salvo eorum jure in omnibus, de dicta 
causa in nostra curia cognoscatur et diffiniatur. Actum Parisius, 
in festo Candelose, anno Domini millesimo CCLXXX° nono. 
(C. N. D., pp. 15, lé.) 

Lettre de Philippe le Bel, concernant la succession de Gandoufle. — 
Confirmatio compositionis et conventionis factarum cum here- 



(1) C'est le Donat Ardent, cité comme consul vénitien à Nîmes en 1277 
Voir plus haut. 

(2) Sannois ? 



dibus Gaufredi de Gropo sancti Pétri, supra debitis in quibus 
tenebatur domino régi. 

.... Philippus, Dei gracia Francorum rex, dilectis et fidelibus 
magistris Sancio de Charmeya {Saince de la Charmoie, clerc mes. 
le Rov) et Michaeli de Bourdonneto, compotorum nostrorum 
magistris ac Guidoni Florancii (Nicole Guy, frère de Biche et 
Mouche?) thesaurario nostro, salutem et dilectionem. 

Committimus vobis et mandamus quod vos très, vel duo ex 
vobis non expectato tercio commissariorum ad exigendum et 
levandum bona et débita quae sunt defuncti Gandulphi de 
Arcellis deputatorum a nobis supra receptis et misiis de bonis ? 
et debitis predictis per ipsos in modo quocumque factis finalem 
compotum recipientes et audientes de restancia ipsius compoti 
ac de bonis et debitis quibuslibet quaT~supradicto compoto 
restabunt exigenda explettanda et levanda, necnon et de omni- 
bus aliis et singulis quae ad négocia hujusmodi pertinent et 
poterunt quomodolibet pertinere per vos vel alium seu alios 
deputandos a vobis tribus vel duobus ordinetis tractetis ac 
compositores transactores tractatus et venditores eum supra his 
fueritis requisiti necnon et omnia alia et singula quae circa hos 
judicetis facienda prout vobis tribus vel duobus videbitur expe- 
dire nosque quacunque in promissis facietis vel fieri feccritis 
ratum habebimus et supra compositoribus venditoribus transac- 
toribus et aliis tractatibus vestris cum supra his fuerimus requi- 
siti et de ipsis per litteras vestras vel duorum ex vobis nobis 
constiterit personis quarum inter erit nostras confirmatorias lit- 
teras concedemus mandantes predictis commissariis et 

omnibus aliis et singulis justiciae et subditis nostris ut vobis 
tribus vel duobus in premissis et ca tangentibus pareant cum 
effectu. Datum Parisius, die IIP marcii, anno Domini M^ CCC° 

undecimo (13 11). 

Cujus prenotate commissionis virtute cum Domino Gautredo 
de Gropo Sancti Pétri quod nobis plures obligationum litteras 
ad dictum pertinentes Gandulphum dum viveret tnidi tecit com- 

positorem et conventorem fecimus hune modum consen- 

cientibus ad hoc heredibus supradicti Gandulphi videlicet quod 



230 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES, 



231 



de tota pecunia quae de Ihteris obligaconum predictis nobis 
traditis et tradendis per predictum dominum Gaufredum deductis 
înde misiis et expensis necessariis pro eisdem levabitur. Idem 
Dominus Gaufredus sextam partem habebit residui vero inter 
dominum -Regem et prefati defuncti Gandulphi heredes pactores 

inter se ad invicem supra hiis dividetur. In cujus rei 

testimonium presentibus litteris nostra apposuimus sigilla. Actum 
Parisius die lune ante penthecosta anno Domini M° CCC° duo- 
decimo (13 12). 

Nos ante compositorem et conventorem predictas cum dicte 
Gautredo per gentes nostras prenominatas nomine nostro factas 
ac omnia et singula in predictis litteris contenta rata habentes 
et grata ea laudamus approbamus et tenore presentium auctori- 
tate regia confirmamus salvo in aliis jure nostro et in omnibus 
jure quolibet alieno. Que ut perpétue robur obnneant firmi- 
tatis presentibus nostrum fecimus apponi sigillum. Actum Pari- 
sius, anno Domini M° CCC° duodecimo mense maii. 

Per cameram compotorum 
P. DE Albig. 
(A. N. JJ. 48 f° MI r°.) 



X. — Lombards en Artois. 



1360 (vers). ... Pour aler à Calays paver as lombars l'argent 
que on leur devoit de pour le pays despendu pour es chemins 
des trois bans pour deux jour... (le reste manque). (Colb. 
Flandre, 189. — Titres et comptes d'Artois, pièce 62-1. B. N.) 



* 

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Lombards en Hainaut, etc. 



13 12. Williaume Vake, Gandulfîns Vake, etc., lombards, 
peuvent s'établir à Valenciennes. 

1330. Franceskin, Lion Othin, lombars marçans. {Collection 

des Chr. belges.^ 



Lombards à Avignon. 

Certificat de Gérard de Montaigu , clerc et secrétaire du Roy 
et gardien du Trésor des chartes et des registres. Il possède 
danl son Trésor un acte signé : Martin, fils de Jean Gui- 
ducci, clerc, daté de 1371, 9 juin, par lequel Louis, fils du roi 
de France, duc d'Anjou et deTouraine; Louis, comte d'Étampes, 
seigneur de Lunel; Jean de Melun, comte de Tancarville ; 
Simon de Rouci, comte de Braine; Guillaume, archevêque de 
Sens; Jean, abbé de Fécamp; Gautier de Châtillon ; Bureau, 
seigneur de la Rivière; Guillaume de Dormans; Philippe de 
Savoisy; Nicolas Braque, chevaliers, conseillers du Roy ainsi 
que Hugue Aubriet {sic), Jehan de Rueil, Jacques Renard, 
Nicolas de Fontenay, Jehan Culdoe l'aîné, Jehan Maillard et 
Bernard de Montlhéry, trésorier du Dauphiné Viennois, et en- 
suite Pierre de Chevreuse, chevalier, conseiller du roi, Jehan 
de l'hospital, Jehan Mareschal, de Rouen, Jehan d'Orléans, tré- 
sorier de France, garantissent un emprunt fait à la ville d'Avi- 
gnon et donnent procuration à Pierre Scatisse, à maître Jehan 
de Prodiguière et à Jehan Mercier pour percevoir 100,000 francs 
d'or. Suivent les noms des Lombards : Stoldo quondam domi- 
nus Burdi de Alconitis; Aghinolpho, quondam clericus de Paziis 
(clerc des Pazzi); Nastusio S^ Thomasi; Dominico Vannis; Ni- 
colas Francisci, Pontolini de Florencia, Dyonisius de Rocha de 
Aso (Asti), mercatores avinionenses. 8 mai 1372. C'est Aghi- 
nolfus qui touche les 100,000 francs. (A. N. J. 473-476.) 



13 21. Roland Turc de Castiel et Philippe, son frère, lom- 
bards de xMons. 



232 



LES LOMBARDS A PARIS. 



XI. 



Lombards et leurs Compagnies cités 
dans les a Olim. » 



1303 (124, xiv). Societas Mozorum. Les Mozzi. Lappe Picte 
est leur agent. 

1303 (125, xv). Societas de Meilleur Gaigne — avec Guiot 
Meilleur gaigne. 

1304 ([45, xvi). Paganellus de Lucques. 

1304 (154, xxxii). Societas des Cavacols — avec Grégoire 
de Boniface. 

1304 (] 55, •xxxiii). Gilet de Lalignac et ses compa£:nons. 
155, xxxv). Societas Renerii de Passu — un Pazzi. 
1306 (187, un). Societas Magne Tabule de Sena (Sienne). 

1306 (216, xLVii). Societas de Cruzoliis. 

130e. Reginaldus Bocca-Nigra, lombard, aux foires de Cham- 
pagne. 

1306. Biche et Mouche, cités à propos d'une taille imposée 
aux Lombards et perçue par Jacques Cyprien, de Florence. 

1307. Les Bardi. 

1307 (264, lui). Rochyn Bonenseigne et ses compagnons. 
1307-1312. Cour séculière du chapitre de Saint-Merri. — 

Jacques Boucel contre Jeanne, veuve de Laurent Qui Donnoye, 
Jeatme, sa tille; Philippe Bouvetin; Jaqueline, sa femme; Nico- 
las de Pacy; Émeline, sa femme; Symon des Prés et Margue- 
rite, sa femme (Boucel, fameux monnaier; Philippe Bouve'tin, 
' ami de Gandoufle. V. son testament.) 

? (627, II). Societas Tholomeorum de Senis ~ les Tholomei, 
de Sienne. Nous avons des lettres très curieuses de cette com- 
pagnie datées de 1253, que nous publierons prochainement. 

130S. Etienne de Cahors, mentionné comme bourgeois de 
y Paris dans un procès contre le bailli d'Amiens et la dame de 
Creseques. 

13 12. Maison de la compagnie des Chapons. — Guido Du- 
chons, agent. 



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DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



233 



13 12. Jacques Girard, de la compagnie des Perruches. — 
Qiiante Bonfantin, lombard. 

1318 (lxxxvii). Procès entre Jean de la Coste et les Angois- 
soles. Dès 1310, un Bernard d'Angoissoles avait un procès aux 
foires de Champagne avec Jean Cristo. 

} (269). Baldorum Societas. — Les Frescobaldi? — Burgo. 
— Caponum. — Clarentini (les Chiarentini, ou Clarenz de Pis- 
toïa). — Perraches (les Peruzzi). — Spinelli. 

13 18. Pierre Renuche de la Compagnie des Perruches, Lap- 
prenier de la Compagnie des Baldi, comme procureur de Sap- 
ponis Nicholai, Mathe dit de Malche. pour lui; Bauduche Bon- 
compte, pour lui et comme procureurs de Clarati Baudin et 
Latin Bonaventure et Blas Guidi, substituts des procureurs de 
la commune de la ville de Sienne. {Olim. — Levasseur, Hist. 
des Classes ouvrières ^ t. L) 



XII. - 



Lettres de la fondation de la boicte aux 
Ytaliens dicte des Lombars. 

(A. N. KK. 1006 f. 43.) 



Charles, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, 
à tous ceulz qui ces présentes verront et orront, salut. 

Sachent tuit que nous avons veues les lettres de nostre très 
cher seigneur, le Roy Loys, que Dieu absoille, contenant la 
forme qui s'ensuit : 

Loys, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, à 
tous ceulz qui ces présentes lettres verront, salut. 

Nous faisons assavoir que nous qui sommes désirans de sau- 
ver et maintenir les marchans Ytaliens nostre royaulme frequen- 
tans et qui marchandent de marchandises honnestes en quelque 
manière que ils puissent seurement par nostre royaulme venir 
demourer et aller ec revenir faire leurs marchandises sans nul 
empeschement et aucunes molestations, voulons et à eulx don- 
nons et octroyons que ils soient quictes frans délivrés de tous 



^\ 



.1 



234 



LES LOxMBARDS A PARIS. 



osts, chevauchées, gardes et de guetz, de toutes impositions, 
tailles et subventions, quelles quelles soient et comment quelles 
leurs puissent être mises et demandées par nous ou par nos 
bourgeois fors tant seullement des charges réelles, c'est assa- 
voir de ce qu'ilz doivent et peuvent devoir pour raison de leurs 
héritages, qu'ilz paieront selon ce qu'ilz ont accoustumé ancien- 
nement. Et toutes foys, comme pluseurs Ytaliens soient en 
nostre Royaulme, lesquels lesquelz font et exercitent marchan- 
dises et contracts qui ne sont pas honnestes, nostre intention 
n'est pas a donner à présent a telz Ytaliens les devantdictes 
franchises et libertez. Et pour ce que nous regardons et consi- 
dérons que les grâces et libertez dessus dictes, que nous faisons, 
donnons et octroyons ausdictz marchands Ytaliens, leur seront 
moult profitables et moult honorables au temps advenir, et noz 
droictz et noz rentes pourront assez moins valoir au temps adve- 
nir en autre cas par les grâces et previlléges que nous leur don- 
nons, et parce qu'ilz pourront ainsi marchander seurcment en 
nostre royaulme, et nous voulons et ordonnons par manière de 
ce qu'ilz achepteront en foire paieront 11 deniers pour livre. 
De statut faisons que chacun marchant Ytalien de toutes ma- 
nières de marchandises que il acheptera ou que il vendra es 
foires de Champagne et Brie et es quatre villes ou lesdictes 
foires sont ou seront hantées, en la ville de Nymes et en toute 
la province de Nerbonne, ilz paieront tant le vendeur comme 
le achepteur, à nous ou à nostre commandement, pour chacune 
livre de pois que la marchandise sera vendue ou acheptée, 
II deniers de telle monnoye, laquelle marché sera faict en lieu 
du denier de la livre que ilz paiaient devant et en outre de ce 
qu'ilz achepteront ahors foire, iiii deniers pour livre et les dictes 
redevances anciennes et acoustumées; et de toutes marchandises 
qu'ilz achepteront et vendront en quelque lieu que ce soit en 
nostre royaulme hors desdictes foires et dehors des lieux où 
elles sont ou seront hantées et hors de mises et hors de la 
province de Nerbonne, ils paieront, tant le vendeur comme 
l'achepteur, pour chacune livre un deniers de la monnoie à 
laquelle la marchandise sera vendue ou lieu de deux deniers de 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



235 



la livre qu'ilz paieront devant et avecques les redevances an- 
ciennes et acoustumées des changes et contracts ob. [obole] 
pour livre. 

Item, que de tous contracts et changes qu'ilz feront esdites 
foires et es quatre villes dessusdictes et en la cité de Paris et à 
Nymes, ils paieront tant le vendeur comme l'achepteur, pour 
chacune livre que le contract ou change montra, une maille ou 
lieu de la pogoise (monnaie) que ilz soulloient paier lesditz 
eschanges es foires et es villes dessusdictes. Et s'il advenoit que 
ilz eschangent hors desdictes foires, heux et ville de Paris et de 
Nymes, en quelque lieu que ce soit en nostre royaulme, ilz 
paieroient tant le vendeur comme l'achepteur, i denier pour 
chacune livre de change d'or et d'argent achepté à poix i de- 
nier. Item, contrats, achatz, vantes et changes que ilz feront 
d'or et d'argent, en masse ou en billon, vendu et achepte au 
poix si comme il est accoustumé en quelque lieu de nostre 
royaulme que ce sera fliict, ilz paieront, tant le vendeur que 
l'achepteur, i denier pour chacune livre de pois qu'il sera 
vendu ou acheté ou eschange, 11 deniers. N'est mye nostre 
intention que le vendeur soit tenu à paier pour l'acheteur ne 
l'acheteur pour le vendeur, mais chacun pour sa portion, qu'ilz 
facent les contracts en forme de vente d'achapt ou eschange. 

Item, que lesditz Italians en marchandant de leursc hoses, pé- 
cunes et autres marchandises de quelz conques danrées que ce 
soient esdites foires de Champagne et es Heux dessusdicts feront 
contracts seullement et non pas autre forme de vante, d'achapt 
ou d'eschange, en telle manière que par aucune fraude, malice 
ou simulation nostre droict ou redevance desditz contractz 
marchandises et changes ne puissent en aucune manière dépérir, 
tortraiz ou recellé qu'ils ne seront reprinz d'usure de marchan- 
dise des lesdicts marchands faictz entre eulx. 

Item, lesdicts marchans ytalians, pour change commande ou 
quelque aultre contract qu'ilz facent ensemble l'un avec l'autre, 
ne seront pas par nous ne par nos gens reprins ne aprochez de 
cas d'usure, ne contrainctz à faire ou paier aultre finance, fors 
tant seullement ce qu'il est dict dessus et ordonné qu'ils jurent 



236 



LES LOMBARDS A PARIS. 



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paier lesdictes redevances. Et pour ce que nulle fraude ne puisse 
estre faicte par les Ytaliens et que chacun paie bien ce qu'il 
devra, nous ordonnons que tous marchans ytalians, maistres ou 
facteurs jurés, que de toutes marchandises ou eschanges qu'ilz 
feront ou feront faire, ilz paieront ce qu'il est ordonné cy des- 
sus dedans les huict jours que le marché sera faict. Et qui ce 
ne fera les huict jours passez, il paiera le double plus. Et celui 
qui recellera les marchez faictz, il paiera pour i denier xii et 
sera tenu pour parjure des courtiers. 

Item, que il soit faict un certain nombre de courretiers, 
hommes de bonnes renommées es foires à Paris, lesquelz pour- 
ront faire les marchés des Ytaliens es foires et es lieux dessus- 
dicts. Et telz courretiers seront fiiictz et ordonnez du conseil 
des capitaines des Lombars et des consuls des bonnes villes 
d'Ytalie qui de[mourrontj es foires et à Earis et es lieux dessus- 
dicts, lesquels courretiers seront tenuz par leurs sermens de 
baillier par escript à ceulx qui seront depputez à gouverner les 
choses dessus dictes, chacun moys, tous les marchez que ilz 
feront pour les Ytaliens et que ilz scauront estre faictz et diront 
ainsy : Ce sont les marchez que j'ay faictz en ce mois pour 
telle compagnie et par tel homme et que j'ay trouvé qui ont 
esté faictz qui montant de nommer la marchandise et ladite 
somme et les changer sans declairer les contracts des changes et 
desclareront le jour que le marché sera faict. Et le courretier 
qui ce ne fera tous les moys sera pugny pour chacune fois que 
il faudra de dix livres parisis qui seront à nous et pour les 
choses dessus dictes tenir, chacun deulx donra bonne caution 
de ir l. des corretiers ou de plus selon son estât et povoir. 

Item, lesdits courratiers seront mys par nous ou par noz gens 
à qui nous le commetons, et ferons redevance telle comme l'on 
verra que bon sera. 

Item, que le cappitaine des Ytaliens et les conseils des bonnes 
villes d'Ytalie qui demourant en France seront tenuz par leurs 
serments de advisier chacun marchant d'Italve qui viendra de 
ce qu'il devra paier des marchandises et changes que il fera; et 
est nostre intention que se aucuns faisoient aucune chose contre 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



237 



les choses dessus dictes, ou defailloient à paier si comme il est 
dict dessus et il estoient trouvez loyallement, d'estre pugny et 
corrigé selon les cas et selon ce que raison serait. 

Item, lesdictz Ytaliens ne pourront au domicilie par eulx ne 
par aultres ne demourer en nostre royaulme fors seullement es 
quatre villes où les foires de Champagne sont et seront exercées 
et es villes de Paris, Sainct Omer, Nymes, la Rochelle et 
autres villes où communes marchandises seront faictes pour le 
temps et en celles où lesdictz marchans ont acoustumé demou- 
rer jusques cy, esquelles il leur loira et pourront avoir domicilie 
par eulx et par aultres, si comme ilz ont acoustumé avoir ou 
temps passé en payant toutes les redevances dessusdictes. Et 
nous voulions et ordonnons que ceste présente ordonnance, que 
nous faisons et avons faicte comme il est convenu en ces pré- 
sentes lettres, vaille et dure en vertu jusques à dix ans com- 
mençant le jour et date de ces présentes. Donné à Paris, le 
ix^ jour de juillet, l'an de grâce mil iir et xv. 

Nous qui voulons que lesdictz marchans ytaliens soient tenuz 
et gardez perpétuellement à tousiours en leurs franchises et 
libertez, si comme il a esté acoustumé au temps de noz chers 
seigneurs, père et trère, que Dieu absoille, les dessusdictes con- 
tenues es dessusdictes lettres, ratifiions, confirmons et approu- 
vons ordinairement, et par manière de statut voulons et com- 
mandons que à tousiours, mais lesdictz Ytahens joyssent des 
libertez et franchises dessusdictes en paiant lesdictes redevances 
si comme ils ont acoustumé à paier le temps passé, quant es 
autres choses nostre droict et en toutes le droict d'aultruy. Et 
pour que ce soit chose ferme et estable à tousiours, nous 
avons faict mectre nostre seel à ces patentes lettres. Donné à 
Besoncel, Tan mil un'' et xxvi ou moys de juillet, l'an miliiif xxv. 
Ceulx de la boitte aux Lombars pour le roy vouldrent que ce 
qui s'ensuyt y feust adjousté. Et jaçoit que le droict d'iceulx 
deniers ait anciennement une des plus belles parties de nostre 
demaine en la ville de Paris et autres villes esdictes lettres des- 
sus transcriptes, spécifiées et déclarées parce que les marchans 
desdicts pais et leurs futurs [facteurs?] usoient de bonne foy et 



238 



LES LOMBARDS A PARIS. 



véritablement nommeront les ventes et changes selon les articles 
insérés esdictes lettres au commis et recepvoir icellui droict et 
au lieu par nous ordonné pour ladicte recepte faire et soûlait 
revenir communs ans à la somme de iii'^l. p. et plus, qui estoit 
encore peu de chose ou regard aux marchandises que lesdicts 
Ytaliens lombars et autres montains marchans délivraient et aux 
franchises par noz dicts prédécesseurs a eulx en ceste partye 
octroyées. Néantmoins, entendu avons par plusieurs de nostre 
conseil et autres nos officiers, que depuis vingt ans ença ladicte 
recette, nommée vulgairement la boitte aux Lombars, a esté et 
est de très petite renomée et de présent comme nulle, tant pour 
ce que lesdictz articles ne sont aucunement entretenuz, entérinez 
ne acompliz du costé desdictz marchans ne des corretiers des 
marchans d'iceulx marchans et marchandises, comme pour plu- 
sieurs aultres faultes, frauldes et malices qui en nostre préjudice 
scy commettent et sont de jour en jour, qui est enfreindre la 
convenance à nous faicte et par les facteurs adherens et com- 
pHces perdre l'effect des previlleges désignez en icelles anciennes 
lettres, ensemble encourir en grosses amandes envers nous. Et 
pour ce nous voullans entretenir, entermer et acomplir la bonne 
volonté des anciens^ saichant véritablement que ce fut faict en 
expédiant cause. Et par noble grand et meure délibération, dé- 
sirans aussy les vrays prudhommes et loiaulx marchans est à 
recommander et les abuseurs (abustiers) et mansonges pugniz, 
avons les choses contenues esdites lettres et chacune d'icelles 
loué, gréé et approuvé, lovons gréons et approuvons^ voullu et 
voulions qu'elles aient leur plain et entier effect. Et pour éviter 
aux frauldes que de jour en jour ensuyvent en ceste partye, 
avons dabondant et par Fadvis et déhbération de nostre très 
cher et très aimé oncle Jehan, régent de nostre royaulme de 
France, duc de Bethfort et autres de nostre grand Conseil, or- 
donné et ordonnons de nostre puissance royal et voulons estre 
tenu comme edict et statut avecque le contenu esdictes lettres 
ce qui s'ensuit. C'est assavoir que aucun courretier de joyaulx, 
orphaverie de change, mercerye, espicerie, draps d'or de soye 
et de laine et à tous autres qui surpent (surpassent) de vingt 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATPVŒS. 



239 



livres d'amande et de perdre leurs offices, ilz ne exercent ledict 
courretage jusques à ce qu'ilz aient baiUié caution telles que es 
lettres dessus transcriptes est déclairé. 

Item, que nul marchant et bourgeois ou autre quelconque de 
quelque pais qu'il soit, ne soit ne se constitue compagnon des- 
dicts lombars ytaliens ne oultre montains, et ne soient leurs 
facteurs se ne sont desdictz pais natifs, afin que soubz umbre 
de la bourgeoisie nostre droict pour le faict de ladicte bourgeoi- 
sie ne soit perdu, sur peine de l'amande qui est de perdre la 
marchandise et pour chacun denier recellé, xii deniers d'a- 
mande. 

Item, et pour plus clairement avoir de nostre droict, soient et 
seront lesdicts Ytaliens lombars et oultre montans et leurs fac- 
teurs tenuz de venir à ladicte boitte aux lombars bailler leurs 
noms et marques de ceulx de qui ilz sont facteurs, afin que ilz 
ne usent de diverses marqucs^'^ sur peine de perdre ledit pre- 

villege. 

Item et pareillement, que nul marchant lombart ytahen ne 
oultremontain ne puisse estre facteur de marchant franc comme 
bourgeois de Paris ou autre personne, afin que la marchandise 
que ilz pourraient ensemble faire ne soit recellée par iceulx 
deux marchans sur peine de perdre à tousiours, par le Lombart 
ou outremontain, son previllege et de l'amande desdictz douze 
deniers parisis pour ung denier recellé par chacun des dessus 

dictz. 

Item et que le statut premier ordonné par nosdictz prédé- 
cesseurs, lesdicts Lombars ytaliens et aultresmontains {sic) 
soient tenuz de apporter à ladicte boitte la quantité de danrées 
par eulx achetées, la congnoissance d'icelles et à quelles per- 
sonnes, dedans huict jours après la vente et achapt d'icelle, sur 
les peines dessus dictes. Et toutesfois, nostre intention n'est pas 
que lesdicts YtaUens, Lombars et outremontains puissent joyr 
des franchises et hbertez dont dessus est parlé, ne soit francs 



(i) Nous appelons Tattention sur ce mot, qui nous servira, dans la suite, à 
expliquer \qs Jetons. 



240 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DOCUMENTS ET PIÈCES JUSTIFICATIVES. 



241 



de ladicte boitte, sinon les mauans, bourgeois et habitans en 
nostre ville de Paris et autres dessus exponnées et mariez à 
femme bien renommée, natifves et extraictes de nostre royaulme 
de France. Et ceulx aussy qui ont lettres de previllege de fran- 
chise par nosdictz prédécesseurs Roys de France tant seulle- 
ment, si donnons en mandement à noz amez et féaux gens 
tenans et qui tiendront nostre parlement à Paris, les gens de 
noz comptes et trésoriers, au prevost de Paris et à touz noz 
autres justiciers et à leurs lieutenans et chascun d'eulx si 
comme a luy appartiendra, que ladicte ordonnance il face publier 
en et par tout les lieux où il appartiendra, et icelles facent 
entretenir, entermer et acomplir de point en point selon leur 
forme et teneur, sans enfreindre en pugnissant les delinquans 
selon leurs démérites sans aller ou venir en aucunes manières 
au contraires; car aussi [ainsi] voulions qu'il soit faict de nostre 
majesté et puissance royal. Et afin que ce soit chose ferme et 
estable à tousiours, nous avons faict mettre nostre seel à ces 
présentes, sauf en autres choses nostre droict et Tautruy en 
toutes. Donné... (deest). 

Nota que ce nom Ytalie est général et comprent toutes les 
parties d'oultre les montz jusques à la mer, comme est ce mot 
France par deçà, qui comprent les partyes de pardeça Cham- 
paigne, Brye et Bourgongne. 



Arrest donné en la court du Parlement, le XYIII® jour de juing 

l'an mil quatre cens quatorze, pour raison 

de ladicte boitte aux Lombars (A. N. K. K. 1006.) 

Comme despieça feust meu et pendant procès en la court de 
parlement entre le procureur gênerai du Roy, notre Sire, de- 
mandeur, d'une part, et Constantin de Nicolas, soy disant 
orphèvre et bourgeois de Paris, et Gérard Fiole, marchant oul- 
tremontain, demonrant à Paris, d'autre : sur ce que ledict 
demandeur disoit que lesdictz deffendeurs estoient marchans de 
diamens, perles, saffirs et autres pierres et joyaulx, et qu'ils 



avaient apporté dehors de ce royaulme en la ville de Paris plu- 
sieurs joyaulx pour vendre, aussy en avoient achepté et vendu 
en ladicte ville de Paris; disoit oultre ledict demandeur que les 
dictz deffendeurs avoient porté dehors de ce royaulme grand 
quantité de joyaulx et ne les avaient point baiUiez par déclara- 
tion; ne les pris que ceulx avaient cousté dedans le temps préfix 
à telz marchans par les ordonnances royauJx, ainçois les avait 
receliez sans en faire souffisant inventaire, lequel ils étaient 
tenuz de faire par lesdictes ordonnances royaulx et usage notoire 
gardé quant à ce. 

Disoit oultre que à cause desdits joyaulx vendus par lesdictz 
deffendeurs, tant du regard desdictz joyaux apportez par eulx et 
hors de ce royaulme en ladicte ville de Paris, comme au regard 
de ceulx qu'ilz ont venduz et acheptez en icelle ville, ils estoient 
tenuz de paier au Roy nostre sire, oultre l'imposition commune 
qui est de xii deniers pour hvre, un deniers à la boitte aux Lom- 
bars. Et au regard des joyaulx qu'ilz avoient transporté et porté 
de ce royaulme hors d'icelluy, ils estoient tenuz de paier audit 
seigneur, oultre ladicte imposition commune et lesdicts iiii de- 
niers à ladicte boitte, iiii deniers pour livre pour la René. 
[Reine]. 

Et au regard desdictes recellances qu'ils avaient faict au 
regard desdictz joyaulx sans les inventraier, ils estoient tenuz de 
paier audit seigneur pour chacun denier par eulx recellé, xii de- 
niers recellé, xii denier (sic) se concluoit ledit demandeur à ren- 
contre desdicts deffendeurs et de chacun d'eulx, que pour les 
causes dessus dictes, ilz feussent condamnez envers icellui sei- 
gneur en certaine grand somme de deniers, chacun d'eulx 
touche et peult toucher en regard à ce qu'il en sera moust et 
promis que ung chacun d'eulx en peult estre tenuz, lesdicts def- 
fendeurs et ung chacun deulx, en tant que luy touche disans au 
contraire : c'est assavoir qu'ilz estoient marchans et oultremon- 
tains, et confessoient bien qu'ils avaient apporté certaine quan- 
tité de joyaulx de hors de ce royaulme en ladicte ville de Paris 
pour les vendre, et aussy avoient ils achepté en ladicte ville de 
Paris et vendu en icelle certaine autre quantité de joyaulx; mais 



LES LOMBARDS. — TOME U 



16 



-.- -» -^' 



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4 j 



! 



242 



LES LOMBARDS A PARIS. 



ils disoient oultre que à cause de ce qu'ilz n'estoîent tenuz 
envers ledict sei-ncur sinon de l'imposition commune de 
XII deniers pour livre, et que desdictz un deniers pour livre, ils 
n'estoient en riens tenuz, ne n'estoient tenuz de paier aucunes 
peines pour ce qu'ilz n'avoient pas baillé par inventaire leurs 
dicts joyaulx, ne le pris d'iceulx, A ce qu'ilz n'estoient tenuz 
faire ledict inventaire ; et mesmement ledict Constantin de Ni- 
colas ne povoit riens devoir pour cause des choses dessus dictes, 
veu qu'il estoit orphevre de Paris, et que les orphevres de Paris 
estoient quictes et exems de telles redevances. Et allégeoient les 
dicts detféndeurs usages et coustumes tous notoires quant à ce, 
Et disoient que de ce qu'ilz avoient vendu desdictz joyaulx, ils 
avaient bien et suffisamment contante ledict Seigneur de ladicte 
imposition commune qu'ils pouvoient devoir à cause de ce, ^t 
tiendroient à fin d'absolution tinablement; lesdicts défendeurs 
estant que à ung chascun deulx touche se consentaient et veuil- 
lent estre condamnez envers le Roy nostre dict seigneur pour et 
à cause des choses de.sus dictes, c'est assavoir ledict Constantin 
en la somme de lxxvu l. x s. t., et ledit Gérard Fiole, en la 
somme de cinquante solz tournois. Et parmy rolles, papiers et 
autres biens desdicts deffendeurs pour ce pris et mis en la main 
dudict seigneur, leur seront renduz et délivrez. Et les cautions 
par eulx bailliées mises au délivre. 

Et à ce tenir et acomplir veillent qu'une desdictes partyes 
estre condamnées par arrest de pareillement i Parlement]. Faict 
du consentement dudit procureur général d'une part et desdicts 
Constantin et Gérard présens en leur personne d'autre, comme 
dessus. 

Le reg. P 2289 Archives nat. renferme une copie de l'ordon- 
nance de 13 15. 1 j» 

En juin 1320, une ordonnance du Roi se plaint que les audi- 
teurs au Châtelet aient ^< plusieurs lieutenants lombards ou étran- 
gères personnes qui délivrent et scellent de leurs signes par 
rues et en leurs hostels et tiennent leurs pieds, dont arrivent de 
grands inconvénients... » 



DOCUMENTS ET PIECES JUSTIFICATIVES. 



24 



Dans la cote de la plupart des arrêts ou ordonnances dirigés 
contre les Juifs, bien que les Lombards ne soient pas désignés, 
on trouve inscrits à la main, ces mots : Juifs, Lombards, usuriers, 
il y a là un abus dans l'extension du mot lombard. 

Dans l'ordonnance de 1274 « sur la besongne des Juifs », il 
n'est pas question des Lombards. (Reg. P 2289. A. N.) 

OBSERVATIONS 

Dans l'étude qui fera suite à ce travail, que nous intitulons : 
Les Lombards chei eux, nous donnerons une idée de la vie privée 
de ces marchands, tant en Italie qu'en France, ne nous occupant 
que des familles mentionnées dans ce présent volume. 

Nous y ajouterons un Essai sur les Jetons des Lombards, qui, 
nous l'espérons, jettera quelque lumière sur un coin absolument 
ignoré de la numismatique, et des explications sur leur façon 
de calculer avec l'abaque et de tenir leurs comptes. 

Enfin, la dernière partie de nos recherches sur les Lombards 
sera intitulée : De Vauthenticité des chartes des Croisades, et paraîtra 
avant janvier 1893. 

Nous accueillerons avec la plus vive reconnaissance toutes les 
corrections que l'on voudra bien nous signaler, un ouvrage de 
cette nature renfermant forcément des erreurs que nous nous 
empresserons de faire disparaître. Cette observation s'adresse 
particulièrement aux collectionneurs de jetons et surtout aux 
savants collaborateurs des revues itaUennes. 

Abréviations contenues dans le IX® Chapitre. 



Amb. — Ambiensis, d'Amiens. 
Andeg. — Andegavensis, d'Angers. 
Asc. — Ascensio. — Ascension. 
bail. — baillivus, baillivia. 
Bit. — Bituricensis, de Bourges, etc. 
Cand. — Gandelosa. — ta Chande- 
leur. 



Cont. — comptant. 
d. — denarius. 
lia. — secunda. 
Jan. — Januarius, janvier, etc. 
1. — libra, livre. 
O. S. — Omnium Sanctorum. 
la Toussaint. 



■«-*! 



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I 



244 



LES LOMBARDS A PARIS. 



t. — turonensis. 

to. — tercio ou termino. 

Val. — Valent. 



p. — parisiensis. 
R, — Regem. 
S, _ soldus. — Sou. 
S. — super. 

Les chiffres romains indiquent les années : XCV signifie 129s; XCVI, 
1296; XCVil, 1297; XCVIII, 1298; IC, 1299; CGC, 1300. 

Pour les expressions ad vitam, ad hereditatem, elles signifient à vte, ouirans- 

tnissibîe par héritage. . 

Les termes étaient au nombre de quatre : la Chandeleur, 1 Ascension, la 

Saint-Jean et la Toussaint. 

L'explication du mot cont. est donnée par M. Moranvillé (Journaux du 
Trésor, 1345, 1349- Bibliothèque de V École des Chartes, 1888.) 

La meilleure traduction des formules Cepimus et Reddidimus serait : nous 
avons débité, nous avons crédité le compte du Roi.... 

Les lettres H et P, placées sans autre indication, signifient les travaux de 
MM. Heyd, Histoire du commerce dans le Lamit, et Perrens, Histoire de Florence. 

L'INCENDIE DU GRAND PONT DE PARIS 

{y^ote de la page 188.) 

L'an de grâce 1293,1e lundi devant Pasques flories, fu tesmoingné en juge- 
mam par devant mestre Philippe du Châtelet, auditeur de Martin Lucassin 
et Andri Leconte, recouvreurs, que Emmelet Tyonne ou Tirponne, chambe- 
rière Jehan de Channevières, orleure, avoit dist aus ouvriers qui recouvroient 
les planches de la marcheandise de la Saunerie : u Ne vous merveilhés mie du 
feu qui est jeté, car on en jetera encore. » Et ce virent eus et fu jugé par ledit 
mestre Philippe, que la marcheandise avait bien prouvé s'entencion ; et à ce 
jugé furent presens Adan Paon, Guil. Pizdoe, eschevins; Jehan qui biau 
marche, .Giefroi de Vitry, Michiel de Louvres, Wiilet de Longueval et Joce 
de la Chermoie, serjans du Châtelet, et plusieurs autres. (A.N. KK. 1337-) 

Robert et Symont Evrout réparèrent des maisons religieuses (?) endomma- 
gées par cet incendie, pour lesquelles le Roi paia 210 1. t. 




Barthélémy HucuoN, changeur et bourgeois de Paris, 1369. 

Sceau de coas'""^. 

ECU portant un chef supporté par deux lions et deux hommes sauvages alternés dans une rose gothique. 

^ EC VGVI 

Quittance de 900 francs d'or au sujet d'un tapis « représentant la queste de S* Graal acheté 
par le roi Jehan à Jehan Barthélémy, » 24 mars 1369. (Cliiramb. 2, 14, p. 875, B. N.) 



\ 






ADDITIONS & CORRECTIONS 



Page I. Sceau des consuls de Gênes. Ajouter : en France. 

Page 5, ligne 14. Sarepta, aujourd'hui, Sarfand. C'est là que le pro- 
phète Elle demanda à une veuve de quoi se nourrir. Cf. Les Rois, 
liv. I, chap. XVII, vers 10; Saint Jérôme, In Epitaphio Paullce ; 
C. A. Walckenaer, Itin. de Bordeaux à Jérusalem. 

On récolte encore aujourd'hui des vins dans la contrée. 

Page 7, ligne i. Sur neuf cas cités par Tanon {Justice de Saint-Martin 
des Champs), de 1333 à 1342, les Lombards commettent un vol, 
frappent un valet, tuent deux compatriotes et commettent trois 
viols qualifies. Dans deux cas ils sont marchands de chevaux. Les 
peines sont le bannissement et l'amende. Le plus coupable réussit 
à échapper à la justice. 

Page II, note. Ajouter : Lombard, dans le patois de Lille, signifie 
commissionnaire au mont de piété. (Vermesse.) 

Lomhardier, qui porte des gages au mont de piété. (Dépt du 
Nord. — Hécart, Dict. rouchi.) 

Page II, ligne 5. Les archives de Lyon renferment sûrement des docu- 
ments ayant rapport au séjour des Lombards florentins et autres 
dans cette ville. Nous ferons la même observation pour les villes 
d'Avignon, de Metz et bien d'autres. 

Page 13, ligne 14. Ajouter : On trouve à Marseille des comptes d'une 
maison de marchands originaires de Manduel (dép. du Gard; 
arr. de Nimes ; cant. de Marguerittes), qui remontent à la pre- 
mière moitié du xiii^ siècle.' Ces documents ont été pubhés par 
Louis Blancard {Documents inédits sur le commerce de Marseille au 
moyen âge, Marseille, 1884, in-8% vol. I, p. i), et contiennent 
une vraie lettre de change, tirée de Messine sur Marseille, le 1 5 fé- 
vrier 1200. 

[Barthélémy Mazellier et Pierre Vital promettent de payer, à 
Marseille, la somme de 146 1. 13 s. 4 d, à Etienne de Manduel et 
à Guillaume Benlivegna.] 



246 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



/ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



247 



^ ■' 



On trouve encore deux autres lettres, du 16 mars 1248, sous- 
crites à des Lombards de Florence, Grégoire de Negrobono, et 
de Sienne, Dieustaviva, Alberto et Guidaloto Guidi (p. 268-269). 

On a prétendu que la découverte de la lettre de change appar- 
tenait aux Chinois : les Chinois n'ont pas plus inventé les premiers 
billets de banque, que les premières lettres de change. Pour faire 
revenir cette invention aux Juifs, on a cité des passages de la 
Bible catholique romaine ; malheureusement les exemples tirés de 
cet ouvrage se trouvent dans le livre de Tobie , qui est considéré 
comme apocryphe. Encore, ne sont-ce pas des lettres de change, 
mais des quittances et des obligations. 

Enfin voici deux inscriptions cunéiformes, déchiffrées sur des 
briques par M. Oppert, qui sont, croyons-nous, les plus anciens 
documents connus jusqu'ici sur cette question, mais elles sont 
plutôt des promesses ou des contrats que de vraies lettres de 



change. 



I 



«8400 oignons, 53 boisseaux de froment, dus à Nabu-gir- 
iBASSi, fils de Marduk, de la tribu de Damqa, par Kin-gir, fils de 
Nergalepus, de la tribu de Ea-epis-el. Au mois de lyar, il paiera 
la somme entière, dans la ville de Sahnn. S'il ne s'est pas libéré 
complètement au mois à' lyar, il rendra intégralement les oignons 
et le froment, à Babylone, etc. 

a Témoins : Nabu-musegib-napsati, etc. 

« Babylone, le deuxième jour du premier Adar de l'an 36 du 
régne de Nabuchodonosor, roi de Babylone. w (Février, 368 ans 
avant J.-C.) 

II 

« 33 boisseaux de froment dus à Nabu-nadin, fils de Rahianni, 
par Nidintu-Bel, fils de Nabu-Kussurrani. Au mois à'iyar, il 
paiera intégralement ledit froment, sans intérêt, dans la ville 
d'Al-Akh'iddin. 

a Témoins : Nabu-gir-ibni... etc. 

« Ville de Sahrin, Nisan 6^ de la première année du régne de 
Nabonid, roi de Babylone.» 

(Avril, 534 av. J.-C.) 

L'intérêt qu'on trouve généralement dans les contrats assyriens 
et qu'on pourrait qualifier d'intérêt légal, est de 12 ^/o. 



Quant aux lois de Manou, malgré leur prétendue antiquité, elles 
ne remontent qu'au iv^ ou au v^ siècle de notre ère, et non à 
1000 ans avant Jésus-Christ, comme nous le disons par erreur, 
page 12, et elles ne contiennent rien qui ressemble à une lettre de 
change. 

M. Oppert {Les Inscriptions juridiques de Y Assyrie et de la Chaldèe. 
Vienne, 1888, in-8°, p. 8, note) a prouvé que le chèque assyrien 
découvert par M. Révillout était mal traduit. 

Tout ce qu'on peut affirmer c'est que le chèque était en circu- 
lation à Baçrah (Perse), au W siècle (Sefer Nameb, traduction de 
M. Charles Schefer. Paris, 1881, in-8°, p. 236). 

Voir le curieux travail qui nous fournit ces renseignements, in- 
titulé : Christopher Columbus and the bank of S^ George. New York, 
Privately printed, 1888, par M. Henry Harrisse. La Bibl. nat. 
possède un exemplaire de cet ouvrage qui n'est pas dans le 
commerce. 

Page II, ligne 12. Si nous avons emprunté les expressions des Lom- 
bards, il est juste d'ajouter, que de leur côté, les Italiens du xiv^ 
siècle s'appropriaient un grand nombre de mots français. Dante 
lui-même, dans son traité de Vulgari eloquio rend justice à la 
langue d'oïl. 

« Les critiques italiens trouvent dans son style beaucoup 
de gallicismes, et l'un d'eux ajoute qu'il rapporte de France 
autant de nouvelles locutions que jadis Homère des dialectes de la 
Grèce. Le fait est qu'à cette époque les gallicismes font invasion 
dans le style italien. Le maître de Dante, Brunetto Latini, qui 
écrivait en français avec une grande correction, dit en italien, 
comme s'il parlait français, sait faglia (sans faille), manera (ma- 
nière), torno (tournée), triare (trier), lae (çà), convotisa (convoi- 
tise), etc., tous mots que l'Académie de Florence, malgré son 
respect pour les vieux textes, a exclus de son dictionnaire comme 
étrangers. Un auteur du même temps que Brunetto, c'est-à-dire 
appartenant au xiii^' siècle, dit donna gcnte (dame gentc), sem'aiiiti 
Dio (si m'aie Deus, ainsi Dieu me soit en aide), oreglie (oreilles), 
per plusor ragioni (par plusieurs raisons), accatar (acheter), amico 
tradoke mio (mon très doux ami), etc. 

Toutes ces locutions, l'auteur pouvait les lire dans des ouvrages 
français qui l'avaient précédé de plus d'un siècle. 

L'Académie de la Crusca n'a pas non plus admis comme ita- 






248 ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

liennes ces expressions de l'historien Villani : agio (âge), semmana 
(semaine), intamato (entamé), etc. Dans Boccace, on signale di- 
mora (demeure), vegUardo (vieillard), non a îongo tempore (il n'y a 
pas longtemps), etc. Fazio degii Uberti, le petit-fils du superbe 
Farinata degli Uberti que Dante rencontre en enfer, non content 
en son poème intitulé il Ditiamondo, de prendre des mots comme 
bigordare (behourder, jouter), in transi (en transe), lice (lice), fait 
en français soixante-treize vers de suite relatifs aux désastres de 
Philippe de Valois et du roi Jean. » 

(LiTTRÉ, Revue des Deux Mondes, 15 sept. 1864, publié dans les 
Études sur les Barbares et le moyen âge. Paris, 1869, in-8°.) 

Page 24, ligne 19. Voici la liste des noms des paroissiens de Guorgo- 
nio (Gourdon. Lot. ch.-l. arr.) qui le mercredi et le jeudi, avant 
les Rameaux, de l'an 12S5, jurèrent de renoncer à l'usure, dans le 
cloître de l'église de Vicano, à Vicano (Le Vigan , Lot. arr. et 
c°^ Gourdon), devant l'archevêque de Bourges, Simon, primat 
d'Aquitame ; Raymond, évêque de Cahors ; Guv, abbé du monas- 
tère de Vierzon; Renier de Sens, archidiacre de Gracensis [Cra- 
çay?], église de Bourges; de Otho de Salinis, chanoine de Magdu- 
nensis (Mehun); Conon, chanoine Mimatensis [de Mende]; 
maistres P. de Vierzon et R. de Charitate, clercs; frère Jean 
Marsac, moine de Vierzon; frère Hugo, moine de Saint-Sulpice, 
de Bourges; maitre Jean de Caméra et Jean de Sens, neveu de 
l'archidiacre et plusieurs autres clercs et laïques. 

Bertrand de Faveriis (Favières?) restitue 100 sous d'antique 
monnaie obtenus par l'usure. 

L. S. D. 

Girardus la Olmeïda (Lolmade, Lot, c"« 

Prayssac). » 15 » 

Girardus de Molendino » 100 » 

Raimundus de Porverhel (Prouverel, Puy- 
de-Dôme) 8 » » 

Girardus Molendinarii » » 18 

Regnaudus Constantini * 50 ' » 

Guillielmus de Angolismo (Angoulème, 

Charente) 10 » » 

Bernardus de Faveriis .... » jo » 

Girardus Richardi 4 » » 

Stephanus Mafit » 30 » 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



249 



L. S. D. 

DeodatusdeOlvicida (Olvic, Lot, c^^Sonac) » 100 » 

Giraldus Esturaldi (Estrade, Lot, c"« Mon- 
dera) y> 100 » 

Raimundus de Proverel 10 cadurcines. 

Bernardus de Vineis (Vines, Aveyron, c^^ 

Cantoin) » 50 > 

Arnaudus Novell! » 20 » 

Raymundus Bibere > éo » 

P. Texendarius » 100 » 

Alnaudus de la Tramoilhe (Trémouille, 

Aveyron, arr. Rodez, c"" Pont de Salars). . . » 50 » 

Guillelmus de Callucio (Caillac, Lot , arr. 

Cahors) » 48 y> 

Ademarus Castri 5 setiers de blé. 

Renaudus Bonardi » 25 » 

Deodatus de Mercato » 30 » 

Guillelmus de Casselade (Castellat, Lot, co« 

Gourdon) » 100 » 

Raimundus de Marcillac (Lot, arr. Figeac, 

c°" Cajarc) > 10 » 

Raimundus de Fonbourne (Fonbouzou, Lot, 

c"^ Bio) 8 » » 

Gilbertus de Carentelo (Carennac, Lot, arr. 

Gourdon, c°" Vayrac). . 10 )» d 

Arnaldus Raynes » 10 » 

P. Laval » 50 î> 

Guillelmus de Brina (Brenac, Aveyron?), . » 10 » 

Guillelmus de Benast » 10 » 

Arnaldus de Brinis (Brens, Tarn, arr. c°" 

Gaillac?) » 20 » 

S. P. Sp. Roal. » 5 » 

Bernardus de Bonperrier » 10 » 

Guillelmus de Linars (Linars, Lot, c"^ Con- 

cores) » 25 » 

P. Séguin 12 s. vieille monnaie 

Guillelmus Palmerii 3> 20 » 

Gasbertus du CofFel (Couffet, Lot-et-Gar., 

C^* Caziderogne) » 10 » 

(Hardouin, Collection des Conciles, Paris, 171 5, 12 vol. in-f°). 



i 



250 ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

On voit, par cette énumération, que la plupart de ces noms, 
sinon tous, sont portés par des gens du pays ; on n'y relève aucun 
nom italien ou d'origine italienne. 

Page 24, ligne 29, ajouter : Voici les noms de lieux en France, en Bel- 
gique et en Irlande, rappelant le nom des Lombards : 

France. 

Lombard, Doubs, Arr. Besançon, O" Quingey, 254 habitants. 

Lombard (Le), Isère, C"^ Isle-Abeau, 67 h. 

Lombard, Isère, 0^= Saint-Siméon de Bressieux, 227 h. 

Lombard, Jura, Arr. Lons-le-Saulnier, C°" Sellières, 300 h. 

Lombard, Landes, C"^ Sanguinet, 65 h. 

Lombard, Puy-de-Dôme, C"^ Thiers, 222 h. 

Lombard (vers), Haute-Savoie, C"*-^ Marignier, 18 h. 

Lombarde (La), Savoie, C"^ Argentine, 5 h. 

Lombardie (La), Alpes-Maritimes, C"<-' Saint-André, 83 h. 

Lombardie, Pas-de-Calais, C"'^ Lottinghem, 42 h. 

Lombardie (La), Pas-de-Calais, C"^ Wirwignes, 103 h. 

Lombardie, Seine-et-Oise, C"^ Bonnières, 100 h. 

Lombardie, Haute-Vienne, C"^ Eyjeaux, 43 h. 

Lombardiére (La), Ardéche, C"^ Davésieux, 19 h. (Château.) 

Lombardiére (La), Loire-Inférieure, C"« Nantes, 15 h. 

Lombardiére (La), Vendée, C"^ Sainte-Florence, 24 h. 

Lombardiéres (Les), Dordogne, C"*^ Lussas, 27 h. (Château.) 

Lombards (Les), Drôme, C"^ Auriples, 62 h. 

Lombards (Les), Drôme, C"^ Comps, 31 h. 

Lombards (Les), Isère, C"^ Villard-de-Lans, 28 h. 

Lombards (Les), Loiret, C"^ Montbouy, 6 h. • 

Lombards (Les), Savoie, C"'^ Haute-Luce. 

Lombards (Les), Seine-Inférieure, C"^' Montivilliers, 65 h. 

Lombards (Les), Var, C"^ Six-Fours, 40 h. 

Lombards (Les), Vaucluse, C'^^ Gargas, 49 h. 

Dictionnaire des Postes et des Télégraphes, 188 j. 

En BELGiauE, nous trouvons : 

Lombaerdeskapel, dép. Nokere (dépendance de). 
Lombartzyde, Prov. Flandre Occid. 789 h. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



251 






En Irlande, nous avons : 

Lombardstown, près Mallin (North Cork). 
La seule vue de cette liste est un indice du rôle capital joué par 
ces Italiens en France et ailleurs. 

Page 28, avant-dernière ligne : 

Vers cette époque, les Juifs vivaient quelquefois du produit des 
champs et des vignes, ou bien se consacraient à la médecine, au 
commerce, à l'industrie. 

A leurs noms français, comme Amandant, Boucherot, Bon- 
nefoy, Belassez, Bonami, Châtelain, ils mêlaient des prénoms 
francisés ou traduits : Haquin pour Isaac, Josse pour Joseph, 
Vivant pour Haïm, Sare pour Sara, Cressant pour Zemach. C'est 
en 121 5, avec Innocent III, que commencent pour les Juifs les 
vraies persécutions. 

Déjà, sous Philippe-Auguste, en 1180 et en 1 191, les Juifs 
avaient eu à subir des mauvais traitements, mais ce n'est que le 
22 juillet 1306 qu'eut réellement lieu la première expulsion, par 
ordre de Philippe le Bel. Ils se réfugièrent en Provence, fief de 
l'empire germanique, et en Roussillon, qui appartenait au roi de 
Majorque, et ils ne rentrèrent en France que dix ans plus tard, 
rappelés par Louis X, le Hutin. 

Enfin, le 17 septembre 1394, Charles VI prononçait le deuxième 
arrêt de proscription de tous les Juifs du royaume. 

Cette fois, quelques-uns parvinrent à se réfugier en Piémont et 
en Allemagne. 

A partir de cette époque, il n'y a plus de Juifs en France que 
dans les parties nouvellement annexées, ou qui le furent dans la 
suite : la Provence, la Flandre, la Franche-Comté, la Lorraine, 
l'Alsace, la Gascogne. 

Ils reviennent à Bayonne et à Bordeaux, sous Henri II (1552), 
par l'Espagne et le Portugal (les Pereire, les Mendès, etc.) ; ce 
n'est qu'à la Révolution de 1789 qu'a lieu leur émancipation. 

Leurs centres principaux en France sont aujourd'hui Paris, Bor- 
deaux, Bayonne, Nancy, Avignon, Carpentras et Marseille. 

Cf. Th. Reinach, Histoire des Israélites depuis ï époque de leur 
dispenion jusqu'à nos jours. Paris, 1883, ln-8", et Revue des Études 
juives, Annunire, 1881. 

Page 3), ligne 3. Les Lombards occupèrent ces fonctions jusqu'au 
xv^ siècle au moins, ainsi que le prouve le sceau suivant : 



h 



il 



252 ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

S : D : AccuRSii de Passiis collectcs. Dni. Nri. Pape, en 
minuscules. Écusson aux armes de la maison de Bar ; au sommet 
le buste de saint Jean-Baptiste, tenant un agneau et une fleur de 
lis. — Matrice de sceau ogival en cuivre, exposée par M. H. Hoff- 
mann, au Trocadéro, à l'Exposition internationale de 1889. Il 
s'aiïit évidemment ici d'un Accursi des Pazzi, de Florence, comme 
le montrent le saint Jean-Baptiste et la fleur de lis. Ce Lombard 
était collecteur du Pape dans le duché de Bar, en Champagne, 
xv« siècle. 

Page 39, dernière ligne. Le nom Seraller (Saralier) signifie Serrurier. 
Cf. Les Livres de comptes des frères Bonis, p. 161, et Revue archéo- 
logique, 1888, Urbain V, par M. E. Mdntz : Mag. Enricus, Ser- 
ralherius, à Avignon en 1370. 

Page 41, ligne 2. Il serait plus juste de dire que le mot Échelle vient 
du latin scala, qui lui-même dérive du mot grec TxàÀx. 

Page 43, dernière ligne, et page 38, note. C'est à Pistoïa que com- 
mença la lutte entre les Blancs et les Noirs qui , un peu plus tard, 
gagna Florence. Voici comment Machiavel raconte l'origine de 
ces dissensions fameuses : 

Inter prascipuas, apud Pistorienses familias, Cancellariorum nu- 
merabatur, accidit ergo forte fortuna,ut Loreus, Domini Gulielmi, 
atque Gerius, Domini Bertaccii filius ambo ejusdem familias, inter 
ludendum ad jurgia devenirent, atque ad pugnam, in quâ Gerius a 
Loreo vulnus accepit leviusculum.. Displicuit ea res patri Gulielmo, 
verum dum humilitate eam obUterari posse speraret, oleum, quod 
aiunt, camino addidit, nam dum filio injunxisset, ut apud propin- 
quum Bertaccium culpam deprecaretur atque Loreus patri obse- 
quenseum accessisset, humanitate tamen illa,exulceratus Bertaccii 
animus,flecti non potuit,quin per ministros Loreum comprehendi 
atque majoris ignominiae causa, manum ipsi detruncari ad prassepe 
juberet, inquiens : Redito ad patrem tuum, iUique dicito, vulnera 
ferro, non verbis sanari. Immane hoc facinus tantopere Gulielmo 
displicuit, ut armata universa famiha sua, ad vindicandam injuriam 
properaret, neque Bertaccius ad defensionem segnior fuit, ut tan- 
dem universa civitas in duas partes scinderetur. 

Trahebant Cancellarii originem suam, a Domino Cancellario, 
cui in primo matrimonio Blanca nupserat, eam ob rem ii, qui ex 
hoc matrimonio descendebant, Blanci, hoc est Albi, denominari 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



253 



voluerunt, adversa vero pars, huic contrarium nomen, Nigrorum 
nimirum, sibi sumsit... 

Eam ob rem tandem Florentiam migrarunt : ac Nigri quidem, 
quod cum Donatis ipsis familiaritas intercessisset, a Domino 
Corso, familias istius principe, suscepti fuere : Albi vero, quo non 
inferiores amicorum potentia essent, ad Dominum verum Cer- 
chium, nulla in re Corso postponendum, confluxere. 

Intempéries itaque ista Pistoriensis, antiqua inter Donatos Cer- 
chiosque odia resuscitabat, etc. (Historia Florentina, lib. IL) 

Page 44. ligne 10. Bangor, ville et abbaye très importante à cette 
époque dans le pays de Galles (Nord). 

Page 47. Sceau de Pise. L'aigle est posée sur un petit socle dont on 
peut voir le détail sur la monnaie d'or de Pise, et non sur un 
bonnet. (B. N. Cab. des Médailles.) 

Page 48. Sceau des marchands de Florence. L'aigle est posée sur un 
torsello et non sur un bonnet comme le porte notre description du 
sceau empruntée à Demay. 

Page éo, ligne 15. Nous avons appris récemment que l'illustre famille 
des Peruzzi s'était éteinte en M. Ubaldino Peruzzi, son dernier 
représentant, à Florence. Il n'existerait plus que des membres 
d'une branche collatérale , à Avignon , portant le nom francisé de 
de Peyrusse. 

Page 65, ligne 14. En 1313, Bocassin, le lombart. changeur, et son 
frère, demeurant rue Pierre au let, paie 30 sous de taille, voir 
page 154. 

Page 77. Le sceau d'Escot Drapier, par suite d'une erreur typogra- 
phique est présenté à l'envers. 

Page 109, ligne 25, ajouter : Comptes de Jean Arrode et de Michel 
Gascoing : 1296, 26 août, dimanche : 

C'est'la Recepte que lesdiz Jehan et Michiel ont fête pour les- 
dites besoingnes (le navire de Flandre — navigio Flandrie — fet à 
Bruges) par Frédéric et par Gautier Loth : 

Primo, de Biche, quand ils partirent de Paris pour aller à 
Bruges en ladite besoingne, pour leurs despens. . . . 100 1. t. 

Item, ledit Jehan et ledit Michel reçurent par Fredryc et par 
Gautier Loth, à Arras et à Bruges 40,000 1. t. 






2CA ADDITIONS ET CORRECTIONS. 

Item, ledit Jehan reçut pour la besoingne meesme à Bruges et 
de Fredryc 4,188 1. 8 s. i d. t. 

Item, De fourreures et pour drap pour mons-- de Montmorancy 

par les procureurs dudit Biche 102 s. i d. t. 

(Fonds Clair amhault, mélanges, vol. 9, f° 105.) 

Mathieu IV, de Montmorency, amiral en 1293, mourut en 
1304. (P. Anselme.) 

Page 123. Malgré l'opinion contraire des érudits qui ont lu le sceau 
des Lombards avant nous, nous croyons que l'objet pris par eux 
pour une hoursc est un ballot de drap, pareil à celui que nous 
retrouverons sur les jetons et que les Italiens appelaient torsello. 

Pactes 124-156. Voici quelques observations suggérées par l'examen 
de ces listes de noms italiens, la plupart du temps francisés : 

Pacre 124, ligne 6. Fauconnier est un Fakonieri ; 

Page 124, ligne 19. Heu de Ringuer ou Harengier (1313)) Odo 
Alighieri ou Aringheri; 

Page 12), ligne 6. Escorche-leu, Squarcia îupi; Escarche, 
Squarcia. Cf. p. 176, 1. 20; 

Page 127, ligne 2. Pouchimnan, Poggi Mannl; 

Pacre 127, ligne 5. Liannarmanelou, Lionarào Manuele; 

Page 127, ligne 26. Gui Pas ou Cas, Guida dci Pani; 

Page 128, ligne 5. Binde de Sophechile, Bindo dei Uffi^i, ou 
Uffiiiali ou Deo Spéciale . Cf. Deli^ie; 

Page 128, ligne 23. Magalot, Magalotti ou Megalotti; 

Page 129, ligne 17. Manchin, Mancini; 

Page 130, ligne 7. Tholomer, Tholomci pour Bartholomei; 

Page 130, ligne 20 au lieu de 42 1. 10 s. lire 142 1. 10 s. 

Page 133, ligne 17. Miquantaine, Amico Quintini; etc. 

Nous trouvons en outre le nom de Mouche en 1296, 9; Guido 
Fakonieri, Landuche, Chonel, Amenaz le Rous, Guil. Rat, Jehan 
Corval en 129e, 7, 8, 9, o; Rogier Spinel, les Chapons, Guido 
des Pazi en 1296, 7, 8, 9; Duchi, Odo Alighieri, Conte Chapon 
en 1293, 6, 7, 8; Rogier Boel, en 1293, 6, 8, 9, o; Raimbaut, 
en 1293, 6, 7, 9; Guiart Bonevoute, en 1293, 6, 8, o; enfin 
Jacquemin de Roncarolles, Denyse Palestrel, Henry le Feseeur, 
Lyon de Gênes (Cf. p. 202). Bonne aventure, Gabriel Forment, 
Luquet de la Tour, Symon Spinel, Duch Magalot en 1293, 6, 
etc., etc. 



ADDITIONS ET CORRECTIONS. 



255 






Page 147, Manessier est le nom juif Manassés ; un Mannecier de 
Vezon était procureur général des Juifs en langue d'oil, en 1364 
et en 1374. Serait-ce un descendant ou un parent de ce Manes- 
sier, de Ferrières ? 

Page 160. Le commencement de la note appartient à celle de la page 
précédente. Le chiffre (i) doit être devant la ligne commençant 
par : Les Sachets. 

Page 17e, ligne 7. Lanfrancus Tartarus était un des amiraux génois 
qui devaient commander la flotte destinée à transporter les Croi- 
sés, en 1300, avec Benedict Zacharie, Jacques Lomellini et 
Jean Blanco. (Michaud, Histoire des Croisades, notes.) 

Page 231, lignes 24 et suivantes, lire : Stoldus quondam domini Bindi 
de Altovitis; Aghinolfus quondam Cherici de Pazzis ; Domenico di 
Ser Vanni; Pantaleoni de Florentia. Deli^ie. T. XIV, pp. 128, 271 ; 
T. Xlll, p. 109; ligne 28, supprimer : Asti. 




Sceau de Ranerius Renaldi. 

La pierre tombale de Renier Renaud se trouvait au couvent des Grands Augustins (de Guilhb«my 

Son sceau se trouve dans la Collection des sceaux de Normandie. 

Renaud Renier était receveur à Rouen pour Biche et Mouche, receveurs du roi, en janvier 1294. 

Ecu déprimé portant trois pals à la fasce brochant ? 

[Il est très difficile de lire sur le sceau si la description donnée par Deniay est exacte; 

l'écu pouvait porter un chef avec 5 coquilles ?| accosté de deux losanges 

chargés d'une coquille. [On lit, en effet, sur le losange place à gauche de l'écu un signe qui ressemble 

à une coquille, aussi illisible que sur les ccus de la pierre tombale]. 

Sur deux bandes parallèles placées, 
'une au-dessus, l'autre au-dessous de l'écu, la légende. En haut et en bas, une chimère. 

S' RENERI RENALDI 
Quittance de finances payées par le chapitre de Rouen. Janvier 1294. 



é 



M -^Tf^ 



M 






I 



I 



«jSéSS'' 



TABLE DES MATIÈRES 



Préface, 



pages i-xviii 



Livre I. — Les Lombards en France. 

CHAPITRE I. — Les Précurseurs. — Arabes. — Syriens. — Juifs. 
— Lombards pao^es 1-22 

Les premiers commerçants en Occident (3). — Les Arabes (3). 

Syriens (4). — Les Juifs (5). — Les Lombards (6). — Opinion gé- 
nérale et populaire sur les Lombards (7). — Influcr.ce des Lom- 
bards (10). — Les Lombards sont-ils inventeurs de la lettre de 
change (11). — Rôle des Lombards (13). — Civilisation avancée des 
Lombards (15), — Corrélation entre la richesse et la civilisation des 
Lombards (19). 



CHAPITRE IL ~ 
des Lombards. 



Les Caorsin's. — Natioxalité des Caorsixs et 
~ Les Lombards aux foires de Champagxe. 

pages 23-57 



Les Caorsins. Les Usuriers (23). — Nationalité des Caorsins, des 
Lombards (25). — Les Lombards en France (29). — Foires de 
Champagne et de Brie (30). — Actes'concernant les Lombards (31). 



CHAPITRE III. — Origine des Lombards. . . 



pages 39-53 



Narbonne (39). — Marseille, Provençaux (41). — Amalfi (43). 
Crémone (43). — Bologne (43). — Asti (43). — Albi (43). 
Pistoïe (43). — Milan (48). — Sienne (48). — Plaisance (44). 
Rome (46). — Lucques (46). — Pise (47). — Florence (48). 
Gènes (50). — Venise (52). 



LF.S LOMBARDS. — TO.VIF I. 



*7 



258 



TABLE DES MATIERES. 



Livre II. 



Les Lombards à Paris. 



CHAPITRE IV. 



Compagnies des Lombards 



pages 57-98 



Compagnies des Lombards à Paris (57). ^ Les Peruzzi (Florence 
($8). — Les Bardi (Florence) (61). — Boccacio de Chellino de Bo- 
najuto (les Bonajiiti, les Boccaci) (64). — Boccace (65). — Portrait 
d'un Lombard par Boccace {66). — Texte italien (68). — Le vrai 
nom du Lombard de Boccace (69). — Extraits des comptes de Ceppe- 
rello (71). — Les Fakonieri 172). — Les Frescobaldi (Florence") (ji). 

— Les Angoissoles (Plaisance) (74). — Les Scoti (Plaisance) (^76). — 
Les Gaaigne-biens (Plaisance) (77). — Les Scali (Florence) (78). — 
Les Bourrins (Plaisance) (79). — C'^ Guy Cavessole (Plaisance) (79). 

— Les Rustigaz (Plaisance) (801. - Observations générales (82). — 
Opinions des Lombards sur le commerce (82). 

CHAPITRE y. — (Suite), 

Les Albizzi (Florence) (83). — Les Boccanigra (Gènes) (86). — 
Les Boccanigra (Espagne) (88). — Les Buonsignori (Sienne) (88). 

— La grande table (Sienne) (90). — Frédryc (9o\ -- Les Ccrchi 
(Florence) (91). — Les Franzesi 1921. — Les Larcari (Gènes; (93). 

— Les Uso di Mare ^ Gênes) (95). — Les Villani (Florence) (96.. 

CHAPITRE VI. — Les Lombards a Paris. — Gaxdouffi.e d'Ar- 
CELLEs 7 1508. — Biche et Mouche ff 1309. — Betix Cas- 
SIXEL Y 13 12 pages 99-121 

Gandouffle d'Arcelles (99). — Biche et Mouche (102). — Tour 
Bische-Mouche au Louvre (ii2). — Betin Cassinel (114). — Gé- 
néalogie des Cassinel (i 20-1 21). 

CHAPITRE VII. — Liste des Lombards a Paris. pages 123-156 

1296 ii23). — 1297 (129). — 1298 (135). — 1299 iMO). — 
1300 1146). — 1313 (Buchon) (152). 

CHAPITRE MIL — Testament de Gandouffle . pages 157-175 

Copia testament! (157). — Arcelles (170). — Léonard d'Ar- 
celles (170). 



CHAPITRE IX. 



TABLE DES MATIERES. 



Les Lombards a Paris. 



259 



pages 175-214 



Comptes du Louvre de 1296 (175). — Trésor du Louvre 1296 
(176). — Comptes de 1298 à 1301 (inédits) 1298 (178). — 1299 
(191). — 1300 (204). 




CHAPITRE X. 



Documents et Pièces justificatives. 

pages 215-244 



Additions et Corrections . pages 245-255 



Table des Matières 



pages 257-259 






W C.i r^-i 

t > 

Un usurier (xin^ siècle). 

Marque nniiusctite employée pour désigner les layettes de l'Échiquier renfermant des piccts 

ayant rapport à l'usure, en Angleterre. 

H. Hall, Aniiquiiits and cnriosities of the Exchequer. Londres 1S91, in-8°. 



RENNES, ALl'H. LE ROY, IMPKI.MEUR BREVETÉ. 






■ ■ ■JMiJi i y ^' 



LES LOMBARDS 



En France et à Paris 



LO 




Les 

3 AR 




o 

o 



En France & à Paris 



Par C. piton 



LEURS XMARQ.UES, — LEURS POIDS-MONNAIE, 
LEURS SCEAUX DE PLOMB 



L'ÉCHIQUIER, - LES TAILLES 



JETONS DES LOMBARDS AUX XlVe ET XV^ SIÈCLES 




Sceau des marchands florentins au-deLî des monts. 

[Sigillum mercatorum florentie qui morantur citra montes] 

xni« siècle. 

Magnifique sceau inédit dont la matrice, conservée au cabinet des Médailles, m'a été communiquée 

par M. de la Tour, à qui j'adresse ici tous mes remerciements. 



PARIS 

HONORÉ CHAMPION, LIBRAIRE 

9 , QUAI V O L T A I R L , 9 



1893 



JiJ 



PRÉFACE 



Nous n'avons pas à expliquer ici ce qu'on entend par Us 
lombards. Dans un travail publié récemment, nous avons étudié 
cette catégorie de finaticiers italiens que l'on trouve ainsi dési- 
gnés généralement dans l'histoire. C'est en faisant nos recher- 
ches sur eux que nous avons été amené à nous occuper de 
leurs marques, de leurs poids, de leurs plombs, de leurs je- 
tons. 

Mais avant de commencer la description des différentes pièces 
de métal que nous venons d'énumérer, nous devons fournir 
quelques explications nécessaires pour bien comprendre ce que 
nous appelons les Marques des Lombards, et ensuite indiquer 
la provenance des caractères manuscrits auxquels nous avons 
donné ce nom. 

Au moment où nous les rencontrons pour la première fois, 
c'est-à-dire à la fin du xif siècle, l'usage des jetons n'était pas 
encore aussi répandu qu'il le fut dans la suite. Nous avons, il 
est vrai, des jetons de la reine Blanche de Castille et d'autres 
personnages importants de la même époque; néanmoins, nous 
croyons que nos marques manuscrites durent précéder de 
quelque temps celles que nous rencontrons sur les jetons com- 
muns. Faut-il attribuer ce retard à l'état d'ignorance dans lequel 



LES LOMUARDS. — II, 



II 



PRÉFACE. 



on se trouvait sur la hçon d'estamper avec un poinçon et un 
marteau toutes ces figures bizarres, ces rosettes, ces besants 
que nous présentent les jetons? Faut-il en chercher la cause ail- 
leurs? Toujours est-il que ces marques n'étaient probablement 
pas destinées aux mêmes usages; malheureusement il ne nous 
reste aucun document nous permettant d'affirmer que ces mar- 
ques, mises par les prêteurs italiens au dos de leurs billets, se 
retrouvaient sur les ballots de marchandises ou sur les tonneaux 
ou les sacs renfermant les objets appartenant à telle ou telle de 
leurs compagnies. 

Peut-être est-il réservé à l'érudition, mise en éveil par ces 
observations que nous croyons nouvelles, de découvrir dans 
l'avenir quelque rapport entre elles. 

Sans nous prononcer d'une façon affirmative, nous sommes 
cependant porté à croire que les jetons n'ont fait que reproduire 
les marques ou les initiales des différentes compagnies ou des 
différents prêteurs. 

Certains auteurs avancent que ces marques, ou plutôt celles 
qu'on rencontre sur les jetons, offraient quelque ressemblance 
avec les filigranes des papiers italiens; nous dirons que nos 
marques ne présentent aucune analogie avec les filigranes des 
papiers /m;/^^/5^'^ 

(i) Cf. MiDOUX E. et Mattox A., Étude sur les filigranes des papiers employés 
en France aux \i\^ et xve siècles. Paris, 1868, 111-8°. 

On lit dans ce travail : « Les maîtres de chaque corps d'état avaient un 
sceau ou marque particulière qu'ils appliquaient sur leurs marchandises, pour 
faciliter le contrôle des personnes chargées, soit par les communes, soit par 



ï 



PRÉFACE. 

III 

Elles n'en présentent pas davantage avec les marques dont se 
servirent, longtemps nprùs, certains corps de métier, notam- 
ment les imprimeurs; dies n'ont également rien de commun 
nvec les figures inscrites sur certains tombeaux. On ne trouverait 
d analogie sensible qu'avec les diffirents des monnaies de Flo- 
rer^ce et de Sienne que nous publions : ce qui, du reste, nous 
semble fort naturel. Une coïncidence due au hasard pourrait 
seule faire que d'autres marques ressemblassent à celles dont 
nous nous occupons. Nos marques se trouvent au dos de quit- 
tances, ou mieux d'obligations de chevaliers et d'écuyers fran- 
çais et étrangers, en un mot de Croisés, des y, 5c et 6= croi- 
sades à des prêteurs italiens, dont les copies faites avec soin 
■ par M. Lacabane, forment les deux volumes des nouvelles ac- 
quisitions latines du Département des Manuscrits de la Biblio- 
thèque Nationale, „,scrtts sous les numéros 1664 et 1665 

Personne jusqu'ici ne les ayant relevées, nous avons pensé 
que la comparaison qu'on en fera forcément avec les marques 
reproduites sur les jetons pourrait amener quelque jour des 
résultats inattendus, soit qu'on trouve des jetons avec des mar- 
ques analogues, soit qu'on retrouve avec ces marques des noms 
de prêteurs inconnus ou même des propriétaires des jetons 

Pendant les époques dont nous nous occupons jusqu'ici, les 
Lombards n avaient encore envahi ni la France, ni l'Angleterre; 

mum était fixe par des dispositions péci l'c" /o, ô, '""' '' "''''• 

sous le nom d'Es-a.vJs.„ Nous donnons „„s in-' "'""' '^'''^"^' 
logie de ce nom. ' '"' '°'" '^ ^'«"'hcation et i'étymo- 






IV 



PREFACE. 



ce n'est que quelques années plus tard que nous les trouvons 
installés dans ces pays dont la richesse les attirait<'> et se livrant 
aux diverses opérations financières que comportait VArt du 
Chivm. Dans cette nouvelle situation, ils se trouvèrent obligés 
nécessairement de se servir en France de denéraux ou poids- 
monnaie. 

Il est plus que probable qu'il existe également en Angleterre, 
dans des collections privées, des poids-monnaie analogues aux 
nôtres qui n'ont été jusqu'ici l'objet d'aucune étude spéciale, à 

notre connaissance. 

Nous avons réuni ceux que nous avons rencontrés, qui sont 
malheureusement trop rares à cause du peu d'attention ou de 
l'ianorance des personnes qui les possèdent. Nous espérons 
qu'on en pourra recueillir encore un nombre assez considérable 
quand on en découvrira, maintenant qu'on est renseigné sur 
leur usage, parce que ces poids en cuivre épais (environ 
0,004 mill. au moins) se présentent ordinairement dans un état 
de conservation relativement satisfaisant et qu'ils sont facilement 

lisibles. 

Nous ne saurions en dire autant des plombs, ou sceaux de 
plomb, servant aux Lombards qui se livraient au commerce des 
étoffes, principalement des draps et des soies, pour sceller leurs 
marchandises. Nous offrons cependant quelques échantillons de 
ces plombs que le temps a épargnés. Malheureusement, ils ne 
nous paraissent pas remonter au-delà du x\r siècle. On sait que 

(i) C'est, croyons-nous, cette richesse qui est la cause pour laquelle nous 
n'en rencontrons ni en Allemagne, ni en Espagne, ni ailleurs en Occident. 



>. 



PRÉFACE. 

les plombs exposes au contact de l'air se recouvrent d'une 
couche d'oxyde qui les détériore et les ronge peu à peu ; les 
plombs du Musée de Cluny qui se trouvent dans ce cas 'sont 
perdus pour la plupart ; ils tombent en poussière dès qu'on les 
touche. 

Mais la principale collection sur laquelle nous appelons l'atten- 
tion des numismatistes est celle des jetons à l'aide desquels les 
Lombards, ces marchands-financiers, faisaient leurs calculs sur 
leurs tables ou sur leurs comptoirs. Ce dernier mot est tellement 
significatifque nous l'employons encore aujourd'hui, tout détourné 
qu'd soit de sa primitive acception'». 

La plupart des collectionneurs ignorent ce que sont ces pié- 
cettes de laiton commun, sans valeur intrinsèque, ou leur donnent 
une fausse attribution. Quelqu'es-uns les considèrent même 
comme des méreaux ou pièces d'une valeur fictive, adoptés par 
des communautés religieuses à cause de la croix à double et à 
simple branche que l'on y trouve souvent représentée. 

Après de nombreuses recherches, nous croyons être plus près 
de la venté dans la destination que nous attribuons à ces jetons 
qui, suivant nous, ne servaient qu'à compter; nous donnons 
plus loin les raisons qui nous ont poussé à adopter ces conclu- 
sions. Nous espérons qu'elles paraîtront satisfaisantes aux numis- 
matistes qui possèdent dans leurs collections des pièces analo- 

• 

(I) Sacval, t. III, p. 281. La Boite aux Lombards. Du compte de 1 ordinaire 
de I., Prevote de Paris pour un an fini à ia Saint-Jean 1458. - Vente de 
cens. - 1 erres tenues en la main du roi notre sire : « Du louage d'une 
maison assise .à Paris en la grande rue Saint-Denis, en laquelle ou avai, accou- 
tume de tenir le contoir de la boite aux Lombards, etc. » 



1; 



VI 



PRÉFACE. 



gues, et qu'ils voudront bien nous faire part des objections que 
leur sue2:érerait notre théorie et nous soumettre les nouveaux 
types oubliés par nous, qui doivent être encore fort nombreux. 
C'est avec une vive reconnaissance que nous tenons à remer- 
cier ici les personnes qui ont bien voulu nous aider dans nos 
recherches en mettant à notre disposition les échantillons de 
leurs riches collections. Nous citerons en particuher pour les 
jetons : MM. Rollin et Feuardent, David, Richard et Mazerolle, 
ainsi que MM. de la Tour, Blanchet et Maurice Prou, les obli- 
geants érudits du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque 
Nationale, et M. Letellier, le marchand chez lequel nous avons 
eu l'occasion d'acheter nos premiers spécimens. Nous sommes 
redevable à la complaisance de M. Maxe-Werly de la collection 
des poids-monnaie, et ce sont MM. Richard et Mazerolle qui 
ont bien voulu nous faire connaître ces plombs si curieux et si 
intéressants pour la France, et pour Paris en particulier, que 
nous publions. 

Que ces savants collectionneurs veuillent bien accepter l'ex- 
pression de notre profonde gratitude. 

Paris, 1893. 



-•^o-«<î5*-c <*- 



Les Marques des Lombards 




Sceau de la commune et du peuple de Gènes. 

Sceau rond de 0,05 5-n. (a. N. J 499.) xni< siècle. 

Un griffon marchant à gauche, dans un encadrement en étoile. 

Y Sigillum com[m]unis et pop«li Janue. 

Philippe le Hardi. Réponse des Génois aux envoyés du Roi de France. 






I 



Marques des Lombards. 



De tout temps, dans tous les pays, on a fait usage de marques 
pour reconnaître des objets ou des marchandises appartenant à 
telle ou telle personne, à telle ou telle compagnie. 

Il n'y aurait même rien d'impossible à ce que cqs marques 
aient précédé l'usage général de l'écriture; nous voulons dire 
qu'il est plus que probable qu'elles ont pu quelquefois être 
appliquées par des individus ne sachant ni lire, ni écrire, mais 
capables de les reconnaître et au besoin de les tracer.' Mais 
qu'importe? Ce serait, à notre avis, perdre son temps que de 
vouloir retracer l'origine de l'invention de ces marques^^). 

Pour ne nous occuper que de celles que nous étudions, nous 
dirons que les Statuts de l'Art de la Laine, à Florence, en 1302, 
ordonnent expressément que chacun mette ses marques sur ses 

(i) M. le docteur Hamy, dans un très intéressant Mémoire présenté au 
Congrès archéologique et historique de Bruxelles 1891, intitulé : Un Naii- 
fraoe en iss2, s'exprime ainsi au sujet de marques relevées sur des balles et 
pains de cire : 

« L'usage de marquer les marchandises de prix d'un signe de propriété 
était, comme on le voit, tout à lait habituel aux marchands de la première 
moitié du xivc siècle. C'est cependant la première fois qu'un tel usage se 
manifeste dans une série de documents historiques de cette époque; aucun 
des nombreux ouvrages consacrés à l'histoire du commerce du moyen âge ne 
fait mention de textes quelconques sur la matière remontant aussi haut, et 
cela seul justifierait amplement notre petite communication. 

ce Ces diverses marques de commerce de 1332, dont les dessins nous ont 
été conservés, n'avaient d'ailleurs aucune signification apparente.» 



1:! 



4 LES LOMBARDS A PARIS. 

balles et sur ses marchandises et ne se serve pas de celles d'une 
autre compagnie, sous peine de 3 florins d'or d'amende ('^ 

Bien avant cette date, nous possédons un acte de 1162, 
18 septembre, où il est déjà fait mention des marques ^ quand 
Ismaël livre des marchandises à Bombarchet et à Simon, à 
Gènes^'^^ Nous rencontrons encore en 1163, 22 septembre, la 
marque •jj^ sur des sacs (sporta) d\ilun et de poivre. Palria 

mon. char t. II, col. 889. 




Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que nous ayons trouvé sur 
les reçus des croisés, accusant les sommes empruntées à des 
prêteurs lombards, les marques de ces derniers, bien que ces 
feuilles de parchemin ne fussent pas, à proprement parler, des 
marchandises. 

Existait-il alors une loi obligeant les prêteurs sur gages ita- 
liens à se servir, eux aussi, de marques? 

Il nous faut cependant le constater, les marques inscrites au 
dos de ces obligations n'ont été mises qu'au xvii'^ siècle, par 
une même main italienne. Nous n'en demeurons pas moins 
convaincu, jusqu'à preuve du contraire, que ces marques étaient 
celles des maisons qui sont mentionnées sur le verso de l'acte ; 
ce ne sont pour nous que des copies de marques plus anciennes 



(i) Le simple raisonnement permet d'affirmer qu'il devait exister en 
France, et en particulier à Paris, des règlements analogues. Les sentences 
publiées par Depping, à la suite de son édition du Livre des Métiers, nous 
montrent clairement qu'on devait faire une marque particulière sur les ton- 
neaux de vin remontant ou descendant la Seine pour montrer que le destina- 
taire faisait ou ne faisait pas partie de la hanse. Le premier corps de métier, 
celui des Drapiers, dut également se servir de marques spéciales ; il lui était 
impossible de ne pas connaître celles des Lombards. Les Marcel, depuis le 
vieux drapier, Pierre, grand-père du prévôt, jusqu'au prévôt lui-même, con- 
naissaient les marques des Flamands, des Gantois en particulier, dont ils 
vendaient les rayés à la maison du Roi. Il n'est pas jusqu'aux maçons qui 
n'eussent des marques qu'on a retrouvées sur les pierres de la plupart de nos 
vieux monuments. 

(2) Patrice Monumenta. Chartarum II, col. 809, 810, 811. Voir : Pièce justi- 
ficative, page 27. 



MARdUES DES LOiMBARDS. 



5 



. 



qu'on découvrira quelque jour, en Itahe, quand on les recher- 
chera. 

Que si l'on s'étonnait de nous voir aussi affirmatif dans une 
pareille question, nous pourrions répondre que n'ayant ren- 
contré aucun ouvrage où elle fût traitée, nous avons dû nous 
contenter de nos recherches personnelles. 

Or, si nous prenons au hasard un de ces noms de prêteurs, 
celui des Lercari, par exemple, appartenant à une famille 
génoise qui a compté parmi ses membres, non seulement des 
consuls de Gênes, des hommes d'État, des guerriers, des ambas- 
sadeurs, mais encore un amiral au service de saint Louis : 

Ugo Lercarius 1248, — et un banquier du même roi en Terre 
Sainte : Belmustinus Lercarius — camp devant Césarée, août 
125 1, — nous voyons qu'il était dignement soutenu par les 
représentants de cette illustre maison au xvii^ siècle, et à Gênes 
où le doge Jean-Baptiste Lercari (1643) avait un fils, Dominique 
Lercari, et même à Paris ^'\ 

Il ressort de là, pour nous, que ces marques apposées au dos 
des obligations des Croisés ont dû être écrites en connaissance 
de cause, probablement par des descendants des prêteurs ita- 

(i) B. N. Pièces originales : Lercari. 

Noble homme Bernardin Massey, gentilhomme lucquois, demeurant à 
Paris, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, au nom et comme procureur des 
sieurs Jehan et Charles Lhercari, citoyen de Gaines, héritier testamentaire de 
feu François Lercari, fondé de procuration par substitution de Anthoine 
Balbany, aussi gentilhomme lucquois, passée par devant Rybauli (?) et Ber- 
geon notaires au Châtelet de Paris, le xxiii d'avril mil vie deulx... pour 
recevoir la somme de 187 1. 10 s. pour un quartier escheu le dernier jour de 
mars 1602, à cause de 730 1. de rentes audit Lercari appartenant, et qui, 
dès le 19 apût 1573 furent constituées sur les 100,000 1. de rentes à prendre 
sur le clergé, etc.. 

16 octobre 1603. 

(Signé :) B. Massey — Rybauli (?) — Bergeon. 
Sur les Lercari voir le curieux recueil in-foho coté K 87 au département 
des Imprimés de la Bibliothèque nationale renfermant : 10 Le Soleil de la 
Ligurie dans la maison Lercari ; 20 Discours du couronnement de J.-B. Ler- 
cari; 30 Éloge des Lercari. Gênes 1644, in-folio en italien et en latin. 



ï 



J».. i. f _ 



^ LES LOMBARDS A PARIS. 

liens du xii= siècle, et que la main qui les a tracées ne les a pas 

inventées. 

Nous allons d'abord donner : iMa liste alphabétique des 
noms des prêteurs italiens dont nous connaissons la marque; 

2° La liste des noms de ceux dont la marque nous est inconnue ; 

3° Enfin, par ordre de date, les marques de ces prêteurs de 
Gênes ou de Pise, avec l'indication du lieu d'origine, quand on 
le trouve indiqué sur l'acte. 

Nous ajouterons en même temps, dans les notes, les rensei- 
gnements concernant le Lombard et sa famille probable, quand 
cela nous a été possible. Nous retrouverons sur les jetons des 
Lombards des marques analogues. 

Nous ferons remarquer, en terminant, que ces noms italiens 
nous intéressent particulièrement en ce sens qu'ils sont portés 
par des membres de familles souvent illustres^^>, qui avancent 
des sommes d'argent considérables à des croisés français, ou 
qui le deviennent plus tard, par exemple, des chevaliers et 
écuyers normands, saintongeois, etc., et même parfois belges, 
navarrais, savoyards et allemands, ces derniers à la solde de 
Philippe-Auguste. 

(i) Les Lercari, les Uso di Mare, les Malocelli, les Squarzafici, etc. 



Listes des Prêteurs italiens 



: 



(XII^ ET Xlir siècles) 



i 




Sceau de Pise (xve siècle). 

Cf. notre premier volume, page 47. 

Légende : Face : f Sigillum sancte Marie civitatis Pisarum. 

Revers : -j- Urbis me dignuni Pisane noscite signum. 



Listes des Prêteurs italiens. 



Liste alphabétique des noms des prêteurs italiens 
dont les marques nous sont connues. 

La lettre G indique le lieu d'origine : Gênes ; P : Pise ; S : Sienne. 



Albario-Odoardo de, G. 

Ansoldus, G. 

Aspirani Jacobo, G. 

Auxia Bonifacio, G. 

Barbarus Ansaldus, P. 

Becimo Manuele, G. 

Belforte Petro, G. 

Bioni Salvagius, G. 

Bochonus, G. 

Boscoro Bertoii de, G. 

Bozo Ugliet de, P. 
Brezano Lodisio, G. 
Buchanigra Guillelmus, G, 
Buroni Johanne, G. 
Calvo Martino, G. 
Capry Jehan, G. 
Casanova Walerano de, G. 
Cattaneo Rafaele, G. 
Cavaccia Thobias, G. 
Cavali Andréa de, G. 
Cayroli Teranus de, G. 
Ciconia Marco, G. 



Cigala Cosma, G. 

Cocerel Gaspar, G. 

Consilii Rossus, S. 

Constantino. 

Conte Andriolo, P. 

Coronato Manfredo de, G. 

Corsai i Luchino, G. 

Coxola Antonio de, G. 

Devinelli Lazari, G. 

Domina, G. 

Dominici Martino, G. 
Ermirius Damien, G. 
Fatinanti Andréa, G. 
Favali Andréa de, G. 
Ferrarius Philippo^ G. 
Ferrarius Michaele, G. 
Gazolo Agabito de, G. 
Geideto Qiiiliano, P. 
Gemino, S. 
Goarco Quilico, G. 
Grillus Andréa, G. 
Guillelnio Petro, G. 



10 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Guizardo Gaspard! de, G. 
Gusulfîs Lanfrancho de, G. 
Hospinelli Venerio, G. 
Janbono Filipo, G. 
Japelo Ansaldo, P. 
Jhota Jacobo de, P. 
Juria Quiliano de, P. 
Justus Andriolus, G. 
Lercarius Belmustinus, G. 
Lizoro Lanfranco de, G. 
Mafferio Scipione, G. 
Maraboti, G. 

Marceio Bonaventura de, S. 

Marihono Opecino, G. 

Marocelli Bencdicto, G. 

Mogiû Baptista, G. 

Nicolaï Barnaba, G. 

Nicolaï Anfreono, G. 

Pagana Ay merlus. 

Pancia Odo, G. 

Panzani Philippe, G. 

Pontedecimo Bertolomeo de, G. 

Portafino Bonfiz de, G. 

Prédis Salvagius de, G. 

Recho Ladoisio de, G. 

Recho Peregrinus de, G. 



Refignani Simon, G. 
Respario Isn. 
Rivegno Andréa de. 
Rosio Jean de, G. 
Saulo Simone de, G. 
Savignoni. 
Savina, G. 
Scarella Bertono, G. 
Scarzatico Sisnuindi, G. 
Semino Rafaele de, G. 
Sentas, S. 
Sepa Adam, G. 
Sihaffe Guitardo. 
Soldi x\ymone, G. 
Spinelli Tornabellus, G. 
Strata Masiolo de, G. 
Stroxoli Petrus, G. 
Suzaro Luchlno de, G. 
Symon Jean, S. 
Tarigo Jacobo. 
Tavani Petrus, G. 
Terdona Ger. de, G. 
Testa Salvagius, G. 
Usus Maris Conrado, G. 
Vignolo Antonio de, G. 
Xaba Antonius, G. 



LISTES DES PRÊTEURS ITALIENS. 

Liste alphabétique des noms des prêteurs italiens 
dont les marques ne nous sont pas connues. 



II 



Lieux et Dates. 
Acre 1191, Juin. 



— Juillet. 

— Juin. 
Messine 11 90, 8 déc. 
Acre 119 1, Juin. 

— Août. 
Messine 11 90, Décemb. 
Damiette 1249 Septemb, 

Acre 1191 Juin. 

— Août. 

— Juin. 



Damiette 1249 Août. 
Acre 1191 Juin. 



Messine 1190 Février. 
— Décemb. 

Acre 1x91 Juin. 



Noms. 

Alpanus Bertonus, G. 
Amodei Paulino, G. 
Anglerici, S. 
Armoyni Franciscus, P. 
Axili Opecino. 
Babo Ant., P. 
Bozolo Anfreono, de G. 
Capella Dainanus, G. 
Cavaccia Angelo, G. 
Chéri Coihus, G. 

Contadini Bœnnencontre, S. 

Curte J. de, G. 

Dondi Bartolomeo, P. 

Gaion Ostien, G. 

Goarco Benedictus de, G. 
Isnardus Jof.^ G. 
Lafaya L., P. 
Marna Johannino de. 
Mogius Anfr., G. 
Mussi V., P. 
Nicolaï Cataneo, G. 
Niela Lazarinus de, G. 
Nigroni Melcliiori de, G.^'K 
Nigro M. de, GA'K 



(1) Nigrone, Ansaldus de, 1158, 11 août; Willelmus de Nigrone 1160 
29 décemb. Pat. Mon. chart. II, col. 518, 718 ' 

(2) Lanfrancus de Nigro, 11 58, 16 août; Oto de Nigro, fils de Guilhume 
pouseMane fille d'Otone de Staccio, n62, .7 oct.f Guidonus d N^^ ' 

1164, II juillet. Pat. mon. chart.^ H, col. 522, 882, 956. - Nolascus de N^ 
gro, 1300 5 cet. Or. lat., t. III, inédit. - Ottolinus, Dabadinus, Thon as de 
Nigro, nohsateur génois, 1248. Jal., Annales maritimes et coloniales. 

lES LOMBARDS. - II 



12 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Lieux et Dates. 

Acre, 1191 Juin. 
Messine, 1 190 8 Dec. 

Acre, 1 191 Juillet. 
— Juin. 

Messine, 1 190 8 déc. 
Acre, 1191 Juin. 
Messine, 11 90 8 déc. 
Acre, 1191 Juin. 

Damiette, 121 8 Août. 
Acre, 1 191 Juin. 



Noms. 

Odoardus, G. 
Oliva Mafiolo de. 
Pancia Peregrinus, G. 
Pereto Agostino de, G. 
Perinus M., P. 
Ponzibo Franciscus de, G, 
Pouzola Cattaneo de. 
Poxano Cosma, G. 
Rapalo Rafaele de, G.^'^ 
Refa Rataele de, G. 
Rusieo Mich. de, G. 
Sclapa Jacobus. 
Tort us Sam., G. 
Via S. de, G. 



(i) Amalfredus de Rapallo, 11 58, 19 juin; Raimundus de Rapallo, 11 59, 
8 janv.; Eribert de Rapallo, 1160, 21 avril, père de Guillaume, Jean et Vi- 
valdo; Gisla de Rapallo, fille de Guillaume, 1160, 27 août, épouse de Boni- 
fazio de Carenzone, a une fille, Carenza. Pat. mon. chart., II, col. 497, 565, 
6.y^ 6^4. _ Johannes de Rapallo, 1300, 3 juillet; Jean, père de Boniface et 
de Lanfrancus de Rapallo, 1300, 19 sept. Or. lat., t. III, inéd. — Baalardus 
de Rapalo, nolisateur génois. (Jal., Annales tnarit. et coloniales.) 






I 



} 



Marques des Lombards 



(xir ET XIII' siècles) 




Sceau de la ville de Sienne la vieille, xiii^ siècle. 

(Manni). 

Légende : -}- Vos veteris Sene signum noscatis amené. 



4 



Marques des Lombards. 



DATE 



î. 



II 90. 12 janvier. 

Camp devant 

Acre. 

1191. Mai. 

Camp devant 

Acre. 1190. Juin. 

1191. Mai. 

Tyr. 1191. Mai. 

Camp devant 
Acre. I 191. 



MARQUE NOMS 

OAnsoldus 
et Bochonus^'>. 

- j^ Antonio Xaba^^^ 

I et Philippo Ferrarius (^ 



Salvagius Testa, 
Petrus Stroxoli et C" 

Tornabellus Spinelli 
et 0^ 

Petr. Tavani 
et Ger. de Terdona. 




n 



LIEU 
D'ORIGINE 



Gênes. 



Gènes. 



Gènes. 



Gènes, 



Gènes. 



(i) Un Dagnanus Bochonus prête serment au roi de France, 1401, 18 déc, 
comme un des douze anciens, antiani, de la ville de Gênes. (A. N. J. 500.) 

(2) Xaba ou Ceba ou Cebe. — Ansaldus Ceba 11 56, 16 août; 1160, 
19 août ; 1163, 10 avril; — Patria Monwn. chart. col. 343, 682, 849.— Mat- 
theus Ceba, noble, 1234. Muratori, t. VI; 1267. Lih. Jur. — Raynaldus 
Ceba, noble, 1237. Ihid. — Ansiaudin Ceba, 1256, consul de Gênes à Acre. 
Orient, ht., t. II, 2^ partie, p. 447. — Lanfrancus Ceba, 1271, 7 oct. ; 1279, 
14 décemb. Ibid.— Oglerius Xaba, remolarius de Janua, 1300, 9 sept. OnVw/. 
ht., t. III, inédit. — Lanfrancino C^eba, 1249, août, Damiette. Chartes des 
Croisades. — Johannino Ceba, nolisateur génois, 1246. — Jal., Annales ma- 
ritimes et cohniales. 

(3) Ferrarius Odo, 11 57, 27 mais. Patriœ Mon. chart., II, col. 378. — Wui- 
lelmus Ferrarius, nolisateur génois, 1248, Jal., Annales maritimes et coloniales. 



lé 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DATE 



Camp devant 
Acre. 1191. 

Acre. 
1191. Mai. 

Camp devant 
Acre. 1191. Mai. 

— Jaffa. Octobre. 

Camp devant 
Acre. 1 191. Mai. 

— Jalîii. Octobre. 

Camp devant 
Acre. 1191. 



Acre. 1191. 



Camp devant 
Acre. 1191. 



Acre. 1191 



MARQUE 







NOMS 



LIEU 
D'ORIGINE 



Jean de Rosio et C'^ Gênes. 



Lazari Devinelli. 
Cf. 11° 47. 

Jacobo de Jhota 
et Ughet de Bozo. 



Quiliano Geideto 
ou Gideto^^'. 




Gênes. 



Pise. 



Pise. 



Walerano de Casanova. Pise. 



Rafaele de Semino. Gênes. 



Lodisio Brezano. Gênes. 



Scudieri pour 
Thobias Cavaccia et Gênes. 
Benedicto Marocelli (^>. 



(i) Guidetus Ansermus, 1300, 3 juillet. Or. lai., t. III, inédit. 
(2) Marocelli ou Malocelli, Malus ancelîus. Guilelmus M. 1140 et 1193, 
consul. Lih.Jur.; — Obertus M., consul, 11 13, Caffieri; ^- Obertus M., 



MARQUES DES LOMBARDS. 



17 



DATE 



MARQUE 



NOMS 



LIEU 
D'ORIGINE 



Camp devant 
Acre. 1191. 

Camp devant 
Acre. I 191 . Juin, 

Camp devant 
Acre. 1 191. Juin. 

Camp devant 
Acre. 1191 . Juin. 

Camp devant 
Acre. 1 191. Juin. 




Rafaele Cattaneo. 
Cf. n° II. 



G 



enes. 




LodoisiodeRecho^'^. 

Lanfrancho Gênes, 

de Gusulfis^^>. 



Simon Refignani. Gênes. 



Andréa de Rivegno*^^^ 
(Societas Rivegna Gênes. 
1191. Sept.) 

Aymericus de 

Pagana ^^\ 

Michael Ferrarius. 

Cf. n° 2. 



Gênes. 



consul, 1165, donne en dot à sa fille Lucia, épouse de Giordano Marcellario, 
60 liv. 1162, 6 oct. Pair. mon. chart., t. II, col. 816; Obertus M., ii)7,iofév.; 
Willelmus, 11 56; Johannes, 11 56; Enrico, 1164; Guillaume, 1207; Léo, 
1271, L'Aias, loge des Génois; Bcnedictus, 1279; Albertus, 1279; Manuel 
M., 1300, 5 août. — Caffieri, Lih. jnriuni ; —Or. lut., t. II, et t. III, inédit. 
— MuRATORi, t. VI; — Pair. mon. chart., t. II, col. 332, 373, 816, 935. — 
Famille noble en 1396. (A, N. J. 500.) 

(i) Recho. Oggero di Recco, 11 56, 26 déc. Pat. Mon. chart., t. II, col. 358; 
Lanfrancus de Recco, 11 58, 9 oct., do, do, col. 560; Olivero di Recco, 1160, 
12 mai, do, do, col. 645; Guirardus de Recho, 1173, novembre, do, do; Lu- 
cheto de Recho, 1279, 26-30 mars, L'Aïas, maison de Guisulfinus. Or. lat., 
t. II; Nicholas de Recho, 1300, 24 sept. Or. lat., t. III, inédit. — Lan- 
franco, Wuilielmus, Poncius Riccio, 1248, et Lanfrancus Riccio, 1270. A. Jal., 
Annales maritimes et coloniales. 

(2) Gisulfo Vassalo, 11 57, 4 nov. Pat. mon. chart., t. II, col. 449 Qtpassim; 
Guisulfus Balianus, 1300, 5 sept., 16 nov. Or. lat., t. III, inédit.— Guisulphe 
(Lanfranc de), 1268. A. Jal., lac. cit. 

(3) Johannes de Rivegno, nolisateur génois, 1248. Jal., Annales maritimes 
et coloniales. 

(4) Wuilielmus de Pagano et Nicolinus de Pagano, nolisateur génois, 1248, 
Jal., Atinales maritimes et coloniales. 



i 



i8 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DATE 



MAR(iUE 



NOMS 



Camp devant 
Acre. 1191. 



Acre. 
1191. Juillet. 

Acre. I 191. 
Après le 13 juillet, 

jour de la 
prise de la ville. 

Paris. 1191. 



Acre. 
1191. Juilleu 



Camp devant 

Acre. 
1191. Juin. 



Acre. 

1191. Août. 




<r 







Bonifiicio Auxia. 



Brezani, 
Domina. 



Sentas, 
Gemino. 



Vcnerio Hospinelli<'), 

Barnaba Nicoîai, 

Lodisio de Recho. 

Cf. n" 15. 

Petro Guillelmo 

et Martino Dominici. 

Cf. n° 23. 



LIEU 
D'ORIGINE 



Sismundi Scarzafîco<'>. Gênes. 



Gênes. 



renés. 



»ienne. 



Martino Dominici. Gênes. 



Gênes. 



Gênes. 



(i) W. Scarza fugacia (?) 1156, 16 août. Pat. mon. cbart., t. II, col. 343; 
— SquarzaficLis Franciscus 1300, 24 sept. Or. lai., t. III, inédit. 

(2) Ospincllo Wilielmo, 1137, 29 juin, neveu d'Olivier de Verdun. Pat. 
mon. chart., t. II, col. 395. 



MARQUES DES LOMBARDS. 



19 



DATE 

Acre. 
1 191. Septembre. 

Jaffa. 
II 91. Novembre. 

Jaffa. 
1191. Octobre. 

Jaffa. 
119 1. Octobre. 

Camp devant 

Acre. 119 1. 

Décollation de 

s' Jean-Baptiste. 



MARQUE 



NOMS 





y 



Conrado Ususmaris^'> 
et Quilico de Goarco^^^ 



Ansaldo Japelo, 
Quiliano Juria. 



Ansaldus Barbarus. 



LIEU 
D'ORIGINE 



Gênes. 



Jacobo Tarigo. Gênes, 



Pise. 



Odoardo de Albario. Gênes. 



Pise. 



(1) Baldissone, Guglielmo et Ottone Uso di mare abandonnent à Oberto, 
leur frère, tous les biens que leur a légués Druda, sa fille, et par conséquent 
leur nièce, 1156, 1157, 1163, 1164. Guillaume Usus maris épouse Agnès, 
fille de Lanfrand Mollis; Gionato Usus maris, fils d'Oberto, donne 100 liv. à 
Druda, son épouse, fille de Ugeron de Vineis, 11 59; Gandulfus Usus maris" 
donne 100 liv. àGiulia, son épouse, 11 58, 11 août; Bonovassallo Uso di mare 
donne 100 liv. à Adalasia, fille d'Ugezone. Oberto, Baldezono, Ottone, Bo- 
novassallo et Guglielmo sont frères. — Fulco Usus maris, 1173, P^i- ^^on. 
cbart., t. II, col. 409, 424, 425, 518, 519, 593, 688, 850, 934.— En 1164, Bai- 
dizone Usus maris forme une Société avec Oberto di Lucca. [Acte curieux à 
cause de la participation des femmes dans l'association]. Ibid., col. 970. Ma- 
rinus Usus Maris, Jacobus Usus Maris, Petrus Usus Maris, nolisateurs génois, 
1248. Jal., Annales maritimes et coloniales. — Usus Maris Lucas, 1387. De 
Sacy, Mémoires de V Institut, t. VII, 1824. 

(2) Guaraco Graziano, 11 57, 17 août; Guaraco Merlo ou Marchio, 11 57, 
27 août; Guercius Jordanus, 11 37, 23 nov.; Guercius Anfossus, 1157,15 déc. 
Pat. mon. cbart., t. II, col. 416, 419, 432, 455. — Un Isnard de Guarco fut 
doge de Gènes. 



20 



LES LOMBARDS A PARIS. 



DATE 



Acre. 
1191. Novembre. 
» Mai . 
» Juillet. 

Jaffa. 
1191. Mai. Len- 
demain de la 
s' André, apôtre. 

1200. 



Marseille. 1218. 



Camp devant 

Damiette. 

1219. Novembre. 

Camp devant 
Damiette. 
1219. ^^^i- 

Camp devant 
Damiette. 12 18. 

Camp devant 
Damiette. 
121 9. Novembre. 
/ 

Arras. 
1217. Juin. 



MARQUE 



9- 






f 




NOMS 



Andriolo Conte. 



LIEU 
D'ORIGINE 



Pise. 



Berton de Boscoro 



Pise. 



Xaba. 
Cf. n° 2. 



Isn. Respario, 



Gênes. 



Gênes, 



Justus. 



Gênes. 



Johanne Buroni(^>. Gcnes. 



Bertono Scarella. Gènes, 



Andriolus dictus Justus. 

(C'est Je même que 
ci-dessus, no 35.) 



Gênes. 



Savignoni^^\ 



Gênes, 



(i) Buroni Guglielmo, 11 36, ii)8. Pat. mon. chart., t. Il, p. 319, § 293 
(2) Savignono Bartholomeus, 1300, 14 oct. Or. ht., t. III, inédit. 



y 



MARaUHS DES LOMBARDS. 



DATE 



MARQUE 



Camp devant 

Damiette. 

12 18. Septembre, 




Ascalon. 
10 Septembre. 

Camp devant 

Damiette. 

1219. Septembre. 

1240 (v. s.) 
7 janvier. 



Acre. 

1240. Mars. 



Limoso. 
1249. Avril. 



NOMS 

Luchino Corsali, 

Jacobo Aspirani, 

Martino Calvo^'^ 

(1219, août. 

Damiette). 



21 



LIEU 
D'ORIGINE 



Gênes. 




Filippo Janbono^'\ Gênes. 




Salvagius Bioni^^^ 



et Qe. 



renés. 



\^ 



^ 



Baptisto de Mogio. Gênes. 



Antonio de Coxola. Gênes. 




Maraboti'^^) et 
Savina. 



Gênes, 



(i) Calvus (Nicholusus), 1247. A. Jal., Jnnales maritimes et coloniales. 

(2) Janebonus Pascalis de Infantibus (Janbono Pascali de Fanti) 1160, 
7 août. Pat. mon. chart., t. II, col. 677. 

(3) Salvaigus Ambrosius, 1300, 30 août, 22 nov. Or. lat., t. III, 
inédit. 

(4) Marabotus Jusiol, 1146, août; Maraboto, Rogerius de, 1160, ler juin; 
Maraboti, 1 164, 17 juin; Pat. mon. chart., t. II, coL 653,947; Manuele 
Marabotus, 1300, 3 nov. Or. lat., t. III, inédit. 



22 



DATE 



Camp devant 

Damiette. 

1249. Août. 

Acre. 
1240. Mars. 



Devant Damiette. 
1249. Août. 

Devant Damiette. 
1249. Septembre. 

. Damiette. 
1249. Octobre. 

Damiette. 
1249. Septembre. 



Damiette. 
1249. Novembre. 



LES LOMBARDS A PARIS. 



MARCIUE NOMS 






-*- 





h 



Bonaventura de 
Marceio. 



LIEU 
DORIGINE 



Sienne. 



Lazari Devinelli, 

Cf. n° 7, et . Gènes. 
Luchino de Suzaro. 



Andréas Grillus^'\ Gènes, 



Teranus Cavroli. Gènes. 



Andréa Fatinanti^'^. Gênes. 



LanfrancodeLizorio, 
Petro Belforte. 



Gênes, 



Odo Pancia^5\ Gênes. 



(i) Amicus Grillus, consul, 1146-1156, Caffari; iI)8, Lib. Jur.; W'ûkl- 
mus Grillus, 1156, mai; 1160, avril; Lambertus Grillus, 11 37, oa. Pat. mon. 
chart., t. II, col. 329, 446, 637. Lambertus Grillus, consul, 1168; Fridericus 
Grillus, capit. du peuple, partisan de Frédéric II en 1241. Lib. Jur. Famille 
noble en 1396, sept. Gênes. (A. N. J. 500.) 

(2) Fatenanti Alegrus, 1301, sept. oct. Or. ht., t. III, inédit. 

(3) Rubeus de Nazano, Oto Pancia, frater ejus, 1156. 11 oct.; 1161, 
20 mars; 1163, 26 avril. Pat. mon. chart., t. II, col. 339, 728, 834.— Pancia 
Johannes, 1287. — De Sacy, Mémoires de Vlnstitut, t. VII, 1824. 



DATE 

Damiette. 
1249. Novembre. 

Damiette. 1249. 

Le lendemain de la 

s^ Jean-Baptiste. 

Damiette. 
1249. Novembre. 

Damiette. 
1249. Juin. 

Devant Damiette. 
1249. S' Remy. 

Damiette. 
1249. Octobre. 



Damiette. 
1249. Novembre, 

Camp devant 

Damiette. 

1249. Novembre. 

Lendemain 

de la s' Martin. 



MARaUES DES LOMBARDS. 



23 



MARQUE 




ih 



NOMS 

Anfreono Nicolai, 
quelquefois avec Odo 

Pancia 
à qui il sert de témoin. 

Bertholomeo de 

Pontedecimo 

et Andréa de Favali. 



LIEU 
D'ORIGINE 



Gênes. 



renés. 




Damien Ermirius. Gênes. 




Jehan Capry 
et Adame Sepa. 



Gênes. 



Bonfiz de Portafino^o. Gênes. 




Scipione de xMafferio. Gênes. 




Anfreono Buccanigra^^^. 
Cf. n° 69. 



Gênes. 




Rossus Consilii, 



Sienne. 



(i) Portodelfino. Portus delphini Ogerius, 1161, 23 mai. Pat. mon. chart., 
II, col. 736. 

(2) Buccanigra, Anfreono. Cf. no 69. — Rainaldus Boccanigra, nolisateur 
génois, 1248. Jal., Annales maritimes et coloniales. 



^4 



DATE 



Ascalon. 
1250. Mars. 

1250. Avril. 

Toulouse. 

1250. 8 avril. 

Acre. 1250. Juin. 

Damiette. 
1249. Novembre. 



Acre. 1250. Mai 



Acre. 1250. Mai. 



Acre. 1250, Juin. 



Acre. 1250. Juin, 



Acre. 1250. Juin. 

Acre. 1250. 
Jeudi après l'oc- 
tave de 

s^ André, apôtre. 



LES LOMBARDS A PARLS, 



MARQUE 



NOMS 



LIEU 
D'ORIGINE 



Andréas de Cavali. Gènes. 



Constantino. 



Gcnes ? 





Xl 




Agabito de 
Gazolo, 

Mariolo de 
Strata. 



Manfredo de Coronato, 
Guitardo Sihaffe. 

Antonio de Vignoîo, 

Aymone Soldi, 
Salvagium de Prédis. 



Gènes. 



Gènes } 



Gènes. 




Manuele de Becimo, 
Peregrinus de Recho. Gènes, 
Cf. n° 15. 




Simone de Saulo. Gênes. 





Domenico de Thelia, 
Marco Ciconia. 



Guillelmo Buchanigra. 
Cf. n° 59. 



Gènes. 






Gènes. 



I 



MARQUES DES LOMBARDS. 



25 



DATE 

Camp-pèlerin. 

125 1. Veille de la 

Toussaint. 

Camp devant 

Césarée. 

1251. Août. 

Acre. 1250. 

Veille de s^ André. 

Césarée. 125 1. 
Veille 

de s^^ Marguerite. 

Camp devant 

Jaffa. 

1252. Novembre. 



MARQUE 

9 



NOMS 



LIEU 
D'ORIGINE 



Opecino Marihono. Gènes. 




Lercario Belmustini^'^ Gênes 



X 



(SB 



Jean Symon, 
Gaspar Cocerel. 



Gaspardi de Guizardo 

de Societate M. Beccini, 

procureur de 

Manuele de Hervio. 



Sienne. 



Gènes. 



(i) Leccar Ugo, 1146, août; Lecarus Anselnius, 11 57, 29 août; Lescari 
Johannes, 11 57, 21 sept.; 11 58, 28 oct.; Lercarius Ribaldus, 11 58, u août; 
Lercarius Wilielmotus, 11 58, 28 oct.; Lercarius Albertus, 1160, 20 mars! 
4 août; Lercarius Bonus Johannes, 1160, fév.-mars; Lercarius Hugo et Bel- 
mustus son frère, 1190, 11 avriL Lib.Jur., t. I, coL 359. — Lercario Alberto 
forme une association avec Ottone Belmustus, avec l'autorisation du père de 
Belmustus, au capital de 100 liv.; 2/3 fournies par Alb. Lercari, 1/3 par Otton. 
1163, 26 sept. — Albert Lercario prête 40 1. au père de Belmustus. 1163, 

29 sept. —Alberto et Ribaldo Lercari vendent pour 113 1. 1/2 à Oberto 
Spinula, îrère d'Ansaldus, défunt mari de leur sœur, défunte également, les 
droits qu'eux ou leur mère pouvaient avoir sur la succession, I164, 8 mai.Pa/. 
mon. chari., t. II, col. 432, 442, 518, 563, 675, 697, 726, 896, 897, 935.— Un 
Lercari était sergent de la communauté de Gênes à Famagouste, 1300, 

30 sept. Or. îat., t. III, inédit. Petrus de Maiffi Lercarus donne à N. Lercari 
2 1/2 darem, à Leticia Lercari 2 darem, à Nicolas Lercari 20 darem. André 
Lercari lui doit 15 darem. 1300, 22 sept. Or. lut., t. III, inédit. Lercario 
Guilielmo, 1241; Lercarius Hugo, 1247, Lercari Jacques, 1290. A. Jal., An- 
nales maritimes et coloniales. 



\ 



■dBMiMMM^k^Z' iiiUiin.ULiUBw 



26 



LES LOMBARDS A PARIS. 



MARaUES DES LOMBARDS. 



27 



DATE 



MARQUE 



NOMS 



LIEU 
D'ORIGWE 



Messine. 
1090 (1190?). 

Damiette. 

1249. 

1" mardi 

après 

la s'" Cécile. 





Philippe Panzani<^), ç^^^^^ 
Cosma Cigala<'\ 



Seing de 

Pedro 

Lopez, Navarre, 
chapelain 

scribe. 



(1) Panzani Bonifacius, ..56, .3 oct.; 1.63, A sept.; ..64, .8 lum. Pat. 
Jn cha,t., II. col. 559, 878, 948. - Panzaninus Panzanus, 1248, nohsa.eur 
génois. ].M.., AnuaUs maritimes el colomales ,,:,,,, ir 

(2) Gmllaume Cigala, consul, .152, 1156, ..6;. C..ff..ri c. Lb. ]ur 
XVUielmus de Cigala, U50, 8 juillet; Ugo Cigala .,58 5 fevner; Lantr - 
eus Cigala, .158, 25 août; Ansaldus Cigala, .160, 20 déc; 1.63, 13 av n . 
Enricus Cigala, ..60, 25 avnl; Bonvassallo Cigala, u6o, 7 ajnl. - P^<. 

„::,. ./.,..' II, col. 358. 469, 532, 630, 638, 718. 850. - j-o"'"- c,^^ • 

n. Ini t II p 441- Famille noble à Gênes en 1396, sept. (A. N. J. 500). 
FamUle'noble'à Gènes en 1508. (A. N. KK ,414.) Oberto Cigala, Lanfrancus 
Cigala, noiisateur génois, 1248. Jal., AmmUs maritimes et colcm.hs. 



Gênes. 




Armes des Boccaneri (BoccanigkO : écartelé de gueules et d'argent. 
Sceau de Madame lacomina Bocanegra. Cf. t. I, p. 87. 



Pièce justificative. 

Simon, Bombarchet et Yousoiiph, envoyés du caïd Aboul 
Kassim (caiti Bidcasscmc) contractent à Gênes *un emprunt de 
Soliman, de Gênes, homme de Guillaume, roi de Sicile. — 
II 62, 18 septembre ('>. 

« Nous, Simon, Bombarchet et Jusuph, envoyés du 

caïd Aboul Kassim, nous avons emprunté de toi, Soliman, de 
Gênes, homme du seigneur Guillaume^ roi de Sicile, 55 livres, 
monnaie de Gênes, que nous avons remises à Ismael pour avoir 
les douze ballots d'Aboul Kassim qu'il nous a remis, et pour 
lesquels nous avons payé à raison de trente-six sous moins 
deux deniers, cours de l'or à Gênes. Nous rendrons dans le 
courant du mois pendant lequel nous débarquerons en Sicile 
trente et une onces un tiers d'or, à ton envové, au nom de 
Mathieu ou de Manfred de Portinco, ou à ton envoyé, au vu 
par l'un de nous de la pièce sarrazine que nous t'avons laissée. 
En foi de quoi, j'ai, Simon, juré sur le saint Évangile de Dieu, 
et nous Bombarchet et Jusuph selon la loi que nous suivons. 
Fait dans la maison de Soliman, à Gênes, 1162, 18 sept. » 

Soliman remet ensuite en gage à Ismael pour les 34 livres : 
deux coupes d'argent neuves, une plus grande que l'autre, un 
manteau d'ermine, un de petit gris et une xoca^ espèce de vête- 
ment en forme de jupe ou de robe. 

Bombarchet et Simon prennent possession des douze ballots 
que ledit Ismael leur délivre, portant les marques et bien atta- 
chés. Il leur rend en outre dix autres ballots et en garde deux 
autres composés d'aumusses, mais n'appartenant pas au caïd. 
(Même date, maison dlsmael.) (Patrie monumenta. chart., II, 
n°' 1183, 1184, X185; col. 809, 810, 811.) 

(i) Caïtus, le chef, le directeur. C'est le mot arabe qui a donné en espagnol 
le mot alcayde et en français caïd. De Sacy, Notices et Extraits des manuscrits^ 
t. XI, p. 28. 



IÉes 

m 



LES LOMBAkDS. — TOME lU 



\è 



Poids-Monnaie 



ET SCEAUX DE PLOMB DES LOMBARDS 



4 




Armes du parti Guelfe de la ville de Sienne 

(xive siècle). 

Légende : S[igillum] partis Guelfe civitatis Senarura, 






V 



Poids-Monnaie et Sceaux de Plomb 



DES LOMBARDS 



i 




Jeton de changeur du xvi= siècle (Flandre). 
Légende : Selui qui ne scet bien son compte 

En vient à cliief comme il se monte (1530). 

(Van Mieris, Monnaies, t. II, p. 330-331.) 




Plateau de trébuchet français (xiv« siècle) publié par M. Rouyer. 

Revue numismatique, 1886, pi. XV, n° i. 

(Cf. Revue numismatique^ 1^)8, 2* série, p. 413-424; et 1862, p. 113) 

On peut voir au Louvre, dans le fameux tableau de Quentin .Metzys, un changeur opérant au 

moyen d'un trébuchet. Le plateau dans lequel est déposée la monnaie 

est creux. Celui que nous publions aurait été redressé. (Collection de M. Rouyer.) 




Poids de gros tournois de 4 grammes, en argent. (CoUect. de M"" Damcoisne) 

Revue numismatique, pi. XV, n"^ 2. 
C'est un des plus anciens (xiii' ou xiv* siècle). 



32 



LES LOMBARDS A PARIS. 



POIDS-MONNAIE ET SCEAUX DE PLOxMB DES LOMBARDS. 



3S 



1 

I 



Les Lombards, établis comme changeurs, se servaient des 
poids-monnaie y qu'on appelle également Denéraux, Il ne faut pas 
confondre le Denéral avec le Fierton ; ce sont deux choses diffé- 
rentes, comme on Ta constaté tout récemment. (Communication 
due à l'obligeance de M. Maurice Prou.) Les denéraux que 
nous publions portent tous un nom ; de plus ils sont de diffé- 
rentes sortes, les uns représentent Teffigie royale, les autres la 
couronne, d'autres enfin l'agnel. 

Nous trouvons d'abord les noms de Henric le Lombart sur 
trois poids à l'effigie royale et sur un poids à l'agnel. 







Le premier publié par M. le marquis de Lagoy. 1858. 

Le premier se trouve au Cabinet des Médailles et pèse 6 gr. 77. 
Le nom de Henri est trop commun parmi les Lombards pour 
pouvoir être attribué spécialement à l'un d'eux. En 1282, une 
maison de Henry le Lombart, située rue Pierre Sarrazin, tou- 
chait à la maison habitée par Henry le Lombart, composée de 
quatre chambres, et payait 4 l. 16 s. ^'^ Un Henri le Lombart, 
dans la Cité cette fois, paye 5 sous de taille ^'\ 

Voici le nom de Berthelin le Lombart sur deux poids à l'effi- 
gie royale et sur un poids à l'agnel xiii et xiv^ s. 






Le premier publié par M. le marquis de Lagoy. 18)8. 

Le premier de ces poids provient du Cabinet des Médailles 

(i) Jourdain, Histoire de V Université. 
(2)[,Géraud, p. 5. 



et pèse 6 gr. 8 i . L'épaisseur est de 0,004"'/"'. Le nom de Ber- 
telin est également trop commun parmi les Lombards pour 
songer à l'attribuer à un lombard en particulier. 

Poids de Bierterlct, à la couronne. Le nom est évidemment 
celui d'un italien. 




Nous attribuerons également les deux suivants à des Lom- 
bards, le premier, celui de Renée Laleu, porte la fleur de lis 
de Florence; le second porte le nom de Ghebalcie Leleu. 





Nous nous trouvons encore en présence d'un poids de lom- 
bard devant celui d'Estève Musa, à Feffigie royale ; un poids à 
Tagnel portant le même nom a été publié par M. le marquis de 
Lagoy dans la Revue de Numismatique de 1858. 





Les suivants : Guillaume Buquet, poids équestre ; Guillaume 
Buquet, à TagneH'^; Pierres Cossard, poids équestre; Pierre 
Gossart, à Tagnel, sont probablement français. 






Franc à cheval. 



{i) Cité par M. Rouyer, Revue de Numismatique, 1886, pi. XV, 11° 6. Il cite 
également un denéral au t3'pe de l'archange S^ Michel, au nom de H. Bal(?) 
pi. XV, no 20, que nous donnons le dernier. 



34 



LHS LOMBARDS A PARIS. 



Voir Revue numismatique, 1858. De Lagoy a lu sur un poids 
les mots Pierres Eusefrii ou Bosefrii. Nous croyons qu'il faut 
lire Pierres Cossard ; c'est plus que vraisemblable. 





Franc à cheval. 



Quant à Favant-dernier, au type de Tarchange Saint-Michel, 
avec le nom de Godart, nous pouvons l'attribuer, sans crainte 
de commettre une erreur, à un des associés de Jacques Cœur 
en 1435, Barthélémy ou Pierre Godard <'>. 





Tous ces poids-monnaie reproduits de la grandeur des orig 
naux, proviennent de la collection de M. Maxe-Werly. 



1- 



Plombs. 



Les statuts de l'art de la Kalimala nous prouvent que les 
pièces de drap étaient quelquefois plombées. Cet usage existait 
également en France et dura jusqu'à la Révolution, non seule- 
ment pour les draps, mais pour la soie. On conserve encore 
dans certaines familles des pièces d'étoffes non détaillées portant 
ces sceaux de plomb. 

(I) Vallet de Viriville, Histoire de Chartes Vil, t. III, p 253. 



POIDS-MONNAIE ET SCEAUX DE PLOMB DES LOMBARDS. 35 

Voici d'abord des sceaux de plomb de drapiers français 
d'Amiens, de Castres, de Villeneuve-les-Avignon (xvii'^ siècle). 





Castres (1681). 
Face. Rnien. 



Puis un sceau de Boulogne-sur-Mer : 




Villeneuve-k's- Avignon. 




Boulogne s'Mcr. 



Voici trois types d'un intérêt tout spécial pour nous : ce 
sont des sceaux de drapiers Parisiens. On sait que les Drapiers 
formaient, de temps immémorial, le premier corps de métier, 
comme le portent du reste leurs jetons : 







w< 



S^ 



Plomb de P.iri.^. Coll. Richard, xvii' .siècle? 



3« 



LES LOMBARDS A PARIS. 



i 





Plomb de Paris. Coll. Richard. 
xvii» ou xYiii» siècle ? 



Plomb de Paris. Coll. Richard. 
164X. 



Tours — autre variété avec les lettres IT; et Lv 



on 






Deux autres variétés et un dernier sceau portant des armes à 
déchiffrer. 






Coll. d'Affry de la Monnoye (Musée de Cluny). 



La collection d'Affry de la Monnoie (Musée de Cluny) ren- 
ferme environ 40 plombs ayant servi à sceller les draps et la 
soie, ainsi que quelques-uns de ceux en usage parmi les merciers 
de 1571 au xviii^ siècle. 

La communication de cette intéressante collection nous a été 
faite par M. Mazerolle. 

Enfin, voici des sceaux de plomb de Lombards. Le premier 
est assurément Vénitien, puisqu'il porte le lion de Saint-Marc 
sur une de ses fices : sur l'autre sont des armes illisibles. Bien 
qu'elles offrent quelque annlogie avec celles des Loredan, nous 
ne croyons pas cependant pouvoir les leur attribuer. Le second, 
ayant un monogramme bizarre dont nous retrouvons l'analogie 



POIDS-MONNAIE ET SCEAUX DE PLOMB DES LOMBARDS. 37 

sur un jeton de la collection Richard, renferme à Texergue les 
mots Bartelot Paccal ; sur le troisième, on lit d'un côté Johannes, 
de l'autre ?; sur le dernier, trouvé dans la Seine et faisant 
partie de la collection Forgeais, on distingue parfaitement un 
torscllo sur une face, et non une bourse, comme on l'a écrit. 

Tous ces sceaux de plomb, reproduits de la grandeur des 
originaux, proviennent, à l'exception de celui de Forgeais, de 
la collection de M. Richard, et de celle d'Affry de la Monnoie. 




M 





Venise.— Lion de Saint-Marc. 




Lorédan. 



Bartelot Paccat. 







Johannes ? 
Face. Rti'ers. 



Collect. Forgeais. 



Les Ewards. 

Les fonctionnaires chargés d'apposer ces sceaux de plomb 
en France se nommaient Ewards, esgards, égards, en latin ins- 
pcciorcs ou reganialores. On lit dans le dictionnaire de Godefroy : 
« Esgards , on nomme ainsi à Amiens ceux qu'on appelle ail- 
leurs maîtres et gardes jurés.... On appelle esgards-ferreurs , 
ceux qui apposent le plomb aux étoffes; ainsi nommés parce 
qu'on appelle fers dans la sayetterie d'Amiens, ce qu'on nomme 
ailleurs des coins et des poinçons. » 

Suivant Th. Godefroy, le mot Rewart, avec la même signifi- 
cation, serait wallon. Mais on le trouve cependant appliqué 
pour un homme du Midi : « Emaut, regard du pays de Bi- 



I 



38 



LES LOMBARDS A PAlUS. 



gorre. » Il est vrai que c'est par Froissard, 1. III, ch. m. — 
Cf, Ordoïinances des Rois de France ^ t. IV, p. 321 note e; 
p. 676; t. V, p. 374. 

Dans sa brochure intitulée Les Plombs des Draps d'Arras 
(Arras, 1885, 20 pages), M. Dancoisne cite la dissertation de 
Gaetani, Piomhi antichi merchantili , ainsi que des plombs de 
sa propre collection, pour prouver la haute antiquité de ces 
marques : 

«En général,» ajoute-t-il, «les plombs de marchandises se 
composent de deux ronds de grandeur à peu près égak% réunis 
par une petite bande ou patte légère. Le premier rond porte au 
revers une ou deux pointes servant à percer et à maintenir 
l'étoffe et à se river dans le second, bien plus mince, au moyen 
d'une forte pression donnant une double empreinte extérieure. 
Ma collection renferme un moule en cuivre du xiv^ siècle, 
trouvé à Arras, qui a servi au coulage des plombs de la mar- 
chandise. » L'auteur en donne le dessin ainsi que ceux de 
sceaux analogues à ceux que nous reproduisons, mais tous 
particuliers à Arras, avec le rat légendaire. 

L'apposition des sceaux était obligatoire pour les draps à 
Arras dès 1.358. 



^ 



^^~• 

m 









1^^' 



^^ 



Monnaie de la ville de Sienne présentant une vue de la ville. 

Légende : Sena velus civitas virginis. 
Le revers porte les armes de Cosme de Médicis. B. K. Cabinet des Médailles. Argent. 



Les Jetons 



i 



L'ÉCHiaUIER — LES TAILLES - LES JETONS 

lETONS DES LOMBARDS 




!iicjiif.L'U'ûT|uisiliOLiuaiiti^iik 








Pierre tombale d\in Alberti, de Florence, mort à Paris, 

le 29 mars 1409. 

(A. Heiss, Les MéJailleurs florentins, Paris, 1891, in-fo) 

Hic jacet corpus Diamantis, filii quondim egregii niilitis doniini Kicolai Alberti de Florentia , 

qui obiit Parisius, anno nativitatis domini 
millésime quadragentesimo noiio die vigesima nona, cujus anima requiescat in pace. 

Amen. 



L'Échiquier. 



I»3 



M 



Avant d'aborder la question si curieuse des Jetons des Lom- 
bards, qu'il nous soit permis de donner un rapide aperçu de la 
manière de calculer en usage au xiii'' siècle qui nous permettra 
de nous rendre mieux compte de la nécessité où on se trouvait 
de se servir de ce moyen commode pour compter, employé par 
tout le monde alors. Et d'abord, qu'on se reporte par la pensée 
aux époques relativement récentes où le système décimal n'était 
pas d'un usage courant : on se trouvait en présence de sys- 
tèmes multiples de réductions pour certaines mesures tant de 
longueur que de poids, et en particulier pour les monnaies. 
Pour ne parler que de ces dernières, nous dirons simplement 
que d'une façon générale , la livre se composait de vingt ou de 
vingt-cinq sous . suivant qu'on se servait de livres tournois ou 
de livres parisis, en ne considérant que ces deux espèces, car il 
y en avait beaucoup d'autres ; le sou était, à son tour, la somme 
de douze deniers, à laquelle venaient encore s'ajouter les oboles 
et les quadrans^ les pites, etc. On peut, suivant nous, consi- 
dérer comme type de calculatioii le procédé employé par les 
financiers du Trésor royal. 

M. Hubert Hall, dans son Livre des antiquités et curiosités de 
l'Échiquier ^'\ nous met à même de comprendre cette façon de 
procéder. 

Il est plus que vraisemblable que les Lombards suivaient les 
règles observées par les « gens des comptes » du Roi, qui de- 
vaient être les mêmes pour les Échiquiers d'Angleterre, de 
Normandie ou de la Cour de Paris. 



(i.) The antiquities and curiosities ofthe Exchequer^ by Huber 
London, 1891, in-80. 



T Hall, F. S. A. 






42 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Véchiqiiicr se composait essentiellement d'une table^ d'environ 
3™30 de long sur i"'65 de large, entourée par une bordure 
d'environ o"'o8 de haut, et recouverte d'un drap de couleur 
foncée sur lequel étaient tracées, à la craie ou autrement, des 
lignes droites se croisant à angles droits et formant des quadri- 
latères d'environ o"'47 sur o"'33. La table du Lombard était 
évidemment plus petite, mais divisée de façon analogue. 

On obtenait ainsi des colonnes et des espaces vides, dans 
lesquels une somme quelconque de jetons déposée prenait une 
valeur numérique différente, suivant la place qu'elle occupait, 
et qui augmentait à mesure qu'on la plaçait plus avant du côté 
gauche. La première colonne, à droite, représentait les deniers 
(en Angleterre les pence), la seconde, les sous (en Angleterre 
les shillings), la troisième, les livres (en Angleterre les poiinds), 
et les autres les sommes vingt ^'\- cent, mille fois, etc. plus 
grandes. 

D'après M. Hall, l'étymologie du mot Échiquier ne viendrait 
pas du mot Indus scaccnrii, mais du mot Indus scaccovuni sive 
latrnncnloruni dérivé de l'allemand schacher, qui signifie , en 
effet, voleur, de schach, tromperie sur la valeur de l'objet repré- 
senté. 

Le mot Échiquier s'était étendu à la chambre même où se 
trouvait la table destinée au Indus compnîoruni ou jeu des jetons. 

Les pièces du jeu des échecs étaient ici remplacées par les 
jetons ou pièces sans valeur ou n'ayant pas cours légal, qui, par 
leurs différentes grandeurs, leurs couleurs variées (laiton, argent 
et quelquefois or) et leurs combinaisons, représentaient les 
espèces réelles entrant dans le trésor ou en sortant, semblables 
aux cavaliers, aux fous, aux tours et aux pions d'un jeu d'échecs. 

I. Cette somme de vingt, et non de dix, s'explique par la valeur de la 
livre, qui équivalait à 20 sous ou à 20 shillings. 



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Les Tailles, 



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Pour bien saisir le détail des explications, il nous faut d'abord 
dire un mot de ces ingénieux moyens employés par nos ancêtres 
pour tenir leur comptabilité, nous voulons parler des tailles dont 
nous retrouvons encore des spécimens 'en usage en France, chez 
les boulangers, même à Paris et dans les environs, où tout le 
monde a pu en voir et en deviner le facile emploi. 

La première quahté des tailles était la faculté de pouvoir 
compter sans savoir lire ni écrire. Il est plus que probable, en 
effet, que tous les collecteurs de ces époques n'étaient pas des 
clercs et qu'il avait fallu nécessairement trouver un mode de 
perception en rapport avec leur degré de culture intellectuelle : 
la taille répondait parfliitement à ce qu'on avait cherché. En 
outre, ces tailles avaient sur le parchemin ou le papier l'avan- 
tage de se conserver plus longtemps sans s'altérer; nous en 
avons la preuve dans la parfaite condition de celles qui sont 
parvenues jusqu'à nous et dans lesquelles les encoches faites 
avec le couteau sont encore aussi fraîches et aussi nettes qu'au 
premier jour, après plus de six cents ans. 

C'étaient les Tailles qui permettaient aux employés de l'échi- 
quier d'établir les comptes des Recettes. 

La Taille se composait d'un morceau de bois, de buis, de 
saule, de coudrier, de fresne ou de tout autre bois dur, façonné 
en parallélipipède aplati, d'environ un centimètre d'épaisseur, 
sur une longueur de 18 à 20 centimètres en moyenne, d'une 
largeur de 3 à 4 centimètres, et pouvant se terminer en pointe 
à une extrémité. C'était, en réalité, une espèce de règle plate, à 
bords plus ou moins parallèles, de 20 centimètres de long, ordi- 
nairement, à cette époque. 

Nous disons ordinairement, parce que dans la suite des siècles, 



LES LOMBARDS. ~ TOME II. 



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44 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LES TAILLES. 



par exemple au commencement du xix'^ siècle, quand elles étaient 
encore en usage en Angleterre, elles s'allongèrent en proportion 
des revenus de la Couronne et finirent par ressembler aux sabres 
de bois des insulaires des îles Fiji. 

Quand la taille était façonnée comme nous venons de le dé- 
crire, sur le quart de la longueur on donnait une incision 
oblique dans la largeur au moyen d'un trait de scie pénétrant 
jusqu'au milieu de l'épaisseur du bois, puis on la sciait en deux, 
dans toute l'épaisseur, en commençant par le côté le plus long ; 
on obtenait ainsi deux morceaux inégaux appelés, l'un, le plus 
grand, le talon ou la souche, mot qui est encore employé en 
comptabilité, et l'autre, le plus petit, la feuille, \c feuillet ou la 
contre-taille. 

Prenons ces deux morceaux réunis, mais sciés, avant leur sépa- 
ration. Une coche ou entaille nettement tranchée dans l'épais- 
seur d'un des côtés longs, que nous appellerons le dos, car il 
était plus épais que l'autre, indiquait la somme principale, soit 
de 1,000 livres (25,000 fr.), soit de 100 livres (2, 500 fr.), etc.; 
sur l'autre bord, sur la tranche, les fractions de la somme (en 
Angleterre les shillings et les pence, en France les sous et les 
deniers) étaient indiquées par des entailles de grandeur diffé- 
rente. 

Ainsi, sur le dos, une encoche large comme la main indiquait 
25,000 fr. (1,000 livres), large comme l'empreinte du pouce, 
2,500 fr. (100 livres), large comme le petit doigt, 500 fr. 
(20 livres), large comme un grain d'orge 25 fr. (i Uvre). Un sou 
(a half-penny) s màiqu^h par un petit trou rond. Sur la tranche on 
taillait les shillings et les pence, ou les sous et les deniers. 

Quand la somme à marquer ne s'élevait pas au-dessus d'une 
livre, ou 25 francs, on marquait les sous et les deniers indiffé- 
remment d'un côté ou de l'autre. 

Lorsque la somme s'élevait au-dessus d'une livre (25 fr.), on 
pouvait encore, au moyen d'une simple incision dans la taille, 
en n'enlevant pas de bois, marquer la moitié de la somme, 
comme on pouvait aussi la marquer tout au long de l'autre côté. 

On pouvait marquer par ce procédé des sommes considérables : 



45 



Sir John Lubbock possède une taille sur laquelle se trouve 
représentée une somme de 24,000 livres (600,000 fr.) avancée 
à la Couronne par la Compagnie des Indes orientales au com- 
mencement de ce siècle-ci. 

Sur les côtés plats étaient inscrits l'objet et la nature de la 
taille, quelquefois le total des sommes marquées. 

Voici une inscription traduite du latin en usage à cette 
époque; on en verra quelques autres plus loin. 

« Thomas Godesire doit à Josey, de Kent, le Juif, 30 shil- 
lings, payables, la moitié à la fête de Saint-Michel de l'an de 
grâce 1229, l'autre moitié à la Saint-Martin suivant, comme il 
est convenu par les présentes. — Garant : Andrew de la porte 
Saint-Michel (Mikelgate). » 

V. Pipe Roll Society s Publications, vol. III. 



Modèles de Tailles anglaises. 



Nous ne connaissons pas malheureusement de tailles fran- 
çaises : elles devaient, selon toute apparence, être semblables à 
celles-ci; mais elles ont été perdues, ou du moins nous n'en 
avons retrouvé aucun exemple. 






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LES LOMBARDS A PARIS. 



M. H. Hall donne du mot Pipe Roll d'ingénieuses étymolo- 
gies : ce nom semble, dit-il, avoir été choisi à cause de la 
ressemblance qui existe entre ces rouleaux épais et un tuyau 
de conduite d'eau, en anglais pipe. On peut encore y voir la 
comparaison du trésor public à un réservoir d'eau d'où toutes 
les sources du revenu s'échapperaient par un conduit principal 
« quasi per ductum (seu pipani) aqu^e.» 

Ces explications ne sont malheureusement pas convaincantes 
pour nous, qui savons que «l'Angleterre, dont la langue même 
ne se dégage que vers le xiv^ siècle», n'a aucun monument 
littéraire ancien à présenter avant Chaucer. 

Le mot « pipe » est français et servait à désigner, à cette 
époque, un petit cylindre creux dans lequel on fixait les signets 
(en anglais ?narkers) des livres reliés. 

Les livres de comptes de ces époques reculées nous donnent 
des détails sur quelques-uns de ces petits objets, offerts en 
cadeaux par le roi ou les princes : ils étaient richement fabri- 
qués en argent ou en vermeil, et quelquefois ornés de pierres 
précieuses à chaque extrémité. 

Il est donc plus que probable qu'avant qu'on ait songé à 
relier les registres, le « Pipe Roll » tirait son nom du cylindre 
en métal creux ou en bois et fendu dans toute sa longueur, dans 
lequel on fixait l'extrémité de ce long rouleau de parchemin, à 
partir du commencement de l'acte ou du rôle, et qu'on serrait 
ensuite en adaptant à chaque bout de ce tuyau un petit mor- 
ceau de bois, de métal ou même un simple lien, pour que le 
parchemin ne pût s'échapper. Ce tube ou cette pipe servait à 
tenir le rôle quand on le lisait et présentait une certaine ana- 
logie avec les bâtons qu'on emploie pour lire les journaux 
aujourd'hui. Le rôle, comme son nom l'indique, s'enroulait 
autour de ce cylindre, et on copiait comme moyen de vérifica- 
tion un contre-rôle, d'où le mot contrôle qui est resté dans la 
langue. 

Ces cylindres, qui ont pu, à la rigueur, être faits en bois, se 
sont détachés à la longue, et comme rien ne les distinuuait 
puisque, se trouvant forcément dans l'intérieur du rouleau, ils 



> » 



MODE D EMPLOI DE L ECHIQUIER. 



49 



ne portaient aucune inscription, on les aura simplement perdus 
ou brûlés. 

M. L. Delisle, Bibl. de f École des Chartes, IP série, t. V 
(1848- 1849), a donné d'après Madox, une description de l'échi- 
quier^ semblable à la nôtre, avec cette différence qu'en Nor- 
mandie la première colonne à partir de la droite représentait 
les deniers; la seconde, les sous; la troisième, les livres; la 
quatrième, 20 livres; la cinquième, 100 liv.; la sixième, 
1,000 liv., etc. 

M. L. Delisle ajoute : 

Nous ne savons si les comptes ne se tenaient pas quelquefois 
à l'échiquier au moyen de tailles; ce procédé était employé à 
Téchiquier de Westminster. On croit en trouver des traces dans 
un passage du rôle normand de 11 80. Au surplus, ce mode 
était très usité, chez nous, pour les comptes particuliers et pour 
ceux de la maison du duc. L'expression « à l'échiquier » du 
temps de Henri II avait remplacé l'expression « aux tailles», 
p. 277. A Caen, au xii^ siècle, les cases de l'échiquier mesu- 
raient un pied de côté — et le tapis était noir. 



Mode d'emploi de TÉchiquier. 

Enfin, voici comment on se servait de l'échiquier : nous 
commencerons par la colonne des sous. Comme la plus grande 
partie des sommes comptées en sous avaient un reste de 4 ou 
de 8 sous, on ne trouve que très rarement marqués 11 sous 
ou moins. . • 

Le nombre 8 était figuré par un triangle de jetons (ou de 
points pour faciliter les explications) et les unités dépassant ce 
chiffre se marquaient par un nombre égal de points 

Comme ceci : 



• • pour 9 






pour 10 



pour II 



II 



50 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Pour compter au-dessous de huit, voici la notation 



Un = 

Deux =z 

Trois = 

ou z= 

Quatre = 

ou =: 

Cinq r= 

Six ziz 



• • 



ou ~ 



m m m 

# # # 

• # 



= unité 
= 1 + 1 

= 2+1 

^2 + 1 

= I + I 4- I -(- I 

— 3 + ^ 

= 3+2 

= 5+5 

=12 + 2 + 2 



Sept = # # # 

• • • 



==3 + 3 + 1 



ou — 



Huit = 



Neuf - 



2 + 5 Le nombre 5 s*exprime 

par un point placé à 
droite et au-dessus de 
la ligne des unités. 

3 + 5 



• • • 



-=4 + 5 



Dix = 



Onze = 



Douze 



Treize 



Qiiatorze 



Quinze 



Seize = 



Dix-sept = 



Dix-huit 



> ' 



MODE D EMPLOI DE L ECHIQ.UIER 



5 + 5 



51 






6+ 5 



2 + 10 Le nombre 10 s'exprime par 
un point placé à gauche et 



au-dessus de la ligne des 
unités. 



# • 



3 + io 



= 4+10 



5 + 10 



# • 



m- 6 + 10 



= 7+10 



3 + 5 + 10 On voit ici combinés le 

chiffre 5, point à droite, 
et le chiffre 10, point à 
gauche, au-dessus de la 
ligne des unités. 



I 



52 



Dix-neuf = 



LES LOMBARDS A PARIS. 



#= 4+5 + 10 



Pour le nombre 20, on marquait un point dans la troisième 
colonne à droite, celle des livres, quand il s'agissait de sous, 
puisque vingt sous forment une livre, comme on aurait marqué 
le nombre douze avec un point dans la seconde colonne à par- 
tir de la droite, celle des sous, s'il s'était agi de deniers, puis- 
que douze deniers font un sou. 



Fonctionnement de TÉchiquier. 

Nous allons, maintenant que nous connaissons la manière de 
marquer, montrer à Pœuvre le Lombard, (appelons-le, si Ton 
veut, marchand, changeur ou trésorier) devant son abaque (ou 
échiquier, le nom importe peu, le principe est le même). 

Supposons notre Lombard installé à la foire de Troyes ou de 
Provins. Il a, dans son sac, la somme de 374 livres, 10 sous, 
6 deniers, et la marque avec ses jetons, sur sa table, dans la 
première rangée horizontale, de la fliçon suivante : 





Centaines 


Vingtaines 


Livres 


Sous 


Deniers 




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A A A 


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A A A 


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• • • 



Livres Sous 

(3 X 100) + (3 X 20) -f (4 -f 10) + (5 -f- 5) -f- 6 deniers 

= 374 1. 10 s. 6 d. 

Il achète 315 livres, 14 sous de drap; 

28 livres de laine; 

12 livres, 18 sous, 2 deniers de vin; 

14 livres, 17 sous, 4 deniers de toile. 
Il les marque avec ses jetons de la façon suivante, dans les 



>j. 



FONCTIONNEMENT DE L ECHiaUIER. 



53 



rangées horizontales qui se trouvent au-dessous de la première 
occupée par la somme qu'il destine à payer ses acquisitions. 



Centaines Vingtaines Livres 



Sous Deniers 





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• • 



315 1. 

14 s. 

28 1. 

12 1. 

18 S. 
2 d. 

14 1. 
17 S. 
4d. 

En additionnant, c'est-à-dire en mettant dans une même case 
les jetons des deniers, il trouve six deniers; en procédant de la 
même façon pour les sous, il réunit 14+18+17 = 49 sous ou 
9 sous + 2 livres; il retire deux jetons représentant 2 livres et 
il ajoute ces 2 livres à J 5 + 8+ 12 + 14, ce qui lui donne 
51 livrâs + 20 + 3oo=: 371 livres. 

Le total est donc 371 livres, 9 sous, 6 deniers ou 





Centaines 


Vingtaines 


Livres 


Sous 


Deniers 




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En soustrayant ce qu'il a dépensé de ce qu'il avait, c'est-à- 
dire 



de 



ôtez 





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il lui reste 



LES LOMBARDS A PARIS. 







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• 


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c^est-à-dire 3 livres, i sou, o denier. 

On saisit facilement, après ces explications, que dans la pra- 
tique naissaient des complications que la grande habitude seule 
permettait aux gens des comptes de débrouiller. Qu on se 
représente en effet le trésorier général entouré de tous les per- 
sonnages officiels, assisté de scribes, de surveillants, devant 
Téchiquier pendant que les receveurs particuliers arrivent armés 
de leurs tailles pour rendre leurs comptes. Les employés du 
trésor, initiés de longue date à ces opérations, tantôt prennent, 
tantôt remettent des jetons dans les différentes cases sur le tapis, 
suivant que le receveur paye ou reçoit. Les jetons s'empilent et 
circulent sur le damier, pareils aux pièces d'un véritable échi- 
quier jusqu'au moment où Taddition générale commence : on 
nettoie le tapis, on empile les jetons dans les sacs, les comptes 
sont terminés^ la balance se solde par un bénéfice ou une perte; 
la partie, gagnée ou perdue, est finie. 

Malgré tout ce que présente d'ingénieux cette manière de 
compter, on a peine à comprendre comment on a pu continuer 
à se servir de cette méthode en Angleterre jusqu'en octobre 
1826, alors qu'un acte du Parlement aboHt les tailles. 

En 1834, le clerc des travaux chargeait des ouvriers de brû- 
ler deux charretées de vieilles tailles hors d'usage. Le travail 
commencé à six heures et demie du matin ne finit qu'à 
cinq heures du soir; mais les tuyaux du calorifère surchauffés 
rougirent et communiquèrent le feu au plancher. L'incendie se 
propageant détruisit la Chambre des Lords. — Revue ethnogra- 
phique, vol. I, 1882. Ces tailles étaient en frêne et en noisetier. 



Les Jetons 



Avant l'introduction en Europe des chiffres improprement 
appelés arabes ^'^, on se servait pour compter de pièces de métal 
nommées jetons (gectouer), ainsi appelées parce que celui qui 
se livrait à quelque opération arithmétique jetait devant lui dans 
les différents compartiments d'une table de compte, les jetons, 

(i) Lconardo Fibonacci, dit Léonard de Pise, voyageur italien, après avoir 
parcouru les Indes et les pays sarrasins et grecs, écrivait, à son retour, son 
Liber Abaci dans lequel il emploie les neuf chiftres arabes et le zéro (1202) et 
en 1220, il y ajoutait sa Pratique de la Géométrie. C'est lui qui, le premier, 
ait employé le mot :^ephirum, — en arabe sijir, nul — dont les Italiens ont fait 
:^efiro, :(euro, et les Français :(éro. (Fibonacci est la contraction de filius Bonacci.) 

Le mot chiffre vient également de l'arabe sifir. 

Les chiffres arabes s'introduisirent en Orient au temps des Croisades, et les 
Arabes eux-mêmes leur donnaient le nom de chiffres indiens. Ces chiffres, 
sans aucun rapport avec les lettres indiennes, étaient connus en Europe avant 
la civilisation arabe. Boèce, ministre de Théodoric, auteur des cinq livres de 
Consolatione phihsophice, décapité en 523, nous a laissé des caractères qu'il 
appelle apices, qui ressemblent beaucoup aux chiffres arabes. On en retrouve 
de semblables dans ÏAhacus de Bernelinus, élève de Gerbert. C'est donc à 
tort qu'on attribue la divulgation de ce système de numération à ce dernier, 
moine français, devenu pape sous le nom de Sylvestre IL (999-1003). 

La Biographie générale, d'après Guillaume de Malmesbury, chroniqueur 
anglais du xiii^ siècle, nous dit qu'il aurait appris les mathématiques des 
savants arabes à Barcelone. Malheureusement, dans les ouvrages de Gerbert, 
tels que le Liber Subtilissimus de Arithmetica, le Traité de la Division, la Géo- 
métrie et même VAhacus, les chiffres arabes ne sont pas employés. Il est même 
plus que probable qu'il n'a jamais été en Espagne. 

L'innovation la plus importante du xiii^ siècle nous paraît être l'emploi 
du ■{éro, qui ne se trouve indiqué ni dans Boèce, ni dans Gerbert, ni dans 
Bernelinus. Ce serait à un Arabe^ Mohammed-ben-Mousa, né dans la pro- 
vince de Kharisme, en Asie, d'où son surnom de VAlkharisvii, que reviendrait 
la découverte de ce système. C'est à lui que le moyen âge aurait emprunté 



i 



5é 



LES LOMBARDS A PARIS. 



qui suivant la place qu'ils occupaient, désignaient les unités, les 
dizaines, les centaines, etc. 

Cet usage de compter avec des jetons subsista longtemps en 
France concurremment avec Pemploi des chiffres arabes. La 
première scène du Malade imaginaire nous représente ce per- 
sonnage usant de ce procédé de calcul. 

les mots aJgorithmisme et aîgorithmistes pour désigner la numération dite arabe 
et ceux qui en faisaient usage (0. 

La Rubrica CI dello Stalulo delV Arte del Cavihio (Archivio délie Riforma- 
gioni di Firenze) écrite vers 1299, défend aux marchands de tenir leurs livres 
in ahbaco, et leur impose l'emploi des lettres romaines ou le nombre écrit en 
toutes lettres(2). 

Les Chinois qui se servent encore aujourd'hui de l'abaque vertical , ana- 
logue à celui des Grecs, des Romains et des changeurs du moyen âge, arri- 
vent au moyen de leurs billes mobiles sur une tringle de fer, à calculer avec 
une rapidité qui défie toute concurrence. Seulement leur plus grand nombre 
est forcément limité, comme ceux des Grecs et des Romains, en pratique, 
tandis que le zéro permit d'exprmier des quantités presque infinies. 

On s'expRque alors pourquoi les mathématiciens de cette époque ont presque 
tous rédigé des Traités sur rAbacus; c'étaient les Barèmes ou Comptes faits de 
ce temps(3). Ainsi Odon, abbé de Cluny, x^ siècle; Gerbert d'Aurillac (Syl- 
vestre II, 1003) ; Jean de Garlande, XP siècle; Raoul de Laon, xiii^ siècle; et 
tous les mathématiciens étrangers qui vivaient alors et dont nous avons les 
ouvrages, ont laissé des traités de abaco. 

Mais comme le fait très judicieusement observer Peruzzi, c soit par la force 

(i) Cf. Rambaud^ a. Histoire de la civilisation française. Paris, 1885, in-8°. Tome I". 
Voici, d'après cet ouvrage, les apices de Boèce. 



ISS %*</ b/\ Scxr 



et ceux de Bernelinus, 



pp. 197, 198. 



(2) Archivio storico italiano, Firenze, 1846, in-8°, p. 528. Volume de Y Appendice. 

(3) Voici le titre d'un de ces traités du xvi^ siècle, qui fera parfaitement saisir ce que 
renfermaient ces ouvrages : « Libro de abbaco che insegna a fare ogni ragione merca. 
dantile, et pertegare le terre con l'arte de la geometria et altre nobilissime raggioni 
straordinarie, con tariffa corne respondeno gli pesi, et monede de moite terre del mondo 
con la inclita città di Vinegia. El quai libro si chiama Thesoro universale. Milano. » 
1570, in-8°. (Catalogue de la vente de la Biblioth. du prince Borghèse. Rome, 1893.) 



LES JETONS. 



57 



Dans le cours du xviii^ siècle, le jeton perdit son usage pri- 
mitif, et tout en conservant sa forme et son aspect, devint soit 
une petite médaille, soit une marque de rétribution déguisée 
sous le nom de jeton de présence. 

Au xiii^ siècle, il fallait encore convertir, dans les opérations, 
les deniers (12) en sous, et les sous (20) en livres. Les per- 
sonnes qui ont eu occasion de se servir des mesures de lon- 
gueur anglaises ou américaines, savent qu'il faut encore con- 
vertir les lignes (8) en pouces, les pouces (12) en pieds, et les 
pieds (3) en toises, et combien ces opérations sont difficiles 
quand on n'en a pas une grande habitude. 

On peut se figurer quelles complications rencontraient à 
Paris, par exemple, les marchands drapiers^ dont les marchan- 
dises se mesuraient à Faune de Paris, qui était de 3 pieds, 
7 pouces, 10 lignes, quand il leur fallait vendre un quartier (le 
quart d'une aune), à 7 livres 10 sous 4 deniers l'aune ! 

Ajoutons que l'aune différait pour les merciers, et de plus 
changeait avec les localités. 

Le pied, lui-même, avait quelquefois 10 pouces au lieu de 
12, et l'écart entre le pied royal (o'"32484) et le pied usité 
dans certaines villes, était de près d'un quart ! ^ 

Du reste, dans la plupart des livres de comptes que nous avons 
consultés, dans les livres des tailles, par exemple, les erreurs 
involontaires de calcul sont très fréquentes. Avant l'invention 
du système décimal ou du :(cro qui, ajouté à la droite du chiffre 
lui donne une valeur dix fois plus grande, il était impossible de 



de l'usage et de la routine, soit par la peur d'être trompé avec l'emploi de la 
nouvelle méthode, le public se montra rebelle à cette innovation : ce n'est 
qu'à la fin du xiiF siècle que l'usage des chiffres arabes se généralisait et 
encore trouve-t-on parmi eux des lettres romaines. » 

C'est évidemment les mêmes causes qui ont fait que l'emploi de l'abaque 
ait subsisté si longtemps qu'on en trouve encore sur des jetons du xvie et 
même du xvn^' siècle, jusque dans les comédies de MoHère. 

Ne vend-on pas encore à Paris, des marchandises à l'aune, et n'entcnd-on 
pas crier dans les rues des denrées à six liards la botte, en 1893, le cresson 
et le mouron, par exemple? 



58 



LES LOMBARDS A PARIS. 



compter sans avoir recours à ce que nous appellerons des 
moyens artificiels. Les Grecs et les Romains qui employaient 
les lettres de leur alphabet comme représentation numérique, se 
servaient de Yahaquc horizontal qui était tantôt un cadre analogue 
aux bouliers-compteurs en usage pour marquer les points au 
billard^ tantôt une table sur laquelle étaient tracées des lignes 
formant des compartiments dans lesquels de petits cailloux {cal- 
culi chez les Latins, d'où le mot calcul) ou des jetons pre- 
naient, suivant leur position, des valeurs différentes <'^ 

(i) Calculus. Cf. JuvÉNAL, Satire IX, 49 : 

... Ponatur calculus, adsint 
Cum tabula pueri. Numera sestertia quinque 
Omnibus in rébus. 

Et Satire XI, 132 : 

... Adeo nulla uncia nobis 
Est eboris, nec tessellas nec calculus ex hac 
Materia.. . 

Pétrone dans le Satyricon, cap. xxxiii : 

ExcoL. aSequebatur puer cum tabula tcrebinthina et crystallinis tesseris : 
notavique rem omnium delicatissimam. Pro calculis enim albis ac nigris, au- 
reos argenteosque habebat [Trimalchio] denarios. » 

Et cap. Lxxx : 

Calculus in tabula mobile ducit opus. 

Voir encore J. Poi.lux, Onomast., lib. IX; — Ovide, De Arte amat., 
lib. II, vers 208-209, — Martial, lib. XIV, ep. 2oet ep. 17, etc., etc. 

La Bibliothèque de l'École des Chartes, t. IV, an. 1842-43, p. 382 a publié 
1' «Explication des traités de l'Abacus et particulièrement du traité de Ger- 
bert,» par M. Chasles. On voit dans cet article que Boèce attribuait l'inven- 
tion de l'Abacus à des disciples de Pythagore. M. Chasles affirme en outre 
que le principe de la valeur de la position des chiffres était parfliitement connu 
en France dès le xe siècle. A Rome même, au v^ siècle, on connaissait non 
seulement les chiffres mais la valeur de position. 




Jeton allemand, xyii* sitcle. 






Les Jetons des Lombards. 



(Tessere.) 



On trouve fréquemment dans les collections numismatiques 
des petites p.ecettes rondes de laiton ou de cuivre, assez sem- 
blables aux monnaies, avec cette différence qu'au lieu de lettres 
en exergue elles portem des petits globes, des besants. Les Ita- 
liens les appellent des tessere; en français nous disons des 
« letons ». Il est assez difficile d'assigner une époque exacte à la 
rappe de ces jetons, mais nous croyons qu'on peut, sans courir 
le risque de faire une grosse erreur, affirmer qu'ils ne som pas 
antérieurs au xiii' siècle, ni postérieurs au xv=. 

Ces jetons portent les marques des compagnies de marchands 
qu 11 est très difficile d'interpréter aujourd'hui. Ils sont très 
communs et on en trouve en grande quantité, particulièrement 
sur les emplacements des anciennes boutiques (fondacM). Il n'y 
a pas de collectionneur de monnaies du moyen âge à qui il n'en 
soit passé par les mains. Le procédé forcément employé pour 
les obtenir, le peu de valeur du métal qui entre dans leur com- 
position sont autant de raisons qui nous font supposer qu'ils 
étaient^ d'un usage assez courant. Il résulte de leur examen 
qu'il n'était pas besoin de les frapper avec un coin, mais qu'on 
se servait de poinçons dont les uns faisaient les rosettes et les 
besants, les autres les cercles et les grenetis, ce qui explique leur 
grande variété; ceux qui sont frappés sur un seul modèle forment 
1 exception. 

Il n'est pas rare de trouver les mêmes signes sur la face et le 

tES LOMBARDS, — TOME II. 



éo 



LES LOMBARDS A PARIS. 



revers, comme il arrive également que le même signe soit répété 
sur plusieurs jetons (côté face) avec des revers différents, mais 
quelle que soit la variété des inscriptions que portent les jetons, 
elles conservent une certaine uniformité dans le type qui fait 
qu'on reconnaît facilement que ces pièces étaient toutes desti- 
nées au même usage. 

Leur grande ressemblance avec les monnaies a poussé quel- 
ques anciens auteurs à les publier comme telles, jusqu'à ce que 
le chanoine Reginaldo Selleri et Domenico Maria Manni soup- 
çonnèrent enfin que ces pièces n'avaient rien de commun avec 
les monnaies,* mais qu'elles devaient avoir servi, soit comme 
jetons de présence à des soldats pour des montres, soit comme 
marques employées par des marchands pour leurs affaires ou 
comme des jetons pour marquer aux jeux ou pour d'autres 
usages analogues. Manni, s'appuyant sur les écrits du Siennois 
Girolalmo Gigli, prétend que ces jetons étaient exclusivement 
réservés aux employés de l'Université ou de l'Art de la Laine. 
Le Corn. S. L. Peruzzi dans la Storia del Commercio e dei Ban- 
chieri di Firenie s'exprime ainsi : « Je répète que les facteurs et 
les agents des compagnies des marchands de Florence por- 
taient toujours avec eux un jeton avec les marques ou les 
armes des familles auxquelles ils appartenaient et qu'ils pou- 
vaient montrer aux correspondants de ces maisons pour se 
faire reconnaître et inspirer ainsi une confiance parfaite. » 
Le chevalier Domenico Urbani dans ses Signes des anciens 
papetiers, dit que certains jetons reproduisent les mêmes dessins 
que les filigranes qu'on trouve dans des papiers et que ces 
jetons, suivant toute apparence, ont dû servir aux papetiers qui 
les fabriquaient. 

Le signe représenté était, selon lui, celui qu'adoptait la com- 
pagnie à sa formation et qu'elle abandonnait lors de sa liquida- 
tion ou de sa dissolution. 

Ce signe, souvent peint sur l'enseigne de la boutique, était 
apposé sur les marchandises qui sortaient de la maison comme 
garantie pour Tacheteur. 

Voici une lettre qui confirmerait le fait : 



M 
(( 
(( 

(( 
« 



LES JETONS DES LOMBARDS. 



6i 



u A l'honorable X..., salut, etc. 

« Je viens vous prier de vouloir bien me faire faire une en- 
seigne pour mon auberge, par votre compère, le maître charpen- 
tier, en face la maison de Conte Luti. Qu'elle soit en bon bois, 
bien sec, d'une longueur d'une aune un tiers, comme il con- 
viendra le mieux, et d'une aune de largeur. Faites-y peindre un 
Saint Antoine avec deux armoiries (armicelle — armoiries de 
peu de valeur) l'une la hal^ana(^) et l'autre les armes du car- 
dinal de Sienne, et en dessous les miennes, c'est-à-dire les armes 
des Rufialdi, avec la marque de la boutique qui est comme 



ceci 




« Faites cela au meilleur marché possible ; que l'enseigne soit 
finie au printemps pour la fête. Donnez cette forme T T aux 

attaches et faites placer les ferrures pour la suspendre suivant 
cette indication. » 

Le i^ juillet 1490. 

• Pavolo d'Antoniuccio, 

Votre dévoué en Saint-Q.uirico. 
A l'honorable Giovanni Ghelaccini, mercier à Sienne, sur la place, 
(Archives de Sienne.) 

Qu'il nous soit permis au milieu de cette variété d'opinions 
d'exposer la nôtre. 

D'abord, nous doutons fortement que ces jetons aient servi 
de marques de reconnaissance pour les agents des Compagnies, 
parce que dans les anciens statuts de ces arts où tout était minu- 
tieusement prévu, il n'est jamais fait mention des fraudes qu'on 
aurait pu commettre au moyen de ces jetons. 

Les Statuts de la Marchandise de la ville de Sienne, en vigueur 

(i) Balsana, mot italien pour désigner l'écu coupé, c'est-à-dire séparé en 
deux parties égales par un trait horizontal, avec un émail dans la partie supé- 
rieure et un autre dans la partie inférieure. Ce mot était particulièrement 
appliqué, à Sienne, aux armes de la ville. 



< 



62 



LES LOMBARDS A PARIS. 



LES JETONS DES LOMBARDS. 



63 



au xiv= et au xv^ siècles, existent et renferment les règlements 
applicables aux marques de fabrique et les punitions infligées 
aux contrefacteurs et aux marchands qui n'observaient pas les 
règlements sans faire aucune allusion à ces jetons. 

Pour nous, ces jetons sont des quartemoli et servaient unique- 
ment à calculer. La nécessité de l'emploi de ces jetons s'impose 
d'elle-même quand on réfléchit, comme nous le disions plus 
haut, à l'ignorance dans laquelle on était alors du système dé- 
cimal, à la manière dont se tenaient les livres de compte à ces 
époques, à la façon naïve de la comptabilité commerciale et à 
la difficulté des opérations les plus simples de l'arithmétique, 
rendue plus grande par l'usage obligé qu'on faisait des chifl"res 
romains, c'est-à-dire des lettres de l'alphabet. 

Les basants qui se trouvent sur les jetons. 

Nous allons essayer d'expliquer ces singuliers petits orne- 
ments qu'on trouve sur presque tous les jetons que nous pubHons 
et qui ne sont que rarement remplacés par des rosettes ou 
d'autres grenetis; généralement, ils sont ronds et représentent, à 
notre avis, des besants. Cest en étudiant les jetons employés, 
à l'origine, en Angleterre, que nous nous sommes formé notre 
opinion. 

Les Jetons en Angleterre. 

En Angleterre les jetons étaient primitivement des pièces de 
monnaie différentes de la monnaie courante, et comme dimen- 
sions, et comme apparence. Dans les temps reculés on se ser- 
vait de hesanîs, ou de sous (soUdi) dépréciés et n'ayant pas 
cours, de l'empire d'Orient, de Byzance. Ces besants (en 
anglais byiantines) que nous retrouvons autour des jetons des 
Lombards, provenaient des amendes payées par les marchands 
étrangers, principalement itahens, et étaient employés comme 
jetons pour compter : quand on en avait un trop grand nombre, 



on en envoyait une partie à la fonte. Leur valeur intrinsèque, 
au commencement du xiii^ siècle, était de i shilling 9 pence 
sterling (2 fr. 15 environ). Outre ces jetons en argent on utili- 
sait également un jeton en or, appelé obolus, qui pesait 12 grains 
et valait 4 francs (un demi-noble). Au xn^ siècle il y avait des 
oboles d'or (valant 250 fr.) et d'argent (valant 12 fr. 50). Au 
commencement du xiv" siècle on se servait comme jetons de 
pièces d'argent vénitiennes valant environ i fr. 50, parce qu'elles 
étaient plus larges et plus épaisses. 

On voit que tous ces jetons étaient des pièces lombardes. 
En France, on se servit également de jetons en or, en argent, 
en cuivre et en laiton, mais les premiers étaient réservés aux 
rois et aux princes du sang. (Cf. de Laborde, Glossaire.) Ceux 
des Lombards que nous publions sont tous en cuivre ou en 
laiton. 





Jeton allemand, xvii" siècle. 

Note sur les Jetons. 

Dans la plupart des livres de comptes on trouve la mention 
d'achat de jetons. En voici plusieurs : 

1380. Décembre. ... un cent de gestouers 4 s. p. pour gester 
et enregistrer les parties dudit office. 

1381. 30 Juin. ... un cent de gestouers 4 s. p. pour gister, 
enregistrer et transcripre les parties dudit office. 

1381. 20 Novembre. ... 300 gettouers et 3 chandelHers de 
cuivre 20 s. p. (Douet d'Arcq., Comptes de l'hôtel.} 
Chaque jeton revenait donc à environ 2 deniers. 
Vers 1406. A Jehan Tarenne, changeur et bourgois de Paris, 



64 



LES LOMBARDS A PARIS. 



mil XIII 1. t. en quoy mondit S. lui estoit tenu pour les causes 
et parties qui s'ensuivent : 

Et premièrement, pour 120 gettouers d'or fin aux armes de 
mondit seigneur à la devise d'un ours, pesans deux mars d'or 

fin. 135 frans. 

Item, pour deux cens gettouers d'argent compris en ce les 
fers à les forger. 33 frans 6 s. t. (Comptes du duc de Berry, 
Collection de Bastard, 3645^'^ fr. Nouv. acq. B. N.) 

(( A la Chambre des Comptes les conseillers ou auditeurs 
munis d'une bourse de jetons suivaient la lecture faite à haute 
voix, des comptes qu'ils devaient vérifier et ils marquaient les 
sommes en jetant devant eux des jetouers qui avaient une valeur 
déterminée suivant l'ordre où on les rangeait. Ensuite, ils deje- 
taient, c'est-à-dire ils faisaient l'addition.» (Bibliothèque de l'École 
des Chartes, sept. 1846 — août 1847.) 

Dans les livres de Biccherna, magistrat chargé de l'administra- 
tion de la RépubHque de Sienne (Itahe), on trouve souvent des 
notes analogues. 

13 15. I liv. 15 s. à Vanni Jacomi, orfèvre, pour 20 sous de 
jetons pour la commune de Sienne. 

1327.25 Septembre. A Giovanni, charcutier, pour 5 sous de 
jetons. 6 sous 8 d. 

1345. A Jacques Bonoctario, pour 14 sous de jetons pour 
Biccherna et pour 2 boîtes i 1. 7 s. 

1376. 4 Mars. A Nicolas de Nerino, mercier, pour une paire 
de ciseaux, des jetons et une écritoire. 5 1. 12 s. 

Lorsque les jetons étaient neufs, ils pouvaient, entre cer- 
taines mains , passer pour des pièces de monnaie d'or : 

« Et afin que de ce se volsist chargier, '^ Jehan Héraut i dist à 
elle [Alips la Pichoisej qu'il parle qui lui donroit trois escuz 
d'or. Et, de fait, lui bailla trois pièces que elle cuidoit estre escuz, 
et cuida estre telx plus d'un jour après ce qu'il les lui ot baillées, 
et lesquelx m pièces n'estoient que comptoirs, sy comme elle qui 



JETONS DES LOMBARDS. 



65 



parle vit et appercut.... (Duplès-Agier, Registre du Châtelet, 
t. I, p. 477.) 



Légendes des Jetons. 

II serait trop long d'énumérer toutes les légendes qu'on ren- 
contre sur les jetons. En général elles se rapportent toutes à 
remploi qu'on en faisait : 

« Pour bien jeter et dejister, fault bien entendre et point parler. 

— Cet es et entendes au compte et vous gardés de mécompte, etc., etc. » 
Les jetons des Lombards ne portent aucune légende. 

Voir pour les vols aux jetons : Revue belge de numismatique, Bruxelles, 
1884, p. 427-432, l'article de M. Jules Rouyer qui cite : Histoire litté- 
raire de la France, t. XXVI, pp. 335 et sqq.— Mélanges de numismatique, 
1875, p. 250. Article de M. A. de Barthélémy. — A. Longxon, Paris 
pendant la domination anglaise, p. 312. — Pantagruel, liv. Il, ch. xx. 

— CoauiLLART, t. II, p. 291. Édition elzévirienne. — Revue de numis- 
matique, 1858, p. 413-424, pi. xix, fig. 5 et 6. Article de M. le mar- 
quis de Lagoy. 

Pour les jetons, voir : 

J. DE FoNTENAY, Histoîre du Jeton; 

Rouyer et Hucher, Histoire du Jeton; 

D' Alfred Nagl, Die Rechenpfennige und die operative arithmetik. — 
Numismatische Zeitschrift. Wien, 1887, in-8°. 

DE Laborde, Glossaire : « Le duc de Bourgogne jecte en jects d'or 
et les autres en jects d'argent w, p. 329. 

J. DE FoNTENAY, Fragments d'histoire métallique, dans les Mémoires 
de la Société Ëduenne, 1845. Autun, Paris. PI. ix, fig. i('). 

(i) M. de Fontenay publie dans cet article un sceau portant un écu aux 
armes de Bourgogne, avec encadrement cantonné des lettres C H AOV R CI 
du xv-^ siècle, qu'il voudrait attribuer aux Caorsins établis en prévôté à 
Bagneux les Juifs. (L'inscription en exergue est Sigilhim preposihire Chaourcie.) 
Ce lieu est, avance-t-il, le dernier que les Lombards occupèrent en France : 
ils en furent chassés en 1431. {Mémoires de la Sociélé Éduenne, p. 196.) Nous 
croyons qu'il y a là une erreur; au xv^ siècle, nous ne rencontrons que très 



66 



LES LOMBARDS A PARIS. 



'i 



Pour l'abaque de poche conservé au Cabinet des Médailles, voir 
Cabinet de 5'* Geneviève, par le P. Molinet, 1692. — Sur l'abaque 
chinois, Cf. Léon Rodet, Le Souan-pan des Chinois et la banque des 
Argentiers. Bulletin de la Société mathématique de France, t. Mil, 1880. 
— A. VissiÈRE, Recherches sur l'origine de l'abaque chinois et sur sa déri- 
vation des anciennes fiches à calcul, dans le Bulletin de géographie histo- 
rique et descriptive. Paris, 1892, n° i. 

rarement la mention dez Caoïirsins et jamais le mot Chaource n'est employé 
pour Cahors. 

M. de Fontenay publie également l'acte suivant, concernant alors les Caour- 
sins, tiré du Testament d'Helisabeth de Repos (commune d'Auxy) : 

1262. Mercredi après la quinzaine de la Pentecôte. — Item Caorsinis de 
Edua septuaginta solidos divionenses de quibus ipsi tenent titulo pignoris 
obligata, unum coopertorium de viridi panno et de escurellis et duos annulos 
aureos. 

Payez aux Caoursins d'Autun 70 sols dijonnais pour lesquels ils tiennent 
en gage un manteau ou couverture de drap vert, bordé de peaux d'écureuil 
et deux anneaux d'or. (P. 197.) 





Face : Table à compter au moyen de jetouers : Macht gvete rechtlichkeit. 

Revers : Zeitlich Wollgerait. 

Légende en vieil allemand : « La loyauté fait la supériorité. » 

Carré mtgique : La somme des trois chiffres sur une même ligne donne ij. 



JETONS DES LOMBARDS. 



67 



Jetons en Angleterre. 



Thomas Snelling, dans A view of the origin, nature, and use 
of jetions or counters especially those commonly known hy the name 
of Black Money and Ahbey pièces. London 1769 (2^ partie de Ni. 70 
B. N.). offre environ une quinzaine de jetons analogues aux 
nôtres. PI. i. 

Nous croyons reconnaître parmi eux des jetons royaux ou 
plus probablement des jetons des Bardi portant les 3 léopards 
(5 variétés). 

Dans le travail de M. Rouyer Qoc. cit.), le jeton n" 138, 
portant d'un côté, l'écu à 3 fleurs de lis entouré de globules 
(petits besants) et de l'autre, un écu renfermant 3 léopards, 
est-il un jeton des Bardi comme les 137 ? 
^ M. Rouyer en publie deux, n°^ 143-14^, portant au droit, 
l'aigle de Pise sur un torsello, et sur le revers (143) la fleur de 
lis de Florence, (146) un écu en forme de raquette surmonté 
d'une croix portant une crosse en pal entre 2 points, grenetis 
de rosettes. 




Sceau des Lombards florentins établis à Bruges. 

B. N. Cabinet des Médailles, 



t 



n 



68 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Nous publions la pièce suivante, que nous devons à Tobli- 
geance de M. Delaborde, qui a bien voulu la relever pour nous 
dans les cartons des Archives Nationales. Cette pièce est, 
croyons-nous, excessivement curieuse, bien que le Lombard dont 
il s'agit nous soit à peu près inconnu. Ce jeton était-il en lai- 
ton, en argent, en or? Nous ne saurions nous prononcer. Quoi 
qu'il en soit, cette pièce, qui n'était destinée qu'à établir une 
question de juridiction, avait sa place marquée dans un travail 
comme le nôtre, c'est pourquoi nous ne pouvons trop savoir 
gré à Térudit distingué qui nous l'a fait connaître. 



Jeton de Mouche Bezainnes. 

1366. 24 novembre. 

A touz ceux qui ces lettres verront, Pierre Hardi, conseiller 
du Roy, nostre sire, et garde du bailliage de Meleun, salut. 
Comme ja pieca à la requeste de Jehan de la Chapelle, procu- 
reur du Roy, nostre dit seigneur, à Meleun, la main d'iceli sei- 
gneur eust esté mise en un geton de Mouche Bezainnes ^'\ 
qui avait esté trouvé d'espave en un arbre estant à Panfo, ou 
carrefour devant l'ostel Guillot Godino comme espave au Roy, 
nostre sire, si comme ledit procureur disoit ; contre laquelle 
main mise les religieux, abbé et couvent de Saint-Magloire de 
Paris ou leur procureur pour euls se feussent opposez, disans 
ledit geton a eulx appartenir comme haus justiciers au lieu, si 
comme il disoit, et nous eussent requis l'empeschement estre 
osté à leur profit ; otfrans de nous informer de leur droit sur 
ce, et pour ce assavoir sommièrement et de plain la vérité de 
ce que dit est certaine informacion ait esté faicte de nostre 
commandement par nostre lieutenant et par ledit procureur, sur 
laquelle les parties se feussent appointées a droit mesmement 



(i) 1299, en la bufeterif : Pierre Bazanes, lombart : 11 1. 10 s.; 1300, 
même lieu, même nom, même taille, A. N., Livre des Tailles. 



I 



JETONS DES LOMBARDS. 



69 



assavoir se ledit procureur avait cause de contendre ou non 
•pour le Roy nostre sire. Savoir faisons que veue ladite infor- 
macion, la depposition des tesmoins dedens contenuz, la teneur 
des lettres mises en forme de preuves par lesdiz religieux et 
tout ce qui fait a veoir et considérer; eu sur ce conseil aus sages, 
nous disons que ledit procureur du Roy, nostre sire, n'a pas 
cause de contendre pour iceli seigneur pour cause dudit geton 
contre les diz religieux ; et pour ce l'empeschement mis en iceli 
geton levons et ostons a leur profit. Ce fut fait et prononcié 
par nous et donné sous le seel de Jehan Cossart, nostre Heu- 
tenant, le xxiiii'^^"^'-' jour de novembre, l'an MCCCLXVI. 

■ (Signé :) J. Marie. 

(A. N. L. 451. Dossier Panfou [S.-et-Marne].) 
[anciennement : L 610. no 5.] 



Androclès. 

Un des jetons les plus curieux de la collection que nous pu- 
blions est certainement celui-ci, dont le sujet se trouve si sou- 
vent reproduit sur des faces avec des revers différents : il repré- 
sente Androclès et son lion. 




Dans un article intitulé : « Les premières médailles du Moyen 
âge » : Quali sono le prime medaglie del medio-evo ? Memoria del 
doit. JhHus Friedlaender, publié dans le Periodico di imniismatica 
e sfra(jistica per ht sîoria d'IlaJia, ann. 1868, ksc. i, p. 141-155, 
nous rencontrons cette pièce en bronze, portant sur la face, 
Androclès, la main posée sur la tête d'un lion avec cette lé- 



70 



LES LOMBARDS A PARIS. 



gende : leonis umilitas, et sur le revers, une Justice assise, 
Justicia, le C ouvert à gauche : D. Voici comment s'exprime 
le savant conservateur du Cabinet des Médailles de Berlin : 
« Ce jeton, fessera, est remarquable à cause du sujet antique, de 
la grandeur et du style, et de la forme des lettres. Il est pro- 
bablement du commencement du xv*^ siècle. Faut-il l'attribuer 
à Alexandre Sexto (vers 141 7) intaiator en moneta, ou à ses 
parents, les frères Laurent et Marcus, fils de Bernard Sexto, 
tous iniajatores feramentonim monete, 1391?» 

L'article est écrit en italien. 

Ce n'est qu'avec une certaine hésitation que nous nous per- 
mettrons de donner notre avis après la description du célèbre 
professeur. Nous croyons qu'on peut voir, d'après les spécimens 
publiés par nous, que ce sujet était connu avant la fin du 
xiv^ siècle, et que par conséquent la reproduction du même 
sujet, toujours identique, était commune sur les jetons des 
marchands italiens antérieurement à la date fixée par le savant 
docteur allemand. 



JETONS DES LOMBARDS. 



Description des Jetons. 



71 



Nota. — Les lettres F. et R. signifient Face et Revers, 








61-62 



Différents 

de monnaies 

florentines, 

avec les noms des 

personnages 

qui les ont fait 

frapper : 



Florin or. 
1389. 



Or. Nicolo di Serragli. Jean de Médicis. 

1393- 1412. 1406. 



Davanzati. Andréa de' Pazzi. 



1373 

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1430. 



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1406. 



Cosme de Médicis. 



Différents de monnaies siennoises. 
On retrouve sur les jetons des figures 



analogues. 



72 



LES LOMBARDS A PARIS. 



JETONS DES LOMBARDS. 



73 




64 — F. et R. 

David. 




65 — F. et R, 

Richard 
et Dancoisne. 




66 — F. et R. 
Richard. 
M. Mazerolle a 
le même, mais sur 
le revers le crois- 
sant est à gauche 
et le soleil à droite. 




Ù 



^ 



Ce type [de la croix à 
double branche flanquée d'un 
côté du soleil, et de l'autre 
de la lune en croissant, que 
l'on rencontre si fréquem- 
ment avec des variantes sur les jetons,] est 
commun à tous les sceaux de plomb con- 
nus des évoques d'Acre. (Schlumberger, 
Revue numismatique, 1888, p. 469.) Il se 
retrouve, en effet, avec cette légende : Hoc 
si^num crucis erit in cœlo autour des sceaux 
de Thibaud, d'Acre, évèque; de Jacques, 
d'Acre, évèque, etc. (Séb. Paoli, Codice 
dipkvnatico del sacro mililare ordiiie gerosoli- 
miîano. Lucca, 1734, 2 vol.) 





67 — F. et R. 
Richard. 



68 — F. et R. 

Richard. 



69 — F. et i?. 
Richard et Dancoisne. 



M. L. Dancoisne dans sa Numis- 
matique béthuuoise, Arras, 1859, in-8°^ 



I 




attribue les jetons ainsi marqués, 
dont il puMie trois variétés, à l'église 
Saint-Barthélémy, de Béthune. 



70 — F. et R. 
Richard et Dancoisne. 





On retrouve sur ce jeton le 
même monogramme sur la face ; 
sur le revers un P (Pise ?) 



71 — Cabinet des Médailles. 





72 -— F. et R. 
Mazerolle. 



Ce jeton est très com- 
mun. A notre avis il porte 
les armes des Franzesi. Ce 
sont les armes des fameux 
lombards Biche et Mou- 
che. Il ne nous semble 
pas invraisemblable , en 
connaissant le rôle consi- 
dérable joué par ces personnages, que leurs 
jetons, ou même des imitations de ces jetons, 
se retrouvent aujourd'hui assez fréquem- 
ment. 



Armes des Franzesi. 

Église de San Donato. 

Paie de gueules et d'argent 

à la fasce d'or. 




H 




Imitation du précédent. 



73 — F, et R. Cab. des Méd. 



ii 



74 



LES LOMBARDS A PARIS. 




Imitation du précédent. 



74 — Richard, Feuardent. 




Variante. Le revers porte une 



aigle (Pise ?) 



75 — Richard. 




76 — F. et R. 
Richard. 




77 — F. et R. 

Richard. 




78 — F. et R, 
Richard. 



Monogrammatique . 



M. Dancoisne, Ioc. cit., a pubUé un jeton 
analogue, mais le revers porte un mono- 
gramme 

Ce sont les besants de l'entourage qui 
nous confirment dans l'attribution que nous 
faisons de ces jetons à des Lombards, pro- 
bablement établis à Béthune ? 



i 



Ici la croix qui surmonte le B est sup- 
primée. 



JETONS DES LOMBARDS. 



7S 




La croix est placée transversalement et le 
B est accompagné d'une autre lettre. 



79 — F- et R. 

Richard. 




La face porte un écu cru- 
cifère, le revers présente éga- 
lement une croix. 



80 — Mazerolle. 




81 — Mazerolle. 




Periodico di numismatica. 





F. et R. David. 



LES LOMBARDS. — TOME II. 



La face porte ici le même 
support qu'on retrouve sur 
les sceaux des Florentins pu- 
bliés à la fin de cet ouvrage. 



Jeton attribué par 

M.Al.LisiniàBiccher- 
na de Sienne, qu'il dé- 
finit ainsi : « Le B des 
quatre provéditeurs en- 
touré de deux cercles 
surmontés d'une croix. 
Revers : petit lion ram- 
pant. » C'est le lion de 
Sienne. 

La face porte le lion de 
S' Marc ; le revers, des 
clefs en sautoir. Nous 
ferons remarquer que 
le lion nimbé compte 
avec des jetons sur une 
table, et qu'il ne s'agit 
pas ici de Y Évangile. 



76 



LES LOMBARDS A PARIS. 





Face : lion de S* Marc 
comptant ; revers : globe 
crucifère, avec croix à dou- 
ble branche. 



84 — F. et R. David. 




8 



Monnaie d'or de Pise : 

Fr[edericns] imper ator. L'aigle 
repose sur une espèce de 
chapiteau. Nous publions 
ce spécimen à cause de 
l'aigle. 




.fc 



v< 






i^^.y 







Face : aigle posée sur un 

\l^^t^>/'^^^^ Marc comptant. Faut-il attri- 
v-?i2^=*^^-;.v,^ \y buer ce jeton a Pise, a 

Venise ? 



Mazerolle. 



Face : aigle posée sur un 
torsello; revers : un écu char- 
gé d'une échelle. M. Rouyer, 
Histoire du jeton ^ attribue ce 
jeton à une famille délia 
Scala de Vérone, n° 145. 
Nous pourrions l'attribuer 
aux Scali, tout aussi bien. 



HH 




— David. 





Face : aigle posée sur un 
torsello ; revers : une clef en 
pal. 



— David. 



i 



JETONS DES LOMBARDS. 



77 




— David. 




90 — Richard. 





91 ~ Richard. 




^r^^m 



92 — F. et R. Maxe-Werly. 





93 — Mazerolle. 



Face : aigle; revers : écu 
semé de fleurs de lis. Les 
besants sont ici remplacés 
par des rosettes. 



Face : aigle; revers : écu 
illisible, rosettes en grene- 
tis. 



Face : aigle posée sur un 
torsello; revers : globe qua- 
drillé, crucifère. Les secteurs 
I et 3 portent un annelet. 



Aigle. 



Nous hsons ainsi ce je- 
ton : face : griffon de Gênes; 
revers : coq. Voir les armes 
de Gènes, page 10. 



78 



LES LOMBARDS A PARIS. 





94-95 — Richard. 





96 — Cab. des Méd. et Richard, 





97 — Cab. des Mèd. 




>-H 




Cab. des Méd. 




99 — F. et R. David. 



Face : P. Pise ? revers : 
clef en pal. 



Face : aigle de Pise ? ; 
revers : P. 



Cette pièce porte sur la 
face une croix agrémentée 
de points et de doubles 
lignes ; sur le revers une 
clef en pal et une fleur de 
lis. A notre avis, ce jeton? 
ne provient pas des Lom- 
bards, mais nous le pu- 
blions comme oflVant de 
l'analogie avec ceux que 
nous étudions. 



Face : clefs en sautoir; 
revers : croix latine. 



Clefs en sautoir. 






JETONS DES LOMBARDS. 



79 





Face : clefs accolées, en 
pal; revers : armes presque 
illisibles. 



loo-ioi — Richard. 




^^nc^AjX\K\SSjx\ 



102 




L'explication des clefs reste 
un problème à résoudre. Les 
deux clefs en sautoir ont été 
les armes de la Papauté aux 
xiv% xv^ et xvi^ siècles et spé- 
cialement quand la Cour du 
Pape était à Avignon. Nous 
donnons ici le seing manuel 
de « Johannes de Novavilla, 
alias Ployard, clericus Laudu- 
nensis, diocesis impérial! auc- 
toritate notarius publicus, » 
écrit sur un instrument con- 
cernant la République de 
Gênes en 1396. (A.N. J. 496, 
n° I.) On voit que ce notaire 
mettait dans sa signature des 
clefs analogues à celles que 
nous rencontrons sur nos je- 
tons. La plupart des employés 
officiels usaient des mêmes 
emblèmes. 



Face : croix sur une mon- 
tagne ? ; revers : éca portant 
des armes illisibles. 



103 — Mazerolle. 



I 



8o 



LES LOMBARDS A PARIS. 




104 — F. et R. Mazerolle. 




105 — Richard. 



Même * emblème que le 
précédent. 



Face : monoijramme cruci- 
gère ; revers : figure géomé- 
trique en forme de rosace. 



JETONS DES LOMBARDS. 



81 





109 — Richard. 




no — F. et R. David. 



Face : écu crucigère, il- 
lisible; revers : une rosace. 



Croix cantonnée de 
quatre croisettes. 





106 — Richard. 




Face : monogramme cruci- 
gère ; revers : autre mono- 
gramme. 




monogramme cruci- 



Richard. 





Face 

gère; revers : croix accidentée 
portant un a à gauche au bas 
du pied. 



Face et revers portant un écu 
chargé l'un d'une rosace, 
l'autre d'une croix cantonnée 
d'annelets. 





III — Feuardent. 




112 — F. 6^/ R. Richard. 




Type analogue au pré- 
cédent. Face : croix can- 
tonnée du soleil et de la 
lune; revers: croix recerce- 
lée et cantonnée de points. 



Monogramme PE cru- 



cigère, 



Face : P crucigère; re- 
vers : globe crucigère, ren- 
tcrniant le monogranime 
M et } 



Richard. 



113 — Mazerolle. 



82 



LES LOMBARDS A PARIS. 





114 — Richard. 





115 — Cab. des Méd. 




116 — Richard, 



Analogue au précédent : 
même face ; revers : globe 
crucigère renfermant la lettre 
A. 



Face : un lion à droite dans 
un écu sur un fond de grene- 
o^*^ tis ; revers : écu chargé de 3 
%\ fleurs de lis. Nous faisons nos 
'^ restrictions sur ce jeton que 
nous publions à titre de do- 
cument, sans lui attribuer une 
origine itaUenne. 

Face : monogramme ME 
crucigère ; revers : armes dif- 
ficiles à déchiffrer sur l'écu, 
mais présentant certaines ana- 
logies avec celles des Tolomei 
de Sienne. Voir plus loin 
n° 196. 



o o , 



'h II 



II 






117 — Richard. 



Face : armes de Pistoïa 

;^.^r^]% {Lîtfa) ou des Barbadori de 

•^^^DlTOTW?'-^'/ Florence {Tessene gentiliticé) 

WÛ ' J U^^/ ^^ d'une autre famille; revers : 

armes à déchiffrer, mais d'o- 
gine italienne. 



W' 




118 — Richard, 



Face : armes itaUennes? à 
déchiffrer ; revers : croix la- 
tine. Ce jeton peut-il être 
attribué avec certitude aux 
Lombards ? 



83 




JETONS DES LOMBARDS. 

Face : Armes analogues aux 
11°' 117 et 118; revers : globe 
crucigère renfermant la lettre M. 



119 — Richard. 




120 



Mazerolle. 



Face : triangle crucigère ren- 
fermant la lettre A; revers: poin- 
çonné deux fois, ce qui rend la 
lecture impossible. Ce jeton nous 
prouve que ces pièces étaient 
estampées au marteau. 





Face : écu crucigère chargé 

d'armes de fantaisie (armicelle) ; 

01 revers : monogramme DG cru- 



121 



Mazerolle. 



cigere. 










\"o\)^ Face : monogramme BE sur- 
foîl "^^^^^^' *^'^i^^ ^^^^it abréviatif ; re- 



'^^S<0^ '^^rs : armicelle crucigères. 



122 — David. 




Face : armicelle illisibles, cru- 



cigcrcs ; 



revers 



crucigère TA. 



monogramme 



ï il': 



t' 



— Richard. 



84 



LES LOMBARDS A PARIS. 





Face : armes des Albizzi de 
Florence ; revers : monogramme 
où on peut, à la rigueur, lire 
Albi^:(i ? 



124 



H JU kl 



David. 




i 




125 — Feuardent. 




126 — David, 




127 — jF. et R. Richard. 




128 — F. et R Richard. 



Face : P crucigère ; rei^ers : 
écu crucigère des Pulci de 
Florence. 



Face : annicelle crucigères; 
revers : annicelle crucigères. 
Nous ignorons à qui ces ar- 
mes peuvent être attribuées; il 
est probable que l'on parvien- 
dra à les reconnaître en Italie. 



Écu crucigère portant une 
échelle en pal, flanquée de 
deux étoiles. 



Écu surmonté d'une fleur 
de lis, chargé d'un globe coupé 
de quatre lignes parallèles se 
croisant à angles droits. 



JETONS DES LOMBARDS. 



85 




Armicelle crucigères. M. Ma- 
zerolle possède un jeton por- 
tant la môme face avec revers 
illisible. 



129 — F. et R. Richard. 




Annicelle crucigères. 



i 30 — F. et R. David. 




Triangle coupé crucigère. 



131 ~ F. et R. David. 




Triangles inscrits l'un dans 
l'autre, crucigères. 



132 



F. et R. Maxe-Werly 
et Mazerolle. 





133 — PeriodicQ di numis- 
matica. 1874. 



Face : globe crucigère ; revers : 
croix latine. (( Ce jeton est sem- 
blable à un croquis à la plume 
qui se trouve dans une lettre de 
Niccolo di Giovanni Bichi, datée 
de Mantoue, 10 juin 1419, 
adressée a Guccio di Galgano 
Bichi, banquier siennois. La 
croix qui se trouve sur le revers 
est une imitation de la monnaie 
siennoise. » Alessandro Lisinl 



^ 



# 



86 



LES LOMBARDS A PARIS. 




Globe crucigère , renfermant 
un carré divisé en quatre. 



134 — 



F. et R. Maxe-Werly 
et Mazerolle. 




135 



136- 



Globe crucigère , agrémenté 
de points. 



F. et R. Richard. 

Globe crucigère, avec croix à 
double branche et croix à l'inté- 
rieur. Cette croix à double bran- 
che se retrouve 1° sur le sceau 
d'Antoine Cavalary, au xvi^ siè- 
cle, où elle surmonte un cercle 
contenant un T (A. N. J. 919, 
F. et R. Maxe-Werly n° 3); et 2° sur plusieurs autres 
et Mazerolle. pièces, jetons, sceaux et armoi- 

ries. Voir plus haut, n°' 84, 119. 



Globe crucigère portant la 
croix à double branche. Gre- 
netis de rosettes. 





i^j — F. et R. Mazerolle. 




138 — F, et R. Mazerolle. 



Globe crucigère, analogue au 
n" 1 3 6 ; la croix est ici à une 
seule branche et le type est plus 
petit. 



JETONS DES LOMBARDS. 



8' 





139 — David. 




140 — F. et R. Maxe-Werly 




141 — Cab. des Médailles 
et David. 




Mazerolle. 



Face : globe crucigère can- 
tonné de points ; revers : écu 
portant une couronne royale : 
ce qui indiquerait que le 
Lombard occupait une posi- 
tion à la cour, comme on le 
voit dans une lettre particu- 
lière d'un Tolomei ? 

Globe crucigère renfermant 
un monogramme analogue à 
ceux des n- 64, 65 et sui- 
vants. M. Mazerolle possède 
un jeton portant la même face 
avec une aigle au revers. 

Nous arrivons ici à une série 
portant la curieuse figure d'An- 
droclès et de son lion, dont 
nous avons trouvé l'explication 
dans le petit jeton de bronze 
publié par M. Friedlaender. 
M. Rouyer a publié dans l'his- 
toire du jeton, n° 144, une va- 
riété qu'il décrit ainsi : « Femme 
moresque nue et debout, s'ap- 
puyant du bras droit sur un 
bâton denté et caressant un 
chien assis de l'autre main. » 
Il faut, à notre avis^ voir ici 
Androclès et son lion; le re- 
vers portera tantôt le Hon de 
S' Marc comptant, tantôt comme 
sur le n"* 142 : 



Saint Georges (Gênes), tan- 
tôt comme sur le n^ 143 : 




Ml 



il 



88 



LES LOMBARDS A PARIS. 




— Mazerolle. 




144 — F. et R, Mazerolle. 




M 




145 



Feuardent. 




Feuardent. 





147 — David. 



Un monogramme de 
deux S (Sienne ?) qui se 
retrouve sur le n°i44 : 



Tantôt un triangle cru- 
cigère renfermant une 
étoile comme sur le n"" 145 . 



Tantôt la fleur de lis de 
Florence, comme sur le 
n° 14e. 



Même face, avec grene- 
tis de rosettes ; revers : le 
lion de S^ Marc tenant l'é- 



vangile. 



JETONS DES LOMBARDS. 



89 





148 -- David. 




149 — David. 





130 — Cab. des Médailles 
et Richard. 




Richard. 



<P^ 






i 



\'0, 



\w \ 



'—Siss' 




bo^ 



— Richard 



Même face ; revers : lioa 
de S' Marc comptant. 



D° 



Même face, même re- 



vers. 



D° d« On re- 
marquera la longueur dé- 
mesurée du torse d'An- 
droclès. 



D< 







90 



LES LOMBARDS A PARIS. 



JETONS DES LOMBARDS. 



91 




153 — Periodico di numismatica, 

1874. 




154 — Cab. des Méd 





155 



David. 




__ ) 




15e — Cab. des Méd. 




H 




157 — Feuardent. 



« Jeton des moines de 
la Chartreuse de Ponti- 
gnano. Face : bras tenant 
une crosse ; revers : figure 
comme celle qui se ren- 
contre communément sur 
les jetons des marchands 
qu'on croit représenter 
Androclès et son lion. » 
Alessandro Lislni. Nous 
pouvons l'affirmer. 

Cette pièce, qui n'est 
pas un jeton de Lombard, 
porte sur la face un type 
que nous allons retrouver 
chez les Italiens. Les mon- 
naies ont fourni le type qui 
se trouve sur le revers. 

Face : globe fleurdelisé 
et quadrillé ; revers : 
échelle crucigère. — Jeton 
florentin des Scali ? 



Face : cercle fleurdelisé, 
rappelant celui des Albiz- 
zi ; revers : clefs en sautoir. 



Face : armes des Piilci? ; 
revers : fleur de lis de 
Florence sur un mono- 



gramme .'' 




158 — . F. ^^ i?. Feuardent 
et Mazerolle. 



Fleur de lis florentine 
sur deux cercles concen- 
triques rappelant les armes 
des Albizzi, sur un fond 
de grenetis irrégulier. 




Type analogue au précé- 
dent mais plus simple. 



159 — /^. et R. MazeroIi( 




Monogramme crucif^ère 
CA. 



160 — F. et R. Richard. 




Variété du précédent. 



161 



F. et R, Feuardent, David. 




162 ~ David. 

tES LOMBARDS. — TOMB II, 



Face : monogramme cruci- 
gère GAP; revers : écu en 
cœur crucigère renfermant 
une L et peut-être M ? 






92 



i63 



LES LOMBARDS A PARLS, 




F. et R. Maxe-Werly. 



Monogramme ? 



JETONS DES LOMBARDS. 




i6j — F. et R. David. 



93 



Monogramme : X et ? 




164 — F. et R. Maxe-Werly. 



Écu cantonné de quatre 
points. M. Mazerolle possède 
un jeton portant sur la face le 
type 163 et sur le revers le 
type 164. 




168 — F. et R. Cab. des Mcd. 



Monogramme surmonté 
d'une croix. 




l \--\ Face : monogramme cruci 
k< |o| gère L M ; revers : 



^^Q,/ gramme crucigère S B. 



mono- 



David. 




166 — David. 



Face : monogramme cruci- 
gère T traversé par un bémol 
crucigère ; revers : couronne 
royale. Ce jeton présente cette 
particularité d'une impor- 
tance capitale à nos yeux, il 
porte un signe que nous avons 
rencontré déjà sur les marques 
de Peregrinus de Recho, 
n° 66, et sur celles de Lodoi- 
sio de Recho, n° 15; ce qui 
confirmerait notre théorie : 
ce serait le jeton d'un lom- 
bard génois. 




169 — F. et R. David. 




170 — F. d R. Blanchet. 




171 



— F. et R. Mazerolle. 



Monogramme TB portant 
une étoile ? 



Monogramme PM. 



Monogramme crucigère HO .^ 



i i 



,iv 



* I 



94 



LES LOMBARDS A PARIS. 




172 — F. et R. MazeroUe. 




173 — F. et R. Mazerolle. 



Monogramme crucigère R. 



Monogramme crucigère ? 




174 — F. et R, Mazerolle. 



Monogramme crucigère M; 
la tige de la croix porte en 
bas, dans son prolongement, 
un signe analogue à celui du 
n° 169. 




175 — David. 



Face : armes analogues h. 
celles que nous trouvons sur 
les sceaux publiés à la fin du 
volume ; revers : porte de 
Gênes telle que la représen- 
tent les monnaies. 




17e — F. et R. David. 



Type analogue à la face du 
précédent. 



JETONS DES LOMBARDS. 





177 — Richard. 





178 — David. 




179 -— Richard. 





180 — Richard et Mazerolle. 





95 



Face : type analogue aux 
précédents ; revers : armi- 
celle crucigères portant en 
chef un monogramme } 
M. Mazerolle possède un 
jeton avec une face sembla- 
ble ; le revers porte un B. 



Face : armes des Bocca- 
nigra ; revers : un torselh. 



Face : écu crucigère por- 
tant les armes des Bocca- 
nigra; revers : une S. 



Face : armes des Albizzi ; 
revers : un torsello. 



Face : monogramme cru- 
cigère AL.^; revers : un 
torsello. 



Il 



• I 



181 — Feuardent. 



ï 



96 



LES LOMBARDS A PARIS. 




o) Face : un torseîîo ; revers : 

^j monogramme crucigère M 

(coupé d'un G. Aies. Li- 

SINI ?) 



Periodico di numismatica, 
1874. 





183-184 — Richard, 





185-186 — Richard. 





187-188 — Richard 



Face : monogramme ? ; 
revers : fleur de lis sur- 
montée d'un râteau ? 



Face : écu crucigère 
renfermant un mono- 
gramme G L ? ; revers : 
même que le précédent. 
Ces jetons appartenaient- 
ils à des Lombards occu- 
pant des situations dans 
la maison royale ? 

Face : monogramme 
ayant quelque analogie 
avec celui que porte le 
sceau de plomb de Barte- 
lot Paccat ; revers : Y sur- 
monté d'une trompe avec 
un entourage d'étoiles. 
Ce jeton ne nous semble 
pas provenir d'un Lom- 
bard mais plutôt d'un 
marchand d'Artois ou de 
Flandre. (Cf. Danxoisne, 
loc. cit.) 



JETONS DES LOMBARDS. 



97 




Periodico di numismatica, 
1874. 



\ « Face : lion rampant 
\ de Sienne ; revers : la bal- 
sana surmontée d^me S à 
rebours. Jeton de Toffice 
des gouverneurs de Sien- 
ne. » Aies. Ljsinl 




^\^Sf\ 




190 — Periodico di numismatica, 

1874. 



« Face : M gothique 
surmonté d'une croix, 
coupé d'un G gothique; 
revers : la balsana (armes 
de Sienne). » Aies. Li- 

SINL 




191 — Periodico di numismatica, 

1874. 



« Face : M coupé de 
deux lignes et crucigère ; 
revers : la balsana surmon- 
tée d'une S à rebours. » 
Aies. LisiNL 



i 




h 1 




Periodico di numismatica, 
1874. 



« Face : type analogue 
aux n°' 173, 176 et sui- 
vants ; revers : une main 
tenant une crosse. Jeton 
d'un couvent ou d'une 
abbaye d'Italie. » Aies. 

LiSIKL 



à! 

f -, 
> * 

I 



98 



LES LOMBARDS A PARIS. 




193 —F. et R. Periodico di 
numismatica, 1874. 



194 





195 — F. et R. Periodico, 1874. 




196 — F. et R. 
Periodico, 1874, et Mazerolle, 




Armes des Buonsignori 
de Sienne. Aies. Lisini. 



197 — F. et R, Periodico, 1874. 



Écu crucigère portant 
les armes des Buonsignori 
de Sienne. On sait que 
ces Lombards ont eu en 
France des relations com- 
merciales excessivement 
importantes. 

« Jeton de la famille 
siennoise des Malavolti. 
Les fleurs de lis qui de- 
vraient se trouver dans le 
chef ont été omises faute 
d'espace. » Aies. Lisinl 

Jeton de la famille des 
Tolomei de Sienne. Ces 
Lombards ont joué égale- 
ment un rôle capital en 
France au xiii^ siècle, com- 
me le prouve leur corres- 
pondance publiée en 1871. 

Ce jeton est attribué par 
M. Aies. Lisixi au grand 
hôpital de S. Maria délia 
Scala. — Échelle crucifère 
à trois échelons. 



JETONS DES LOMBARDS. 



99 




i^^—F.etR. Periodico, 1874. 




199 — Mazerolle. 




200 — F. et R. Peruzzi 



uzzi. 




201 




Jeton attribué par M. 
Aies. LiSLVi à la famille des 
Maconi de Sienne. Écu 
portant une croix chargée 
de croissants. 

Jeton français analogue 
à ceux des Lombards. — 
Face : monogramme cru- 
cigère P R ; revers : agnel 
avec la légende en exergue : 
Pierre Ramon de Broin ? 
Ce jeton est publié par 
nous comme document 
pouvant servir à établir des 
comparaisons; il est très 
rare et très curieux. 

Une petite poire feuillée 
de deux feuilles ; jeton des 
Peruzzi. 



Jeton analogue aux n 
103, 104, 105. 



Jeton publié par M. 
Rouyer et décrit plus haut, 
P^ige 67. 



202. 



loo 



LES LOMBARDS A PARIS. 




203 





Motia Arduinus de. — 
Marchand de Plaisance , 
1226. Sceau rond de 
0,020"""'. Dans le champ 
les lettres GB que nous 
retrouvons sur des mar- 
ques. Ce marchand, un 
Mozzi (?), faisait-il partie 
de la Société Beccini Gui- 
zardo ? Voir page 25, mar- 
ques des Lombards. (B.N. 
lat. 1665, p. 15)7.) 



204. — A. N. et Period. di numis. 



Sceau et jeton des Vil- 
lani ? 




207. 




208. 




209, 



JETONS DES LOMBARDS. 



lOl 



Sfigillum] Musciati Guidonis de Figlino 
Sceau de Mouche. Cf. t. I, p. 103. 



Sceau de Jean Frescobaldi, 15 16. Cf 
^- I' P- 11' 



Cavalary Antoine, marchand florentin, 
I 516. Sceau rond de 0,020"-. Monogramme 
qu'on retrouve sur des jetons. (A^ N J 




205 




Sceau du fameux Edouard 
Tadelin, de Lucques, le 
fournisseur attitré du roi 
Jean II, dit le Bon. L'écu 
porte des armes analogues 
à celles des jetons n°' 117, 
119. 



S[igillumj Bicii Guido- 
nis de Figlino. Sceau de 
Biche. Ct. t. I, p. 102. 




210. 

Sceau de Mazo d'AIbizzi, 1396. 

Cf. t. I, p. 85. 






206 



il 

fj 



Les Tables 



LISTES DES CHANGEURS A PARIS AU XlIIe SIÈCLE 

SCEAUX DE LOMBARDS 
OFFRANT QUELQUE ANALOGIE AVEC LES JETONS 




Sceau des Lombards en France. 

S[igillum] Societatis mercatorura Lumbardorum i[n] Francia. 

Ce sceau absolument inédit se trouve aux A. N. dans le Supplément ivédit. 

Il a été communiqué par M. Godard-Faultrier, d'Angers. 



n' 



Les Tables. 



Il nous faut ici expliquer ce qu'on entend par le mot Tnhh 
qu on n'emploie plus aujourd'hui dans cette accepdon VoiÎc 
que dit Du Cange au mot TABULA : 

« Societas Campsorum Clnrfi TN^^u 
nt \ r- "'"111. «-narta itieob. cornu, ann 1290 Jn 

Ciwtul. Campan. fol. ,48, v». Accipio in conductu meo et pro 
:ec.one mea Mathcun, et Bernardum de Fuer, DuraZm ju t" 

rann de Puer de Lugduno, cum omnibus iilis, qui de dicta 
Tabula nundmas meas Campania. fréquentant. . 

lABULA Cambii, Mensa argentaria. Gallice Banque, etc 

val S:;::;J""" '^"^"' '^^^""^^ ^--«' -- Nummulan-l, 

Lacurne de Sainte-Palaye (Dictionnaire) s'exprime ainsi : 

lABLE : Bureau déchange : 

Avarice a le jor portée 

De la table à un Caoursin. {Ms. ^^,y^ H, f. ^^o.) 

En cel an (131 6), chose merveilleuse, 

Quant bel monnoie précieuse 

Hevestue, dorée à tour 

Fu emprisonnée en la tour 

Au roy et mis en son trésor 

Et fu tout blanc argent et or 

Monnoie; et lors demora 

L'aingniau d'or que l'en courra, 

Parisis et tornois de iahU. {Us. 6812, f. 82.) 

Bourquelot, après avoir parlé des tables des changeurs 
loute : « es tables se donnaient en fief, se louaient, se'venl 
da.ent, et les seigneurs se réservaient sur chacune d'elles des 



t 
i -, 



t 



io6 



LES LOMBARDS A PARIS. 



redevances pécuniaires plus ou moins considérables. » Il cite en 
outre les tables des monnayeurs (tabula nionetarionini) des foires 
de Provins, 1154, les tables des changeurs de Troyes, 1165, 
les tables des changeurs de Provins, 1179, tabula cambiîornnu 

Voici quelques passages d'un règlement donné à Lagny en 
juillet 1294, où on ne pouvait établir plus de 6 tables de chan- 
geur, sauf aux foires. « Plusieurs changeurs peuvent se partager 
une môme table et y siéger sedere in cambio. Tout changeur peut 
vendre, engager, prêter ou louer tout ou partie de sa table de 
change. Les changeurs associés pour une même table doivent 
faire le change avec de l'argent commun. » (BouRauELOT, loc, 
cit., p. 136.) 

Nous avons cité dans notre premier travail ces lignes d'une 
charte de Philippe le Bel en 1305 : (( Pour le profit de tout 
nostre Roïaume et de nos monnoies, nous avons ordené à faire 
une Table qui sera tenue en 12 ou 14 lieux solempniex en nostre 
demaine et de nostre Royaume, et que il soit crié que se ce 
n'est à nos monnoies ou es Changeurs, qui des ores ayent nostre 
auctorité et nostre consentement de changer et tenir change, nus 
ne soit si hardis, que or ne argent, qui ne soit monnoiez de 
nostre coing, qui soit dedans nostre Royaume et en nostre terre, 
il vende ne achate jusques à tant qu'il ait esté porté à nostre 
dite Table et mis en escrit pardevers nous, etc. )> 

On voit par ces citations qu'il y avait plusieurs sortes de 
tables, les tables des monnayeurs et les tables des changeurs; que 
le mot tenir une table signifiait avoir le droit de remplir les fonc- 
tions officielles de monnayeurs ou de changeurs. Ce droit fut très 
souvent octroyé aux Lombards tant aux foires de Champagne 
qu'à Paris et ailleurs. 



f 



I242-1252-1253 



Tables des Changeurs Français 



A PARIS 



Non.s des Changeurs établis à Paris sur ,e Grand- Pont 

en 1242. 



- Jacques Boucel, 7 1. 10 s. par an 
de crois de cens de sa table 
sus grant pont qui fu feu Robert 
de Orliens à rendre à h 
S. Jehan 75 s. et à Noël, 75 s. 
La mesniee feu Mahi d'Amiens, 
^ 5 1- par an de crois de cens 
Je leur mesun et de leurs 
tables tout enprès à rendre à 
S. Jehan, 7 1. 10 s. et à Noël 
7 i. 10 s. 
Gilot d'Orliens, 7 1. 10 s. par an 
de crois de sa table enprès joi- 
gnant à rendre à la S. Jehan 
75 s. et à Noël 75 s. 



3- 






LES LOMBARDS. — TOMK II. 



î. 



PII 



io8 



LES LOMRA'KDS A PARIS. 



TABLES DES CHANGEURS FRANÇAIS A PARIS. 



(1252-1253) 4. — Etienne Hermant, 22 1. par 

ans de crois de cens de ses 
deus tables qui sont i pou après 
à rendre à la S. Jehan 11 1. et 
à Noël II 1. 
Pierres Bordon. 5. — La mesniee feu Renier Bourdon^ 

20 s. par an de leur table qui 
fu Nicholas Lequeu à rendre 
tout ensemble à la S. Jehan. 
Marguerite Larchière. 6. — Jehan Paon, 20 s. par an de sa 

table tout auprès qui fu feu 
Guill. Larchier à rendre tout à 
la S. Jehan. 
Guill. Bordon. 7. — Felipe Comin ou Durant, 20 s. 

par an de sa table auprès qui 
fu Henri Brisebout à rendre tout 
à la S. Jehan. 

8. — Pierre le flamant, 20 s. par an de 

sa table tout ensemble qui fu 
Adam le flamant, à rendre à la 
S. Jehan. 

9. — La mesniee feu Pierre Gencien, 

20 s. par an de sa table amprès 
qui fu feu Pierre Gencien, 
etc., etc. iLes formules sont les 
mêmes.] 



5- 
6 



7- — 

8. — 

9. - 



Géraud, p. 76 : Renier Bourdon, 10 1. S. Merri. 

Géraud, p. 15 : Adam Paon et Jeannot son fuiz, 6 1. 15 s., et p. 17 : 

Philippe, Nicolas; p. 31 : Phelippot, fils de Philippe, et sa mère, 

14 1.; Estienne Paon, 12 1., près du Grand Pont. 
Cf. Géraud, pp. 18, 22, 24, 27, 76 pour les Bourdon; p. 118, 

Estienne Commin, 30 s. 
Géraud, p. 117 pour les Flamant; p. 102, Jeannot le Flamanc chan- 

geeur, 20 s. Pèleterie ; p. 135, Guil. le Flamanc, 6 1.; p. 117, 

Renier le Flamenc, 80 1. 50 s. Grève. 
Géraud, pp. 119. Sire Pierre Gencien le viel et d'autres, 38 1.; 

p. 120, sire Gentien, 40 1. Grève. 



10. 
II. 
12. 

14. 

î6. 

17. 

18. 
19- 



20. 

21 . 
22. 

23. 



24 



109 

- Adam de S. Denis, 20 s. etc., etc. 

- Girart le clerc de Poinsy, 20 s. 

- Robert Brichart, 20 s. 

- Jehan le flamant, 20 s. 

- Pierre Marcel et la femme Mau- 

pas, 20 s. 

- Perronnele Lauvernate, 20 s. 

- Felipe Boucel, 20 s. 

- La famme feu Renier Bourdon, 

10 s. 

- Les enfanz feu JahanFerri, 10 s. 

- Guillaume Brichart, 20 s. par an 

de sa table qui fu Mathelin de 
la Court. 

- Estienne Barbette, 20s.— Jehan 

Arrode. 

Seint Ladre, 20 s. de sa table. 
Seint Ladre, 20 s. par an de 

l'autre table. 
Jehan Augier Forré, 20 s. par 

an de sa table, qui fu Jahan 

Ace a rendre ensemble à la 

S. Jehan. 
Mathelin de la Court, 20 s. ut 

supra... emprès qui fu Jehan 

Poupin. 



14. ~ 



19. 
20. 

23. 



En 1253, le changeur se nomme Gace. Pour les Marcel rf r.^n 
p. .56. P*.„>, Pour les Maup« ou U^^J^'^ ^'^^^^ 
S- Merr., en .,oy, publié dans les Mé^J./vHiJeTZt 

Géraud, p. n, Thomas Brichart, .o 1.; Thomas Brichart le jeune 

8 1.; p. 16, Jehan de la Court, Jehannot son fuiz , 1 ,o rJ 
GéRa.o, p. ,:,. Estienne Barbeite, r. ,. ; Jehan 'on' )^ 'l e^c" 
Grève; p. 17. Symon Barbete, 6 1. 10 s. ' " 

En 1253, le changeur est le fuiz feu Gvrart -Vumpr ré„ 
Ja fille feu Jehan Augier ,ui a le poL, ^IX".^.' ""''■ "^ '°' 



i 



h 



I H 



ff: 



t 



no 



II 



Robert de S. Merri. 29 
P. de Baubini. 30 

32 



LES LOMBARDS A PARIS. 

25 . — Oedes Popin, 20 s. 

26. — Marie Lavenue, 20 s. (1253) 

pour la table qui fu Hugo 
Boucel. 

— La femme feu Nicliolas Arrode, 
20 s. 

— Raoul Grimault, 20 s. 

— Jehan Fromont, 20 s. 

— Jehan Popin, 20 s. 

— La femme Roger le Jaiant, 20 s. 

— Les anfanz feu Nicholas Arrode 
le joenne, 20 s. 



27 



28 



25 



27. 

}0. 



Géraud, p. 26. Jehannot Popin, 4 1. Il y avait deux Jehan Popin, 
celui de Vahrenvoir et celui de S^ Jacques la Boucherie; tous deux ont 
joué des rôles importants dans la municipalité. 

Géraud, p. 72. Jehan Arrode, 19 1. Poterie, qi passim. 

Géraud, p. 135. Jaque, Perrot, Philippe Baubigni, 6 1. 3 s. 



[Cette liste se trouve aux A. N. MM. 128, censier du Temple.] 



Observations. 

Nous ne trouvons, dans cette liste de 32 tables, aucun nom 
italien, ce qui prouve que les Lombards n'avaient pas encore 
paru, à Paris, dans cette profession. De plus, ces familles pari- 
siennes comptent parmi les plus importantes, c'est-à-dire les 
plus riches de la ville : les Marcel, les Augier, les Flamant, les 
Paon, les Barbette, les Arrode, les Popin, etc., dont on retrouve 
les noms partout dans les actes de la ville de Paris à cette 
époque. 



TABLES DES CHANGEURS FRANÇAIS A PARIS. 



m 



Changeurs de Paris en xaga, c'est-à-dire environ cinquante ans 

plus tard. 

I. GÉRAUD, p. 102. Jehannot le Flamancchan- "" "' ''• 

2 T f ".; ••••••• 20 >, >> 

. "" Jen^^n Plenteureus, chan- 

geeur .... 

a «_ T 1 I » » 12 

^* Jo^'e le changeeur. ... » j^ „ 

'^' ~" J^^^^ Maupas, changeeur . 10 » » 
l ~ Jean de Neelle, changeeur. » 40 » 
"~ Jehannot Gougart, chan- 
geeur. . » 26 

7- ~ Pierre Varroquier, chan- 
geeur u rQ 

Jehan Roussel, changeeur. » 58 » 
^== Peleterie. 
9. GÉRAUD, p. né. Jehan d'Olebeau . " 

• '' ''12 

prés S. Merry. 
10- — p. 95- Estevenot le changeeur . » 20 » 

près la rue des Lombards . 
^^- - p. 80. Eude le changeeur ... » 5 ,> 

rue Neuve S. Merry. 
^^' ~" P- 75- Martin Martin, le chan- 
geeur . 

rue du Temple. 
^^- "~ P- 53- Symon du Change ... „ , „ 

rue Grenetat. 
H- — p. 32. Pierre le Flamenc. ... » 13 ,, 

près du Pont au Change. 
^^' — P- 25. Marie, du Change. ... >, ^ ,, 

prés la rue des Lavandières. 
^^' ~ P- 18. Giefroi, changeeur de Guii- 

lot Bourdon „ 20 » 

rue des Bourdonnais. 






>l 



112 LES LOMBARDS A PARIS. 

ly. — p. 2. RufinComaille,changeeur, 

delez le Pois (c'est rue 
des Lombards). . . . 

Observations. 



L. 



S. D. 



10 



» » 



Sceaux de Lombards 

OFFRANT aUELCLUE ANALOGIE AVEC LES JETONS 



Sur les 17 changeurs mentionnés, en 1293, par Géraud (sa 
liste est incomplète), nous ne relevons que Rufin Cornaille, 
qui porte un nom italien, et peut-être Estevenot. — Nous savons 
cependant qu'à cette date, les Lombards étaient déjà en grand 
nombre en France et à Paris. 




Sceau de Pise du xiie siècle. 

Aigle posée sur un chapiteau. 

Légende : Urbis me dignum Pisane noscite signum. 

Cf. t. I , p. 47. 




Pierre de Florence, 1386, Gand. Sceaux de Fland 



re. 



Sceau de Pierre Thomas, de Florence. G.ind, 1386 
Sceau rond de 0,023""". - Arch. du Nord. Chambre des 
Comptes. 

ECU à la croix pattée, plantée dans une terrasse et accompa- 
gnée dun croissant tourné à senestre, soutenu par un griffon. 

SIGILLU. PETRI DE FLORENCIA 

Cautionnement de son frère Jean, maître de la monnaie de 
Uind. 20 septembre, Gand. 
Pierre T. est monn.iyeur du duc de Bourgogne à Gand. 




Alderici des Inttrminelli de Lucques, ij86, Gand. Sceaux de Flandre. 

Sceau de Alderic des Interminelli, de Lucques, 138e, Gand 
Arch. du Nord. Ch. des Comptes. 



(t 



)■ ^ -•--. » . , «^'.va 



114 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Écu au plain sous un chef, penché, timbré d'un heaume cime 
d'une tête de Hcorne, accosté des initiales A. L. 

S. Alderici de Intermine][Hs]. 

Ce Lombard est maître de la monnaie du duc de Bourgogne 
à Mahnes. 28 septembre 1386. 




Sceau d'Aldericus de Anielminellis {sic), de Lucques, d'après 

Manni. 

Cet Aldericus des Interminelli est un autre personnage, an- 
cêtre du précédent, et portant des armes analogues. Il fut le 
père du fameux Castruccio Castrani, de Lucques, dont Machiavel 
a écrit l'éloge. 

Le sceau d'Arrigo dello Strego, de Lucques, maître des mon- 
naies du duc de Bourgogne, 10 septembre 1356, est une pierre 
gravée représentant un lion terrassant un taureau. C'est une 
pierre antique (?) sans intérêt pour notre sujet. 




Berthelemyde Florence, 1386, Gand. Sceaux de Flandre. 

Sceau de Barthélémy Thomas, de Florence, Gand, 1384. 
Sceau rond de 0,023"^™. — Arch. du Nord. Chambre des 
Comptes. 



SCEAUX DE LOMBARDS. j 

ECU à la croix pattée plantée dans un trèfle et accostée de 
deux croissants tournés dans un quadrilobe 
jNous croyons que Demay s'est trompé : la croix est plantée 
dans une terrasse, comme on le voit sur les jetons et i^ V a un 
troisième croissant sous la terrasse, dans la pointe de Vécu] 

S. BERTHOLOMEI DE FLORENTIA 

deÏa;!n:rr;^^^^^^ S"™"^^"^' ^^^^^ ^^ ^^ -nnale" 

ae Mahnes. B. Thomas de Florence était alors monnayeur du 
duc de Bourgogne, à Gand. «nnayeur du 




A Bertolomeo Thonus de Florence, X40., Bruges. Sceaux de Flandre. 

Sceau de Barthélémy Thomas, de Florence. Bruges, 140. 

oceau rond de o 02q"'"' Af,-I, i m i ,S, ,^ 

Comptes. ' " "^^ C'"'"bre des 

ECU à la croix pattée, plantée dans une terrasse et accostée 
de deux croissants tournés, penché, timbré d'un heaume cime 
d un croissant tourné, supporté par deux hommes sauvages. 

^- '^î^l^TO THOME DE FLORENCIA 

Quittance de 3,000 nobles à la Chambre des Comptes 
20 septembre 1402. comptes. 

Ce Lombard est alors maître particulier de la monnaie du 
uul de Bourgogne à Bruges. 



m. 



»Hili^g»^1B««î*l, ,^nj,^^ 



^^^•^^^^- 



Sduprs Manuel; 




Gênes. 



Sceau rond de 0,065 mm (^ j^ j 



3 55» n" 7-) 1277. 



Un gtiffon fond 
Légende : f Griphus ut has angit, sic hostes Janua frangit 



ant sur un renard qui enlève une poule. 



if 



■^'^ Ji? ff^t^ t\J,l. , f ,JP-^ 



Seings Manuels de Croisés 

[SIGNATURES] 

TELS QU'ILS SONT INDIQUÉS d'aPRÈS LES PIÈCES ORIGINALES. 

(B. N., Nouv. acq. lat. 1664, 1665.) 



Apres avoir publié les monogrammes des jetons des Lom- 
bards, nous avons pensé qu'il pouvait y avoir un intérêt pour 
es lecteurs français à connaître la façon dont signaient ceux de 
leurs ancêtres qui eurent recours autrefois à ces prêteurs italiens 
en Terre-Sainte et en Egypte. S'il est « hors de doute qu'un 
certain nombre de chevaliers ne savaient pas les lettres W» nous 
apportons, croyons-nous, des preuves que déjà, du tem'ps de 
1 hihppe-Auguste, il y avait, en France, des hommes de -uerre 
capables de « lire en roman et en latin », et même d'écrire et 
d « embriever <"'. » 

Et nous ferons remarquer que nos héros ne sont pas des 
personnages légendaires de « nos vieux poèmes » mais des gens 
en chair et en os, qui vivaient en 1191 et 1249. 

Si même nous osions nous permettre de nous appuyer sur la 
statistique, bien que nous considérions, dans la plupart des cas, 
ses résultats comme absolument fantaisistes, nous dirions quel 
sur 14 des personnages cités dans la Croisade de Philippe- 
Auguste, 2 au moins savent signer leur nom, et que, sur 25 
Croisés du temps de Louis IX, 3 au moins savent écrire, c'est- 
à-dire environ i sur 8. 



(i) Léon Gautier, La Chevalerie, Paris, 1884, in-4<', p- 144. 
(2) Ibid., Ioc. cil. 



i 



\ 



120 



LES LOMBARDS A PARIS. 



Le temps est-il donc si éloigné où on n'aurait pas trouvé, 
une proportion plus élevée dans certaines provinces parmi les 
soldats, dans certains départements parmi les conscrits ? 

Que les Croisés veuillent bien nous pardonner cette irrévé- 
rencieuse comparaison. 

C'est à titre de simple curiosité que nous publions ces docu- 
ments, car ces signes apposés par les Croisés au bas des obliga- 
tions souscrites par eux aux prêteurs italiens (croix, lettres 
initiales ou monogrammes) n'ont aucune valeur pour les travaux 
qui nous occupent. Mais il nous a paru intéressant de montrer 
ces soldats, dont la plupart, en effet, ne savaient pas leurs lettres, 
traçant le signe de la Croix pour attester leur bonne foi. En 
revanche, Simon d'Hervilly, Begon de Mellet, Guillaume Roger, 
Rcgnaud Girard et l'écuyer angevin Pierre d'Agis nous prouvent 
qu'ils avaient reçu une certaine instruction, car ils savent écrire 
leurs initiales, eux, tandis que les mains tremblantes de J. de 
Bardou, de Jean Aubert, d'Amalvin de Malartic étaient évidem- 
ment plus fimiiliarisées avec l'épée qu'avec la plume. 

Ny aurait-il pas là, pour un graphologue expérimenté, un 
indice du caractère — (un peu vif : Geoffroi de Mammnay, ou 
plus rassis : le Savoyard Gérard Ricci, etc.) — du Croisé? 

Nous ferons, en terminant, remarquer les différentes manières 
de tracer une simple croix que nous présentent ces renseigne- 
ments curieux, et inédits jusqu'ici. 



SEING MANUEL 






NOM DU CROISÉ ANNÉE 

■ 

Robert de Longue- 
val, chevalier. ^ 

Amaury de Toalio, 
chevalier. 



MOIS 



LIEU D'ORIGINE 



y .,, Camp devant 
Juillet. 5 

Acre. 



Guillaume de 
Clairon, chevalier. 

Humbert de 
Aloustier. 



d° 



d- 



Août. 



Juillet. 



d° 



Acre. 



SEINGS MANUELS DE CROISES. 
SEING MANUEL NOM DU CROISÉ 



121 



ANNEE 



MOIS LIEU D'ORIGINE 







X 
-h 



Hugue de Mauléon 

(Mallois). '^91 Juillet. Acre. 



TNk Humbert di le clerc. d° 



d° 




J. de Bardou, 



d° 



Guillaume de 
Mareuil. 



d° 



\ \j Begon de Mellet. n 



92 



Mai. 



Bertrand de 
Foucauld. 

Regnauld de 
Cherisy. 



d° 



d° 



1191 Août. 



Élie de Cosnac. d" 



d" 



d" 



Simon d'Hervillé 
ou d'Hervilly. ''° Septembre. d< 



Tyr. 



d" 



Acre, 



d" 



Gervais de Menou, 

chevalier. '^^ Septembre. d" 

Nunez Gonsalvi. 1249 Novembre. Damiette. 



i 



l ^ 



122 



LES LOMBARDS A PARIS. 



SEING MANUEL NOM DU CROISÉ ANNÉE MOIS LIEU D'ORIGINE 



t 

f 

t 
X 



* 




Robert de 
Montignac, écuyer. '"^49 Août. 



Damiette. 



Hugue de Bruc, 
écuyer. 

Michel de Bos, 
écuyer. 

Galeberd de Weys, 
écuyer. 

Henri Deversberg, 
chevalier. 

Siger de la Croix, 
chevalier. 

Gautier de la Haie, 
chevalier. 

Guillaume de Halu, 
chevaHer. 

Raymond de la 

Rochefeuille, chev. 

{àc Roccafiilio). 

Guillaume Roger 
ou Rogres. 



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à- 



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52 Décembre, ^^mp devant 

Jaffa. 






Regnaud Girard. d° 



d° 



d° 



d° 



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Jehan Babin. 



d° 



d'^ 



SEINGS MANUELS DE CROISÉS. j^? 

SEING MANUEL NOM DU CROISÉ ANNÉE MOT. r r.n 

- AiNwtb MOIS LIEU D'ORIGINE 

^ / Henieri du Verdier, 

écuyer angevin ' 1249 Novembre. Damiette. 
(valetus). 





Pierre d'Agis, 
écuyer angevin d^ 
(valetus). 



d° 



d- 




Guillaume 

d'Andigné, 

chevalier. 



d« 



d° 



do 



Guillaume Raymond 
de Grossoles, 
écuyer poitevin ^^^^ Décembre. 
(domiceilus). 



Jaffa, 





T- J 



Geoffroy 
de 

Marconnay. 

Jean Aubert. 



ean Escoublaud. d° 



1249 Novembre. Damiette, 



d° 




Guillaume 
^^ Alogneio. 



d° 



d'^ 



d- 



#1 



LES LOMBARDS. — TOME 11 



124 



LES LOMBARDS A PARIS. 



SEING MANUEL 



NOM DU CROISÉ 



ANNEE 



MOIS LIEU D'ORIGINE 



/ / Amalvin de t^, , 

J-^ Malartic. ^252 Décembre. Jaffa, 

f 






Antoine du Pré, 
chevalier savoyard. 

Gérard Ricci, 
chevalier savoyard. 

Michel Nigri, 
chevalier savoyard. 



d" Novembre. d° 



d° 



d° 




d° 



d« 



Getouers du Treser douUre vteir. 

Jeton du Trésor d'outre mer. 

Ce jeton, publié par M. Schluraberger dans la Numismatique de l'Orient Latin, est sûrement un jeton 
ayant servi aux gens des comptes français pendant les Croisades. Lesquelles ? 

Face : Un peregrinus avec son bourdon, agenouillé, priant devant une croix. 
Revers : Croix latine aux branches fleurdelysées , cantonnée de quatre fleurs de lis. 




Gênes. 
Sceau rond de 0,085-. (A. N. J. 497, no „.) ^„, , ,„• 

U„ gnffon fondan. su. un renard ,ui é.rangl. u„. pou.! ^ "' 
. U.ge„de : t Griphus : u, : ha. : a„gh (: «c : hos.es) : Janua : frangi,. 

Les Italiens voient dans ce sceau le griffon de Gènes opnri 
nunt une a.gle et un renard. Cf. P././/,: ,, „,„„•,„ J^,^ ^^^ 
ijstca... F.renze 1874. Desimoxi. (Il est évident que ce'e 
a.gle est une sn.ple poule.) Et on a également vu là, en ou r 
des emblèmes de la faction gibeline ' 

D.ins le Livre de Gis. Cristof. Gandolfi, Délia moneta antica 
ai Genova, tomo I Genovn rS-, ., ^"i- unnca 

description : ' ^^' P' '53> °n trouve cette 

« Gallum cum vulpe ipsius galli coUum faucibus detinente 
quam ,,,pe„, et gallum Griffus suppeditat, in cujus circulo ha^ 
Imer. scnpt. sunt : Griffus ut has angit, sic' hostes Janu" 



i ï 



ERRATA 



Page 3. Note. M. le docteur Hamy a appris, depuis la publication 
de son Mémoire, que le nom de l'un des marchands dont il a publié la 
marque, étant Serra, la marque représentait grossièrement une serrure : 
ce qui prouve que les marques avaient une signification. C'est, du 
reste, notre opinion. 

Page 3 5 . 

Nous croyons ne pas nous tromper en affirmant qu'on scellait déjà 
les étoffes à la fin du xiii^ siècle. Nous lisons en effet dans les Baus et 
ordonnances des rois de Chypre — Assises de la cour des Bourgeois, éd. 
Beugnot, t. II, p. 361, à la date du 10 novembre 1298 : 

« Que nul n'osast vendre chamclos {camelots) ni cendes (cendaux) 
ni boucrans (bougrans) ni butènes (bananes), jusques il les aist mostrés 
à ceaus qui sont ordenés, qui les doivent boulier, ce il sont de leur 
raison de lonc et de large. Et qui ne le fera, sera en paine de banc. » 

Boulier, buUare, signifie ici appliquer une bulle ou un sceau de 
plomb. 

Et plus loin, ch. xv, 1300, 22 février : 

« Le visconte desus noumé [sire Hue Pistiau] et sire Thomas de 
Pinqueny, au jor bailly de la Segrete, coumanderent de par le roi à 
sire Fouque de Tabarie et à Daniel d'Anthioche que il sont establis à 
boulier les chamelos et les cendes et les bougrans et les butaines et que 
ils doivent prendre por le bouler de chascune pièce de chamelot, i de- 
nier, et de chascune piesse de boucran, 1/2 denier, et de chascune 
piesse de butène, une maille. » — (Page 365.) 

Foulque de Tabarie et Daniel d'Antioche étaient donc les person- 
nages chargés dans le royaume de Chypre, d'apposer les sceaux de 
plomb sur les étoffes, en 1300. 

Quand Beugnot renvoie aux ordonnances, publiées par Depping, àla 
suite du Livre des métiers, pour montrer que cet usage n'existait pas en 
France, il commet une erreur. Le travail de Depping ne traite pas 
cette question. 



ERRATA. 



127 



Page 43- Note sur les Tailles 

m.me„, de cm,,„ „„„„„ j^ „l,cl,»„Ie f« e„,Tm .i,' 

sarye defendaunt, etc., etc. » " '°"" ''^''^'■ 

Traduction : « Preuves de la Taille sans sceau » 

-ns sceau par exemple au sujet d'un certain Contrat d nicha dÏ 

^tTa t:ii:d': "" "^r^""^^' " ^"^ '^ "^^^^'^-^ défende rtu 
mer la tmlle d après sa loi, que ce principe ne soit pas admis c'est î„ 

dTnrr.tret: ' '-^ ^^ '^ ^"'^ ^ ''«- ^^^^^ 

Le mot anglais employé dans les banques pour désigner l'aa.nf 
comptable ou thc Teller, est la traduction Httérale du vieux mo /IS 
en français la,lkur, en latin talliator, du mot htin I//1 T"""' 
taille, en anglais tally, au pluriel Mlii ' '" ^'"''''' 

D'après ce texte, il est évident que certaines tailles étaient d'un 
usage commun entre les marchands et que le débiteur et le crtncie 
se les partageaient. .» créancier 

. Pourquoi ce qui avait lieu alors en Ahgleterre, à Ipswich n'auriit il 
pas eu heu en France , à la rtaême époque ? Nous avons id l prl 
que a taille servait, non seulement comme elle sert encore au ouSu 

Tti ;itraL" ' '"'T ^"^""' "'''' ' '^'^--^ transactions'entre le 
devait être relativement rare et que la pièce la plus minime la mailh 
ou t,ers du sou est évaluée à environ 0,0 centimes, prH iden mf^ 
énorme pour les échanges entre paysans viuemmcnt 

noas°n W "°"'." "'".' ^"'" y ''''' ''' ^^'"^^^ -- — ' "-- 
nous n avons jnsqu ici trouvé aucune explication satisfaisante. S'agit-il 



siJnL^' ■^T""''"-^ '"^'' ''' "" ''"'' '^" ""'''"'■''■■ littéralement 
signihe jour du jugemenl dernier. 

(2) Ipswich, ville du comté de Surtblk, 50,000 hab. 



dooms-day 



128 



ERRATA. 



»{ 

,11 

î 
li 



alors des tailles officielles des collecteurs royaux ? Comment les sceaux 
étaient-ils apposés sur les tailles ? Celles que nous reproduisons n'en 
portent aucune trace ; celles qui existent en Angleterre en offrent- 
elles ? 

Page 58. Bibliographie. 
• Cf. G. LiBRi. Histoire des sciences mathématiques en Italie ; Paris, 1838, 
in-i2. — Chasles, Aperçu historique sur l'origine et le développement des 
méthodes en géométrie; Paris, 1875, in-4". — Maximilien Marie, Histoire 
des sciences mathématiques et physiques ; Paris, 1883, in-12. — Daremberg 
.et Saglio, Dictionnaire des antiquités grecques et romaines, article Ahacus. 
— La grande Encyclopédie, articles : Ahacus, par A. Trasbot; Chiffres, 
par Paul Tannery ; — Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 
t. XIX, 1844, p. 1039. Note de M. Brihre; — Ihid., année 1839. 
Lettre de Vincent à Libri sur l'origine des chiifres, t. VIII, p. 338, 
et t. XIV, p. 43. 

Vincent avance que la philosophie pythagoricienne partageait les 
nombres en mâles tl femelles ; il se torture le cerveau pour trouver, au 
moyen de calembourgs étymologiques, l'explication des noms des 
apices, tels que les donne Boéce. — M. Bricre prétend que ce sont les 
noms hébreux. 



ERRATA 



129 



nous nous servions de refrist-rpQ rpi.'Ao a^ • 1 

trouve, in reste, que dans des doc.men po" étrYetluT T 
soaante ans, avec la signification que nous lui'ttriZl'^ ' '' 



Pipe Roll. 

L'étymologie dn mot Pipe roll donnée par nous ne nous paraît pas 
encore la vraie, depuis que nous avons appris que le mot était em- 
ployé, en Angleterre, pour désigner spécialement les rôles de V Échi- 
quier: les autres étaient simplement appelés rotuli. De plus, il ne 
paraît pas du tout prouvé, contrairement à l'opinion émise par nous, 
que ces rôles aient été appendus à des pipes, comme nous l'avions 
pensé et comme nous l'avions vu faire chez les Romains qui se servaient 
de ce mode d'attache pour leurs volumina : actuellement les anciens 
rolîs n'en portent aucune trace. 

D'après la gravure placée en tète de l'ouvrage de Madox qui repré- 
sente la vue des armoires ouvertes, avec les pipe rolls de l'Échiquier 
rangés sur des tablettes, nous sommes amené à donner une significa- 
tion plus vraisemblable au mot pipe, qui voudrait dire, en effet, tuyau, 
et viendrait de la forme même de ces rouleaux affectant l'apparence 
d'un cyhndre. En outre, sur ces documents anglais bien mieux con- 
servés que les quelques rouleaux renfermés dans nos archives — car 



I 



Iumh- 



TABLE DES MATIÈRES 



Préface .... 

pages i-vr 

Les Marques des Lombards. 

Marques des Lombards . 

pages 3-6 

Listes des Prêteurs italiens. 

Listes des Prêteurs italiens . 

pages 7-15 

Marques connues (8). ~ Marques inconnues (11). 

Marques des Lombards. 

Marques des Lombards . . ' 

pages 13-27 

Marques (15-26). - Pièce justificative (27). 

Poids-Monnaie et Sceaux de plomb des Lombards. 

Poids-Monnaie et Sceaux de plomb des Lombards . . . pages 29-58 
Poids-Monnaie (31). - Plombs (34). - Les Ewards (37). 

Les Jetons. 

Les Jetons - L'Échiquier - Les Tailles - Les Jetons des Lombards. 

pages 39-102 

L'Échiquier (40). - Les Tailles (43). - Modèles de Tailles (45) _ 
Mode d emploi de 1 Échinnipr tAn\ c • ^» V4);- 

lc■,^ r ae itcliiquier (49).- Fonctionnemem de l'Échiquier 

(52). -Les Jetons (5 5)- - Les Jetons des Lombards (59). _ Les besants 
estampés sur les jetons (6a). - Les Jetons en Angle.er^ (6.) - Achat 



132 TABLE DES MATIERES. 

de jetons (63). — Légendes des jetons (65). — Jetons en Angleterre 
[Essai sur l'histoire des] (67). — Le Jeton de Mouche Bezainnes (68). — 
Androclès (69). — Description des Jetons (71). 

Les Tables. 

Les Tables . pages 103-115 

Les Tables (105). — Liste des Changeurs français à Paris de 1242 
à 1253 (107). — Liste des Changeurs à Paris en 1293 (m). — Sceaux 
de Lombards (113). % 

Seings manuels de Croisés. 
Seings manuels de Croisés pages 1 17-12 5 

Errata page 126 

Table des Matières _ page 131 



RENNES, ALPH. LE ROY 

Imprimeur breveté. 




S[igillura] consullatus Jauuensium in Francia 

Sceau des Consuls de Gènes en France, w^ siècle. — Trouvé dans la Seine, 
i Melun, en 1865. (Musée de Cluny,) 



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expiration oi a definite period after the date et borrowing, 
•as provided by the rules oi the Library or by spécial ar- 
rangement with the Librarian in charge. 



DATE BORROWED 



DATE DUE 



DATE BORROWED 



DATE DUE 



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